ÉLOGE DES THÉOLOGIENS
Dans la très-paisible rue nommée de Sorbonne(1), comme aussi dans nombre de maisons s r\ religieuses, on peut admirer des pères vénérables, des seigneurs, et , pour ainsi dire, des Dts Tn'i^o^'!,0 1 satrapes célestes et divins, parvenus heureusement au faîte de la perfection humaine, autant que peut le faire l'intelligence unie à la grandeur, qui élucident solennellement les textes sacrés de l'Ancien et du Nouveau Testament, par des exercices fréquents de lecture et de discussion ('2), et qui, par leurs éloquentes prédications souvent renouvelées, s'efforcent d'enraciner dans les cœurs les vérités salutaires de la loi divine, qu'ils réalisent en euxmêmes par leurs saintes œuvres. 0 grandeur insondable de la toute-puissance divine! Combien de savants lecteurs des Sentences, voulant examiner les choses invisibles à la lu- s u. mière de celles que vous avez rendues visibles, se fatiguent par leurs travaux, maigrissent |ecteurs desesentt,nc dans les veilles, et sont rongés par de continuels soucis! Tantôt ils redressent les écarts des philosophes païens; tantôt ils écrasent leurs erreurs; tantôt enfin ils revendiquent, comme il convient, pour la défense de la foi catholique, les vérités découvertes par les païens, grâce à la lumière naturelle, et qui étaient, pour ainsi parler, entre les mains de détenteurs illégitimes (3). Cependant, quoique tous ces hommes, qui font profession de re- s 3.
il j . î / "ii . . j \ p • . a -Do i-oiiibiit intellectuel
chercher ardemment la vente, passent pour tendre a une lin unique et suprême, savoir la connaissance et l'amour de la souveraine Trinité, il leur arrive souvent (ce qui ne laisse pas d'étonner les gens un peu simples) de soutenir sur les mêmes conclusions des opinions opposées. N'en voit- on pas quelques-uns affirmer que toute la substance de l'homme est contenue dans une seule forme substantielle ayant plusieurs vertus, tandis que d'autres démontrent, au contraire, que l'âme scnsitive et l'âme intellective constituent chacune une nature particulière dans l'homme, et se distinguent par une diversité de
cienne université. Elle se considérait comme étant jours, le couronnement des études faites à la Fala hase de l'enseignement public, et, par consé- culte des arts.
(juent, comme l'université elle-même, n'ayant pris (1) rrLes disputes des théologiens, m vico quietisun nom particulier qu'au moment où les trois autres «lissimo nominato Sorbonœ, comme on l'écrivait en facultés avaient commencé à se constituer. Le rec- « i3a3, n'étaient pas toujours accompagnées de ce teur était toujours pris dans son sein; elle disposait rrcalme dont leur fait honneur un contemporain.» de quatre voix, à raison des quatre nations dont (Hist. Utt. de la France, t. XXIV, p. 260.) elle était composée, ce qui lui assurait la majorité <2) Ces deux mots résument la double méthode dans toutes les réunions générales. Elle avait le pri- de l'enseignement scolastique : lecture du texte vilége de convoquer tout le corps enseignant, de avec explication ou commentaire; questions prosurveiller le par-chemin, c'est-à-dire toute la lihrai- posées sur le texte et provoquant des discussions, rie du temps, le Pré aux Clercs, les fêles et ébats (Thurot, De l'organisation de l'enseignement dans des écoliers, etc. etc. Le nom de faculté de philoso- l'Université de Paris, etc. p. 73-75. ) phie que lui donne Jean de Jandun s'explique par (,) Tous les Pères de l'Eglise grecque et latine la prééminence de cet enseignement : la philoso- ont revendiqué pour le christianisme les vérités phie était alors, comme elle l'est encore de nos morales entrevues par les philosophes païens. ( Voy.
des
lecteursàe théologii où l'auteur ci le
[tour exemple* (rois
questions importanti
quidam iHorum constanter affirmant quod supposita ejusdem specialissime speciei sibi invicem comparata alicujus unitatis ac identilatis realitati subjecta sunt!l); alii vero e contrario prorsus hoc negant.
Amplius iHorum plurimi omnes polentias anime cognitivas in lantnm astruunt esse pure passivas, ut, nec in se nec in suis objectis aut subjectis(2), aliquid agant; alii vero e regione non minus evidenter convincere putantipsas, saltem suos actus secundos, objectis terminantibus aut disponentibus, elicere seu producere in se ipsis(3). In hiis igitur et similibus viri speculativi, terrenarum cupiditatum caliginibus non subjecti, intellectualia certamina pro veritatis inventione fréquentant. Unus quidem obicit, alter solvit; unus replicat, alter refeHit. Et, ut unico dicam sermone, quidquid in talium perscrutatione problematum unus manu potenti vivificare aut fortilicare nititur, alter brachio excelso interimercaut debilitare conatur, salva tamen penitus et omnino integraliter et inviolabilité!' articulorum fidei sincera confessione. Quid autem ulilitatis et qualiter religioni catbolice conférât taie gimnasium 4, Deus novit; et ab ipsorum sedulitatibus poterit hocaddiscere qui ab eis liujuscemodi processuram^, non protervie sed discipline gratia, locis et temporibus congru is, expetet rationem.
CAPITULUM TERCIUM.