‹ Paris et ses historiens aux XIVe et XVe siècles;Chapitre 46 sur 221 · QUOD EST DE SECUNDO INCONVEISIENTI · texte numérisé non relu

QUOD EST DE SECUNDO INCONVEISIENTI

\ une probo secundum inconveniens. Omnis qui rein aliquam, dato quod viciosa esset, prédicat esse deffendendam , per adulationis vitium mores bonestos transgredi se prétendit. Hanc stasim (2> declaro auctoritate Senece, qui sic dicit : ffSimiliter reprehensibdis est nimia laudatio sicut immoderata vituperatio : illa rcenim adulatione, ista vero malignitate suspecta est^.n Quis autem, ex nimietate laudis, posset se magis reddere adulatione suspectum quam ille qui rem aliquam. dato quod vitiosa esset, deffendendam esse proponit. Sed dicta tor cum quo disputo sic agit. Loquens enim de inclitissima urbe Parisius, dicit hec verba : rrQuorrniam, si feda esses prostibularia, vel ignominioso quovis nomine fedata, quod rrabsit, uteris^4) tui germen se tibi opponere non deberet, quin potius ad tui noce minis defl'ensionem totis viribus aspirare. n

Hec sunt verba ejus. Ego autem respondeo quod nec Parisius, nec rem aliquam, nec personam^, si feda esset prostibularia et ignominiosa, sustinere deberem. Quid autem sentio de Parisius 0) patet ex dictis.

(1) Positionem custoclire, garder sa position, expression stratégique de la plus grande justesse , et qui fait admirablement comprendre ce qu'était un exercice d'argumentation au moyen âge. L'attaque et la défense avaient lieu dans toutes les règles , et l'on n'abandonnait la position prise, c'est-à-dire le terrain qu'on avait eboisi, la tbèse philosopbique qu'on s'était donné la mission de soutenir à outrance, qu'au moment où l'on se sentait forcé dans ses derniers retranchements. Encore à cet instant suprême restait-il une ressource à l'assiégé : il pouvait rester effrontément sur la brèche , et braver (prolervire) son vainqueur.

(2) Dans le sens de ihesim. Ainsi porte le manuscrit de Vienne. Celui de Paris donne statim, qui ne signifie rien, ou peut-être stacim, forme vicieuse du vrai mot.

P) Cette phrase de Sénèque, vraisemblablement altérée, ne se retrouve, textuellement du moins, dans aucun des ouvrages de ce philosophe qui sont parvenus jusqu'à nous. On en rencontre, il est vrai, les éléments assez reconnaissables dans

plusieurs passages des Epitres, des Questions naturelles, et des deux traités De Ira, De Tranquillilate animi. (Voir, à ce sujet, V Index in Senecam pliilosophum , publié par M. Bouillet, dans la savante collection Lemaire, Paris, i83a, t. V. 2 e partie).

(4) Sic, pour uleri. On ne trouve en effet, ni dans la bonne latinité ni au moyen âge. la forme uter. uleris.

(5) Nec personam, ajouté par le manuscrit de Vienne, probablement parce qu'on a compris mie l'épithète prostibularia ne pouvait s'appliquer à une chose, mais seulement à une personne réelle, ou tout au moins à une personne morale comme Paris.

t6) lie lecteur a déjà remarqué que le mot Parisius, employé par tous les auteurs du moyen âge. est du genre neutre et complètement indéclinable. A la (in de ce chapitre et dans les premières lignes de l'autre, il est construit, sous la même forme, avec tous les cas, et s'accorde avec le comparatif cnpiosius.

Ainsi se montre la première inconséquence. Disons plus : les sept arts libéraux ne sont-ils pas eux-mêmes des choses à savoir, puisque l'on peut faire sur eux quelques démonstrations Et cependant personne, à moins de soutenir sa thèse avec effronterie ,2), n'oserait dire qu'ils tirent leur origine d'eux-mêmes.

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