‹ Paris et ses historiens aux XIVe et XVe siècles;Chapitre 58 sur 221 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Des François [3) et de la fundation de Paris, et aussi des ducs et roys qui premièrement y habitèrent, deviserons cy ung petit (4), selon ce que nous avons pu veoir et sentir par les chroniqueurs qui en ont parlé et traitié ceste matière, si connue Helinant(5), Bernard us Guidonis, Guillermus Armoricanus, maistre Hue de Saint Victor, et celui qui fist la division du monde qui se commence In exordio renaît , lequel croniqua comme Vincent (0), et dit moult de choses singulières, et ne se vouit nommer; Huguo Floriacensis et Orose, en son Ormeste, et pluseurs autres qui en ont parlé diversement et en diverses manières. Les ungs treuvent que,

(1) Nous avons cru devoir distinguer ainsi tes deux portions de l'œuvre de Guillebert de Metz , en prévenant toutefois le lecteur que cette division n'existe pas dans le manuscrit. Il importait, en effet, que la reproduction fut intégrale, et d'autre part il convenait d'avertir, connue nous l avons déjà fait dans la notice , que les détails authentiques , les renseignements vraiment originaux se trouvent dans la seconde moitié de l'ouvrage.

(2) Les chiffres placés en tète des chapitres n'exis-

tent pas dans le manuscrit. Nous les avons ajoutés pour obtenir une meilleure division du texte.

(2) Guillebert de Metz a négligé les six premières lignes du commentaire de Raoul de Presles; ilnecommence qu'à la septième, et au milieu d'une phrase.

["> Variante de Raoul de Presles: rmous en parlerons un pou.»

(:) Voir les notes ajoutées au texte de Raoul de Presles.

(°' Var. rrcomme fist Vincent.»

après la destruction de Troyes, Antenor se party avec douze mille de ses gens et douze nefz; et vint jusques en Pannonie, qui au jour duy est appelée Hongrie. La, es palus ou marés qui se appeloient Meotides, ediflîerent une cité, laquele il appelleront Sicambre, la ou est a présent une cité appellée Bude ; et y demourerent longuement et multiplièrent en grant gent.

Or avint que ou temps de Valentinien, unes gens que len appeloit les Allains , qui estoient venus de Saxonne, se rebellèrent contre les Rommains; lesquelx estoient diz Allains, dun fleuve qui se appelle Lanus; aussi comme les AHemans sont diz dun autre fleuve qui est appelle Lemannus. Et comme Valentinien, qui lors estoit empereur, veist que il ny povoit mettre remède, et sceust celles gens que Antenor avoit amenez, et qui la sestoient logiez, estre fors, puissans et hardis, et autreffois avoient résisté contre les Rommains, combien que ilz feussent lors leurs tributaires, il leur offry a relaschier leur treu par dix ans, mais que ilz voulsissent mettre ces Allains en lobeissance des Rommains ; lesquelx lui accordèrent et le firent. Et pour ce orent remission par dix ans de leur treuage ; mais, les dix ans passez, ilz refusèrent a paier le treu. Et pour ce les Rommains sappareillerent pour leur faire guerre , et les François mistrent paine a eulx defîendre et résister, et assemblèrent ensemble, a grant dommage toutesvoies des François que a pou que ilz ne recurent grant perte, si comme Sigibert en sa cronique raconte^11.

Autres croniques dient qui! nattendirent mie Valentinien, mais sen partirent, et vindrent selon le Rin en Germanie. Et après sen vindrent vers Gambray et vers Tournay et les prindrent ; et de la en France et la conquirent.

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