De Paris à Fontameblean
59 kil. Chemin de fer de Lyon (p. 18). Trajet en 1 h. 30 à 3 h. Prix : 7 fr. 25, 5 fr. 40, 4 fr. ; aller et retour, 9 fr., 6 fr. 80, 4 fr. 96. Cette excursion demande une bonne journée pour être complète. Se placer à g. pour jouir de la vue.
6 kll. Charenton (p. 184). On traverse la Marne non loin de son embouchure dans la Seine. A g., â TE. de Charenton, son hospice d'aliénés (p. 184). Sur la rive g. de la Marne, V^cole vétérinaire d'Alfort. Du même côté, le fort de Charenton, qui commande la Seine et la Marne. — 7 kil. Maisons- Alfort, -—15 kil. Villeneuve- St -Georges, village de 2588 hab., à g., dans un fort joli site, au milieu d'un bois et sur le versant d'une colline où s'élève un nouveau fort. Pont suspendu sur la Seine, à dr. de la voie. Vaste gare où passe la ligne de Grande-Ceinture (p. 18 et 276) et d'où part celle de Montargis (v. le Nord de la France, parBœdeker). Puis on traverse r Yères et on en remonte quelque temps la charmante vallée. — 18 kil. Montgeron, —22 kil. Br«noy. On retraverse l'Yères avant d*y arriver. Ensuite un viaduc de 376 m. de long et plus de 32 m. de haut, d'où
278 Env.de Par, 20. FONTAINEBLEAU. Palais.
Ton découvre une vue magnifique. Puis le plateau de la Brie. — 26kil. Combs-la^Ville. — Slkil. Lieuêaint. — 38kil. Cesson. O» se rapproche ensuite de la Seine, qu'on franchit avant Melun.
45kil. Melon (hôt, du Grand -Monarque), ville de 12145 hahJ et chef-lieu du dëpart. de Seine-et-Marne, à */4 d'h. de la station.. Elle s'élève pittoresquement en amphithéâtre au bord du fleuve, dominée à l'O. par le grand hôtel de la préfecture. Melun possède deux églises remarquables : Notre-Dame, du xi® s., à dr., dans un& île qu'il faut traverser pour arriver au quartier principal, et St-Aspais, du xiv^ s., reconnaissable à ses deux flèches. Il y a aussi le clocher de St-Barthélemy, du ivui** s., et un hôtel de ville moderne du style gothique, dans le haut, renfermant un petit musée.
Puis un petit tunnel, quelques jolies échappées de vue , à g. en arrière, sur la Seine et la forêt de Fontainebleau.— 51 kiX. Bois-leSoi,
59 kil. Fontaineblean. — La oase est i/a h. de marche du palais (omnibus 30 et 50 c.)- Si l'on arrive avant l'heure du déjeuner, on ira immédiatement, de la gare, au Fort-I'Empereur (p. 2S2).
Hôtels: de r Aigle-Noir, place Deneeourt, à coté du palais; de France et d^ Angleterre , de V Europe^ en face du palais; de la Ville-de-Lpon , rue Royale, 21; du Lion-d^Or^ place Denecourtj de la GJiancellerie y aussi près du palais; du Cadran -Bleu, rne Grande, 9; du Nord et de la Poste ^ rue de France, 27, etc.
Restaurakts: dans la plupart des hôtels; Perrilliat^ rue des Bons- Enfants, 23 (déj., 2fr. 50; dîn., 3fr.); Collot, rue Grande, 112 et 114.
Cafés: Thennevier, place Deneeourt; du Cadran-Bleu , à l'hôtel, rue Grande, 9; Souehet, même rue, 66; de VBdtel-de- Ville, id., 23.
VoiTUBES. Fiacres pris à la gare ou en ville, la course, 2fr. 50; pour une promenade dans la forêt, à 2 chevaux, la première heure, 4 fr., chaque heure suivante, 3 fr. ; à 1 cheval, 3 fr., puis 2 fr. 35 par heure. — On devra toutefois faire les prix; cette remarque s'applique même aux hôtels.
Fontainebleau est une ville paisible de 12483 hab. En dehors du palais , on y remarquera tout au plus , comme édifice, Vhôtel de ville, d'origine récente, dans la rue Grande. Sur la place du Palais-de-Justice , derrière l'église, là statue du général Damesme, de Fontainebleau, tué par les insurgés eu juin 1848.
Le 'palais ou château de Fontainebleau, au S.-O. de la ville, date surtout de François 1*^. Il est des plus, vastes, mais inférieur, comme ensemble, aux autres châteaux de l'époque. Sauf quelques pavillons , toutes les parties en sont à un seul étage. Ce qu'il y a de plus remarquable, c'est sa décoration intérieure, dans le style de Jules Romain. Henri /F y fit des additions considérables, mais 11 n'a guère subi de changements depuis lors. Napoléon /*'* en fit une de ses résidences favorites. Il a été restauré sous Louis- Philippe et Napoléon III,
Parmi les souvenirs historiques qui se rattachent au château de Fontainebleau, outre les événements dont il est question ci- après (abdication de Napoléon I^', ses adieux à la garde, captivité de Pie VII, séjour do la reine Christine de Suède et assassinat de Monaldeschi, etc.), noua mentionnerons encore les suivants: François J"" y reçut Charles - Quint en 1539; Henri lY y fit arrêter en 1602 le maréchal de Biron, son ami et son compagnon d'armes devenu conspirateur, pour le faire décapiter quatre semaines après à la Bastille; Louis XIII y était né l'année précédente; Louis XIV y signa en 1685 la révocation de l'édit de Nantes; le
.Palaii, FONTAINEBLEAU. Env,dePar.20, 279
Graïul Gondé y mourut en 1686: enfin le divorce de Napoléon J^ et de Joséphine y fut prononcé en 1809.
Le palais est visible tous les jours gratuitement, de 11 h. à 4 h., sous la conduite d'un gardien, qu'on trouve à rentrée , au fond de la COUT principale , ou dans les dépendances à g. de la grille.
Les vastes constructions de ce palais comprennent cinq cours : la cour du Cheval^Blanc, la cour de la Fontaine, la cour Ovale ou du Donjon, la cour des Princes et la cour de Henri IV ou des Offices, La cour du Cheval- Blanc, par où l'on entre, est la plus grande; elle a 152 m. de long sur 112 de large, et elle est séparée par une grille de la rue et de la place de Ferrare ou de Solférino. Son nom lui vient d'une statue de plâtre qui s'y trouvait anciennement. On l'appelle aussi la cour des Adieux, depuis que Napoléon I^'' y a fait ses adieux aux grenadiers de sa vieille garde , le 20 avril 1814. A son retour de l'île d'Elbe , l'empereur y passa en revue ces mêmes grenadiers, le 20 mars ISIÔ, et les conduisit de là sur Paris.
Le pavillon central est précédé d'un escalier monumental un peu massif, nommé Vescalier du Fer-à- Cheval. C'est là, à g., que se trouve rentrée des visiteurs. L'itinéraire suivi par les gardiens est d'ordinaire celui que nous allons indiquer sommairement.
La chapelle de la Trinité, à g. au rez-de-chaussée , est surtout remarquable par son plafond, œuvre de Fréminet, imitateur de Michel-Ange et du Parmesan. C'est dans cette chapelle qu'eUrent lieu le mariage de Louis XV, en 1725 ; le baptême de Napoléon III, en 1810, et le mariage du duc d'Orléans, en 1837.
On monte de là un grand escalier , d'où l'on visite les appartements dits de Napoléon I®' ou la galerie de François I®' (p. 2i80), ou bien la galerie des Assiettes (p. 281) et les autres appartements du côté de la façade, en passant par le vestibule du Fer-à-Cheval.
Appartements de Napoléon P'^, du côté du jardin de l'Orangerie : antichambre , cabinet des secrétaires , salle des bains , avec glaces ornées de peintures, provenant, dit-on, de celle de Marie-Antoinette auTrianon; — cabinet où Napoléon signa son abdication, le 11 avril 1814, sur le petit guéridon placé au milieu; cabinet de travail, avec plafond par J.-JB. Régnault^ la Loi et laJustièe; ~ chambre à coucher, avec une belle cheminée du temps de Louis XVI, le lit de Napoléon , une pendule ornée de camées antiques, donnée à l'empereur par Pie VII, etc.
A g., la salle du Conseif, de l'époque de Louis XV, décorée par Boucher , et dont les meubles sont en tapisserie de Beauvais. — Puis la saUe du Trône, qui a un magnifique plafond, Un lustre en cristal de roche et des boiseries faites sous Louis XIII et Louis XIV.
Ensuite les appartements ât Marie - Antoinette : boudoir, *chambre à coucher avec des tentures données par la ville de Lyon et deux vases en ivoire d'une très grande finesse ; salons , avec une table et des vases de Sèvres, des commodes Louis XVI, etc.
Puis la galerie de Diane ou de la Bibliothèque (80 m.) , con-
280 Env.de Par. 20. FONTAINEBLEAU. Pàlai9.
fitruite sous Henri IV et restaurée sous Napoléon 1®' et Louis XVIII. II y a des peintures mythologiques , par Blondel et A. de PujoT. On y montre l'épée et la cotte de mailles de Monaldeschi,
Au-dessous se trouve l'anc. galerie des Cerft^ transformée aujourd'hui en garde-meuble et qu'on ne peut visiter. G*est là que Christine de Suède., qui reeevait Thospitalité à la cour de France et demeurait à Fon< tainebleau depuis son abdication (1654), fit tuer par jalousie et par vengeance, en 16d7, le comte italien Monaldeschi, son grand éeuyer, après ravoir soumis à un simulacre de jugement et lui avoir donné un confesseur.
Nous passons d'ici dans les salons de réception, parallèles aux appartements de Marie- Antoinette, du côté de la cour Ovale (p. 281). L'antichambre est ornée de gobelîns, le salon suivant, de tapisseries de Flandre (Psyché), de même que celui de François I*^, qui a aussi une belle cheminée du xvi^ s. et des bahuts Louis XIII , en ébène. — Le salon Louis XIII , où est né ce roi , a été décoré par Ambr. Dubois (m. 1615) de peintures tirées du roman de Théagène et Chariclée. Dans les saUes St-Louis, 15 tableaux dont les scènes sont empruntées à la vie de Henri IV, une statue et un portrait de ce prince', etc. Dans la saUe des Gardes, une belle cheminée, avec un buste de Henri IV , des statues de la Force et de la Paix , un. plafond ancien et un plancher moderne remarquables.
Puis Vescalier du Roi ou escalier d'honneur, décoré de peintures par Hic. delV Ahhaie, restaurées ou refaites entièrement par A. de Pujol : les sujets sont tirés de la vie d'Alexandre. On voit bien du palier la cour Ovale (p. 281). — Un couloir conduit à la
* Galerie de Henri II ou salle des Fêtes. Elle a été construite par François I*' et richement décorée sous Henri IL Les fresques, représentant des sujets mythologiques, sont du Primatice et de son élève Nie. delV Abhate ; mais elles ont été restaurées par Alaux et elles ont perdu une grande partie de leur originalité. Il y a à l'extrémité une cheminée monumentale. Cette salle offre un beau coup d'œil sar les jardins.
Nous revenons sur nos pas jusqu'au salon St-Louis et nous entrons â g. dans la galerie de François Jf^, parallèle aux appartements de Napoléon I^'^, du côté de la cour de la Fontaine (v. ci- dessous). Elle est décorée de 14 grandes compositions du Rosso , des scènes allégoriques et mythologiques ayant rapport à l'histoire et aux aventures de François I^*^. iCes peintures sont séparées par des basreliefs, des cariatides, des trophées et des médaillons. La salamandre et le chidre du roi s'y répètent souvent.
Le vestibule du Fer-à-Ckeval, entre l'escalier de ce nom et la galerie, a de belles portes en chêne du temps de Louis XIII.
A g. sont les appartements des Reines Mères et de Pie VII. Ils ont été habités par Catherine de Médids (m. 1588), Anne d'Autriche (m. 1666) et Pie VII, dans sa captivité (1812-1814).
D'abord une antichambre, avec sièges et tentures en cuir dit de Cordoue et un magnifique bahut Louis XIII ; une autre décorée de gobelins, l'Histoire d'Esther; un salon, aussi avec des gobelins et