‹ Paris et ses historiens aux XIVe et XVe siècles;Chapitre 17 sur 221 · ICI COMMENCE LE PROLOGUE DU TRAITE DES LOUANGES DE PARIS · texte numérisé non relu

ICI COMMENCE LE PROLOGUE DU TRAITE DES LOUANGES DE PARIS

Bénie soit l'ineffable éternité de la divine Providence, qui a daigné m'inspirer le projet Préambule de décrire, suivant mes forces, les agréments du pays deSenlis, et de faire l'éloge de ces lieux qui révèlent la magnificence de leur créateur C'est, en effet, la lecture de cet éloge (Dieu veuille qu'elle ait été faite avec un esprit bienveillant, sachant reconnaître la sincérité de mes intentions!) qui semble avoir fourni à un homme éloquent (que Dieu garde et conduise!) un motif pour louer cette phalange illustre et glorieuse d'hommes éminents «jui font le bonheur de la vallée de Paris (2). Quant à moi, j'ai d'autant plus à cœur de répandre par tout l'univers leurs louanges et leurs titres de gloire, que les enseignements salutaires de leur science m'ont, autant qu'il a été en eux, mieux pourvu de connaissances philosophiques.

Mais puisque la personne dont j'ai parlé ( que Dieu la garde et la conduise ! ) n'a employé , pour retracer les agréments de Paris, à la description duquel ne suffiraient pas toutes les langues du inonde, que des généralités qui ne nous touchent que peu ou point, certains rapprochements et certaines métaphores qui, tout en récréant quelque peu l'esprit, ne donnent à l'intelligence ni une certitude, ni un repos complet; puisqu'il a composé son ouvrage de quelques lieux communs recueillis chez autrui , j'ai cru devoir, de mon côté , après avoir invoqué le secours de Dieu , et pour la plus grande gloire du royaume de France , où l'illustre ville de Paris tient la première place, en occupant à peu près le centre du pays, entreprendre de recueillir quelques traits qui fassent briller quelque peu, par leurs œuvres mêmes , les mérites cachés des hommes d'étude dont le travail nourrit les généreuses intelligences dans l'Université de Paris. Et pour enrichir ce petit livre, je ferai connaître , autant que Dieu me le permettra, les autres genres de biens par lesquels Paris, cette mère féconde, surpasse toutes les autres villes.

(li Au début de ce traité, nous croyons devoir (2) L'auteur ménage en apparence le Dictateur

prévenir le lecteur des habitudes de style qu'il y auquel il répond , et les nombreux adversaires qu'il

rencontrera; l'auteur se complaît dans l'imitation a laissés à Paris. Il a soin de dire que toulc la

des tournures et dans l'emploi des mois de la lan- science universitaire n'a pas émigré avec lui, et que

gue tbéologique et liturgique. La première phrase les hommes instruits abondent à Paris. Il pousse

de son ouvrage est calquée sur une bénédiction qu'on même la modestie jusqu'à se dire l'élève de ceux

récite à Vêpres. qui le rappellent si durement aux convenances. iiist. — i. 5

\ni|)lius, quia vir ille, fortassis non ex sua consideralione propria, sed ex incompetenti relatione quorumdam, michi falso, nolo dicere mentiendo, videtur imponere quod civitatem Silvanectensem supra famosam multitudinem Parisiensium incolarum maguificare presumpsi (non dico quod absit, sed quod abest et abfuit et aberit in eternum), idcirco compulsus sum illius opusculi mei verba propria post hujus negocioli complementum subjungere, eaque illi dictatori et ceteris quibus videre placebit ollerre, ut, si in illis verbis clausulam quamquain exeessum Silvanecti supra Parisius innuenlem prospexerit, illam michi per verborum propriorum scripturam ostendat(1). Ego autem paraluin me exhibeo, sine cujuslibet contradictionis obstaculo, eam prorsus abradere, et de lapsu qui, si appareat, ex inadvertentia , Deo testante, accidit, penitere. Si vero nichil taie, sed soluni et absolutum veritatis testimonium de Silvanecti laudibus invenerit, cur me cedit^?

Adhuc autem propono, illo favente cujus inelïabilis intuitus cuncta perlustrat. satis patenter concludere quod, in carta predicti viri, quatuor de gravioribus inconvenientibus sunt inclusa. Erunt igitur in isto tractatu partes quatuor principales, quarum prima erit de laudibus studii Parisiensis; secunda, de quibusdam ceteris Parisiensibus eminentiis; tertia, de inconvenientibus predicti dictatoris; quarta, de utilitatibus Silvanecti.

Page 1