‹ Paris et ses historiens aux XIVe et XVe siècles;Chapitre 29 sur 221 · ET DES NOTAIRES ROYAUX · texte numérisé non relu

ET DES NOTAIRES ROYAUX

Dans ce siège très-illustre de la monarchie française a été élevé un splendide palais, g i«, témoignage superbe de la magnificence royale. Ses murailles inexpugnables offrent entre De ia ™hm elles une enceinte assez vaste et assez étendue pour pouvoir contenir un peuple innom- dela8ran^d» p*'3» brable. Par honneur pour leur glorieuse mémoire, les statues de tous les rois de France, § 2 qui jusqu'à ce jour ont occupé le trône, sont réunies en ce lieu; elles sont d'une ressem- D j^"1""^ r"K blance si expressive, qu'à première vue on les croirait vivantes. La table de marbre, dont § 3 la surface uniforme offre le plus brillant poli, est placée au couchant, sous le reflet des De la table de marbre, vitraux, en sorte que les convives (1) sont tournés vers l'orient; elle est d'une telle grandeur que, si j'en citais les dimensions sans fournir la preuve de mon dire, je craindrais qu'on ne me crût pas.

Le palais du roi n'a été ni décoré pour l'indolence et les grossiers plaisirs des sens, ni s h. élevé pour flatter la vanité fausse et trompeuse d'une vaine gloire", ni fortifié pour abriter ^^^^^ les perfides complots d'une orgueilleuse tyrannie; mais il a été merveilleusement adapté aux soins actifs, efficaces, complets de la prudence de nos rois, qui cherchent sans cesse par leurs ordonnances à accroître le bien-être public. En effet, sur les sièges élevés qui § 5. s'offrent des deux côtés de la salle, on voit s'asseoir presque tous les jours des hommes Des Maîtres^cs d'Etat, que l'on nomme, d'après leurs fonctions propres, les uns Maîtres des requêtes, les des nota,res roïau*' autres notaires du roi. Tous, suivant leur rang, obéissant aux ordres de la royauté, travaillent à faire prospérer la chose publique; c'est d'eux qu'émanent presque incessamment les faveurs bienveillantes et honorables des grâces; c'est par eux que sont présentées les requêtes pesées avec les balances de l'équité la plus sincère.

Dans une vaste et belle chambre, à laquelle donne accès une porte spéciale, pratiquée S 6. dans le mur septentrional du palais, parce que les affaires difficiles qui s'y traitent exigent Ma!tres appartement, une plus grande tranquillité et une plus complète retraite, siègent à leur tribunal des hommes d'une habileté toujours éveillée, que l'on nomme les Maîtres du Parlement (2). Leur infaillible connaissance du droit et des coutumes leur permet de discuter les causes en toute maturité et indulgence, et de lancer les foudres de leurs sentences définitives, qui donnent des transports de joie aux innocents et aux justes, parce qu'elles sont rendues sans qu'on ait égard ni aux personnes ni aux présents, dans la contemplation de Dieu seul et du droit. Mais les méchants et les impies, dans la mesure de leur iniquité, sont abreuvés d'amertume et de malheur.

(l) On dînait à la Table de Marbre dans les grandes (î) C'est le nom qu'on donnait alors à tous les

occasions. Le Journal d'un bourgeois de Paris nous conseillers du Parlement de Paris , clercs ou laïques;

apprend que, le 16 décembre 1 43 1 , Henri VI, les présidents ne furent établis qu'un peu plus tard,

* après son sacre, vint au Pallays disner, luy et sa sous le règne de Philippe de Valois, qui, par son or-

rrcompaignie, et disna en la grant salle, à la Table donnance de 1 343 , créa les trois premiers dont le

trde Marbre.» nom soit parvenu jusqu'à nous. Il semble résulter

DOCUMENTS ET

ÉCRITS

ORIGINAUX

CAPITULUM TERTIUM

PABTICl LA PBIMA.

Dis contentis in Aula Campellorum Ijoneralilcr.

PART1CULA II .

De

contentis in parlibus inferioribtis.

rUlTICULA m .

contentis m superioribus partibus.

PAHTIGULA IV .

Do quadam summaria taude

Aularum i lampellorum.

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