‹ Paris et ses environs; manuel du voyageurChapitre 36 sur 100 · II. De l'hôtel de ville à la Bastille · texte numérisé non relu

II. De l'hôtel de ville à la Bastille

St-Gervais. St-Paul-St-Louia. Colonne de Juillet.

Derrière l'hôtel de ville se trouvent la caserne Napoléon, qui peut contenir 2500 hommes ; l'anc. caserne Lobau, annexe de l'hôtel de ville pour les bureaux de l'enseignement, et l'église St-Gervais.

St-Gervais, ou St-Gervais-et-St-Protais (pl. R. 23; V) , est une église qui a été commencée en 1212, niais complètement transformée au xiv e s. Elle présente un mélange des styles flamboyant et de la renaissance. Le portail ne remonte qu'à 1616; il a été ajouté par

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PARIS

St-Paul-St-L.

J. Debrosse, et il jouit d'une certaine célébrité, bien que contrastant avec le reste. Il offre les trois ordres dorique, ionique et corinthien superposés , avec frontons triangulaire et semi- circulaire. Il n'y a pas de portails latéraux et l'église n'est pas dégagée, mais il y a une seconde porte à g. derrière le chœur, rue des Barres.

L'intérieur de l'édifice se distingue par la hauteur de ses voûtes. Cette église est riche en œuvres d'art, surtout des peintures, comme toujours, dans les églises, généralement mal éclairées. Les noms des chapelles renseignent suffisamment sur les sujets des peintures murales. Chap. de dr. : 3 fresques de Jobbi-Duval; 4 e , de Oendron; 5 e , tableau de Couder, 8t Ambroise et Théodose ; 6 e et 7« (pourtour), vitraux du xvi e s. -, 8 e , fresques de Glaizê; 9 e mausolée de Michel le Tellier (m. 1685), ministre d'Etat sous Louis XIV, par MazeUne et HurtreUe ; fresques d'AJ. Hette (St Gervais et St Protais), Vierge du xiv e s. (autel). Chap. de l'abside: vitraux de Pin aigrie r ou /. Cou$in (xvi e s.), peintures de Déforme, Vierge tfOudini; voûte à pendentif en couronne, de 1 m. 16 sur 2 m. Chap. de g., en revenant: l re et 2e, Pietà de Nanteuil et Cortoi, peintures de Norblin et de Ouichard; 3 e , au delà du clocher, tableau de Heim , le Martyre de Ste Juliette, et tableau sur bois attribué à Durer, la Passion-, 4 e , retable du xvi c s. ; 5 e , autre retable et bas-relief (autel) du xvi e s. ; 7 e , retable reproduisant la façade de l'église. — Le maître autel a une croix et des chandeliers en bronze doré du xvm e s., provenant de l'abbaye de Ste-Geneviève , et les stalles du chœur, du xvié s., ont de belles miséricordes. Orgue du xvii e s., à tribune en pierre.

Au N. de St-Gervais, derrière la caserne Napoléon, est la petite place Baudoyer, avec la mairie du IV e arrondissement (Hôtel-de- Ville), dans le style de la fin du xvi e s. Ses salles des mariages et des fêtes ont des peintures par Cormon et Comerre.

A la rue de Rivoli succède un peu plus loin la rue St -Antoine.

Il y a dans ce quartier quantité de constructions anciennes plus ou moins curieuses, du temps où c'était le centre de la ville. La rue François- Miron, à dr., qui fit partie de la rue St-Antoine, en a déjà une tout près d'ici, au n° 82, et plusieurs autres au delà, surtout Vhotel de Beauvois, de 1665, dont la *cour est particulièrement remarquable. D'autres encore dans deux rues à g., les rues de Jouy et Geoffroy-l'Asnier , notamment Yhôtel de Chalon-Luxembourg, du xvn e s., au n° 26 de cette dernière.

St-Paul-St-Louis (pl. R. 25-26 -, V), à dr. dans la rue St-Antoine, est une anc. église des jésuites, construite de 1627 à 1641, par le P. Derrand, sauf son beau portail de la renaissance, qui est du P~ Marcel-Ange. Cette église a un dôme , un des premiers construits à Paris. Les architectes se sont inspirés des églises italiennes de . la fin du xvi c s., et ils ont donné à l'édifice le cachet qui distingue ceux de la compagnie de Jésus. L'ensemble en est assez imposant, mais le style est surchargé et il y a trop de richesse dans l'ornementation. Le portail est inférieur à celui de St-Gervais. L'intérieur présente une nef assez élevée, flanquée de deux bas côtés au-dessus desquels règne une galerie. Il y a quelques peintures, surtout un Christ au jardin des Oliviers , par Eug. Delacr&ix dans sa jeunesse, au bras g. du transept.

Le lycée Charlemagne, sur le derrière, à dr., est l'anc. maison

professe des jésuites au xvn e s.

Au N., un peu en deçà de l'église, est la rue du Roi-de-Sicile (pl. R. 26; F) , où se trouvait la fameuse prison de la Forée , dans laquelle les septembriseurs commirent une partie de leurs assassinats en 1792.

En face de St-Paul, la rue Sévigné, où est le musée Carnavalet (p. 204).

Place de la Bastille. PARIS.

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Au n°142 de la rue St-Antoine, à g., l'ancien hôtel de Bethune ou Sully, construit au xvi e s. par l'un des du Cerceau (Androuet; Jacques, le père, ou J.-B., le fils), pour Maximilien de Béthune, plus connu comme duc de Sully et ministre de Henri IV. La façade n'a plus rien de curieux, mais la cour est entourée de bâtiments aux façades richement sculptées, avec de grands bas -reliefs représentant les saisons, etc. Ensuite la rue de Birague, qui conduit à la place des Vosges (p. 206). A dr., rue St-Antoine, 212, V hôtel de Mayenne ou d'Ormesson , bâti par J. du Cerceau.

A dr. dans la rue St-Antoine, V église de la Visitation ou temple Stc- Marie (calviniste). Elle a été construite auxvn e s., par Fr. Mansart, et elle dépendait alors d'un couvent de visitandines. Elle est surmontée d'un petit dôme. — Ensuite, à g., la statue de Beaumarchais (1732-1799), l'écrivain, par Clausade (1897). Puis la place de la Bastille.

La place de la Bastille (pl. R. 25; V), communément appelée la Bastille, était autrefois occupée par la bastille St-Antoine, forteresse construite de 1371 à 1383, sous les rois Charles V et Charles VI, et laissée debout lorsqu'on eut rasé les anciennes fortifications , sous Louis XIV. Elle était située à l'O., où Ton a marqué une partie de son emplacement sur le sol , entre la rue St-Antoine et le boulev. Henri IV. Outre qu'elle commandait le cours de la Seine et tenait en respect le quartier populeux et remuant de St-Antoine, cette forteresse était devenue avec le temps une prison dans laquelle on enfermait les personnes de qualité arrêtées pour raison d'Etat et les grands criminels , mais plus souvent encore les victimes du despotisme, des intrigues de cour, des vengeances personnelles de favoris, qui se faisaient donner par le roi les fameuses «lettres de cachet»», avec lesquelles on incarcérait sans formes et sans jugement. Cette prison odieuse a acquis enfin une célébrité historique par sa destruction, le 14 juillet 1789, au commencement de la Révolution

française, qui date de là ses grandes réformes.

Le peuple, surexcite', se porta vers la forteresse. Les ponts e'taient leve's comme en temps de guerre ; le gouverneur, Delaunay, sommé de les baisser, s'y refuse, bien qu'il ne soit pas en état de re'sister longtemps, la garnison ne se composant que de 138 hommes, dont un tiers d'invalides. Deux hommes s'élancent vers le pont-levis et en brisent les chaînes, puis se précipitent vers le second pont, quand la garnison fait une première décharge. L'ardeur de l'attaque devient alors de l'acharnement, et des gardes françaises survenant avec du canon , le combat change de face* Delaunay veut faire sauter la forteresse, mais la garnison le presse de se rendre. On parlemente, les plus avancés des assaillants promettent de ne faire aueun mal et le pont se baisse. Furieux d'une résistance de plus de 4 h., les vainqueurs ne veulent plus entendre parler de clémence envers ceux qui ont «fait feu sur leurs concitoyens»; une partie des invalides et des Suisses sont sauvés à grand'peine par les gardes françaises et les autres périssent avec le gouverneur. — La Bastille fut ensuite complètement rasée.

La *colonne de Juillet, qui décore la place, fut érigée de 1831 à 1840, par les architectes Alavoine et Duc, en l'honneur des victimes

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PARIS. Les Boulevards.

de la révolution de juillet 1830. Sa hauteur est de 47 m. Elle repose sur un soubassement massif en marbre blanc , de forme circulaire , primitivement destiné à une fontaine colossale en forme d'éléphant , que Napoléon 1 er voulait y élever. Sur ce soubassement est un socle carré , dont les côtés sont ornés de 24 médaillons de bronze et qui supporte le piédestal en marbre de la colonne. Ce piédestal est lui-même décoré à l'O. d'un beau lion passant (symbole du mois de juillet), bas-relief en bronze par Barye. Aux quatre coins, des coqs gaulois tenant des guirlandes. Le fût de la colonne, qui est en bronze, a 4 m. de diamètre. Il est en partie cannelé et divisé par des anneaux en cinq tambours , sur lesquels sont inscrits les noms des 615 victimes de Juillet. Au sommet un génie de la Liberté en bronze doré, d'après Dumont, debout sur un pied, tenant d'une main le flambeau de la civilisation et de l'autre les chaînes brisées de l'esclavage.

Un escalier commode, de 238 marches, conduit au sommet, d'où Ton a une très belle vue. «L'entrée du monument est absolument gratuite.»

On peut aussi visiter les cavkaux sous la colonne (pourb.). Il y en a deux, qui contiennent chacun un sarcophage de 14 m. de long et 2 m. de large, renfermant les restes des victimes de Juillet, auxquels on ajouta en 1848 ceux des victimes de Février. Les caveaux furent rouverts dans le même but en mai 1871, et de plus remplis de poudre, en vue de faire sauter la eolonne et de convertir tout le quartier en un monceau de ruines *, mais cette poudre en fut ensuite retirée pour servir à la défense de la place, une des dernières positions des insurgés, de sorte qu'il n'y eut pas de dommages sérieux.

Au N. de la place est le large boulevard Richard- Lenoir. Sous

la partie du milieu passe le canal St- Martin, qui est voûté sur

une longueur de près de 2kil. et éclairé par des regards dans de

petits jardins. A g. de ce boulevard, le boulevard Beaumarchais.

que nous allons suivre; puis, encore à g., la rue St-Antoine , qui

fait suite à la rue de Rivoli (p. 55); le boulevard Henri IV, dans

l'axe duquel le dôme du Panthéon (p. 227) forme une magnifique

perspective; un bassin du canal St-Martin, anc. fossé de la Bastille,

qui débouche au delà dans la Seine; la gare de Vincennes (p. 20);

la rue du Faubourg - St -Antoine (p. 284), etc. — Tramways et

omnibus, v. l'appendice. Restaur., v. p. 10 et 12.

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