‹ Paris et ses historiens aux XIVe et XVe siècles;Chapitre 142 sur 221 · GG · texte numérisé non relu

GG

Sur le premier feuillet de ce manuscrit on lit ces mots : Ex libris Claudii Expillii 16 07. Le volume provient donc de la bibliothèque de Claude d'Expilly, président du Parlement de Grenoble, qui l'a peut-être rapporté d'Italie lorsqu'il y fut envoyé en 1606 en qualité de commissaire pour le règlement des limites de la France et du Piémont, du côté du marquisat de Saluées Claude d'Expilly compte au nombre des meilleurs bibliophiles de la première moitié du xvne siècle : «Feu M. Claude d'Expilly, dit le P. Jacob, étoit avocat «général au Parlement du Dauphiné, puis président, homme sçavant comme le témoignent «ses œuvres, et curieux en la recherche des bons livres, desquels il avoit fait sa bibliothèque, qui est à présent conservée par Mmo la présidente de Brion, sa fille (2). »

Il n'est pas douteux que le volume tout entier ait été dédié au duc d'Orléans, bien qu'il en soit fait mention seulement dans la première colonne de l'ouvrage placé en tête du manuscrit. Voici le texte de cette dédicace : Ad illustrissimum principem et excellentissimum dominum, dominum Karolnm, ducem Aurehanensem et Medtolanensem, Antonii Astezani civis Astensis libellus incipit de admirabili terre mota, qui in regno Neapolitano accidit, anno Clmsti mdlesmio quadringentesimo qumquagesimo sexto, die quarto decembris, nec non de appantione crucijixi apud Capuam, dicti regni civitatem.

Le volume renferme les ouvrages suivants, tous écrits de la même main, et se suivant sans interruption :

I. Un livre sur le prodigieux tremblement de terre qui arriva dans le royaume de Naples, le k décembre i456, et sur l'apparition d'un crucifix à Capoue ; adressé à Charles d'Orléans (f° i)<3).

II. Epître de félicitation adressée à Charles VII au sujet de l'acquisition de Gênes, et datée d'Asti, le <?3 mai i458 (f° 6)<4>.

est en opposition avec l'opinion émise par lui-même dans son édition des poésies du duc Charles d'Orléans : selon M. Champollion, en effet, Astesan n'aurait pas eu la possibilité d'offrir au duc Charles le recueil qu'il avait composé pour lui, parce que la mort de ce prince, qui eut lieu en 1 465 , devança l'achèvement du volume. (Voir la notice historique de M. Champollion, p. xxv.)

(I) L'opinion que Claude d'Expilly avait rapporté ce manuscrit d'Italie a été émise, en 1817, par M. Berriat Saint-Prix. M. Aimé Champollion-Figeac, dans la notice déjà citée, explique autrement la présence de ce manuscrit, d'abord dans la bibliothèque du président d'Expilly, puis dans celle de Grenoble :

«Quelques années après la mort de Charles d'Orrfléans, un des princes ses gendres, Jean de Foix, rr comte d'Étampes, obtint du Roi le gouvernement ffdu Milanais, puis du Dauphiné: il est possible "que le manuscrit d' Astesan lui ait été alors offert rr comme un des ouvrages les plus dignes de l'intérrresser. Cette circonstance, si elle était réelle, exrr pliquerait suffisamment l'existence de ce manuscrit,

rr avant l'année 1601, dans la bibliothèque du président d'Expilly, célèbre jurisconsulte du Daurrphiné; car c'est de cette dernière bibliothèque que rrle volume passa dans celle de M. de Caulel, évêque rr et prince de Grenoble ; et c'est de ses héritiers «qu'elle fut acquise pour être rendue publique, par rrle seul effet d'une souscription qui hit généreurr sèment remplie par les notables habitants de la rr ville, v

(2) Traictë des plus belles bibliothèques , etc. Paris, i644 , in-8", p.

(3) 11 n'y a point eu, dit Astesan, de si grand désastre depuis le déluge; cinquante villes ont péri , vingt autres ont éprouvé des dommages considérables, et plus de cent mille hommes ont perdu la vie. De tous les auteurs qui ont écrit sur ce sujet, aucun, dit M. Berriat Saint-Prix, n'a donné des détails aussi étendus qu'Astesan.

(4) Dans cette épître, Astesan constate que les Français ont été appelés par le vœu des Génois, et qu'ils se sont montrés aussi humains après la victoire que braves pendant le combat.

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