‹ Paris et ses environs; manuel du voyageurChapitre 68 sur 100 · I. Des Tuileries aux Invalides · texte numérisé non relu

I. Des Tuileries aux Invalides

Chambre dea députés. Ste-Clotilde.

Nous passons sur la rive g. par le vieux Pont-Royal, en face du pavillon de Flore (sculptures, v. p. 135). De l'autre côté commence la rue du Bac, qui traverse le faubourg St-Germain, le quartier aristocratique. Il n'y a guère, dans les rues transversales, que des hôtels particuliers , et elles sont toujours très calmes , presque désertes en été et les dimanches et fêtes. Là aussi sont plusieurs ministères et ambassades, etc.

A g. de la rue du Bac, le Petit- St- Thomas , magasin de nouveautés en partie reconstruit en 1897, avec une jolie façade. Ensuite, sur une petite place près du boul. St-Germain, St-Thomaa-d'Aquin (pl. R. 17; IV), église des xvn e et xvm e s. Il y a à la façade des bas-reliefs modernes : St Thomas d'Aquin, par Vilain, et St Dominique, par Gruyère. A l'intérieur, des tableaux de valeur secondaire, des fresques de Blondel, un plafond de Lemoine, la Transfiguration, et St Louis rendant la justiee, par Merson, Tun et l'autre dans la chapelle du fond.

A l'intersection de la rue du Bac et du boulevard, la statue de Chappe (1763-1805), inventeur de la télégraphie aérienne, bronze par Damé.

La rue du Bac est traversée après le boulevard par la rue de Grenelle, dans laquelle on volt près de là, en tournant à g., la belle fontaine de Grenelle (pl. B. 17; IV) , construite en 1738 sur les dessins de Bouchardon. Elle se compose d'une décoration d'architecture en hémicycle, de 29 m. de diamètre et près de 12 m. d'élévation, avec un groupe de marbre, Paris, la Seine et la Marne des statues des Saisons et des bas-reliefs.

Dans le haut de la rue du Bac, les Missions-Etrangères (pl. B. 16 ; IV), un séminaire. On y voit, en le demandant, la chambre des Martyrs, qui renferme des instruments ayant servi au martyre de nombreux missionnaires et chrétiens, des vêtements teints de leur sang, etc.

Plus loin, le Bon- Marché (p. 40). vastes et curieux magasins dont la façade principale est sur la rue de Sevrés. A côté, le square de Ménages, décoré d'un groupe de marbre par Mathurin Moreau, le Sommeil. Vers l'extrémité de la rue de Sèvres, les hôpitaux Laënnec, des Enfants Malades et Necker, Y Institution des jeunes aveugles et l'avenue de Breteuil, avec le puits artésien de Grenelle (p. 265).

Le quai de la Seine voisin de la rue du Bac, va subir une grande transformation par la construction de la nouvelle gare d'Orléans (pl. R. 17; II), sur l'emplacement de l'anc. palais de la Cour des

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PARIS

La Chambre.

Comptes, en raine depuis 1871 , où il fut incendié par les communards. Le chemin de fer d'Orléans sera prolongé jusqu'ici, en majeure partie en tunnel, depuis sa gare actuelle, près du Jardin des Plantes (p. 252; 3 kil. 650).

Le palais de la Légion d'honneur (pl. R. 17; 11), à la suite, est un anc. hôtel particulier du xvni e s. , d'une certaine importance historique comme ayant été le centre des réunions de Mme de Staël sous le Directoire.

A côté, le pont de Solférino, construit en 1858-59. La grosse tour basse a g., au bout de la rue de Solférino , fait partie du Ministère de la guerre, sur le boul. St-Germain.

La Chambre des députés , dite aussi palais du Corps législatif ou Palais- Bourbon (pl. R. 14; 77), s'élève plus loin entre le quai et la rue de l'Université, à l'extrémité du boul. St-Germain (p. 216) et vis-à-vis du pont et de la place de la Concorde (p. 73-74). Ce palais fut commencé en 1722 par la duchesse veuve de Bourbon, sur les plans de Girardini. Devenu propriété nationale en 1790, il fut plus tard transformé pour servir aux séances du conseil des Cinq- Cents , puis du Corps législatif et de la Chambre des députés, dont le nombre est de 581.

La façade primitive est à l'opposé de la Seine et la place qui y la précède est décorée d'une statue de la Loi, par Feuchères (1855). La façade qui donne sur le fleuve, construite de 1804 à 1807 par Poyet, pour faire pendant à celle de Madeleine, de l'autre côté de la place de la Concorde, est dans le style d'un temple grec, avec un péristyle corinthien de 12 colonnes, précédé d'un perron que décorent les statues de Thémis et de Minerve, de d'Aguesseau, Colbert, l'Hôpital et Sully. De chaque côté sont des bas-reliefs de Rude et de Pradier, et au-dessus de la colonnade un fronton par Cortot, la France tenant la Constitution, entre la Liberté et l'Ordre public, le Commerce, l'Agriculture, la Paix, etc.

Lorsque la Chambre est réunie , le public ne peut voir que la salle des séances , pendant les délibérations , avec une carte d'entrée qu'on obtient par l'entremise d'un député ou en s'adressant par écrit au secrétaire de la questure. En dehors de la session, au contraire , on peut visiter le palais tous les jours. L'entrée du public (avant 2 h.), pour les séances, est par le pavillon à dr. du grand escalier, du côté du quai. Pour la visite, s'adresser à g. dans la cour sur le derrière ; on est conduit par un employé (pourb.). — Dans la salle des Pas-Pebdus, un piaf on d par H.Vernet, la Paix, etc. — La salle des SÉANCES forme un hémicycle avec 20 colonnes de marbre, derrière lesquelles sont les tribunes publiques. Au-dessus du bureau est placée provisoirement une tapisserie des Gobelins, la reproduction de l'Ecole d'Athènes de Raphaël. Sur les côtés, des statues de la Liberté et de l'Ordre public, par Pradier, etc. — Salle des Conférences ; plafond par Heim, Histoire de la législation en

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Frauce ; le Président M. Molé arrêté parles factieux pendant U Fronde, tableau par Vincent; Ouverture des Etats-Généraux par Philippe le Bel, par Vinc.hon\ les *Bourgeois de Calais, par Ary Scheffer. — Bibliothèque: plafonds par Eug. Delacroix, Attila et Orphée. — Salle des Distbibutions: grisailles par Abel de Pujol. — Salle Casimib-Pébieb : statues de Mirabeau et de Bailly, par Jaley; de Périer, par Duret; du général Foy, par Desprez. Bas-reliefs par Triqueti et Dalou. — Salle du Tbône : la Justice, la Guerre, l'Industrie, l'Agriculture, les Mers et les Fleuves de France, par Eug. Delacroix.

A côté du palais est Y hôtel de la Présidence de la Chambre. Plus loin sur le quai, le Ministère des affaires étrangères, bel hôtel construit en 1845 par Lacornée. La façade est décorée de demicolonnes doriques et ioniques superposées, de balustrades à chaque étage et au sommet, de médaillons et de statues. Ensuite Y esplanade des Invalides, mentionnée ci- après. Nous revenons sur nos pas et prenons la rue à g. de la Chambre des députés (statue sur le derrière, v. p. 256), puis la rue St-Dominique. qui nous conduit à g. à Ste-Clotilde.

*Ste-Clotilde (pl. H. 14; /V) est une des belles églises modernes

de Paris, dans le style ogival du xiv e s. Elle a été commencée par

Uau en 1846 et achevée par Ballu en 1859. La façade présente

trois portails, richement décorés de sculptures, avec frontons aigus,

et deux tours à flèches un peu maigres , qui s'élèvent à 66 m.

L'iMKRiKUK est divisé en trois nefs, avec déambulatoire et transept, mais sans portails latéraux. Toutes les fenôtres sont garnies de splenilides vitraux, par Maréchal, Qalimard, Jourdy , Thibaut, Amaury-Ihival, Lus$on et Hetse. Les collatéraux n'ont que deux petites chap. sombres de chaque côté de l'entrée, ornées de peintures par //. Delaborde (inscriptions). Sous les fenêtres de ces collatéraux et au transept, un chemin de croix par Duret et Pradier. — La chap. du bras dr. du transept, dédiée à Ste Valère, a de grandes peintures par Lenepveu. On remarquera ensuite la clôture du chœur, décorée de quatre bas-reliefs par Guillaume, les deux du côté dr. représentant eneore Ste Valère, ceux du côté g. Ste Clotilde. — - Il y a aussi des peintures murales dans les chapelles de l'abside, par Fils et Lcemlein (à dr. ; St Remi), Bezard (St Joseph), Lenepven (la Vierge), Britset (Ste Croix) et Bouguereau (St Louis), et dans le bras g. du transept, deux grandes compositions par Laugée, Ste Clotilde secourant les pauvres et le Baptême de Clovis. — Les stalles et le maître autel, orné de pierreries et de verres niellés, dans le style du moyen âge, méritent aussi de Axer l'attention. — Ste-Clotilde a un grand orgue de Cavaillé-Coll et un orgue électrique dans le chœur, par Merklin.

Le square qui précède Ste-Clotilde est décoré d'un beau groupe

eu marbre, par Delaplanche , l'Education maternelle.

Au n° 5 ou vers l'extrémité de la rue Las-Cases, à dr. en sortant de Ste-Clotilde, se trouve le musée social, fondé par le comte de Chambrun. Il a pour but de mettre gratuitement à la disposition du public les documents, modèles, plans, statuts, etc., des institutions sociales destinées u améliorer la situation des travailleurs. Il s'y fait même des conférences, le mardi à 8 h. Va* et il y a des concours spéciaux. Ce musée est ouvert tous les jours de la sem., de 9 h. à 6 h.

La rue de Grenelle, derrière Ste-Clotilde, nous conduit mai nte-

nant à dr. aux Invalides.

Btedeker. Paris. 13* édlt. lî

258 Rive g. 72.

PARIS. Hôtel des Invalide».

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