II. Jardin des Plantes
Le "Jardin des Fiantes on Muséum d'histoire naturelle, dans la partie E. de la rive gauche (pl. G. et R. 22-25 ; V) , réunit presque tout ce qui concerne l'histoire naturelle : plantes et animaux vivants, collections, laboratoire, bibliothèque, etc. Des savants d'une célébrité européenne y ont enseigné et y enseignent toujours. Un amphithéâtre, qui peut contenir environ 1200 auditeurs, y sert à des cours d'histoire naturelle que tout le monde peut fréquenter.
Les professeurs du Muséum organisent de plus, dans la bonne saison, des excursions scientifiques de diverses sortes aux environs de Paris, pour lesquelles on s'inscrit aux laboratoires, et il s'y fait un cours pour les voyageurs qui veulent s'oeeuper d'histoire naturelle.
Projeté dès 1626 , ce jardin fut fondé en 1635 par Quy de Labrosse , un des premiers botanistes de son temps , et ne fut d'abord en effet qu'un «jardin des plantes». Il fut confié en 1732 à Buffon, qui le transforma et y organisa des collections d'histoire naturelle. A Buffon succéda Bern. de St-Pierre, qui y transféra, en 1793, les animaux des ménageries royales de Versailles, etc. De nos jours, le Muséum a été dirigé par Chevreul (1786-1889), puis par E. Fre'my
(1814-1894), et il Test maintenant par M. Milne- Edwards.
Le Jardin des Plantes proprement dit est ouvert toute la journée-, mais il n'en est pas de même de la ménagerie, des galeries, des serres et de la bibliothèque. — La ménagerie est publique tous les jours de 11 h. jusqu'à 4 h. en hiver et jusqu'à 5 h. en été, c.-à-d. du 1 er mars au 90 sept., et même jusqu'à 6 h. le dim., du 1 er avril au 1 er sept, et à 4 h. Va en octobre. Les galeries des animaux vivants sont publiques le jeudi de 1 h. a 5 h. en été et 4 h. en hiver, quand les animaux ne sont pas exposés au dehors, et visibles de même les autres jours sur présentation de billets qu'il faut demander à l'administration (v. ci- dessous). — Les galeries d'histoire naturelle sont ouvertes au public les jeudi et dim. de 11 h. à 4 h. et visibles aussi les mardi, vendr. et sam. avec un billet d'entrée. — Les serres sont aussi visibles avec un billet, les mardi, vendr. et sam. aux mêmes heures, mais la grande serre est publique tous les jours également de 1 h. à 4 h., saut les lundi et samedi. — La bibliothèque est ouverte tous les jours non fériés de 10 h. à 4 h. Vacances en sept, et pendant 15 jours à Pâques. — En somme, on peut tout voir le mardi avec les billets qui se délivrent sans difficulté aux étrangers à l'administration, chacun valable pour 5 personnes. Le dimanche, la ménagerie et les galeries d'histoire naturelle sont publiques.
Le Jardin des Plantes (v. le plan ci-joint), qui a plus de 30 hect. de superficie , se divise en deux parties bien distinctes : le jardin botanique, qui commence à l'entrée principale, place Valhubert, et s'étend jusqu'aux galeries de zoologie , à l'autre extrémité , et la ménagerie, à dr. de là et qui se termine par le Labyrinthe , petite colline d'env. 25 m. de hauteur. Nous commencerons notre description par la seconde partie, qui est la plus fréquentée; il sera facile de s'orienter avec le plan. 11 y a à peu près partout des étiquettes.
Ménagerie. — En entrant du côté du quai, on se rendra d'abord aux loges (21) des animaux féroces. Entrée les jours où les animaux ne sont pas exposés, v. ci-dessus. Les enceintes environnantes sont occupées par les animaux paisibles, parmi lesquels il y a surtout beaucoup d'antilopes , de cerfs et autres animaux de ce genre.
Jardin des Plantes. PARIS.
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Il y a toutefois encore une nouvelle cage contenant de beaux tigres du Tonkin. — Un peu au delà des animaux féroces, à dr., le palais des singes , toujours entouré de monde , lorsqu'il y en a dehors. — Puis encore beaucoup d'animaux paisibles et plus loin , à g. , la rotonde des grands animaux: éléphants, hippopotames (jeunes), chameaux, rhinocéros, etc., où les curieux ne manquent pas non plus. — La foule se porte encore vers la fosse aux ours, à quelques pas de là, du côté du jardin botanique. — Derrière la rotonde, la grande volière; plus loin au N., les cages des oiseaux de proie, une jolie faisanderie, le pavillon des reptiles, qui est à visiter, et, à côté , le bassin des crocodiles (en été). — En allant de là vers le S., on voit les autres oiseaux, on passe à dr. à l'anc. galerie d'anatomie (v. cidessous) et à g. au bassin de V otarie ou lion de mer, qu'il est curieux de voir manger (à 3 h.).
Le Muséum, dont la ménagerie n'est du reste qu'une partie, ne peut naturellement, avec son budget restreint et sa gratuité, avoir une collection d'animaux absolument comparable à certains jardins soologiques spéciaux, à entrée payante, d'autant plus que les animaux coûtent souvent fort cher. Il a toutefois, par ex., dépensé 10000 fr. pour chacun de ses deux jeunes hippopotames, et un gros peut valoir jusqu'à 40000. Un éléphant se paie de 6 a 12000 fr. et un lion 5000. La nourriture des animaux coûte déjà à l'administration 45000 fr. par an. Un lion ou un tigre mange 5 kilos de viande par jour; un crocodile, 10 à 11 kilos et un kilo de poisson ; une otarie, 5 kilos de poisson.
Derrière le bassin de l'otarie est Vorangerie y visible seulement avec un billet, comme les serres non publiques (v. ci-dessus). .Puis vient Y amphithéâtre (v. p. 248), à dr. duquel est la modeste maison de Cuvier, et plus loin V administration, où se délivrent les billets pour la ménagerie, les galeries, etc. , les jours où elles ne sont pas publiques (v. ci-dessus).
Le Labyrinthe est une petite colline dsns l'angle N.-O. du jardin, qui s'est peu à peu formée des immondices du quartier voisin et où des sentiers entre des haies formaient auparavant un labyrinthe. Sur le versant du côté de la ménagerie, un superbe cidre du Liban (pl. 4), le premier qui ait été planté en France, en 1735, par Bern. de Jussieu. Plus haut, une petite colonne de granit tronquée (pl. 5), le tombeau de Daubenton (1716-1799), célèbre naturaliste et anc. directeur du Jardin des Plantes. Il y a au sommet un petit pavillon en bronze, d'où l'on a une vue assez étendue, mais en partie masquée.
Dans l'angle près du Labyrinthe se trouve une porte donnant sur la rue Linné. Là s'élève 1& fontaine Cuvier , de 1840, avec une statue de la Nature assise sur un lion.
De l'autre côté du Labyrinthe, les serres tempérées et les serres
chaudes (visite, v. p. 248).
Galeries. — Les galeries d'histoire naturelle du Jardin des Plantes de Paris sont les plus riches qui existent. Entrées, v. p. 248.
*Galebies de zoologie, dans le bâtiment au fond du jardin botanique, un palais de construction récente, dont la façade est décorée d'une statue de la Science, par E. Guillaume, et de médaillons de savants naturalistes. On y entre du côté droit. Le rez-de-chaussée
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PARIS. Jardin des Plantes.
comprend une galerie sur le devant et un hall central de 55 m. de long sur 26 de large, avec des bas côtés de 8 m. de large qui en font le tour. Des escaliers à chaque extrémité de la galerie du côté de la façade donnent accès à deux étages au-dessus de cette galerie et des bas côtés du hall, et il y a un troisième étage sur le devant.
Re*-de-chaujsée, mammifères, reptile» et poissons. — l rp galerih, à g. : dans la première vitrine du milieu, dans celles de dr. et une partie de eelles de g., une très riche collection de quadrumanes, depuis le gorille, le chimpanzé et l'orang-outang, jusqu'aux plus petits singes; ensuite des carnassiers, lions, tigres, léopards, panthères, quantité d'autres félins, ete.
Hall ciktral, grands mammifères: girafes, éléphants, hippopotames rhinocéros, chameaux, bœufs, ete. ; squelettes d énormes cétacés. — Pourtour. Moitié du côté du jardin et petites salles aux extrémités, mammi/èret de tous genres, les plus remarquables dans les vitrines du milieu. Moitié du côté opposé, poissons, collection également très complète, les poissons desséchés dans les vitrines du milieu, les préparations a l'alcool dans celles qui sont le long des murs.
I er étage. — Au bas de l'escalier par lequel nous y montons, à l'extrémité ou au S. de la l re galerie, le buste et la sépulture de Victor Jacquemont (1801 -1832), voyageur du Muséum. Sur la rampe, un beau groupe en bronze par J. Thomas. — Le 1 er étage est eonsaeré aux oiseaux, reptiles, batraciens, mollusques et zoophytes. — Vestibule : très beaux échantillons de coquillages, en particulier d'huîtres perlières et de perles; puis des coraux , ete. — Galerie du côté du jardin, les plus beaux *oiseaux de la collection, qui est très riche. Au milieu, d'abord les plus petits et les plus admirables pour le plumage, oiseaux-mouches , paradisiers, superbes, sifflets, épimaques, hausse-cols, magnifiques, manucodes, perruches, etc. ; puis des oiseaux de proie. Sur les côtés, les grimpeurs (perroquets, etc.) et encore des oiseaux de proie, des oiseaux nocturnes. — Pourtour du hall. Du côté de la galerie précédente, suite des oiseaux: palmipèdes, échassiers, gallinacés. Du eôté intérieur dans cette galerie et les suiv., les mollusques (coquillages) et les soophytes. Galerie transversale du côté des serres, encore des mammifères. Salle voisine, collection d'oiseaux d'Europe donnée au musée, que des étiquettes en langue vulgaire rendent plus instructive. Suite de la galerie, toujours des mammifères et une collection de nids d'oiseaux. Autre galerie longitudinale: reptiles ou crocodiles, tortues, serpents, etc. ; amphibies, batraciens.
2 e étage: insectes, crustacés, etc.; suite des mollusques et zoophytes, desséchés, dans l'alcool ou à l'état fossile ; riche collection de papillons, beaux échantillons de eoeons; comme curiosité, deux gros nids de termites (fourmis blanches); beaucoup d'étoiles de mer.
3 e étage, du côté du jardin, suite; curieuse collection de nids d'insectes, tels que guêpes, frelons, myrapétra, araignées, termites, et des spécimens de^ dégâts des insecUs sur les végétaux , dans le bois , dans les livres et même dans les métaux; eoeons de vers à soie; ruches; beaux spécimens de crustacés, crabes, langoustes, homards, araignées mygales, limules et squilles.
Nous redescendons par l'escalier du côté de rentrée, qui a aussi dans le bas, sur la rampe, un beau groupe en hronze, par J. Cavelier, et au pied duquel se trouvent le buste et la sépulture de Ouy de Làbrosse (1586-1641), fondateur du Jardin des Plantes.
Galerie de géologie et de minéralogie , dans le long bâtiment à côté des galeries de zoologie, construite en 1835. où sont aussi celle de botanique et la bibliothèque. — A l'entrée, des échantillons de dimensions exceptionnelles. — Le vestibule contient la collection du célèbre minéralogiste Haûy (1743-1822), qui lui coûta 40 ans de travaux. Aux murs de cette pièce et des extrémités de la galerie voisine, des peintures par Biard, représentant des scènes des régions arctiques, des phénomènes et des curiosités de la nature.
Jardin de* Plantes.
PARIS
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La galerie, à g., a 100 m. de long et est divisée en trois parties dans le sens de la longueur, les parties latérales plus élevées que celle du milieu. Les petits meubles contiennent des échantillons hors série. — La géologie y a 4 collections différentes : collection systématique des terrains, dans 332 vitrines, d'abord dans le bas, au milieu, de dr. à g., puis dans le haut, aussi de dr. à g. ; collection spécifique des roches et collection paléontologique ou des fossiles, dans le reste des vitrines du haut; collection géographique, dans les tiroirs. — La minéralogie est répartie dans le bas autour de la galerie. Elle est classée de façon à permettre l'étude de la composition des minéraux et des usages qu'on en peut faire. Au commencement à dr. *t plus loin, des collections de pierres précieuses. Il y a aussi du côté dr. une collection géologique usuelle, une collection agronomique, etc. — Au milieu de la galerie, des statues de Cuvier, par David d'Angers, et de Haûy y par Brion. Là aussi une collection de plus de 400 météorites , Tune d'elles , à g. , pesant 780 kilos, et d'autres curiosités.
Galerie de botanique, à la suite de la précédente, d'où l'on y entre. Une partie seulement des collections est publique. Le vestibule est décoré d'une statue d'A. de Jussieu, par Legendre-Uéral, et contient de curieux spécimens de plantes exotiques: dattier, palmiers, bambous, canne k sucre, fougères arborescentes, etc.
La galerie comprend surtout des collections de fruits conservés ou imités, de fruits exotiques modelés par Robillard d'Angelle ; des imitations de toutes sortes de champignons, chefs-d'œuvre de Pinson, et une collection de végétaux fossiles, dans les vitrines sur les côtés. — Il y a à l'étage supérieur des salles contenant les herbiers; elles ne sont ouvertes que pour l'étude. La collection s'est enrichie depuis 1885 de l'herbier de Lamarck, racheté à l'université deRostock. On ressort par la galerie de géologie et de minéralogie.
La bibliothèque occupe encore une partie du même bâtiment, à g. en ressortant ou du côté des galeries de zoologie. Elle compte près de 150000 volumes et elle comprend une précieuse collection de manuscrits, de dessins et notamment de peintures sur vélin, représentant des animaux, des fleurs et des fruits, plus de 6000 num. ou 100 vol. in-folio.
*Galbrie8 d'anatomib, dans le nouveau bâtiment à l'entrée principale du Jardin, qu'on ouvrira en 1898. Ce bâtiment, sur les plans de Dutert, est le commencement d'un palais qui doit s'étendre jusqu'aux galeries précédentes, une construction dans le genre de celle du fond, plus grande que remarquable, mais cependant décorée à l'extérieur de belles œuvres d'art: sur la grande façade, des basreliefs en marbre, représentant des scènes de la vie animale, et d'autres en bronze, surtout le Cheval dompté par l'homme, de Marqueste, et le Nubien tuant un crocodile, de Barrias; au fronton du grand pavillon ou de l'entrée, les Trois règnes de la nature, par Allar; eu outre , des bustes de naturalistes et toute sorte d'animaux.
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PARIS. Jardin des Plantes
Jardin botanique. — De belles allées d'arbres divisent ce jardin en parterres réguliers. Il n'est pas inutile de rappeler, aujourd'hui où l'on passe à côté avec indifférence , que la plupart des arbres qui font l'ornement de nos promenades ont été introduits et naturalisés dans nos pays par le Jardin des Plantes, et c'est encore le cas pour un plus grand nombre de plantes et de fleurs. Du côté de la ménagerie se trouve V Ecole de botanique, ouverte tous les jours, excepté les dim. et fêtes, de 6 h. à 11 h. du matin et de 1 h. à 6 h. du soir. Des étiquettes de diverses couleurs servent à indiquer les classes (rouges), les familles (jaunes), les genres et les espèces des plantes. Ces dernières sont marquées de bandes aussi de diverses couleurs, pour en désigner les usages: rouge, si elles servent en médecine; verte, si elles sont alimentaires; bleue, quand on les emploie dans les arts ; jaune, si ce sont des plantes d'ornement et noires si elles sont vénéneuses.
Près du quai sont les fiantes aquatiques. Puis , en remontant le jardin, comme l'indique notre plan: les plantes alimentaires et industrielles , les plantes médicinales , un parterre de fleurs, les plantes annuelles et les plantes vivaces d'ornement. Devant les galeries de botanique et de minéralogie, des plantes indigènes (fleurs de parterre). Le jardin a ses pépinières derrière les mêmes galeries, de Tautre cêté de la rue de Buffon ; elles ne sont pas publiques. Ensuite, dans le jardin même, en revenant, Y Ecole des arbrisseaux d'ornement, où se voit, près des galeries , le premier acacia introduit en France par Jean Robin, en 1601 , et planté ici en 1636. Plus loin, V Ecole
des poiriers ou des arbres à pépins , etc.
Outre qu'il sert à l'agréai eut des visiteurs et à l'étude, le jardin botanique fait des distributions de graines, de plantes et d'échantillons aux établissements d'enseignement, aux autres jardins botaniques, aux sociétés correspondantes et même aux étudiants, aux botanistes, aux artistes et aux industriels.
Au N. du jardin est la halle aux vins (pl. R. 22, P), qui n'a rien de bien eurieux. A l'O., ou derrière le jardin, l'hôpital de la Pitié (716 lits) et la maison d'arrêt de 8te- Pélagie y connue comme prison de journalistes.