‹ Paris et ses historiens aux XIVe et XVe siècles;Chapitre 140 sur 221 · DU NOM DE PARIS · texte numérisé non relu

DU NOM DE PARIS

jjluns sans. |lair

hist. p.

es cinq lettres îm nom îre Dans compile par nng notable clerc normant lan be grâce mil quatre cens Îjix fait.

ar plnsenrs potns pnet ]Daris precellence B artont porter ponr pnissance pronoee.

3D remterfement] J) présente prnbence D arfaite paix proesce préférée 1Q ont precienx pleine place parée D rince ponroen preste pbilojopftie B alais prisie parfonbe policie(1) B enple pitenx près parabis (2) pose P ags plaisant plantnrense pastnre P aoillon paint proprement propose C arbon pnrgant promptement ponrretnre.

\ près aoons aonrnee apparance }5L ois appert anrif ïambe assenree BL rbre apportant arresïee assistence Bl nx annemis asprement aceree }3l rmes agns atrempance ab^eree £1. rt aoioe antentiqne armonie(3) £L noir aibant aliance anoblie Bl tgle abonlci 2lristote alose

rgns ataint anmosniere alitnre Bl monrenx air amplement arronse Bl ncnnement angehqne aoentnre.

(1) Policie, du grec -croAiTSia, science de la chose Notre-Dame , du cimetière des Innocents, ou àixPa-

publique. C'est vers le même temps que Christine i-adis, danslesenschrélien?Lechoixàfauedépenddu

de Pisan publiait Le corps de Politie. (Voir ci-dessus, sens matériel ou moral donné à la préposition près.

à l'Appendice VII, p. 4t6.) {3) Dans la musique du moyen âge. on désignait

(î) Paradisus, parvis et cimetière. Du Cange par mode authentique celui où la quinte de la tonique

(édit. Henschel, t. V, p. 79) donne de nombreux était au grave et la quarte à l'aigu, contrairement

exemples de ces deux acceptions. S'agit-il du parvis à ce qui se pratiquait dans le mode plngal.

Les cinq lettres du nom de Paris,

TAUTOGRAMME DITHYRAMBIQUE, COMPILÉ PAR UN NOTABLE CLERC NORMAND. L'AN DE GRÂCE MIL QUATRE CENT DIX-HUIT.

P ar plusieurs points Paris peut précellence

P artout prétendre, pour [comme) puissance prouvée [droit établi).

P remièr[ement] P [représente prudence,

P arfaite paix, prouesse prédominante,

P ont précieux, pleine [spacieuse) place parée [bien ornée),

P rince [bien) pourvu, preste [subtile) philosophie,

P alais prisé [grandement estimé), profonde policie [science du gouvernement),

P euple plein [de] pitié, placé proche [ou se rapprochant du) Paradis,

P ays plaisant [agréable), plantureuse pâture,

P avillon peint [éclatant), proprement [richement) [dis] posé,

P ardon [absolution) purgeant promptement [la] pourriture [du péché).

A près [nous) avons [A représente) apparence [ad]ornée [extérieur brillant),

A vis adroit [ingénieux) , auriflamme [oriflamme) assurée [invincible) ,

A rhre apportant assistance arrêtée [solide)^,

A ux [pour les) adversaires âprement acérée [terrible et meurtrière),

A rmes aiguës'2', atrempance adhérente [d'une trempe serrée),

A rts [en] activité, [h]armonie [selon le mode) authentique,

A voir [richesse) aidant [secourable) , alliance anoblie [noble, distinguée),

A igle apprivoisé^, Aristote applaudi [en honneur),

A rgus atteint [égalé en perspicacité) , aumônière aliture [nourriture des pauvres), A moureuse atmosphère, amplement arrosée [par de douces pluies), A ucunesfois angéliques [agréables) aventures.

IJ Ceci ne rappellerait-il point le proverbe : Se tenir au gros de l'arbre?

(2) Les ff armes aiguës , » ainsi que les ajustes instrub menls» dont il est question plusloin , se fabriquaient à Paris et étaient alors en grande réputation. (Voir ci-dessus, p. 52-53, ce qu'en dit Jean de Jandun.)

(3) Par ces mots raigle adoulci» (apprivoisé) , le

clerc normand veut peut-être désigner les relations devenues plus intimes entre la France et l'Empire. La visite de l'empereur Charles IV eut lieu en 1877. et celle de Sigismond en 1 h 1 6 . deux ans seulement avant la composition de ce morceau. Guillebeit de Metz n'a pas négligé de mentionner ces deux incidents. (Voir ci-dessus, p. 2 3 . )

6tt.

DOCUMENTS ET

ÉCRITS

ORIGINAUX

3Bl [rjeoient remonstrant reststence B aison régnant Fome resnscttee

osier rengie rogale restoence 1$ enom rassis rudesse reeitee

nbis ratant rencontre rebonbtee 13 egle rogal reoerenb rectone (1) 1$ ehgion retortqne raoxe J$ ntssel rempli registre repose 1$ efm (2) requis roibe reforniatnre

obenr repris reniebe reglose Il amenteoant rnmense raptnre.

cg Jfcesns imposa innocence 3 nstitnant logense mbilite 3 enx infinis tntrobnite lonoence 3 mperiat mstice mtitntee 3 oel (3) infns image moiolee 3 nterbisans tabis ibolatrie 3 arbtns lotis impareille tnbnstnc 3 onr impngnant imfî mtercise 3 nste mstrnment moisible lomtnrc 3 sore ms tonstenr intronise 3 aspis icttant infernal mfeccnre.

jJl sensmt signifiant scilencc JS ante saoenr simplesce snbhmee J9 ens snrmontant souoerame science JB oleil sonef seignone somec

' Reciorie , dignité de recteur dans l'ordre ecclésiastique et universitaire. La dernière acception paraît ici préférable.

Probablement politesse, urbanité, comme, en anglais, refinement.

(3) Du Gange donne Jotel, Jouel et Jouelle pour joyau. Ici l't et Vu manquent absolument. Ne faudrait-il point lire tout simplement * Joël infus. « c'està-dire, magistrat ayant toutes les vertus infuses, comme était le célèbre juge d'Israël?

R vient [ensuite) révélant [force de) résistance,

R aison régnant [souveraine), Rome ressuscitée [une seconde Borne),

R osier W [ar] rangé [bien cultivé), royale résidence,

R enom restitué, richesse réputée [notoire),

R ubis radieux, rencontre [des Parisiens) redoutée [par l'ennemi),

H ègie [autorité) royale, respectable rectorerie [Université) ,

R eligion rhétorique [précitée avec une éloquence) ravissante^2),

R uisseau rempli [fleuve abondant), registre replacé {ordre rétabli)®,

R affinement [de mœurs) recherché, rigoureuse réforme.

R avisseurs [larrons) repris, remède recommandé,

R appelant [leurs) ruineuses rapines.

.1 ci Jésus introduisit [l'Jinnocence,

J nstituant [amenant avec elle) joyeuse jubilation,

J eux infinis, jeunesse instruite,

.1 ustice intitulée impériale [rendue au nom du souverain).

S oyaux infinis [répandus partout), image [du Clmst) inviolée (non profanée par le parjure).

.1 nterdiction [ faite] jadis [de 1'] idolâtrie,

.1 ardins jolis, industrie incomparable,

.1 our indiqué [pour 1'] immolation [des] Juifs,

J nstrument juste [précis) [avec] jointure [soudure) invisible.

J soréjisant [jacens, abattu) [et son] jouteur [vainqueur) intronisé (triomphant)^ .

J aspe [rejjetant infection infernale (neutralisant le poison)®.

S suit (vient ensuite), signifiant silence,

S anté, saveur, sublime simplicité,

S ens (bon sens) surpassant science souveraine,

S oleil suave (doux), seigneurie [élevée au] sommet,

(1) Les comparaisons empruntées aux jardins et aux fleurs étaient très-fréquentes à l'époque où ce morceau fut écrit. (Voir ci-dessus, p. /joo,.)

m Voir, p. 233 et l\ov , des détails sur les frexcel- "lens sermons* que les docteurs et les clercs rrsocrloient preschier, n au temps du clerc normand.

m Le « renom» et le rr registre" rétablis n'indiquent-ils point le retour de l'ordre dans la capi-

tale, après l'exécution de Capeluche et la prestation de serment faite par les Bourgeois de Paris entre les mains du duc de Bourgogne? Ces événements s'accomplissaient au moment même où écrivait le clerc Normand. (Voir ci-dessus, p. 371.)

,4) Voir ci-dessus, p. 109, ceque Raoul de Presles dit du géant Ysoré et de Guillaume d'Orange.

(5) Au moyen âge. les pierres précieuses pas-

0 abe saphir subtilité semée

B ertnou (l) soigneux supplantant soreerie

JS olas sucre sobalite série

JS acrtftce souoeut solennité

JS ourse saus si singulière samtnre (2

B cisuie sebe îg>atyan supense

JB onfo &arapfcin samhsuie sépulture.

Dons qui noies J)aris anctori?e(3) <£n cinq lettres contraintes a log bure ^ans résumer etyimologi;e (Ê»arbeî lacteur (4) non pensans a laibure.

saient pour avoir diverses propriétés; on prisait surtout les substances qui étaient considérées comme des antidotes. Le jaspe, ainsi que la corne de licorne, avait peut-être cette vertu.

[1) Le mot fr sermon * paraît avoir ici le sens du latin sermo , parole. Les exorcismes et autres cérémonies de ce genre consistaient , comme les incantations, en paroles qu'il fallait articuler très-distinctement, sous peine d'inefficacité dans les deux cas.

(S) Du Cange donne le mot sainturier, fabricant

de ceintures; ce qui implique le mot sainture écrit avec la même initiale.

(3) Auctorizé, bien établi , bien déduit. ( Du Cange . Gloss. français.)

(4) L'acteur, c'est-à-dire l'auteur, disait toujours son mot, soit au commencement, soit à la fin de son œuvre , sous forme de prologue ou d'apologue. (Voir ci-dessus, p. 276 , 293 et 3i 5 , les réflexions que font l'Ermite , dans le proesme du Dit des Trois Morts et des Trois Vifs, et X acteur de la Danse Macabre.)

LES CINQ LETTRES DU NOM DE PARIS. 511 S uperbe (agréable) saphir, subtilité (savoir) semée (répandu partout) , S ermons soigneux (paroles bien articulées) supplantant (conjurant) sorcellerie, S oulagements suaves, solidarité (confraternité) sérieuse, S acrifice (de la messe) souvent solennisé,

S ource sans si ^ (de tous biens sans exception) , singulière sainture (admirable enceinte),

S chisme surmonté (apaisé){2\ Satan surpassé (terrassé),

S ous [la protection des] Séraphins sépultures [très-]saintes '3).

Vous qui voyez Paris ici représenté

En cinq lettres ainsi soumises à une loi dure,

Sans transposition étymologisé (expliqué dans son étymologie),

Favorisez l'auteur, et ne pensez à mal.

(1) t»Sans si , » comme sans mais, c'est-à-dire sans réserve, sans exception. Il existe le roman de la Dame sans si , c'est-à-dire de la femme parfaite. On dit encore : un homme sans si.

(S) Le clerc normand fait ici allusion aux conciles de Pise (1^09) et de Constance (i/ii4-i4i8), qui mirent fin au grand schisme d'Occident. Les docteurs de Paris y jouèrent un rôle important.

(Voir ci-dessus, Appendice VII, p. 397 et suiv.)

(3) Les cimetières de Paris étaient placés sous la protection des saints. Celui des Saints-Innocents , le plus considérable de tous, avait pour patrons les jeunes victimes de la fureur d'Hérode , que l'Église honore comme des anges, et qu'elle considérait, par conséquent , comme protégeant le tombeau des Parisiens.

*^ ataible Semaine ^ moureuï oergier <t3 epos sans àungicr uetire certaine tiena Ijnultame C'est ïlaris entier.

PARIS

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