‹ Paris et ses historiens aux XIVe et XVe siècles;Chapitre 74 sur 221 · DU PALAIS · texte numérisé non relu

DU PALAIS

Le Palais Royal (2) dure des le Grant Pont ou est lorologe (3) jusques a Pont Neuf'4'. La salle du Palais a de long six vingt piés et de large cinquante pies; il y a huit colombes : la est la table de marbre de neuf pieces(5); la sont les ymages des roys qui ont régné en France; la sont procureurs de Parlement et advocas(f,). La sale des merchiers a de long quatre vingt piés. La vent on divers joyaux dor, dargent, de pierres précieuses et autres (7).

le donna, en 162 6, 'aux clercs réguliers de la Congrégation de Saint- Paul, connus sous ie nom de Barnabites. Les nouveaux possesseurs firent reconstruire les bâtiments conventuels et l'église, qui a subsisté jusqu'en ces dernières années. Elle servait de dépôt d'archives et de magasin pour le mobilier de l'État. Le portail, transporté pierre par pierre, a été appliqué à l'église des Blancs-Manteaux.

(I) Ce collège des Dix-Huit écoliers consistait originairement en une simple chambre où ils logeaient à l'Hôlel-Dieu. Achetée en 1171, moyennant cinquante-deux livres, par Jocius de Londonna, croisé, de retour de la Terre Sainte , cette chambre fut l'objet d'autres libéralités, et se transforma peu à peu en une maison, sise rue de Venise, près la rue Neuve-Notre-Dame. Le collège des Dix-Huit, réuni à la maison deSorbonne, fut transféré, à une époque un peu incertaine, dans la rue des Poirées (rue Restaut). Il est certain qu'au .temps de Guilleberl de Metz ce modeste établissement n'avait pas encore quitté les environs de l'Hôtei-Dietu

(i) Le Palais-Royal , dont le nom est porté aujourd'hui par l'ancien Palais-Cardinal , n'est autre que le palais de la Cité; il durait (s'étendait) et dure encore du pont au Change au pont Saint-Michel, moins quelques maisons appartenant à la rue de la Sainte-Chapelle.

(3) Guillebert de Metz a vu rrl'orologe» un siècle et demi avant sa première restauration. Ce n'est qu'en novembre 1 5 85 , dit Du Breul , que tt on acheva rrde reprendre et enrichir le quadran de l'Horloge "■du Palais, au haut duquel on voit la figure d'un f colomb blanc (dénotant le Saincl-Esprit) et les 'rescussons de France et Pologne,») en souvenir de Henri 111. ( Théâtre des anliquilez de Paris, p. â3o.)

(,,) Cette appellation, appliquée de nos jours au pont construit sous le règne de Henri III et de

Henri IV, à la pointe occidentale de la Cité, désignait autrefois le pont Saint-Michel, le plus récent des quatre qui existaient au temps de Guillebert de Metz.

(5) M. Bonnardot, dans les fragments qu'il a publiés de Guillebert de Metz, observe avec raison que cet auteur est le seul qui nous fasse connaître que la fameuse table de marbre était composée de neuf pièces , p. 2 h des Eludes sur Gilles Corrozet, etc. Paris, i848, in-8°. (Voir ce que Jean de Jandun dit de cette fameuse table aux pages 48 et h g.)

w La Grand'Salle existait encore au temps de Du Breul , qui nous en a laissé la description suivante : ffOn voit, autour de ceste salle, les statues de tous rnos anciens Roys, depuis Pharainond jusques à ce Charles IX , desquelles les unes sont représentées rrayans les mains hautes, et les autres comme les irayans basses ou pendantes, pour diversifier et "faire cognoistre (selon plusieurs) celles qui efiîrrgient les infortunez et faynéants, d'avec les autres rr valeureux et vertueux, qui ont eu lousjours les rr mains et asmes tendues au ciel. H y a des escrils rr gravez au bas de ces statuës, lesquels contiennent fret déefarent leurs noms et les années de leurs rèrrgne et deceds; ce que j'ai obmis pour n estre profflixe. Ces statuës et tout le lambris de ladite salle iront esté peincts d'or et d'azur, v (Théâtre des antiquité: de Paris, p. 227.) M. E. Boutaric, notre savant collaborateur, a publié, dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de France (t. XXVII), de très"-curieuses recherches sur le Parlement et sur la partie du Palais qui lui est consacrée.

<7) La salle ou galerie des merciers a conservé, jusqu'au siècle dernier, sa destination marchande. Une fort belle gravure d'Abraham Bosse, que nous donnerons dans un volume suivant, la représente comme le siège d'un commerce très-actif d'objets de toilette. La librairie y était également installée

En la Sainte Chappclle est grant partie de la sainte croix, de la sainte couronne et autres benoites reliques a merveilles. Et y a ung grant pié dun griffon^1'.

Au Palais sont salles et chambres pour logièr le Roy et les douze pers'2'. Si est de bel édifice a tours et ymages dedens et dehors; et y a beau jardin. Au Palais sont les seigneurs de Parlement ou les roys de France ont acoustumé de seoir en jugement. La sont les seigneurs des requestes qui ont cognoissance des causes des officiers du Roy. La est la chambre des seigneurs des comptes, des trésoriers, des receveurs, du concierge et dautrcs officiers®. La est laudience. Et devant le Palais demeure ung pottier destain, bon ouvrier de merveilleux vaisseaux destain; et lenoit des rossignols qui chantoient en y ver'4'.

Le grant hospital, que le roy saint Loys fonda, dure des leglise Nostre-Dame, jusques a Petit Pont; si a devant lospital, en rue neul've, trente sept manoirs avec une boucherie, et place vuide devant la chapelle de lospital^'.

dans la partie qui confinait à la Sainte-Chapelle : Barbin et les vers du Lutrin sont dans toutes les mémoires. De nos jours, la galerie des merciers ne renferme plus que les boutiques des costumiers du Palais ; c'est le seul vestige qui lui reste de son ancienne splendeur.

(1) Dans l'inventaire des reliques de la Sainte- Lhapelle, dressé en 1 , et publié par M. Douët d'Arcq, Revue archéologique , année i848, il n'est nullement question de ce grand pié de griffon, mentionné encore dans le poënie d'Astesan, en i45i. On trouvera, aux noies qui accompagnent notre traduction, quelques détails sur l'origine de ce débris singulier. Quant à son exhibition dans l'intérieur de la Sainte-Chapelle, c'était chose parfaitement conlbrme aux idées du temps, ainsi que le fait judicieusement remarquer iM. de Guilheriny. n-Laca- •• thédrale , dit-il , était, pour les populations d'alors ,

- non-seulement le lieu de la prière et la demeure de "Dieu, mais le centre du mouvement intellectuel, "le dépôt de toutes les traditions d'art et de toutes "les connaissances humaines. Ce que nous place-

- rions dans les armoires d'un musée, nos pères le '•confiaient aux trésors des églises. Ce que nous -cherchons dans les livres, ils allaient le lire en caractères vivants sur les ébrasures des portes ou "sur les vitraux des fenêtres. Et voilà pourquoi., à "côté des scènes religieuses et des allégories morr raies, nous rencontrons, en si grand nombre, aux " parois de nos cathédrales, ces calendriers , ces enseignements de botanique et de zoologie, ces détails rrsur les procédés des arts et des métiers, ces avertissements sur l'hygiène, sur le bon emploi du "temps, sur l'agriculture, qui comprend ime en-

cyclopédie à l'usage et à la portée de tous." (Itinéraire archéologique de Paris, p. 3o.) En ce qui concerne plus spécialement le pied de griffon et autres curiosités de ce genre, M. de Guilheriny cite un passage du Rqtional des divins offices, où Guillaume Durand nous apprend que, dans les cathédrales de Laon, de Reims, de Rayeux, de Comminges, à Saint-Denis, à Saint-Rertin , comme à la Sainte-Cbapelle , on suspendait des œufs d'autruche , on conservait des côtes de baleines, des crocodiles empaillés, des cornes de licorne, des ongles de griffon, etc. "afin que le peuple en fût davantage attiré " dans le lieu saint et mieux disposé à la piété. »

<2) A l'époque où écrivait Guillebert de Metz, le palais de la Cité et la forteresse du Louvre n'étaient pas la demeure habituelle des rois, qui résidaient, le plus souvent, à l'hôtel Saint-Paul et au boisdeVincennes. "Nos Rojs viennent y loger, dit Du Rreul, "quand ils se marient et font leur entrée en nostre " ville. » [Théâtre des antiquité* de Paris, p. 228.)

" loir, dans le Traité des louanges de Paris, ce que Jean de Jandun dit de tous ces dignitaires, p. 48 et /19.

(,,) Nous avons donné, dans la notice, une explication conjecturale de ce fait (p. 12 k).

(5) rrA l'égard des bâtimens de l'Hôtel-Dieu, dit rrJaillot, ils ne consistoient, avant le règne de saint rr Louis, que dans trois ou quatre corps de logis, fravec l'ancienne chapelle de saint Christophe. Ce cr prince les augmenta considérablement et lit tant de rrbien à cette maison, qu'il en est regardé comme "le fondateur. 1 (Recherches critiques sur la ville de Paris, etc. Quartier de la Cité, t. 1.) L'Hôtel- Dieu possédait deux chapelles : la principale av ait été

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