‹ Paris et ses historiens aux XIVe et XVe siècles;Chapitre 143 sur 221 · CHARLES D'ORLÉANS · texte numérisé non relu

CHARLES D'ORLÉANS

nU du Dur Loa-ys ei de VaJentiïie de MiUn.

Ni .i Paris le îfSMni ,3fli. mort le i .lamier 465 .

III. Traduction en vers latins des poésies du duc d'Orléans, avec le texte français en regard (f° 9 à is)^.

IV. Élégies. Livre I" (f° 1 13); ne contient que des pièces fugitives.

V. Elégies. Livre II'' (f° 117 verso, 9e col.). On y trouve plusieurs poésies badines et des récits qui ne sont point indignes de Boccace.

VI. Elégies. Livre IIIe (f° 122 verso, ire col.). C'est là que l'auteur a réuni les nombreuses pièces de vers adressées à d'illustres Génois pour obtenir un emploi de professeur ou de lecteur dans leur ville.

VII. Elégies. Livre IVe et dernier (f° 128 recto, 2e col.). Ce livre renferme des éloges, remercîments, protestations d'amitié, demandes d'argent à divers personnages. La dernière pièce fut lue à Villeneuve d'Asti, devant le duc Charles d'Orléans.

VIII. Lettres héroïques. Livre Ier (f° 1 3 5 recto), contenant une dédicace au roi Charles VIII, une longue pièce de vers adressée au duc d'Orléans et consacrée au récit des exploits de Jeanne d'Arc, une épître à l'amiral génois Biaise d'Asireo.

IX. Lettres héroïques. Livre IIe (f° 1 ko verso), renfermant cinq pièces dont une est adressée aux Milanais, pour les engager à se soumettre à l'autorité de Charles d'Orléans, et une autre à Juvénal des Ursins, pour lui proposer un projet d'épopée en l'honneur des Français célèbres.

X. Livre IIIe et dernier (f° 1 /16 verso, irc col.). C'est celui qui renferme le récit du voyage d'Astesan en France.

XL Livre sur l'apparition de la croix à Bayonne, dédié à Charles VII (f° 1 5 3 ). XII. Livre De re funerea (f° 1 55- 1 58 verso). C'est là que se trouvent les trois épitaphes de Charles VIL

A la suite de ces pièces, un demi-feuillet et un feuillet entier sont restés en blanc, ce qui semblerait indiquer que le poëte voulait se réserver un peu de place pour ses dernières inspirations. Peut-être avait-il l'intention d'inscrire l'épitaphe de son protecteur à la fin de ce même manuscrit dont la première page lui était consacrée. Peut-être aussi était-ce la sienne propre qu'il méditait, comme notre illustre fabuliste. Nous ne pouvons, à cet égard, émettre que des conjectures.

(1) Il n1 est pas sans intérêt défaire voir avec quelle fidélité Antoine Astesan a traduit en vers latins la pièce la plus justement remarquée des poésies de Charles d'Orléans :

Le temps a laissié son manteau De vent, de froidure et de pluye, Et s'est vestu de broderye De soleil raiant cler et beau.

11 n'y a besle ne oiseau , Qui en son jargon ne chante ou crye : Le temps a laissié son manteau De vent, de froidure et de pluye.

Rivière , fontaine et ruisseau Portent en livrée jolye Gouttes d'argent d'orfèvrerie.

Chascun s'abille de nouveau.

Le temps a laissié son manteau De venl, de froidure et de pluye.

Tempus quod régnât clamidem dimisit acerbam

Ventorum , nec non frigoris ac pluvie; Et comptas claris radiis solaribus atque

Formosis vestes induit inde novas.

Non est nunc aies , non est nunc bellua , quœ non

Cantet vel clamet more sonoque suo :

Tempus quod régnât clamidem dimisit acerbam

Ventorum, nec non frigoris ac pluvie.

Et fluvii et fontes et rivi , in signa jocosas Lœtitias, varia1'1 nunc tegumenta ferunt,

Argenti vario textas ex ordine guttas.

Assumit vestes nunc sibi quisque novas.

Tempus quod régnât clamidem dimisit acerbam Ventorum , nec non frigoris ac pluvie.

'"' Faute de quantité : vârïâ est un tribraque.

En terminant cette notice, il nous sera permis de faire remarquer que tout est inédit dans lepoëme descriptif que nous publions : texte, traduction (l) et commentaires. Nous avons fait en outre au chantre de Paris les honneurs d'une illustration splendide : les deux plus belles miniatures du célèbre missel de Juvénal des Ursins, écrit et enluminé vers la même époque, ont été reproduites avec un rare bonheur pour éclairer le récit du poète milanais: et des gravures, figurant exactement les lieux qu'il a décrits ou rappelant les traits de ses protecteurs, s ajoutent encore aux deux pages inestimables dont nous avons enrichi son œuvre. Comme ses trois devanciers, Antoine Astesan n'a donc point à regretter le demijour du manuscrit : il est douteux que son frère Nicolas, même avec l'aide des meilleurs miniaturistes, ait fait davantage pour la gloire de l'auteur et pour l'intelligence du livre.

(1) La traduction et une partie de la notice oui été l'objet d'un premier travail confié à M. Bruni . archiviste-paléographe.

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