III. Les Boulevards, de la Bastille à la Madeleine
Plaoe de la République. Portai St-Hartin et St-Denia. L'Opéra.
Si l'on est fatigué , on peut profiter de l'omnibus de la Bastille à la Madeleine jusqu'à la place de la République (1500 m.), en montant à l'impériale, pour mieux voir, et en se plaçant de préférence du côté droit.
Les boulevards de Paris se divisent en quatre catégories : anciens boulevards ouboul. intérieurs, boul. extérieurs, nouveaux boulevards et boul. de ceinture. Les anciens boulevards ou boulevards intérieurs sont ainsi nommés parce qu'ils ont remplacé, sous Louis XIV, les véritables boulevards de l'enceinte fortifiée, transformés alors en promenades. La partie au N. de la Seine, la plus importante, forme les Boulevards proprement dits ou les Grands
Les Boulevards.
PARIS
Rive dr. 1. 65
Boulevards , qui s'étendent à peu près en hémicycle de la Bastille (pl. R. 25; V) à la Madeleine (pl. R. 18; //), sur une longueur d'env. 4300 m. et une largeur de plus de 30 m. Ces boulevards sont au nombre de 11, savoir: les boulevards Beaumarchais, des Filles-du- Calvaire, du Temple, St-Martin, St-Denis, Bonne-Nouvelle, Poissonnière, Montmartre, des Italiens, des Capucines et de la Madeleine. — Les boulevards intérieurs du S., qui forment sur la rive gauche un hémicycle d'env. 7 kil. de développement, ne sont pas comparables aux précédents pour le luxe et l'animation, et ils se confondent aujourd'hui à peu près avec les boul. extérieurs , les Grands Boulevards étant continués sur la rive g. par le boul. St-Germain (p. 216), de création moderne.
Les boulevards extérieurs ont été tels en effet jusqu'à l'annexion de la banlieue, en 1860. Ils longeaient le mur d'octroi, qui avait été construit à la fin du siècle dernier. La partie N., qui commence au pont de Bercy, a 15 kil. Vu 1* partie S. 9 kil. de long; ils sont relativement peu intéressants.
Les nouveaux boulevards, qui n'ont jamais été des «boulevards» proprement dits, ont été créés depuis 1852. Les plus importants sont les boulev. de Strasbourg, de Sébastopol, St-Michel, de Magenta et Voltaire, et le boulev. St-Germain déjà mentionné.
A cette dernière catégorie de rues neuves s'ajoutent un grand nombre d'avenues, telles que les avenues de l'Opéra, des Champs- Elysées, de Friedland, Hoche, de Wagram, de la Grande- Armée, du Bois-de-Boulogne, Malakoff, Victor-Hugo, Kiéber, d'Iéna, Marceau, duTrocadéro, Henri-Martin, de l'Aima, Montaigne, d'Antin, de Suffren, de la Bourdonnais, Rapp, Bosquet, de la Motte-Picquet, Victoria, de la République, des Gobelins, Daumesnil.
Lea boulevards d y enceinte sont eeux qui longent les fortifications à l'intérieur de la ville, remplaçant la rue militaire, divisée en 19 sections.
La plupart des boulevards sont maintenant pavés en bois, comme diverses avenues et rues principales. Ils ont de larges trottoirs en asphalte bordés d'arbres. Ces arbres sont un des grands soucis de la municipalité, car l'influence du gaz leur est pernicieuse. Ceux qui meurent sont remplacés par d'autres déjà fort développés. La transplantation de grands arbres se pratique à Paris avec une telle habileté que presque tous les nouveaux boulevards, les squares, etc., en ont été garnis dès leur création.
Une promenade à pied, le long des Grands Boulevards du N., au moins depuis la place de la République jusqu'à la Madeleine, fera le mieux connaitre à l'étranger la physionomie de Paris, car ils en sont toujours la principale artère. Le moment le plus convenable pour cette promenade est la matinée, de 9 h. à midi, lorsque la foule n'est pas encore trop compacte. Néanmoins on devra la répéter le soir, où l'on peut voir aussi l'intérieur des magasins et des cafés, grâce à leur brillant système d'éclairage.
Une course sur l'impériale d'un des omnibus qui suivent les
Bœdeker. Paris. 13® édit. 5
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Les Boulevards
boulevards (trajet de 32 min.), est aussi pleine d'agrément. La circulation sur les boulevards intérieurs est énorme, surtout à certains carrefours, comme aux extrémités du boul. Montmartre, et à la place de l'Opéra. Au milieu de la chaussée se trouvent des refuge» ou plates-formes destinées à en faciliter la traversée.
Les cafés et les brasseries (p. 14 et 15) ont des tables et des chaises sur les trottoirs, où Ton peut observer à son aise la vie des boulevards. Restaurants, v. p. 10 et 12; théâtres, p. 29 et suiv.
Sur les bords des trottoirs sont des constructions d'une grande utilité, des kiosques où se vendent les journaux (p. 25) ou des fleurs, des bureaux de contrôle pour les fiacres, de grosses colonnes sur lesquelles sont les affiches des théâtres, etc. Les chaises s'y louent 10c, mais il y a des bancs à l'usage de tout le monde.
Le boulevard Beaumarchais (pl. R. 26; III, V), le premier et le plus long des Grands Boulevards, mesure 750 m. Il est ainsi nommé en l'honneur du célèbre écrivain Caron de Beaumarchais (p. 63), qui avait là une grande propriété. Il passe à g. non loin de la place des Vosges (p. 206).
La rue St-Claude, un peu plus loin du même eôté, conduit à l'église St-Denia-du-St-Sacrement, dans la rue de Turenne. C'est un édifice peu remarquable de style néo-grec, datant de 1823-1835. On y remarque particulièrement dans la chapelle à dr. de l'entrée une Descente de croix par Eug. Delacroix et une belle statue de Ste Geneviève par Perraud (18o8). Les peintures du chœur sont d\4. de Pujol.
Le boulevard des Filles-du-Calvaire (pl. R. 26; III), qui vient ensuite, doit son nom à un ancien couvent. Il n'a que 210 m. de long. A l'extrémité, à dr., se voit le cirque d'hiver (p. 31).
Le boulevard du Temple (pl.R.27; III), long de 405 m., est
ainsi nommé parce qu'il est près de l'ancien quartier du Temple
(p. 200). Il était jadis plus animé que maintenant , et il fut même
longtemps la promenade à la mode, quand le centre de Paris était
moins à l'O. Il y avait alors beaucoup de théâtres.
La maison n° 42, à dr. , a été bâtie sur remplacement de celle d'où Fieschi attenta en 1835 aux jours de Louis -Philippe, avec une machine infernale. Le roi ne fut pas atteint, mais 15 personnes furent frappées à mort dans sa suite et dans la foule, entre autre le maréchal Mortier.
La *place de la République (pl. R. 27 ; III), l'anc. place du Chat eau- d' Eau, longue de 285 m., où aboutit le boul. du Temple, est maintenant une des plus belles de Paris.
La statue de la République, œuvre réaliste des frères MoHce, se dresse au milieu de cette place depuis 1883. Le piédestal, en pierre , a 15 m. 50 de haut et la statue, en bronze, 9 m. 50. Devant le monument, un lion en bronze avec l'urne du suffrage universel; autour du piédestal , des statues de la Liberté, l'Egalité et la Fraternité, 12 bas-reliefs en bronze, par Dalou: Prise de la Bastille, Serment du jeu de Paume, Abandon des privilèges, Fête de la Fédération, Séance de la Constituante, Enrôlements des volontaires, Bataille de Valmy, Combat du «Vengeur», Reprise du drapeau tricolore en 1830, Gouvernement provisoire de 1848 , 4 Septembre 1870, Fête nationale du 14 juillet 1880.
Porte St-Denis.
PARIS
Rive dr. h 67
De la place de la République rayonnent diverses rues importantes: au S.-K. , le boulevard Voltaire (p. 166); à l'E., Vavenue de la République^ qui mène au cimetière du Père -Lachaise (p. 167); au N. -E., la rue du Faubourg -du- Temple, oui monte à Belleville (p. xxx et 193) et que dessert un tramway funiculaire (10 c); au N.-O., le boulevard de Magenta, qui s'étend .jusqu'à Montmartre, en passant devant les gares de l'Est et du Nord , et dans Taxe duquel on aperçoit le dôme-réclame de la maison de vente à crédit et d'affichage Dufayel; au 8.-0., la vieille rue du Temple (p. 200), qui va jusqu'à l'hôtel de ville, et un peu plus bas à dr. la grande rue de Turbigo, qui descend tout droit aux Halles Centrales (p. 157). — Tramways et omnibus à la place de la République, v. l'appendice.
Entre le boul. Magenta (à g.) et le boul. St- Martin est la Bourse du travail, construite en 1889-90 par la ville de Paris (architecte, Bouvard) et mise par elle à la disposition des syndicats professionnels, pour arriver à la suppression des bureaux de placement.
Le boulevard St-Martin (pl. R. 27-24 ; ///), long de 450 m., fait suite à la place de la République. La chaussée a été nivelée pour faciliter la circulation , tandis que les trottoirs sont restés à leur hauteur primitive. A dr., plusieurs théâtres: les Folies-Dramatiques, V Ambigu - Comique , le the'âtre de la Porte-St- Martin, incendié par les communards et rebâti en 1873, et le the'âtre de la Renaissance (v. p. 30).
La porte St-Martin, arc de triomphe de 17 m. 50, fut érigée en 1674 en l'honneur de Louis XIV, sur les plans de P. Bullet. Elle est percée d'une grande arcade et de deux petites. Les bas -reliefs du S., par le Hongre et Legros père, et ceux du N., par M. Desjardins et G. Marsy, représentent la prise de Besançon et la dissolution de la triple alliance, la prise de Limbourg et la défaite des Allemands, que rappellent aussi les inscriptions.
La 'mairie du X" arrondissement, à3<X)m. de la porte, dans la rue du Faubourg -St-Martin, où l'attention est attirée par son campanile, est à l'extérieur une très jolie construction de 1893 à 1895, sur les plans d'j?. Rouyer, dans le style de la renaissance et qui rappelle l'hôtel de ville. L'intérieur n'a guère de curieux que le hall central, avec son escalier et ses trois étages de galeries. Dans la salle des fêtes, au 1 er , sur le derrière, un grand haut-relief par Dalou, la Fraternité des peuples.
Le boulevard St-Denis (pl. H. 24; III) succède bientôt au boul. St-Martin, et il est encore plus court (210 m.).
Les rues superbes qui débouchent un peu plus loin à dr. et â g., sont les boulevards de Strasbou-rg et de Se'battopol ; ils forment, avec les bouî. du Palais (p. 207) et St-Michel (p. 215), une des principales artères de Paris , le traversant du N. au S. sur une longueur d'env. 4 kil., de la gare de l'Est (p. 191) à l'Observatoire (p. 270). La gare de l'Est se voit à l'extrémité du boul. de Strasbourg. Dans l'axe du boul. de Sébastopol, le dôme du tribunal de commerce (p. 211). A env. 200 m., à g. du boulevard, le square des Arts-et- Me'tUrs , devant le conservatoire de ce nom (p. 159).
La porte St-Denis, qui est plus remarquable, fut élevée deux ans avant la porte St-Martin, sur les plans de Fr. Blond tl, en mémoire des triomphes de Louis XIV en Hollande et en Allemagne. Elle a 24 m. 85 de haut. Les pieds-droits ont sur les deux faces des obélisques engagés, recouverts de trophées militaires. Dans le bas des
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PARIS. Les Boulevards.
obélisques de la face principale, à dr., le dieu du Rhin; à g., la Hollande vaincue. Le bas-relief au-dessus de Tare, du même côté, représente le passage trop vanté dulthin par Louis XIV, en 1672; celui de l'autre face, la prise de Maestricht. Toutes les sculptures ont été exécutées par les frères Anguicr, sur les dessins de Girardon, mais à peu près complètement refaites en 1886-87.
La porte est entre la rue du Faubourg-St- Denis et la rue .S'f- Denis , une des plus anciennes et longtemps des plus importantes artères de Paris. La foule et le bruit augmentent; les magasins deviennent plus riches, leurs étalages plus élégants.
Le boulevard Bonne - Nouvelle (pl. R. 24; IV), qui a 350 m.
de long, succède au boul. St- Denis. A dr., la rue d' Hauteville,
par laquelle on aperçoit St -Vincent-de-Paul (p. 194); le théâtre
du Gymnase (p. 29), etc.
A quelques pas du boulevard, par les vieilles rues du côté gauche, est Notre- Dame -de - Bonne- Nouvelle y église des xvii© et xix e s., peu intéressante comme édifice, mais qui possède depuis 1805, dans la première chapelle de dr. , un grand et oeau groupe de marbre en haut-relief par Ch. Desvergnes, le 8ouvenir des morts. La grande chapelle de la Vierge, à g. de la nef, est ornée de fresques par Aug. Hess.
Le boulevard Poissonnière (pl. R. 24-21 ; ///), long de 350 m., commence à dr. à la rue du Faubourg- Poissonnière et à g. à la rve Poissonnière, qui va vers les Halles Centrales (p. 157).
Dan s la rue du Faubourg-Poissonnière, n° 15, le Conservatoire de musique et de déclamation, qui doit être transféré ailleurs. Il est destiné à former des sujets pour les théâtres nationaux. Il compte plus de 70 professeurs et env. 750 élèves. Les élèves n'y sont admis qu'à la suite d'un concours, mais renseignement y est gratuit. Ceux qui en sortent avec le grand prix ont pendant quatre ans une pension d'env. 4000 fr. , avec l'obligation de voyager en Italie et en Allemagne, pour se perfectionner dans leur art. Les premiers prix ont droit à un engagement aux théâtres subventionnés. — Le Conservatoire possède un muse'e instrumental très précieux et une riche bibliothèque spéciale. Pour ses concerts, v. p. 31.
Le musée instrumental dans la seconde cour, du côté de la rue du Conservatoire, d'où Ton peut y entrer, est public les lundi et jeudi de midi à 4 h. Il y a là beaucoup d'instruments remarquables par leur ancienneté, par leur rareté, par leur perfection, comme œuvres d art ou au point de vue historique. La collection des luths, de ehaque côté de la porte dans la 2 e salle, passe pour une des plus précieuses. Les plus riches instruments sont dans les vitrines du milieu.
Un peu au delà, au coin des rues Ste-Cécile et du Conservatoire, St- Eugène, église goth. bâtie de 1864-56, par L.-A. Boileau, qui s'y servit le premier du fer comme ossature. Les piliers y sont remplacés par des colonnes en fonte, et il y a des tribunes de chaque côté. Tout y est couvert de peintures et de dorures dans le style du xiii^s. et les fenêtres ont de beaux vitraux.
Un peu plus loin àdr. du boulev., la petite rue de Rougemont, au bout de laquelle se voit l'hôtel du Comptoir National d' Escompte, reconstruit en 1882-83. Sa façade, surmontée d'un dôme avec clocheton, présente une belle porte en arc de triomphe, décorée de
Opéra Comique.
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statues symboliques par A. Millet. — Sur le boulevard, u° 30, le magasin de bronzes de Barbedienne et & e .
Le boulevard Montmartre (pl.R. 21 ;/Ji), long de 215 m. seulement, commence à dr. à la rue du Faubourg - Montmartre et à g. à la
rue Montmartre, Tune et l'autre excessivement animées.
A peu de distance, k dr. de la rue Montmartre, la rue Notre-Dame* des- Victoires , qui passe derrière la Bourse (p. 184). La rue Montmartre 1939 m. de 1.) aboutît aux Halles Centrales (p. 157).
Ensuite, à g., le théâtre des Varient es (p. 30) et le passage des
Panoramas; à dr., le passage Jouffroy.
Les passages de Paris sont presque tous anciens et celui des Panoramas a succédé à des panoramas qui existaient là en 1800, mais il n'y en a pas, comme construction, de l'importance des passages plus modernes de Milan, Bruxelles et Berlin. Plusieurs deviennent même déserts.
Plus loin, à g., la rue Vivienne, qui conduit à la Bourse (3 min.-, p. 184) et au Palais-Royal (p. 53) , et de chaque côte* aussi à l'extrémité du boulevard les rues de Richelieu (p. 17?) et Drouot (p. 185).
Le "boulevard des Italiens (pl. K. 21 ; 111, //), qui vient ensuite, est le plus distingué et le plus animé de tous les boulevards , en quelque sorte le boulevard par excellence. Sa longueur est de 425 m. Son nom lui vient d'un théâtre des Italiens qui s'y trouvait. — A dr. est le double passage de V Opéra, maintenant à peu près délaissé. Il est ainsi nommé parce qu'il conduisait à l'ancien Opéra, détruit par un incendie en 1873. A g. du boulevard, le passage des Princes, avec un riche magasin de cristaux ; il tourne à g. et débouche dans la rue de Richelieu.
Plus loin, la rue Favart et la rue Marivaux, entre lesquelles se
trouve l'Opéra Comique (pl. R.21; H; v. aussi p. 29), incendié en
1837 et maintenant reconstruit, sur les plans de Beritier, avec façade
sur la petite place Boleldieu. L'intérieur n'est pas encore achevé,
mais on en remarquera la décoration extérieure, six cariatides et des
têtes ornementales par Allard, 0. Michel et Perrot.
Projets pour l'intérieur : sculptures par /. Coutan et Marque*te x plafond de la salle par Benj. Constant , panneaux des deux grandes escaliers par Lnc-OUv. Mer son, la Poésie, la Musique, la Chanson, l'Elégie et l'Hymne, et par Frs%nç. Flameng , la Danse et la Poésie dramatique; décoration de l'avant -foyer par Jot. Blanc, la Pantomime; plafond du foyer par Aimé S(orot) l'Arrivée des souverains russes à Paris; décoration des salons voisins par Raph. Collin, la Poésie et la Musique, la Vérité, le Drame et la Danse, et par Toudouze, le Drame, la Satire et un Ballet.
Ensuite à dr. du boulevard, les rues Laffitte, Taitbout et de la Chaussée-d y Antin , principalement habitées par la haute finance. Au commencement de la rue Laffitte et sur le boulevard , le restaurant de la Maison Dorée, dont on remarquera les sculptures et où il y a aussi un riche magasin de cristaux. Au bout de la rue, l'église de Notre-Dame-de-Lorette (p. 186), derrière laquelle on aperçoit un peu la butte Montmartre, avec son église du Sacré-Cœur et son réservoir (p. 195 et 196). Presque en face, du côté g., le grand hôtel du Crédit Lyonnais. Au n° 28 . à dr. , le théâtre des Nouveautés (p. 30). C'est derrière, à la rue Taitbout, que commence actuelle-
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PARIS
tes Boulevard*
ment le boul. Haussmann (p. 187). A g. à l'extrémité du boul. des Italiens , n° 33 , le magasin d'orfèvrerie Christofle , dans le pavillon de Hanovre, bâti en 1760, mais reconstruit en partie en 1888.
Le *boulevardde8 Capucines (pl. R. 21 -18; ii), long de 410 m., commence à la rue de la Chaussée -d'Antin (côté dr.), à l'extrémité de laquelle on voit la Trinité (p. 186). A dr., au coin, le théâtre du Vaudeville (p. 29) , puis de riches magasins.
Ensuite la *place de l'Opéra (pl. R. 18; //), traversée par le boul. des Capucines et d'où rayonnent encore cinq larges rues. Du côté S., à dr., la rue de la Paix, aussi avec de riches magasins et au bout de laquelle on voit la colonne Vendôme (p. 75) ; au milieu, la magnifique *avenue de l'Opéra, qui conduit à la place du Théâtre- Français (p. 54); à g., la rue du 4 Septembre, qui va vers la Bourse (p. 184), etc. Du côté N. , à dr. de l'Opéra, la rue Hale'vy; à g., la rue Auber, qui mène à la gare St-Lazare (p. 187). Suite du boulevard, v. p. 72.
L'*0péra (Académie nationale de Musique), magnifique monument sur les plans de Ch. Qarnier, a été construit de 1861 â 1874. C'est le plus vaste théâtre du monde, quoique l'Opéra de Vienne, les théâtres de la Scala, à Milan, et de San Carlo, à Naples, aient un plus grand nombre de places; il occupe une superficie de 11237 m. carrés. La façade ne donne pas une idée de ses dimensions colossales; il faut en faire le tour pour en juger, et sa masse énorme surprend encore quand on la voit de quelque hauteur.
L'emplacement seul a coûté 10500000 fr. et les frais de construction se sont élevés à 36500000 fr. Il a fallu creuser jusqu'à 15 m. au-dessous du niveau des eaux, et l'on a rencontré un véritable courant d'eau, qui a nécessité remploi de huit pompes à vapeur, nuit et jour, pendant sept mois. Il est entré excessivement peu de bois dans toute la construction, et il n'est sorte de marbre et de pierre de choix qui n'y ait été employée.
La *paçade principale, qui manque un peu d'élévation, se compose d'abord d'un soubassement percé de 7 arcades. Contre les piedsdroits se trouvent 4 groupes et 4 statues, savoir, de g. à dr. : la Poésie lyrique, par Jouffroy; la Musique, par Guillaume; l'Idylle, par Aizelin ; la Déclamation, paT Chapu; le Chant, par Dubois et Vatrinelle; le Drame, par Falguilre; la *Danse, par Carpeaux v et le Drame lyrique, par Pen aud. Au-dessus de ces statues, des médaillons de Bach, Pergolèse, Haydn et Cimarosa. Au premier étage, une loggia, avec 30 colonnes corinthiennes monolithes , dont 16 de plus de 10 m. de haut, en pierre, et 14 plus petites, en marbre jaspé et à chapiteaux en bronze doré, encadrant 7 baies à balcons. Dans les intervalles , des cartouches avec des bustes en bronze doré de grands compositeurs. Plus haut, un attique richement sculpté et bordé de masques de théâtre aussi dorés. Aux deux angles, des avantcorps à frontons circulaires, surmontés de groupes dorés par Gumery, la Musique et la Poésie , avec les Muses et les Renommées. Au centre de l'édifice s'élève un dôme peu saillant, au-dessus de la salle, et derrière un fronton triangulaire, là où commence la scène.
L'Opéra
PARIS
Rive dr. U 71
11 est décoré au centre d'un Apollon avec une ly re dorée, par il. Millet , et sur les côtés de deux Pégases, par Lequesne. — Aux façades latérales, on remarque surtout des pavillons, celui de gauche, le pavillon d'honneur, avec une double rampe pour les équipages, l f autre le pavillon des abonnés , l'entrée à couvert pour les voitures (v. ci-dessous). Ces façades sont aussi décorées do bustes de musiciens et, aux frontons, de figures symboliques. — Représentations, v. p. 29.
•♦L'intérieur est encore plus remarquable que l'extérieur. Dans le vestibule, des statues de Lully, Rameau, Gluck et Haendel. De chaque côté, les bureaux et en face le grand **cscalier d'honneur, le chef-d'œuvre de Ch. Garnier. En prenant son billet le soir aux bureaux, on monte directement aux places par des escaliers latéraux , mais ces escaliers communiquent avec l'autre au premier étage, et l'on pourra y revenir dans les entr'actes. Les 30 colonnes qui s'élèvent du premier étage jusqu'au troisième dans l'escalier d'honneur sont des monolithes de marbre sarrancolin. Fresques du plafond, par PU*, de dr. à g.: les Dieux de l'Olympe, Apollon sur son char, l'Edification de l'Opéra et le Triomphe de l'harmonie. La porte du premier palier est flanquée de deux grandes cariatides, la Comédie et la Tragédie, en bronze, avec draperies en marbre de couleur. Des groupes en bronze supportent des appareils d'éclairage.
Sons l'escalier, où Ton passe pour arriver au pavillon des abonnés, un bassin avec la Pylhonisse, bronze de Marcello , et dans le pavillon même, la Musioue, marbre par Delaplanche. Pour le foyer du public, au premier, v. ci-dessous.
La *salle même de l'Opéra, qui a 2156 places, est d'une richesse d'ornementation qnasi excessive, mais qui se défraîchit vite. Il y a cinq étages. Au quatrième, à la naissance des arcades, aux avantscènes, etc., des figures et des têtes remarquables, et une belle frise fait le tour de la salle. Le plafond, les Heures du jour et de la nuit, est de Lenepveu. Lustre aussi très remarquable.
La scène a 60 m. de hauteur sur 55 de largeur et 25 de profondeur. Elle communique avec le foyer de la danse, dont le fond est une glace de 7 m. de large et 10 m. de haut. Ce foyer, où les abonnés ont le droit d'entrer, est décoré de portraits de danseuses célèbres et de danses, par Boulanger.
Le *foyer du public est une autre curiosité. Il y a d'abord un avant-foyer, dont la voûte est revêtue de mosaïques par Salviati, d'après Curzon: Diane et Endymion , Orphée et Eurydice, l'Aurore (Eos) et Céphale, Psyché et Mercure. Le foyer même a 54 m. de long, 18 de haut et 13 de large. 5 fenêtres et 2 portes donnent sur la loggia (vue). En face des fenêtres sont des glaces de 7 m. de haut et 20 colonnes accouplées, avec des statues dorées qui personnifient les qualités nécessaires à l'artiste. Aux extrémités , des cheminées monumentales à cariatides. Au plafond, aux voussures et au-dessus des portes et des glaces, des ^peintures par Baudry: au centre, la Mélodie et l'Harmonie, entre la Comédie et la Tragédie; aux chemi-
72 Rive dr. 1. PARIS. Les Boulevardi.
nées, le Parnasse et les Poètes de l'antiquité; puis les Muses, moins
la Philosophie; la musique chez tous les peuples et la danse.
A g. en venant de la salle, an buffet, avec tapisseries des Gobelins d'après Maierolle, le Vin et les Glaees, la Pâtisserie et la Pêche.
Il y a dans le pavillon d'honneur, dont rentrée est rue Auber, par la rampe de dr., une bibliothèque spéciale et une sorte de petit musée de VOpéra. Ce musée, publie les jours ouvrables de 11 h. à 4 h., comprend de petits modèles de décors, des bustes et des portraits d'artistes, des manuscrits de grands eomposi leurs, le piano de Spontini, des dessins de costumes du xvm e s., des affiches de théâtres, surtout de 1658 et 1660, etc.
Sur le reste du boulevard des Capucines au delà de l'Opéra, à dr. le Grand- Hôtel (p. 3), avec le cafe de la Paix; puis la rue Scribe et plus loin V Olympia (p. 32).
Le boulevard de la Madeleine (pl. R. 18; JJ), qui vient ensuite, va jusqu'à l'église de ce nom (220 m.), où finissent les Grands Boulevards de la rive droite.
La ^Madeleine (pl. R. 18; II) rappelle, à l'extérieur, les temples romains. Elle a été construite de 1764 à 1842 et elle a eu pour principaux architectes, Couture, P. Vignon et Huve'. Napoléon I er voulut en faire un temple de la Gloire et Louis XVIII une église expiatoire , avec des monuments à la mémoire de Louis XVI, de Marie- Antoinette, etc. L'édifice a 108 m. de long sur 43 de large; il repose sur un soubassement d'env. 7 m. , et il a encore plus de 30 m. de haut à l'intérieur sous les coupoles. Tout autour règne une majestueuse colonnade d'ordre corinthien. Il n'est pas entré de bois dans la construction. Les murs, sous le portique, n'ont pas de fenêtres, mais 34 niches, garnies de statues de saints et de saintes. Le fronton de la façade, par Lemaire, représente le jugement dernier. La *porte principale, en bronze , de 10 m. 50 de haut sur 5 de large, est ornée de bas -reliefs par Triqueti, représentant le décalogue.
L'* intérieur ne peut être visité que de 1 h. à 6 h. de l'après-midi, et quand la grille est fermée sur la façade, il faut aller tourner par les portes latérales près du chœur. Il n'y a qu'une seule nef, avec chapelles sur les côtés, contre des colonnades derrière lesquelles il y a des tribunes. La voûte est divisée en trois coupoles et un hémicycle, par où tombe un jour d'ordinaire insuffisant pour faire apprécier la riche décoration de l'édifice, surtout les peintures murales dans le haut des chapelles et du chœur. Dans les pendentifs, les Apôtres, sculptés par Pradier, Rude et Foyatier. — Sculptures et peintures des chapelles: à dr., le Mariage de la Vierge, par Pradier; à g., le Baptême de J.-C., par Rude; à dr., Ste Amélie, par ara, et la Conversion de Ste Madeleine, par Schnetz; à g., St Augustin, par Etex et la Mort de Ste Madeleine, par Signol; à dr. t le Sauveur, par Dureté et Ste Madeleine au pied de la croix, p^r Bouchot; à g., la Vierge, par Beurre, et des Anges annonçant à Ste Madeleine la résurrection du Sauveur, par Cogniet; à dr., Ste Clotilde, par Barye, et Ste Madeleine priant au désert avec les anges, par Abel de Pujol ; à g., St Vincent de Paul, par Haggi, et le Repas chez Simon le Pharisien, avec Ste Madeleine lavant les pieds du Sauveur, par Couder. — Le *maitre autel est surmonté d'un beau groupe de marbre par Marochetti, l'Assomption de Ste Madeleine. A l'abside, une mosaïque représentant J.-C. et des personnages du Nouveau Testament, par Gilbert - Martin, et au-dessus une grande fresque de Ziegler, le Christianisme en Oriént et en Occident.
La Madeleine est renommée pour la mueique religieux et les exécution*
Pl. de la Concorde. PARIS.
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avec orchestre, aux grandes fêtes et dans la semaine sainte. — Sortie de la messe, v. p. 49.
Derrière l'église doit être érigée la statue de Lavoisier (1743-
1794), le chimiste, par Barrias. — Pour le boul. Malesherbes, St-
Augustin. etc., au N.-O. de la Madeleine, v. p. 187.
IV. De la Madeleine au Palaii- Royal par la place de la Concorde.
Colonne Vendôme. St-Rooh.
La rue Royale, en face de la Madeleine, conduit à la place de la
Concorde, au delà de laquelle on voit la Chambre des députés.
La rue Royale fut une des plus maltraitées à la ûn de l'insurrection de 1871. Six maisons y furent incendiées volontairement, avec plusieurs maisons voisines de la rue du Faubourg-St-Honoré, et 27 personnes y périrent dans les flammes. Des pompiers, payés par la Commune, poussèrent la perversité jusqu'à remplacer l'eau dans leurs pompes par du pétrole.
Palais de l'Elysée, dans la rue du Faubourg-St-Honoré, v. p. 138.
La **place de la Concorde (pl. R. 15, 18; II) est une des plus
belles, des plus grandes et des plus curieuses de Paris. Elle forme un
carré de 357 m. de long et 217 de large, borné au S. par la Seine, au
N. par le Ministère de la marine et l'hôtel de Crillon-Coislin (p. 74),
à TE. par le jardin des Tuileries et à PO. par les Champs-Elysées.
Du milieu, on jouit d'une quadruple perspective: sur la Madeleine,
la Chambre des députés , le Louvre et Parc de triomphe de l'Etoile
(env. 2kil.). Cette place n'a été achevée qu'en 1854, par Hittorff.
Au milieu du xvm e s., c'était encore un endroit désert. Louis XV
««gratifia» le prévôt et les échevins de Paris de la permission de lui
ériger une statue, et l'architecte Gabriel construisit les pavillons et
balustrades de la place, derrière lesquelles il creusa des fossés qui
ne furent comblés qu'en 1852; mais la statue ne fut érigée qu'en
1763. C'était une statue équestre en bronze, par Bouchardon (modèle,
v. p. 94), avec un piédestal orné par Pigalle des statues de la Force,
la Prudence, la Justice et l'Amour de la paix. Peu de temps après
son érection, on put lire sur ce piédestal les vers suivants :
»0 la belle statue 1 6 le beau piédestal!
Les vertus sont à pied y le vice est à cheval.*
La statue fut enlevée en 1792 et la place prit le nom de place de la Résolution. Ce nom fut changé en 1795 en celui de place de la Concorde et remplacé sous la Restauration par ceux de place Louis XV et place Louis Jl FY, lorsqu'il fut question d'y ériger un monument expiatoire.
C'est en effet sur cette plaee que la guillotine commença son œuvre de destruction en 1792, et Louis XVI y fut décapité le 21 janvier 1793. On y exécuta ensuite: Charlotte Corday, Marie - Antoinette (16 oet.), Brisaot, chef des Girondins, et 21 de ses amis; le duc d'Orléans, Philippe-Egalité, père du roi Louis-Philippe, etc. ; en 1794, Hébert et ses partisans, les adversaires de tout ordre social; ensuite les partisans de Marat et les Orléanistes, Danton lui-même et son parti, Camille Desmoulins, les athées Chaumette, Ànaeharsis Cloots , la femme de Camille Desmoulins, celle d'Hébert, etc.; Madame Elisabeth, sœur de Louis XVI; Robespierre et ses amis, son frère, Dumas, St-Just et d'autres membres du Comité du salut publie; puis 82 membres de la Commune, ete. La source, l'un des Girondins, dit à ses juges: «Je meurs dans un moment où le peuple a perdu la raison; vous, vous mourrez le jour où il la retrouvera.» Du 21 janvier 1793 au 3 mai 1795, plus de 2800 personnes périrent sur l'éehar'aud de la place de la Concorde,
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Obeliique.
L'*obélisque, au milieu de cette place, a été donné à Louis- Philippe par Méhémet-Ali, pacha d'Egypte, lise compose d'un seul bloc de granit rose de Syène, aujourd'hui Assouan, dans la Haute -Egypte. Il a 22 m. 83 de hauteur et il pèse 250000 kilogr. Le piédestal est un bloc de granit de Bretagne de 4 m., et le tout repose sur un soubassement de 1 m. de haut. L'érection eut lieu en 1836, sous la direction de l'ingénieur J.-B. Lebas. Sur le piédestal du monument sont représentés, du côté N. , les machines et les appareils qui ont servi à son transport et a son embarquement en Egypte ; du côté S., ceux qui ont servi à son érection à Paris.
Cet obélisque décorait autrefois, avee un autre, les pylônes que Ramsts JI t le Sésostri* des Orées (xivCg. av. J.-C), fit élever devant le temple bâti par Amenhotep, Aménophis III ou Afemnon, l'un de ses nrédécesseurs , à Thèbes aux cent portes, là où est aujourd'hui le misérable village de Louqsor. Chaeune des quatre faces contient trois colonnes d'hiéroglyphes, celle du milieu de Ramsès II, les deux autres ajoutées par Ramses III, l'un de ses successeurs.
Les 'fontaines, de chaque côté de l'obélisque, se composent chacune d'un grand bassin circulaire dans lequel sont 6 statues de tritons et de néréides tenant des dauphins qui lancent de l'eau dans une vasque placée au-dessus. Plus haut, une seconde vasque surmontée d'un gros bouton, d'où s'échappe un bouillon d'eau. La fontaine du côté de la Seine est dédiée aux mers et l'autre aux fleuves.
Les deux belles constructions presque pareilles qui bornent la place au N., et entre lesquelles passe la rue Royale (v. p. 73), ont été aussi élevées sur les plans de Gabriel, de 1762 à 1770, pour loger les ambassadeurs et d'autres personnages de distinction; celui de droite est maintenant le Ministère de la manne et celui de g., l'an, hôtel de Crillon- Coislin , est divisé en quatre parties, la première occupée par le cercle de la Rue-Royale (p. 37).
Sur les pavillons autour de la place, 8 statues de grandes villes : Lille et Strasbourg, par Pradier; Bordeaux et Nantes, par Calhouet ; Rouen et Brest, par Cortot; Marseille et Lyon, par Petitot. La décoration est enfin complétée par 20 colonnes rostrales.
Le pont de la Concorde, sur la Seine entre la place et la Chambre des députés, a été construit de 1787 à 1790, par Perronet (v. p. 141), la partie supérieure presque entièrement avec des pierres de la Bastille. Les piles présentent des demi-colonnes sur lesquelles il y a eu sous le premier empire des statues de généraux, remplacées sous la Restau relion par les statues de grands hommes qui sont aujourd'hui dans la cour d'honneur du palais de Versailles.
La *vue qu'on a de ce pont est splendide. Outre la place de la Concorde, la Madeleine et la Chambre des députés, on aperçoit encore: en amont, du côté g., le jardin des Tuileries, un pavillon des Tuileries et un pavillon du Louvre; sur la Seine, le pont Solférino et le pont Royal; à dr., la nouvelle gare d'Orléans, en construction, en deçà de laquelle se voit le petit dôme du palais de la Légion d'honneur; plus loin, le dôme de l'Institut, les tours de Notre-Dame, la flèche de la Ste-Chapelle et le dôme du tribunal de commerce ; en aval, à dr., les palais qui se construisent dans les CLamps-Elysées (p. 138); sur la Seine, le nouveau pont Alexandre III ; plus loin, le palais du Trocadéro, avec ses deux tours; à g., le Ministère
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des affaires étrangères et l'inévitable tour Eiffel. Le dôme des Invalides se volt seulement un peu plus bas que le pont, à dr. de la Chambre des députés, et les flèches de Ste-Clotilde à g. au-dessus des maisons.
Chambre des députés, v. p. 256 \ boulevard St-Germain, p. 216; jardin des Tuileries, p. 13Ô. — Omnibus, tramways et bateaux, v. l'appendice.
Nous terminons notre promenade circulaire en reprenant la rue de Rivoli (p. 55), au N.-E. de la place de la Concorde ou à g. du jardin des Tuileries, qu'elle longe, ainsi que l'aile du palais encore subsistante de ce côté. A g., des hôtels luxueux, à commencer par le grand hôtel Continental (p. 3), qui a remplacé le Ministère des finances, «flambé» en 1871 par les communards. Une plaque à dr., sur un pilastre de la grille du jardin des Tuileries, rappelle que là se trouvait le manège où siégèrent l'Assemblée constituante, l'Assemblée législative et la Convention Nationale.
La rue de Castiglione, à côté de l'hôtel Continental, conduit à la place Vendôme (pl. R. 18; ii), dont les constructions sont en partie de J.-H. Mansart (1708). Elle a dû son nom à un hôtel bâti à cet endroit par Henri IV pour son fils , le duc de Vendôme. Il y eut d'abord une statue équestre de Louis XIV, par Girardon.
La *colonne Vendôme, au centre de cette place, fut érigée de 1806 à 1810 par Napoléon I er , à la gloire de la Grande armée et de ses victoires sur les Autrichiens et les Russes en 1805. C'est une imitation de la colonne Trajane de Rome, par Denon, Qondouin et Lepère, de 43 m. 50 de haut et env. 4 m. de diamètre. Renversée par les communards en 1871, elle a été reconstruite depuis telle qu'elle était. Elle se compose d'une maçonnerie revêtue de plaques de bronze, celles du fût formant une spirale de 273 m. , sur laquelle sont représentés les faits mémorables de la campagne de 1805, depuis la levée du camp de Boulogne jusqu'à la bataille d'Austerlitz, d'après B^rgeret. Le bronze a été fourni par 1200 canons autrichiens et russes. Au sommet est une statue en bronze de Napoléon I er , d'après Chaudet : on n'y monte plus.
La rue qui fait suite à la rue de Castiglione, est la rue de la Paix, que nous avons déjà vue de la place de l'Opéra (p. 70).
Nous revenons sur nos pas par la rue Castiglione jusqu'à la première rue latérale , la rue St-Honore, où nous tournons à gauche.
Dans la partie de dr. le Nouveau Cirque (p. 31), puis l'église de l'Assomption, du zvu e s., avec un dôme assez lourd, dont la coupole est décorée d'une Assomption de Ch. de la Fosse: elle n'est pas toujours ouverte.
St-Roch (pl. R. 18; //), entre la place Vendôme et le Palais- Royal, dans la rue St-Honoré, a été construit de 1653 à 1740, sur tes plans de Lemercier ; mais la façade, à deux ordres de colonnes doriques et corinthiennes, a été exécutée sur les plans de Robert de ('otte , par son neveu Jules de Cotte.
Intérieur. La chaire, avec ses singuliers ornements allégoriques, est dans le mauvais goût du xvni e s. — Les chap. des bas côtés sont décorées de peintures de la première moitié du xix e s., ternies et visibles seulement par un temps clair. Les noms de ces cbap. en expliquent les sujets. A g.: chap. des fonts, St- Nicolas, de la Compassion, Ste- Suzanne, St-
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Ht -Rock.
Denis. St-Vincent-de-Paul , St-Joseph, St - François - Xavier et St-Charles, Borrumée. A dr. , en revenant: chap. Ste-Madelelne, Ste-Catherine, Ste- Tbérèse, Ste-Clotilde , Ste-Geneviève , des Apôtres, St-Etienne et des Monuments. Les principales peintures de ces chap. sont celles des deux du transept, qui se font contraste: à g., la Prédication de St Denis, par Vien, maître de David (p. 99), dans le style académique; à dr., la Ouerison du mal des Ardents, par Doyen, une composition théâtrale. Dans la i re ehap. de g., le Baptême de J.-C, groupe de marbre par Lemoine ; dans la 2 e , une Mater dolorosa, par Bogino; dans la 4 e , le monument de Vabbé de V Epie (1712- 1789), fondateur de l'institution des sourds -muets (p. 269), par Priault. — Au transept, de g. à dr. : St Augustin, par d y Huex; St André, par Premier; le Christ agonisant, par Falconei; St Roch, par G. Coustou, etc. Dans les autres chap. latérales, 8 grands bas-reliefs par Deseine, des scènes de la passion. — A g. et à dr. derrière le maître autel, des tableaux de Lethiere et de Restont, Jésus apparaissant à la Madeleine et la Présentation. — Sur l'autel de la l re chap. derrière le chœur, la Nativité du Christ, groupe de marbre par Michel Anguier. Dans le pourtour, plusieurs autres tableaux remarquables: à g., le Triomphe de Mardochée, par Reatout; la Résurrection de la fille de Jaïre, par Delorme; à dr., Laissez venir à moi les enfants, par Schnetz, et Jésus chassant les vendeurs du temple, par Thomas. — 2 e chap., dite du Calvaire, isolée des autres du chœur (porte à g.): le Crucifiment, par Duseigneur ; Jésus en croix, par Mich. Anguier, avec une Madeleine par Lemoine, de l'anc. monument de Mignard (sa fille), et la Mise au tombeau, par Deseine. — Dans l'avant-derrière chap. en retournant vers l'entrée, le monument de Charles II de Créquy, gouverneur de Paris (m. 1687), par Coyzevor. Dans la dernière, ceux de Franç. de Créquy (m. 1687), maréchal de France; du cardinal Dubois (m. 1729), par Ouill.' Coustou, et du comte d'Harcourt, Henri de Lorraine (m. 1666), par Renard; les bustes de Mignard (m. 1695), par Desjardint, et de le Nôtre (m. 1700), par Coyzevox; le monument de Maupertuis (m. 1759), par aVHuez, etc. — St-Roch est une des églises renommées pour la musique religieuse.
C'est devant St - Roeh , alors précédé d'une grande place «'étendant jusqu'au jardin des Tuileries, que les royalistes attaquant la Convention, le 13 vendémiaire an IV (5 oet. 1795), placèrent leurs meilleurs bataillons, tandis que d'autres combattaient du côté du fleuve; mais Bonaparte prit ces derniers sous le feu croisé des batteries qu'il avait fait venir a la hâte, et, par une attaque vigoureuse, écrasa les soldats de St-Roch, étouftant ainsi la contre-révolution dans ses germes.
Nous redescendons de St-Roch à la rue de Rivoli. A côté de celle-ci, place de Rivoli, une statue équestre moderne assez médiocre de Jeanne d'Are, en bronze, par Frémiet.
Enfin nous regagnons en quelques min. la place du Palais-Royal, notre point de départ.