DU ROY PHILIPPE LE CONQUERANT ET DE SON FILZ LOYS DE MONTPANCIER M
Le roy Philippe Dieu donné, appelle par sa proesce le Conquérant, desconfist au pont de Bouvines l'empereur Othon dAlemaigne, et prist le conte Ferrant de
(l) Les peuples ainsi désignés habitaient à l'ouest de l'Empire : les Suaves, race originaire de la Colcbide, s'étaient arrêtés sur les bords de la mer Noire, les Sorabes entre le Danube et l'Oder, et les Abrodiciens vers le Raab et la Theiss.
(!) Gratz en Styrie.
(J> Ce mot est évidemment altéré : le testament de Charlemagne , conservé par Éginhard , porte Saltzbourg , ville archiépiscopale de la Bavière.
") Le roi d'Ecosse dont il est question ne peut être qu'Alpin, père de Kenneth II, ou Drusken, cbef des Pietés, qui, pendant le règne de Charlemagne, tinrent les Scots en échec. Si les relations dont parle Guillebert de Metz ont réellement existé.
c'est que la renommée du grand empereur avait pénétré jusque chez ces nations à demi barbares. Alcuin, originaire du nord de la Grande-Bretagne, y contribua peut-être.
(5) Lacteur, l'auteur.
(6) Voir plus haut la notice sur Guillebert de Metz.
(7) Il s'agit ici du roi Philippe II, surnommé, de son temps, Dicudoimc et le Conquérant. Ces deux appellations ne se sont pas conservées ; Philippe II est plus connu aujourd'hui sous le nom d'Auguste . parce qu'il était né au mois d'août. Quant à son fils Louis VIII, le nom de Monlpensier lui a été donné parce qu'il mourut, en 1266, dans cette petite ville de l'Auvergne.
Flandres, le conte Regnault de Bouloingne et autres jusques a trente banieres. Et adjousta au royaume les contez de Vermendois, de Clermont, de Pontieu , dAlençon, du Mans, de Tours, dAngiers et de Poitiers; et fist fermer le bois de Vincennes et la ville de Paris. Si laissa en son testament a Saint Jehan de Jherusalcm cent mille livres, aux Templiers cent mille livres, aux Hospitaliers cent mille livres; et a autres couvens et pluseurs églises fist grans lais et beaux dons.
En ce temps, le dit roy Philippe avoit envoié Loys, son filz, contre le roy Jehan dEngleterre, qui! desconfist a la Roche le Moine. Et tost après passa le dit Loys en Englelerre, et fu receu de ceulx de Londres a grant révérence. Et pluseurs autres citez se rendirent a lui, pour ce quilz veoit bien quilz ne povoient résister a sa puissance. Et comme dit listoire, presque tous les barons dEngleterre lui firent feaulté et hommage, et furent sur le point de déposer le roy Jehan et de introniser le dit Loys; mais assez tost après le delaissierent^1'.
Et pour faire fin, il me vient au devant ce que Tulles (i) dit des François, quil fu jadis en leur povoir de sauver ou destruire lempire de Romme. Et encore autre part dist il que les Dieux avoient fait grant grâce aux Ytaliens de mettre les nions entre eulx et les François, pour tant quilz ne les conqueissent legierement quant ilz vouldroient. Et Saluste dit aussi que les Rommains se combatoient a toutes autres nations pour leurs vertus monstrer et exercer; mais quant ilz se combatoient aux François, cestoit pour eulx défendre et non mie par gloire^.