‹ Paris et ses environs; manuel du voyageurChapitre 67 sur 100 · III. Bu Jardin des Plantes aux Gobelins · texte numérisé non relu

III. Bu Jardin des Plantes aux Gobelins

Les Gobelins sont à env. 1500 m. au S. de la place Valhubert (tramways, v. l'appendice). Nous prenons d'abord pour nous y rendre, entre le jardin et la gare d'Orléans (p. 20), le boul. de l'Hôpital. Un peu plus baut, a g., se trouve le vaste hospice de la Salpêtrière, commencé par Louis XIII pour servir d'arsenal et transformé plus tard en hospice de la vieillesse pour les femmes âgées ou folles et qui comprend encore un service de clinique des maladies nerveuses. Il a 45 corps de bâtiment, comptant 4682 fenêtres et 3811 lits. Sur le devant, la statue du docteur Pinel (1745-1826), bienfaiteur des aliénés, bronze médiocre par Lud. Durand. Dans le grand amphithéâtre des cours se voit un beau tableau de Tony Robert-Fleury, le Docteur Pinel délivrant des folles des instruments de torture avec lesquels on les martyrisait. Dans les cours de l'hospice, les monuments d'autres médecins illustres : Duchenne de Boulogne

Qobelins. PARIS. Rive g. 11. 253

(1806-1875), par Desvergnes; Charcot (1825-1893) , par Falguière, et Boucherie (1801-1871;, inventeur de la conservation des bois par le sulfate de cuivre.

Nous prenons là à dr. le boul. 8t- Marcel, qui passe à g. au marche' aux chevaux, voitures, chiens et bicyclettes, puis devant une statue de Jeanne aVArc, en bronze, par Chatrousse. Enfin nous tournons à g. dans V avenue des Qobelins, où est la manufacture, à dr., n°42.

Nota. Pour se rendre directement aux Qobelins ou en revenir, il y a les omnibus de Notre-Dame-de-Lorette au boul. St- Marcel (if) et de la place de la République à Montsouris (Ù) y ainsi que les tramways des halles à la porte d'Ivry (TQ)> du Châtelet à Vltry et de Montparnasse à la Bastille.

Les Gobelini (pl. G. 23) sont la manufacture de l'Etat où se font les tapisseries de ce nom. Les bâtiments n'ont rien de remarquable. La manufacture et son musée sont publics les mercr. et sam. de 1 h. à 3'h. et visibles seulement ces jours-là.

La fondation de cette manufacture remonte à Henri IV et même à Henri II et François I er , mais elle ne fut établie ici définitivement que sous Louis XIV, en 1663, dans la teinturerie des frères Gobelin, dont elle a pris le nom, et Ton n'y fit pas seulement d'abord des tapisseries, mais les meubles de la Couronne en général. C'est de ce temps que date la célébrité des Oobelins, ses produits étant des œuvres d'artistes, destinées à décorer les habitations des chefs de l'Etat et des édifices publics et à être données en cadeaux aux souverains étrangers, à de grands personnages, a des ambassadeurs, etc. On a de plus réuni aux Qobelins, en 1836, la manufacture de tapis de la Savonnerie , fondée par Marie de Médicis en 1604, dans une ancienne savonnerie.

Le métier à tisser des Oobelins ressemble fort au métier ordinaire. La petite partie du tableau dont l'artiste s'occupe pour le moment est dessinée sur la chaîne. L'original est placé derrière lui , et lui-même est derrière la trame , c'est-à-dire qu'il n'a devant lui que l'envers de la tapisserie. Ce qui constitue la principale difficulté' de ce travail , c'est le choix des nuances dans les laines, chaque teinte se composant de tons qui diffèrent fort peu l'un de de l'autre. Le chimiste Chevreul a établi en principe pour la manufacture 12 gammes de couleurs franches, séparées les unes des autres par 5 gammes équidistantes et chacune composée de 12 tons, le tout donnant 14 400 tons. Aussi les artistes les plus adroits ne font-ils pas en moyenne plus de 34 centim. carrés de tapisserie par jour ou guère plus de 1 m. carré par an. On ne doit donc pas s'étonner de voir des tapisseries estimées de 50000 à 15 000 fr. : elles coûtent à l'Eut de 4500 à 5000 fr. le mètre carré. Ce ne sont que des reproductions de tableaux, mais néanmoins des chefsd'œuvre. Les personnes qui n'auront encore vu que de vieilles tapisseries des Oobelins, toutes passées et froncées, seront étonnées de la vivacité et de Y habile dégradation des couleurs dans celles qu'elles verront sur les métiers, tableaux charmants où l'œil n'est pas même contrarié par le brillant du vernis. — Les tapis de la Savonnerie diffèrent surtout des précédents en ce qu'ils sont veloutés ou formés d'une suite de points de laine noués et coupés l'un après l'autre. Les artistes qui les font sont assis devant leur modèle et leur travail.

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PARIS

Gobtlins

La visite commence par le musée, à g. H y a des inscriptions.

Muté*. — I re salle, De dr. à g. : le Passage du pont Molle, modèle de Raphaël; Sacrifiée d'Abraham, de Sim. Vouet; Audienee de Louia XIV au cardinal Chigi, légat da pape, Passage du Granique et Louia XIV visitant les Oobelins, de Lebrun; buste de Lebrun, par Leroux; les Joueurs de tiquet, du xvn e a. ; le Triomphe de Pallas, de If. Coypel; statue en bronze de Colbert, par Aubé; sur un chevalet, Louia XIV, de Riçaud; le Repas de Syphax, de J. Romain; vue de l'anc. le château de St-Germainen-Laye; le Sacrifice de Lystre, de Raphaël; l'Automne, de Lebrun; Elie montant au ciel, de Sim. Vouet; un Terme, de Lebrun.

II e salle. A dr., les Flamands demandant la paix à Clovia, tenture de Bruxelles, du xvii e a. A g., le Limier, d'Oudry. — Dana le fond, lea Taureaux, de Pr. Desporte» y et, provisoirement, deux tapisserie de St-Remi de Reims (xvi e s.), Tune restaurée et l'autre a restaurer.

III e salle, à g. de la précédente, tapisseries des xvr*-xvin e a., de diveraea orlginea : à dr., le Sanglier de Calydon ; le Baiser de Judas, du xvi e a. ; Louia XI levant le siège de Dôle et de Salina (Bruges ; 1601) \ le Miracle du Landit, la Salutation Angélique, du xv e a. (Flandrea); le Christ mort et l'Adoration des magea, des xvi e et xv e a. (Flandres). Au-dessus du Christ, au milieu de la salle et à la porte, de magnifiques tapis persans anciens. A l'autre mur, 4 vieilles tapisseries flamandes d'après Raphaël: la Mort d'Ananie. la Guérison du paralytique, le Sacrifice de Lystre (plus loin) et Elymaa frappé de eéeité. Dana l'intervalle, la Mort de Joab, cVA. du Cerceau.

IV e salle, à la suite de la II e : à g., Flore, de l'école de Fontainebleau (?), du xvi e a. \ le Concert, tapisserie française du eommene. du xvi e a. ; lea Moia grotesques cYAudran; une tapisserie d'Aubuaaon du xvi e a. et divers fragmenta.

Atelier». — Les 2 ateliera où l'on passe de la IV e salle sont ceux où se font les tapisseries. Celles qu'on y voit ne sont naturellement paa toujours lea mêmes , et il n'eat pas possible de donner des indications qui ne aoient paa inexactes au bout de quelque temps. On se reporter aux inscriptions a pour connaître les sujets des œuvres sur lea metiera.

On suit plua loin un corridor garni de tapiaseriea anciennea et de tapis d'Orient, et l'on descend un escalier pour paaaer dans un autre bâtiment où se trouvent lea ateliera de la Savonnerie, avec des tapia en cours d'exécution, et encore des tapisseries anciennea, en particulier l'Ambassade turque envoyée à Louis XV, de Parrocel t et l'Evanouissement d'Eather, de ae Troy.

On reasort par une cour à g., où eat I'akcibheb chafslls, qui contient surtout deux tapisseries d'après Raphaël^ du xvn e a. : à dr., la Messe de Bolsène; à g., Héliodore chassé du temple. En outre de petites copies de tapisseries anciennes et de petits modèles, en peinture.

L'avenue dea Gobelins aboutit plus haut à la plaoa d'Italie (pl. G. 23). Au milieu de cette place, un bassin avec un beau jet d'eau; au 2T., la mairie du JII1" arrondissement^ bâtie de 1867 à 1877, avec un joli campanile. Il y a dans la salle des mariages des peintures par D. Boulanger. — Boni. d'Italie, 18, V école Kstlenne % école professionnelle pour les industries se rattachant a la librairie.

Pour Ivrpy Bicêtre % Villejuif^ Vitry et Choisy-le~Roi % que desservent lea tramwaya passant à la place d'Italie, v. p. 386 et 346.

Le boul. Arago, qui fait suite au boul. St-Marcel (p. 258). paaae à V hôpital de Louretne ou Broea (femmes; malad. vénér. et cutanées), puis à la prison de la Santé, et aboutit à la place Denfert Roehereau (p. 773). — De l'avenue dea Gobelins part aussi, a côté du boul. Arago, le boul. de Port-Royal, qui mène au carrefour de l'Observatoire (p. 369).

Au bas de l'avenue des Gobelins, 8t - M /dard <pl. G. 22; F), église des xv e -xvi e s., dont le cimetière, remplacé par un square, fat

Faub. St-Qermain. PARIS.

Rive, g. 72. 255

fameux au xviii 6 s. par des pèlerinages au tombeau de l'abbé Paris, diacre janséniste auquel ses partisans (convulsionnai res) attribuaient des miracles. Dans le square, la Fenaison, bronze par Barrau.

La rue Monge, derrière l'église, va au boul. St-Germain (tranrw.), en passant à la place Monge, où est la statue de Louis Blanc (1811-1882), l'historien, bronze par Delhomme, et près des ruines des arènes de Lutèce, dans un nouveau square , à dr. au coin de la rue de Navarre. Ces ruines consistent surtout en un certain nombre de gradins fortement restaurés, autour de l'arène, qu'on a déblayée.

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