I. Le Louvre
Le **Louvre, vaste palais entre la rue de Rivoli et la Seine (pl. R. 17, 20 ; //), le plus important des édifices publics de Paris, est à la fois remarquable au point de vue de l'architecture et par les précieuses collections qu'il renferme.
Son nom lui vient, dit-on, d'un château ou rendez-vous de chasse dans un bois, appelé Lupara (loupara) ou Louverie. On voudra bien se re porter, pour l'histoire de ce palais, au plan ci -joint. L'enceinte de la ville ne s'étendait pas au delà sous Philippe-Auguste (m. 1223); ce roi bâtit ici, pour défendre le cours de la Seine, une forteresse avec une grosse tour ou donjon, dont l'emplacement, retrouvé depuis 1868, est
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PARIS
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marqué par une ligne blanche sur le sol dans l'angle S.-O. de la cour du Louvre (v. le plan, p. 76). Charles V (m. 1380) enferma ce château dans l'enceinte de Paris et en fit une re'sidence digne d'un roi; mais il n'existe plus rien des constructions de son temps, François I er (m. 1547) les ayant fait démolir pour fonder, en 1541, le palais actuel, qui devait se renfermer dans le périmètre de l'ancien palais. Les travaux furent dirigés
Sar Pierre Lescot sous Henri II (m. 1559) et ses successeurs. Catherine de fédicis (m. 1589) , veuve de Henri II, continua la construction du côté S., sous les règnes de ses fils François //(m. 1560). Charles IX (m. 1574) et Henri III (m. 1589). Elle y ajouta vers 1566 l'aile du côté de la Seine, sur laquelle on éleva plus tard la galerie d'Apollon (p. 120). Henri IV (1589-lttlO) eut aussi à cœur de continuer le Louvre. C'est lui qui construisit la galerie d'Apollon et qui continua la galerie du bord de l'eau , dont la partie extrême a été rebâtie de nos jours sur d'autres plans. Les architectes de Henri IV furent, dit -on, Thibauld et Louis Afétézeau, puis Jacques et J.-B. Androuet, dits du Cerceau. 11 est aussi fait mention de Pierre Chambiges ou Chambiche. Louis XIII (1610-43) fut longtemps sans s'occuper du Louvre; c'est seulement en 1624 qu'il chargea Lemercier d'achever les bâtiments commencés par Lescot. On agrandit le plan primitif au point de le quadrupler; le pavillon N. devint celui du milieu du côté O., aujourd'hui le pavillon Sully ou de l'Horloge, qui fut agrandi et exhaussé (v. ci-dessous). Les côtés du N., du S. et de 1 £., qui n'étaient que commencés, furent continués sous Louis XIV (1643-1710), à partir de 1660 sous la direction de Levau. Les travaux furent encore interrompus sous Louis XV, sous Louis XVI et pendant la Révolution; mais Napoléon I er les fit reprendre par Percier et Fontaine y qui s'occupèrent aussi de construire au N. une galerie parallèle à celle du bord de l'eau. Enfin, après une dernière interruption, Napoléon III les fit achever de 1852 à 1857, par L. Visconti et Le/uel. Il y avait encore à construire la moitié de l'aile du N. , longue de plus de 200 m.; on ajouta des deux côtés des galeries intérieures presque aussi longues, pour masquer, avec les bâtiments en retour d'équerre et les petits jardins du square, le défaut de parallélisme entre ces ailes, le Vieux Louvre et les Tuileries.
Le palais du Louvre se divise en deux parties principales : le Vieux Louvre et le Nouveau Louvre.
Le Vieux Louvbe est le carré de bâtiments à TE. ou au bas de notre plan historique. Après avoir vu l'ensemble harmonieux de la cour, on examinera de préférence la moitié de g. du côté 0. et celle de dr. du côté de la Seine, dues à P. Lescot, le plus grand architecte du commencement de la renaissance française. Comme il est dit ci - dessus , les autres parties n'en sont que des reproductions. La riche façade à trois étages du côté 0., dont la décoration est de Jean Goujon et de Paul Ponce , passe avec raison pour le monument le plus parfait de l'époque de François 1 er . Le pavillon du milieu était d'abord de moitié moins grand et n'avait que deux étages. Celui qu'on y ajouta en l'agrandissant est décoré de belles cariatides par J. Sarazin. Nous avons déjà vu à l'hôtel de ville ce genre de pavillon à dôme , particulier à l'architecture française de la renaissance , ainsi que les hautes cheminées ornementées. Les trois autres côtés ont un attique qui a été ajouté sous Louis XIV. Ils présentent la même ordonnance à l'extérieur, sauf à i'E., du côté de St-Germain-l'Auxerrois. La façade de ce côté, qui a 173 m. 60 de long sur 27 m. 60 de haut, est due au médecin architecte Cl. Perrault. Sa colonnade trop vantée se compose de 28 colonnes corinthiennes accouplées. Les proportions en furent si mal calculées qu'elle dé-
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Le Louvre.
passe les bâtiments aux extrémités et qu'elle en dépassait aussi
d'abord les toitures : c'est ce qui a fait ajouter les attiques.
Les petits jardins à l'extérieur du Vieux Louvre doivent être décorés de monuments d'artistes et l'on voit déjà à g. devant la colonnade la statue équestre de Velasquez (1599- 1660) par Fremiet. Plus loin à g. le monument du peintre Fr. Boucher (1703-1770), par Aubé; puis celui du dessinateur Raffet (1804-1860), avec le tambour de sa «Revue des morts», par Fremiet, et au delà celui de Meissonier (1815-1891), par Mercié.
Le Nouveau Louvre, qui est bien plus grand, s'étend à PO. du Vieux Louvre jusqu'au delà de Parc de triomphe du Carrousel, où il se raccorde avec deux ailes de l'ancien palais des Tuileries (v. p. 135). Il y a encore quelques parties anciennes, comme nous Pavons dit, mais les plus remarquables sont celles qui datent du xix e s., surtout autour du square intérieur. Les riches mais lourdes façades de cette partie, avec pavillons terminés en dôme; leurs colonnes corinthiennes, leurs portiques, leurs cariatides, leurs 86 statues colossales de célébrités françaises et leurs 63 groupes de statues allégoriques ne s'harmonisent que par l'ordonnance générale avec le Vieux Louvre. Il ne serait guère plus possible d'énumérer les sculptures qui décorent le Nouveau Louvre que celles du Vieux; les frontons et les cariatides des six grands pavillons, de g. à dr., à partir de la place du Carrousel, sont de : Guillaume (côté de la place) et Cavelier ; Duret{îioiitQ\\),lio$io,Polet et Cavelier; Vilain (deux pavillons) ; Simart (fronton) , Briant jeune, Jacouot. Ottin et Robert; Jouffroy (côté du square) et Lequesne.
Tous ces bâtiments forment le palais le plus vaste et le plus splendide de Paris et même de l'Europe. La superficie qu'ils occupent, avec les Tuileries, est d'env. 195000 m. carrées; ils présentent un ensemble harmonieux malgré le manque d'unité, et ils sont
réputés la meilleure œuvre d'architecture française.
A PO. du square qui occupe le centre de la cour du Nouveau Louvre s'élève le monument de Oambetta (v. p. 135).
Les salles du Vieux Louvre servent de musées. Quant au Nouveau Louvre, il n'y en a qu'une partie, dans les bâtiments du S. , qui contienne des collections ; les autres sont surtout occupés par le ministère des finances.
Nota. Les personnes qui voudront utiliser tout leur temps avant l'ouverture des musées, comme après la fermeture , feront un tour dans le jardin des Tuileries (p. 136) et à la place de la Concorde (p. 73) , sur les quais de la Seine, au Pont-Neuf (p. 211) ou à d'autres monuments dans le voisinage. Elles gagneront également de cette façon du temps pour revenir aux musées, qu'on ne saurait bien voir en une journée- - x - Déjeuner au Palais-Royal (v. p. il et 13).