III. De la gare St-Lazare à St-Augustin et au pare Monceaux
Les Batignolle*.
Nous prenons maintenant, en face de la gare du côté de la rue d'Amsterdam, la rue du Havre, jusqu'au boul. Haussmann. A g., le lycée Condorcet; puis les beaux magasins du Printemps (p. 41).
Le boulevard Haussmann, où nous tournons à dr., est une des grandes et magnifiques voies du Paris moderne, dont il reste seulement env. 300 m. à percer, entre la rue Taitbout et la rue Drouot,
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PARIS
Parc Monceaux.
pour en faire le chemin le plus direct du boui. Montmartre au bois de Boulogne. Avec l'avenue de Friedland, il forme jusqu'à l'arc de triomphe de l'Etoile (p. 139) une voie magistrale de 2870 m. de long.
La chapelle expiatoire (pl. B. 18; J7), à peu de distance à g., a été construite de 1820 à 1826 à la mémoire de Louis XVI et de Marie - Antoinette , sur l'emplacement de l'ancien cimetière delà Madeleine, où ils restèrent inhumés jusqu'en 1815 , avant d'être transférés à St-Denis. De fait, le monument se compose d'une chapelle précédée de galeries simulant des tombeaux antiques, à la mémoire des autres victimes de la Révolution. On peut le visiter (pourb.). La chapelle renferme deux groupes de marbre. Celui de dr., par Bosio, représente Louis XVI et un ange qui lui dit «Fils de St Louis, montez au ciel!», et au-dessous est inscrit le testament du roi. Celui de g., par Cortot, représente la reine soutenue par la Religion, sous les traits de Mme Elisabeth, sœur du roi, décapitée en 1794. Il a pour inscription la dernière lettre de la reine à Mme Elisabeth (v. p. 202). Des escaliers sur les côtés de l'autel conduisent dans une crypte, là où était le corps de Louis XVI.
Le boul. Haussmann croise plus loin le boulevard Malesherbes, également une voie moderne magistrale, qui part de la Madeleine et va jusqu'aux fortifications (2700 m.).
St-Auguftin (pl. B. 15), à dr. de ce boulevard, a été construit de 1860 à 1868 par Baltard, dans un style roman modernisé. C'est une belle église surmontée d'un dôme de 25 m. de diamètre et 50 m. de hauteur, avec une élégante lanterne et quatre tourelles à coupoles. Le portail , percé de trois arcades et d'une rose , a au-dessus des arcades et aux piliers des statues du Christ, des apôtres, des prophètes et des docteurs de l'Eglise.
Intérieur. St-Augustin n'a pas de bas eôtés, mais des chapelles latérales, qui vont en s'élargissant vers le chœur, ce qui est dû à remplacement dont on disposait. Au-dessus sont des tribunes, qui se continuent jusque sous la coupole. Le plafond de la nef porte sur des arcades eu fer a jour, avec des colonnes en fonte terminées par des anges. Le maître autel, avec un riche baldaquin est au-dessus d'une crypte. Le transept est fort court et terminé par des chapelles. Dans la nef, deux tableaux de D. Maillarty à g. le Baptême de St Augustin et à dr. la Mort de 8te Monique. Les peintures murales sont de Signol (coupole), Bouguereau et Brisiet; les vitraux, de Maréchal et de Lavergne. — La Trinité a pour organiste M. £. Oigout.
Dans te square voisin, un groupe en bronze par Afombur, Tjn sauveteur.
Le boul. Malesherbes passe à g. près du parc Monceaux à env. 500 m. de St-Augustin, en deçà des boulevards extérieurs. On peut encore y aller en redescendant au boul. Haussmann pour continuer de le suivre jusqu'à l'avenue de Messine, à dr., qui mène aussi au parc. A la bifurcation, une statue de Shakspeare, le poète anglais (1564-1616), bronze par Paul Fournier (1888).
Le pare Monceaux ou parc de Monceau (pl. B. 15) , qui est entouré d'une magnifique grille, a quatre entrées (v. le plan), la principale sur le boul. de Courcelles , où l'on remarque une petite rotonde , l'ancienne barrière de Chartres. Il a eu pour un temps une
Batignolles
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grande célébrité. Acquis en 1778 par Philippe d'Orléans , dit Philippe-Egalité , père du roi Louis-Philippe , il fut alors transformé d'une façon originale et avec tant de succès qu'il devint, jusqu'à la Révolution, le rendez-vous favori du beau monde : des bals galants et des spectacles , des fêtes de toutes sortes y avaient lieu; le luxe le plus effréné y était déployé par tous ceux qui le fréquentaient. Ce n'est qu'un petit parc sans accidents de terrain ni curiosités proprement dites, mais il a de beaux arbres et il est parfaitement entretenu et bien fréquenté. Des choses qu'on y admirait autrefois, il n'y a plus guère à citer que la Naumachie, pièce d'êau ovale bordée d'une colonnade corinthienne en hémicycle et avec une statue moderne d'Hylas, en bronze, par Morice. Près de là et plus loin, le monument de Guy de M a passant (1850-1893), le romancier, par Verlet, et des statues en bronze et en marbre: Jeune faune, par F. Charpentier; l'Abandonnée, par Vital Cornu; à dr. de la grande allée, le Joueur de billes, par Lenoir; à g., le Charmeur, par B. de la Vingtrie; derrière, la Lionne blessée, parValton; plus loin à dr., l'Amour blessé, par Mabille; à g., le Semeur, par Chapu; à dr., le Faucheur, par Gumery; près du boulevard, le Moissonneur, par Gaudez. On doit encore ériger dans ce parc des monuments aux compositeurs Gounod et Chopin et au peintre Corot.
Au n° 7 de l'avenue Vélasquez, qui relie le parc au boul. Malesherbes, se trouve le musée Cernuschi, légué à la ville, avec l'hôtel qui le renferme, par l'amateur de ce nom, mais qui ne doit être ouvert au public que dans le courant de 1898. C'est une collection très importante d'ouvrages chinois et japonais, comprenant plus de 2400 pièces en bronze, dont une statue de Bouddha de 4 m. 50 de haut; env. 2500 pièces céramiques, 50 kakémonos ou panneaux peint6 et dessins, plus de 30 meubles, etc.
De la grille du pare du eôté de l'avenue Hoche, au bout de laquelle eat l'arc de triomphe de l'Etoile (p. 139), on aperçoit à dr. les dômes dorés de
L *égliae russe (pl. B. 12), dans la rue Daru. Elle a été construite de 1859 à 1861, dans le style byzantino-moseovite, sur les plans de Kouzmine. Sa forme est celle d'une croix grecque. Elle est précédée d'un beau parvis à dôme doré et surmontée de cinq pyramides, celle du milieu beaucoup plus grande que les autres (48 m.) et toutes terminées par des dômes bulbeux dorés, avec des croix russes. Elle est visible les dimanche et jeudi de 3 h. à 5 h. L'intérieur se compose d'un vestibule, d'une nef et d'un sanctuaire, ce dernier fermé, selon l'usage de l'église grecque, par une clôture dorée qu'on appelle «iconostase», a cause des images qui s'y trouvent. Ce sont des peintures représentant Jésus, la Vierge et des saints russes, par les frères Sorokint et par Bronnikoff. Le reste de l'église est aussi couvert de dorures et de peintures par les mêmes artistes, des sujets bibliques, et par Vassilief, les Prophètes.
Les Batignolles, une des communes annexées à Paris en 1860, au N. du parc Monceaux, et maintenant en grande partie le quartier des célébrités artistiques, présentent près du parc Monceaux quantité de jolis hôtels particuliers. On fera avec plaisir une promenade dans ce quartier, par ex. dans la rue Prony, en face de l'entrée principale du parc, et dans les rues latérates, telles que les rues Fortuny
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St -Laurent.
et Montchanin; puis dans V avenue de Villien et sur le boul. Maiesherbes. La -place Malesherbes (pl. 8. 14) est surtout curieuse sous ce rapport. Ou y remarque particulièrement un grand hôtel dans le style du xvi e s. Dans les petits jardins de chaque côté de Pavenue : le Génie de la Musique et la Douleur d'Orphée , bronzes par Bailly et par Verlet. Plus loin, le monument d'Alex. Dumas père (1824-1870), d'après G. Doré, une statue, avec un groupe sur le devant, la Lecture, et derrière un mousquetaire, aussi en bronze.
Dans le voisinage, rue de Tocqueville, Vécole des Haute* Etude» Commerciales, devant laquelle il y a un petit square avec une statue d'Alain Chartier (1383-1449), le poète, par Moncel.
Au n° 145 du boul. Malesherbes, le lycée Camot (pl. B. 11-14), ane. école Monge. Plus loin encore, la place Waçram (pl. B. 11), décorée d'une statue d\4. de Neuville (1835-1886), le peintre militaire, bronze par F. de St- Vidal. La place est au-dessus du chemin de fer de ceinture, dont le raccordement a lieu non loin de là, à g., à la station de Coureell es-Ceinture (pl. B. 11). Au carrefour voisin doit être érigé le monument d'Eug. Flachat (1802-1873), ingénieur et initiateur de la construction métallique, par A. Boucher.
Du côté opposé, à la station de ce nom, le square des Batignolles (pl. B. 14), un des plus grands de Paris (14300 m.), mais peu curieux. Il y a deux pièces d'eau et des statues en bronze: Circé, par Michel; le Belluaire, par Ferry, etc.
Sur les boulevards extérieurs à l'opposé du parc Monceaux, le collège Chaptal ou Qoubaux (p. B. 14-15), belle construction en pierre et en briques de diverses couleurs, élevée de 1866 à 1872 par Train. Plus loin, la place de Clichy (p. 300), etc.