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PREMIER ÉTAGE

La galerie de peinture est la collection la plus importante du premier étage ; elle occupe plus de la moitié de la galerie du bord de l'eau, entre le Vieux Louvre et les Tuileries, ainsi que la galerie intérieure du Nouveau Louvre qui lui est parallèle , et encore plusieurs salles du Vieux Louvre. Dans cette dernière partie se trouvent aussi les bronzes antiques (p. 142), les dessins (p. 143) et le musée du Moyen-Age et de la Renaissance (p. 144), les vases antiques (musée Campana, p. 147) et les petites antiquités (p. 146), les gemmes et joyaux (p. 137), les émaux et Y orfèvrerie (p. 138), la collection Lenoir (p. 145), etc.

Entubbs. — Comme nous l'avons dit p. 92, Ventrée ordinaire du premier étage est par Y escalier Henri II (pi. du 1er, C) et la salle la Caze, et la grande entrée, par le grand escalier (p. 97). — En arrivant par V escalier Henri II, on fera bien de traverser d'abord sans s'y arrêter la salie la Caze (p. 141) et la salle Henri II (p. 141), de tourner à dr. à l'entrée de la salle des Sept-Cheminées, la suivante, et deux salles plus loin à g. dans la galerie d'Apollon (p. 137), pour commencer la visite du musée de peinture à l'extrémité', à dr., au Salon Carré (p. 117). — En montant par le grand escalier, on voit sur le palier une partie de la collection de terres cuites étrusques (p. 142) et une reproduction de la Vénus de Bre8cia, variante de la Vénus de Milo , restaurée en Victoire. De là on entre par la porte de g. et la galerie d'Apollon (à dr.), comme il est dit ci-dessus, ou bien par la porte de dr., un vestibule à colonnes et la salle Duchâtel (p. 121), à la suite de laquelle est le

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Salon Carre (p. 118). Pour les entrées particulières des autres musées du premier»étage, voir les articles spéciaux.

"Kvsée de peinture.

On peut acheter des catalogues à l'entrée : écoles italienne et espagnole, 1 fr. ; écoles allemande, flamande et hollandaise, 1 fr. 26 -, école française, 2 fr. \ le tout en un volume cartonné, 5 fr. 50. Le catalogue de la collection la Caze forme un petit volume séparé de 50 c. — On notera que le catalogue officiel suit Tordre alphabétique des noms de famille des peintres et que, par exemple , Raphaël y figure sous celui de Sanxio ou Santi, le Titien, sous celui de Veeellio, etc. — Pour travailler au Louvre ou au Luxembourg, il faut une autorisation de Y administration des musées, dont les bureaux sont dans l'angle S.-O. de la cour du Vieux Louvre.

Le musée de peinture du Louvre , dont les salies forment une longueur de près de 1 kilomètre , compte plus de 2,000 tableaux de choix. Presque toutes les écoles y sont représentées par des chefs - d'œuvre ; c'est même le seul musée où l'on puisse étudier l'œuvre de certains peintres. Avant de parcourir les galeries, il est bon d'avoir une idée générale de leur contenu ; nous allons essayer d'en donner un aperçu, qu'on fera bien de lire d'abord.

Les pbintrbs italiens sont naturellement ceux qui intéressent davantage. Parmi les anciens maîtres, les plus remarquables sont ceux de l'école de Florence. Fra Angelico est bien représente, avec sa délicatesse de sentiment et son mysticime, dans le Couronnement de la Vierge (p. 123), de même que Benozzo Oozzoli nous montre, dan6 le Triomphe de St Thomas d'Aquin (p. 123), comme les traditions du moyen âge se sont conservées longtemps. Fra Fi- UppoLippi est aussi très-bien caractérisé par sa Vierge avec l'enfant Jésus et des anges (p. 122), mais le Ohirlandajo l'est moins bien par sa Visitation datant de 1491 (p. 119). — Du Pérugin , le chef de l'école d'Ombrie , il y a une Vierge avec Ste Rose et Ste Catherine , qui est dans sa première manière (p. 118), et le Combat de l'Amour et de la Chasteté, dans sa meilleure manière (p. 123). — Le Louvre possède des compositions importantes d'André Mantegna : le Parnasse et la Sagesse victorieuse des Vices (p. 122), qui nous montrent la mythologie antique se transformant en allégorie, et la Vierge de la Victoire , tableau votif en mémoire de la bataille du Taro (p. 122).

Les tableaux des grands maîtres italiens que possède le Louvre, c'est-à-dire ceux de Léonard de Vinci , de Raphaël et du Titien, méritent une étude attentive. La plus célèbre composition de L4on. de Vinci dans ce musée est la Joconde (p. 119), le portrait de la femme du Florentin Franc, del Giocondo. L'artiste travailla quatre ans à ce portrait et le laissa cependant inachevé. Malheureusement les couleurs en sont fort passées. Un autre portrait de femme remarquable et mieux conservé est celui qui est connu sous le nom de la Belle Féronnière (p. 126) , ainsi nommée à cause du cordonnet qui lui retient un bijou sur le front , mais que l'on croit être Lucrèce Crivelli, l'amante de Ludovic le More. La Vierge aux rochers

Peintures. 3. LE LOUVRE. 1 1 1

(p. 126) est une composition de Léonard de Vinci un peu gauchement exécutée par l'un de ses élèves.

Aucune galerie de l'Europe n'est aussi riche en œuvres de Raphaël que le Louvre. Même en faisant abstraction des tableaux douteux , tels que celui qui a été quelquefois donné" comme représentant Raphaël et son maître d'armes, et celui qui a été regardé* à tort comme le portrait de l'artiste , il y reste encore un nombre si considérable de peintures du grand maître, qu'on y peut suivre facilement ses progrès. Parmi les œuvres dans sa première manière, du temps où il ne s'était pas encore complètement affranchi des influences de l'école duPérugin, il y a les petits tableaux de St Georges et de St Michel (p. H9)> peints, dit-on, pour le duc d'Urbin. La Belle Jardinière (p. 120), de 1507, est un chef-d'œuvre du temps où Raphaël était à Florence. Le motif de ses nombreuses Madones, le bonheur maternel, y est rendu sous les traits les plus vifs. Du commencement de la période romaine dans la carrière de Raphaël, nous avons la Vierge au voile (p. 119). Il s'élève à la composition dramatique et il acquiert un coloris accentué, aux contrastes pleins d'effet, dans les tableaux datant de 1518, la grande S te Famille (p. 120) et St Michel terrassant le démon (p. 121). Ces deux œuvres étaient destinées par Léon X à la reine et au roi de France , François Ier, et Raphaël s'est fait aider par ses élèves. Cette circonstance et la hâte avec laquelle les tableaux durent être peints, expliquent les ombres noircies et les clairs brillants aux tons froids, qui produisent un effet désagréable. Pour connaître la meilleure manière de Raphaël (en 1515), il faut étudier le portrait de Castiglione (p. 126). On y admire la finesse de son dessin, le talent avec lequel il sait passer d'un jaune chaud à un gris tendre dans les ombres, son habileté à arrondir les surfaces sans contrastes forcés, à éclairer ses sujets sans effets de lumière exagérés. Un autre portrait qu'on vante beaucoup, celui de la belle Jeanne d'Aragon, femme d'Àscanio Colonna, connétable de Naples (p. 124), n'est guère de la main de Raphaël lui-même. Sur la demande du cardinal Bibbiena, légat du pape en France , Raphaël fit dessiner le portrait à Naples par l'un de ses élèves, Jules Romain , et le fit ensuite peindre de souvenir dans son atelier. La dureté des contours et la sécheresse du coloris montrent qu'il a été fait sans le modèle. Quant à la fresque découpée de la villa Magliana près de Rome (p. 127) , on ne peut guère la juger ici, et elle est du reste seulement attribuée à l'école de Raphaël.

Le Cortège est bien représenté au Louvre, quoique seulement par deux tableaux, une Ste Catherine (p. 121) et TAntiope regardée par Jupiter sous les traits d'un satyre, nommée autrefois Vénus et le Satyre (p. 118).

Xe Titien y occupe une place bien plus considérable ; on peut l'y é*tudier sous tous les rapports. Sa Mise au tombeau (p. 118) est un tableau d'un effet des plus saisissants et d'un coloris magique.

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Celui des Disciples d'Emmaûs (p. 125) est plus un tableau de genre plein de vie et de sentiment, une scène que l'école vénitienne représenta avec prédilection et qui finit par dégénérer en festin pompeux. Le Christ couronné d'épines (p. 126) est une composition pleine de caractère. Parmi les Vierges, nous mentionnons la Viergô au lapin (p. 126), peinte en 1530 pour le duc de Mantoue. Ce tableau idyllique a son pendant presque aussi remarquable dans la. Ste Famille portant le n° 442 (p. 124). Une composition pleine de charme et de poésie , c'est celle de Jupiter et Àntiope, connue sous le nom de la Vénus del Pardo (p. 125), du palais de Madrid où elle se trouvait autrefois : Jupiter, sous les traits d'un satyre, soulève la draperie qui couvre Antiope, tandis que des faunes sont; couchés au bord de la forêt, qu'un jeune chasseur tient deux chiens en laisse et qu'un autre dans le lointain sonne l'hallali. Les paysages qui forment le fond de ces tableaux sont remarquables. On ne connaîtrait toutefois qu'imparfaitement le Titien si l'on passait; par dessus ses portraits. Il en a fait de deux sortes; il a chercher dans les uns à reproduire l'idéal de la beauté féminine , dans les autres à montrer son talent de physionomiste. A la première catégorie appartient au Louvre le tableau d'Alph. de Ferrare et Laura de' Dianti, bien connu sous la désignation de Titien et sa maîtresse (p. 119) : c'est une jeune femme se coiffant en présence de son amant, qui lui tient deux glaces. Une des figures de caractère les plus curieuses du Titien, c'est son portrait de François le' Q>. 1^25), d'autant plus remarquable que le roi n'a pas posé pour ce portrait. L'Homme au gant (p. 125) est aussi un excellent portrait fait par le Titien au milieu de sa carrière. Le portrait du célèbre général de Charles - Quint Alphonse d'Avalos , marquis del Vasto (p. 126) se rapproche de l'allégorie. Le général se tient armé à côté de sa femme , qui est assise mélancolique à la pensée de son départ ; elle tient un globe de cristal, et la Victoire, Vénus et l'Hymen lui apparaissent pour la consoler. — Les œuvres des autres peintres vénitiens pâlissent à côté de celles-là. On remarque encore néanmoins un Concert champêtre attribué au Oiorgion (p. 121). Il n'est pas nécessaire d'attirer l'attention sur les festins de Paul Véronese^ ils se font assez remarquer d'eux-mêmes par leur dimension ,et la vie j un peu matérielle, il est vrai, qui les anime toujours (p. 120).

Quand l'œil s'est rassassié de la vue des peintures idéales et d'un coloris brillant qu'a produites le Sud, il est.difflcile d'apprécier convenablement I'abt du Nord. Cependant le Louvre possède encore de ce côté bien des œuvres remarquables. — La vieille école allemande n'est naturellement pas représentée par un grand nombre Me tableaux. Le dessus de table avec des scènes de la vie de David, peint par Sebald Beham pour l'archevêque Albert de Mayence (p. 131), mérite cependant une mention particulière, n y a encore les portraits d'Erasme de Rotterdam, de l'archevêque i "Warham de Cantorbéry, et de l'astronome Nie. Kratzer, par Holhein I

Peinturée. 3. LE LOUVRE. 113

le Jeune. — Parmi les tableaux de la vieille école flamande, le plus remarquable est la Vierge au donateur de Jean van Eyck (p. 119). Viennent ensuite des parties de retables par Memttng, St Jean-Baptiste et Ste Madeleinet avec de riches paysages comme fond (p. 120), ainsi que l'ex-voto récemment légué* au Louvre par la comtesse Duchâtel (p. 121).

Les tableaux de Rubem, le plus brillant des peintres de la seconde école flamande, sont si nombreux, que la revue en devient presque fatigante. En première ligne figurent les 21 grandes compositions retraçant des scènes de la vie de Marie de Médicis (p. 130). Quelque objection qu'on ait au point de vue esthétique contre le mélange de l'allégorie et du portrait, on oublie tout scrupule en présence des tableaux, et même lorsqu'on ne comprend pas immédiatement le sujet, on y admire la fraîcheur de la composition , la vie toute particulière qui l'anime , la variété des caractères et l'éclat du coloris. On peut étudier ailleurs l'œuvre de Bubens comme peintre de sujets religieux, de sujets mythologiques et historiques d'apparat, mais sa Kermesse flamande du Louvre (p. 133) le montre sous un nouveau jour. La grosse gaîté de ses compatriotes n'est pas étrangère à son génie ; il connaît aussi bien le peuple flamand que Teniers, qui, comme on le voit, n'a pas créé le genre, mais a suivi l'impulsion donnée par Rubens. L'habileté de Teniers dans la reproduction de ces sortes de bacchanales, se constate très-bien au Louvre, où ses tableaux, si dédaignés par Louis XIV, sont maintenant au nombre des plus brillantes pages de la collection. — Pour Phil. de Champaigne, que le catalogue du Louvre classe parmi les Flamands, v. p. 115.

Les Hollandais du xvir© s. ne peuvent sans doute bien s'apprécier que dans leur pays. Cependant nous trouvons encore ici des échantillons de l'œuvre de presque tous les grands peintres des Pays- Bas. Aux Rembrandt que la galerie possédait déjà, tels que l'Ange et Tobie (p. 130) , le Ménage du menuisier (p. 118), les Disciples d'Emmaûa (p. 130) , le portrait de l'artiste avec une chaîne d'or (p. 130), s'est ajoutée la Femme au bain de la collection La Caze (p. 142). Dans le legs La Caze se trouvent encore deux excellents portraits de femmes par Uavestein (p. 142) et la Bohémienne de Fr. Hais (p. 142), très-propre à taire connaître en lui le peintre vigoureux , 4e même que son portrait de femme dans la même collection (p. 142) nous le montre brillant coloriste. Van der Helst est aussi bien représenté par son Jugement du prix de l'arc (p. 130). — Parmi les tableaux 4e genre, les. plus célèbres sont le Militaire offrant des pièces d'or aune jeune femme, par Terburg (p. 118); l'Epicière de village et surtout la Femme hydropique de Gérard Dov (p. 129 et 130); le Marché aux herbes d'Amsterdam par Metsu (p. 132) et la Fête flamande dans l'intérieur d'une auberge par Jean Steen (p. 133); le Maître d'école par Adr. van Oatade (p. 1 18) ; un Intérieur par P. de HoogK (p. 130). — Il ne manque pas non plus d'excellents paysages

Bjbdkksb, Paris, 6» édition. 8

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