‹ Paris et ses historiens aux XIVe et XVe siècles;Chapitre 76 sur 221 · EN LA HAULTE PARTIE DE LA VILLE OU LES ESCOLES SONT · texte numérisé non relu

EN LA HAULTE PARTIE DE LA VILLE OU LES ESCOLES SONT

Leglise paroschiale de Sains Pierre et Pol, que len dist de Sainte-Geneviève'8'.

précèdent, la rue des Marmousets subsiste encore en partie; le tronçon qui en reste forme la continuation de la rue Chanoinesse. Elle devait son appellation à une maison importante désignée dans les anciens titres sous le nom de Domus Marmosetorum. C'est là que la tradition plaçait la demeure du pâtissier et du barbier qui faisaient commerce de chair humaine. La pierre du chien, qu'on regardait comme un témoignage de cette sanglante histoire, était engagée dans une maison formant l'angle de la rue des Deux-Ermites.

(1) La rue de la Colombe est encore à peu près telle que Guillebert de Metz l'a vue; elle joignait de son temps les rues d'Enfer (Basse-des-Ursins) aux rues des Marmousets et Chanoinesse; lors de l'ouverture du quai Napoléon en 1808, on lui a ménagé un débouché sur ce quai.

!2) Le port Saint-Landry ou port Notre-Dame était . situé au débouché de la rue Saint-Landry sur le fleuve, à quelques mètres en aval du moderne pont d'Arcole ; on y descendait par une pente douce partant de la rue des Marmousets. Le mm' de soutènement du quai Napoléon a fait disparaître ce port.

(3) M. Berty pense qu'il s'agit ici de la rue du Cbevet-Saint-Landry.

(4) Cette rue est regardée par Jaillot comme se confondant avec la rue Haute-des-Ursins. M. Berty croit qu'elle n'est autre cbose que la rue Saint- Landry, et il se propose de citer, à l'appui de son opinion, plusieurs chartes qui établissent la synonymie.

(5) La rue de Glaligny, parallèle aux rues Saint- Landry, de la Colombe, et démolie pour l'établissement du nouvel Hôtel-Dieu, n'avait rien qui justifiât la gracieuse appellation qu'elle portait au moyen âge. Le Val- d'Amour, «où est les fillettes,)) n'a

jamais été, il est vrai, qu'une sorte de ghetto, dans lequel la police renfermait les ribaudes de ce temps.

(,) La rue Saint-Denis-de-la-Chartre , vicus Sancti Dionysii de Carcere, a subsisté jusqu'en 1866 sous le nom de rue du Haut-Moulin; elle réunissait par un coude les rues de Glatigny et de la Lanterne, débouchant ainsi sur le pont Notre-Dame, dont elle continuait la ligne de maisons avant l'ouverture du quai Napoléon. Elle séparait en outre les églises de Saint-Denis-de-la-Chartre et de Sainl-Symphorien ou Saint-Luc, dont les vestiges ont été reconnus et relevés en 1866.

(,) La Pelleterie aboutissait d'une part à l'église Saint-Denis-de-la-Chartre et de l'autre à la Grand" Salle du Palais, sur une partie de l'emplacement occupé par l'ancien Marché-aux-Fleurs. Elle fut habitée par des pelletiers après l'expulsion des Juifs, vers la fin du xu" siècle, ce qui lui valut son nom. Au temps de Guillebert de Metz, on y faisait rrdes châlits,)) c'est-à-dire des couchettes ou bois de lit.

(8) Ce vénérable sanctuaire est appelé, par Grégoire de Tours et Frédegaire , Eglise de Saint- Pierre et Basilique des Saints-Apôtres; le nom de Sainte-Geneviève ne lui fut donné qu'au vnc siècle, concurremment avec ceux de Saint -Pierre et Saint- Paul, sous lesquels on la désignait encore au temps de Guillebert de Metz. L'église Sainte-Geneviève fut ruinée au ix" siècle par les Normands et complètement réédifiée vers la fin du xue siècle. Détruite en partie par la foudre, l'an 1 4 8 3 , elle fut l'objet de nombreuses et importantes réparations. La construction du nouveau temple (Panthéon), qui dura de 1758 jusqu'à la Révolution, rendait l'ancienne église inutile; aussi fut-elle démolie en 1808, et sur son emplacement a été ouverte la rue Clovis. Sainte -Geneviève était accolée à Saint-Etienne-du-

Item de Saint Estienne'1', de Saint Severin®, de Saint Cosme(3), de Saint Nichoias au Chardonneret^, de Saint Hylaire^ et de Saint Benoit(c). Labbaye de chanoines

Mont; il n'en reste qu'une tour, comprise dans les cours du lycée Napoléon.

(1) Saint- Étienne-du - Mont n'était primitivement qu'une chapelle dépendant de Sainte -Geneviève, et désignée successivement par les vocables de Notre-Dame, Saint-Jean et Saint- Etienne. L'accroissement de la population , déterminé par la clôture de Philippe Auguste, qui mettait à l'abri les clos de la rive gauche, engagea les religieux de Sainte -Geneviève à faire construire sur un terrain contigu à leur église un édifice distinct devant servir de paroisse. Commencé dans les premières années du xu" siècle, Saint-Etienne était devenu insuffisant à la fin du xvc siècle, et dut être reconstruit dans de plus vastes proportions. Tout était terminé en 1617. Cette charmante église, dont on admire à bon droit le portail, les galeries intérieures et le jubé, a été soigneusement restaurée, il y a quelques années, par M. Baltard.

(2) L'origine de l'église Saint -Sccerin est assez obscure. On croit généralement que ce fut d'abord un oratoire bâti en l'honneur d'un pieux solitaire qui vivait à Paris au temps de Childebert Ier, et qui eut saint Cloud pour disciple. Toutefois quelques auteurs pensent qu'il s'agit plutôt de saint Séverin, abbé d\4gaune, aujourd'hui Saint-Maurice-en -Valais (Suisse). Jaillot est d'avis que rril a rrpu se former un monastère, après la mort, sur r l'emplacement même de la cellule de l'anachorète -parisien, et qu'on aura bâti une chapelle sur son t tombeau. » Quoi qu'il en soit, l'église Saint-Séverin existait dès le xi* siècle. Reconstruite et agrandie en i3&7 et 1^89, elle a reçu, en 1837, le portail de Sainl-Pierre-aux-Bœufs , qui décore aujourd'hui sa façade.

!3) Saint Corne et saint Damien, patrons des chirurgiens , avaient donné leur nom à la chapelle des Cordeliers, dont le couvent occupait la plus grande partie de l'espace compris aujourd'hui entre les rues de l'Ecole-de- Médecine, Antoine -Dubois et Bacine. Deux églises s'élevaient aux deux extrémités de ce vaste enclos, l'une sur remplacement actuel de la place de l'École-de-Médecine, l'autre à l'angle de cette rue et de la rue Racine. C'est cette dernière qui portait le nom de Saint-Côme et Saint- Damien; elle avait été construite, ainsi que Saint- André-des- Arts, au commencement du xm" siècle.

et toutes deux avaient été cédées à l'Université en i3A5. Saint-Côme, siège de la confrérie des chirurgiens, fut supprimé en 1 790 et vendu en l'an v; l'église n'a été détruite qu'en 1 836 ; l'amphithéâtre de chirurgie existe encore et est occupé par l'École impériale de dessin.

w Le fief du Chardonnet, ou du Chardonneret , avait donné son nom à cette église, dont l'origine a été fort discutée par les historiens de Paris. Jaillot démontre qu'elle a été fondée vers le milieu du xiii" siècle : rr L'ancienne église, dit -il, a voit <rété construite vers l'orient d'hiver et le long du ff canal de la Bièvre ; mais , ce canal ayant été supprimé, et l'église commençant à tomber en ruines, rron prit, en i65G, le parti d'en construire une « nouvelle à côté de l'ancienne et dans une direction rropposée.n [Quart, de la place Maubert, p. i5o.) Les travaux ne furent achevés qu'en 1709, sauf la façade principale sur la rue Saint-Victor, qui est encore à faire. L'église Saint-Nicolas -du -Chardonnet a été l'objet de diverses réparations lors de l'ouverture du boulevard Saint-Germain.

(5) Il règne la plus grande obscurité sur l'origine de l'église Saint-Uilaire. Ce qui est certain, c'est que ce petit édifice, situé à l'angle des rues des Sept-Voies et du Mont-Saint-Hilaire, vis-à-vis le débouché de la rue des Carmes, avait été reconstruit en i3oo, augmenté en 1A70, et enrichi de divers ornements au commencement du xvme siècle. Supprimée comme paroisse en 1790, et vendue en l'an iv, l'église Saint-Hilaire a presque complètement disparu.

{6) Saint-Benoit est encore un sanctuaire d'origine très-ancienne. Une charte de Henri I" déclare qu'elle était déjà depuis longtemps, antiquitus, au pouvoir des rois de France, ce qui fait croire à Jaillot qu'elle avait été bâtie vers le vi" siècle. Placée d'abord sous le vocable de saint Bacque. elle prit au xu° siècle le nom de Saint-Benoît, ainsi que l'aumônerie ou hôpital voisin occupé depuis par les Mathurins. Elle devait ce dernier nom, dit l'abbé Le Beuf, non pas à l'illustre fondateur de l'abbaye du Mont-Cassin, mais au benoist Dieu, benedictus Dens, comme on disait au moyen âge. L'église de Saint-Benoît était orientée au rebours, c'est-à-dire que la façade regardait le couchant: aussi l'appelait-on Saint-Benoît le bestournet ou bes-

réguliers a Sainte Geneviève, ou len tient les plais devant labbé des causes dont le pape se desmet. Si y est la chancellerie de luniversité; et convient que le chancelliersoit de lordre diceile abbaye; et a labbé hauïte justice, moyenne et basse W. Aussi est leglise de tele prérogative que nul patriarche, arcevesque ne evesque ii v pevent entrer en leurs propres habis, fors en labit de chanoine (2>. Item il y a

tome, Benediclus maie versus. Rebâtie en partie sous le règne de François I", réparée et augmentée en 1680, elle fut supprimée en 1791, et vendue en Tan vu ; affectée depuis aux usages les plus profanes, elle a abrité notamment le Théâtre du Panthéon, et n'a disparu qu'en 1 853 , par suite de l'ouverture de la rue des Ecoles.

1 Les chanoines réguliers de Sainte -Geneviève ont succédé en 11/18 aux chanoines séculiers, qui occupaient d'abord l'abbaye. Une nouvelle réforme y fut introduite en 1625 par le cardinal de Larochefoucauld. Quant aux droits dont jouissait cette congrégation, voici comment Du Breul s'en exprime : ff L'abbé de Sainte-Geneviève est juge et conservateur des privilèges apostolics, et député par rrle sainct siège pour cognoistre et juger de toutes " causes tant ecclésiastiques que civiles et prophanes, t c'est-à-dire de deptes de matières décimales, de -portions canoniques et congrues, de petitoire, -de bénéfices, de pension créée et constituée par le «■Pape sur aucuns bénéfices, soit evesché, abbayes, rrprieurez ou cures. Les appels de ses sentences rr rassortissent immédiatement au Sainct Siège, sans •'que ny diocésain, métropolitain ny primat y rr puisse prétendre authorité , attendu cpie ny l'abbé "ne les siens ne doivent dépendre que du Pape, et -qu'ils ont autant de pouvoir et d'aulhorité en leur ffjurisdiction que les primats en ont ès leur, desff quels immédiatement on appelle à Rome.» (Th. des antiquitez, p. 277). Du Breul donne ensuite, d'après Choppin (De sacra politia , liv. II, t. V), la liste des corps constitués, collèges, chapitres, etc. rrqui ont leurs causes commises en la dicte conservation ou chambre apostolique de Sainte-Gene- « viesve. » Quant à rr la chancellerie de l'Université, » elle appartenait, comme l'on sait, aux deux chanceliers de Notre-Dame et de Sainte-Geneviève; reniais rrcelui-ci, dit Du Breul, a esté seul jadis en rrceste charge; car nous trouvons que les premiers rr collèges et plus habitez furent fondez en ceste rr monta igne, esquels il semble que les chanoines rrSaincte-Gene viesve y commet toient des régents tf et précepteurs.» Le chancelier de Notre-Dame

n'était évidemment pas de cet avis, et il appuyait également ses prétentions sur l'ancienneté des écoles du Cloître de la Cathédrale. L'histoire de leurs démêlés occupe de nombreuses pages dans l'ouvrage de Du Boullay. En 1253, le pape Alexandre IV reconnaissait encore au chancelier de Sainte- Geneviève le droit rrde donner licence en toute farrculté;» mais les chanceliers de Notre-Dame, et en particulier Pierre Comestor, Jean de Candelis et Philippe de Grève ne cessèrent de battre en brèche les privilèges de leur rival. Le pape Benoît XI mit fin au débat en accordant aux deux chanceliers les deux privilèges. rrPar suite de cette décision, dit «Du Breul, les facilitez de théologie, décrets et rrmedecine vont seulement à l'Evesché pour les licences et le bonnet, et pour les arts sont départi/, rrà tous les deux chanceliers.»

Nous empruntons encore à Du Breul quelques lignes sur la juridiction temporelle de l'abbaye Sainte- Geneviève : «-Elle s'estend, dit-il, en une rr bonne partie de l'Université, et en la plupart du rr faubourg dit de Sainct-Marcel , où lesdits Abbé el rrConvent ont lesdroicts de justice haute, moyenne rr et basse, de faire brusler, d'aubeineet d'espargne et rr autres belles particularitez appropriées aux seirrgneurs qui ont droict de plain haubert. Et pour ce, n- ils ont leurs prisons , juges , greffiers, procureur rr fiscal, et autres officiers de justice.» ( Théâtre des antiquitez de Paris, p. 279.)

l2) La prérogative, dont parle ici Guillebert de Metz, n'est pas mentionnée, au moins explicitement, par les historiens de Paris. Du Breul, en exposant le cérémonial de l'entrée d'un nouvel évêque de Paris dans sa ville épiscopale, nous apprend qu'après avoir été reçu à la porte de l'abbaye de Sainte-Geneviève par l'abbé et les chanoines, le prélat entrait au chœur, s'agenouillait sur un carreau, puis était conduit à l'autel où il faisait son offrande. C'était alors seulement qu'il allait rrau revesliaire se revestir de ses habits épisrrcopaux, et qu'il revenoit se seoir en une chaire rrparée à costé du maislre autel.» (Théâtre des antiquité: de Paris. p. 280.)

une crouste'1' soubs la moyenne partie du cuer, ou sont les sépulcres de Sainte Geneviève et dautres sains. Item en la tierce basse partie du cuer ou les chanoines chantent; la est la tombe du roy Cloïs, le premier crestien qui fonda celle église, et de la royne sainte Crotildc sespeuse. Au collège des Bernardins est une église de moult bel et hault édifice; et y est une vis merveilleuse ou il a doubles degrez , que ceulx qui montent ou descendent par lun des degrés ne scevent riens des autres qui vont par les autres degrés^'21. Leglise des Matelins'3', ou le

(1) Crouste, grotte, c'est-à-dire une crypte. A propos delà crypte de Sainte-Geneviève, Du Breul s'exprime ainsi : "L'on tient que la chappelle soustfterraine, vulgairement appelée la cave, qui est rrencor dessous le premier chœur de ceste église, 'restoit de grande antiquité, des que Clovis (ist eletrver la nouvelle église , et que des lors elle estoit "dite des mesmes aposlres saint Pierre et saint Paul.n (Théâtre des antiquités de Paris, etc. 1612, in-&°, ]). 268.) Tous les historiens de Paris ont décrit ces tomheaux. Celui de Sainte-Geneviève a été déposé, en 1792, à Sainl-Elienne-du-Mont, qui en garde l'enveloppe extérieure ; la chasse a été portée , en 1793, à ta Monnaie, et les reliques ont été en grande partie jetées au vent. On a cru reconnaître les restes de Clovis et de sainte Clotilde tors de la destruction, en 1807, de l'ancienne église Sainte- Geneviève, pour l'ouverture de la rue Clovis, qui en occupe l'emplacement.

(2) Sauvai a donné la description suivante de cet escalier, qui comptait au nombre des merveilles du vieux Paris : "On y voit une vis tournante double a à colonnes, où l'on entre par deux portes, et où "l'on monte par deux endroits, sans que de l'un on "puisse être vu de l'autre; celte vis a dix pieds de t profondeur, et chaque marche porte de hauteur t huit à neuf pouces. Les marches sont délardées et "ne sont point revêtues d'autres pierres. C'est le "degré de la manière la plus simple et la plus rare "de Paris : toutes les marches sont par dessous dé- - lardées; sa beauté et sa simplicité consistent dans "les girons de l'un et de l'autre, portant un pied ou "environ, qui sont entrelacés, enclavés, emboîtés, ^enchaînés, enchâssés, entretaillés l'un dans l'autre "et s'entremordent d'une façon aussi ferme que gentille. Les marches de l'autre bout sont appuyées "sur la muraille de la tour qui l'environne; ces deux "escaliers sont égaux l'un à l'autre en toutes leurs -parties; la façon du noyau est semblable de haut "en bas, et les marches pareilles en longueur, en

"largeur et en hauteur. L'église et le degré furent "commencés par le pape Benoît XII du nom, de "l'ordre de saint Bernard, continué par un cardi- "îial du même ordre, nommé Guillaume. Ces de- "grés n'ont que deux croisées, l'une qui les éclaire " tous deux par en haut et l'autre par en bas. Le plus " petit fut fait pour conduire aux voûtes des nefs "basses de l'église et a cinquante-sept marches de "haut; l'autre est imparfait et devoit conduire sur "les voûtes hautes. H y a des recrans dans les murs "hors d'œuvre qui supportent les marches; car les "marches ne sont point posées dans les murs, de "crainte que le mur venant à se démentir ne les "rompit, cassât et entraînât avec soi; si bien que "par ce moyen-là, le mur manquant, ces recrans "demeureroient suspendus sur le noyau. La façon "véritablement est assés gothique et peu agréable, , "et même quand il s'y trouverait moins de moudures, le degré n'en serait que mieux et aurait une "grâce qu'il n'a pas. L'église est un gothique, mais "de la plus belle, de la plus délicate et plus grande "manière que nous ayons à Paris, et si la largeur "des nefs étoit proportionnée à leur hauteur, cese- "roit un gothique incomparable. C'est un bâtiment "tout en l'air, il est haut et étroit; mais c'est la raa-

"nière de tous les gothiques qui nous restent -

(Sauvai, Antiquités de Paris , t. I, p. 435.)

(8) Matelins; c'est l'église des Mathurins, qui était située rue des Mathurins -Saint-Jacques, n° 10. L'Université tenait effectivement ses assemblées dans cette église. On peut consulter à ce sujet : Partie des pièces et actes qui concernent l'estat présent et ancien de l'Université de Paris, monsieur le recteur, qui en est et a toujours été le chef, etc. Paris , i653, in-Zi". — En tête du travail de M. Vallet de Viriville sur l'Université de Paris, publié dans le tome I" du Moyen âge et de la Renaissance, on trouve le fac-similé d'une miniature représentant l'assemblée générale des docteurs de l'Université de Paris.

recteur lient ses plais; et le conservateur et lofficial du chancelier; aussi y tient on les congrégations de toute luniversité®. Les quatre ordres, cest assavoir : Jacopins, Cordeliers, Augustins et Carmes®; Les collèges de cardinal Lemoine ®, des Bons Enfans®, de Beau vais®, de Rains®,

ll) Le conservateur, c'est-à-dire le conservateur des privilèges apostoliques et royaux, comme l'était le chancelier de Sainte-Geneviève. ( Voyez à ce sujet p. 217 et suiv. du Recueil des privilèges de l'Université de Paris, etc. Paris, 167A , in-4°, par Égasse Du Boulay.)

m On sait combien fut longue et acharnée la lutte de l'Université" contre les ordres mendiants, et quel e'clat ces derniers jetèrent , surtout au xne siècle , sur l'enseignement des écoles de Paris. Une bulle du pape Alexandre IV, en date du 1 2 mai 1 257, ouvrit les portes de l'Université à tous les religieux. Les Dominicains et les Franciscains, qu'on a appelés depuis Jacobins et Cordeliers, étaient, dit Crevier, les premiers et les seuls acteurs dans la querelle ; mais ils frayèrent le chemin aux Carmes et aux Augustins , qui s'étaient formés et établis après eux.

(3) Le collège du Cardinal Lemoine fut fondé au commencement du xive siècle «pour les pauvres "maîtres et escoliers estudiant à Paris en la maison rrdu Chardonnet , " et on le nomma la maison du Cardinal. On y compta d'abord soixante théologiens et quarante arliens, avec une cure attachée à la chapelle ; mais la dotation étant devenue insuffisante, on réduisit, en 1 545, le nombre des boursiers à dix-huit. Les bâtiments , reconstruits presque complètement en 1757, existent encore en partie et sont adossés à l'ancien séminaire des Bons-Enfants ou de Saint-Firmin (aujourd'hui dépôt du Domaine de l'État), à l'angle des rues Saint- Victor et du Cardinal-Lemoine. La chapelle a été détruite pendant la Révolution.

(4) Le collège des Bons-Enfants (écoliers laborieux, par opposition aux Mauvais-Garçons ou étudiants turbulents et indociles) remontait au xin'siècle et était presque abandonné en 162/1, lorsque saint Vincent de Paul en fut nommé chapelain. Il y jeta les premiers fondements de la Mission, œuvre à laquelle le collège fut réuni en 1627, ce qui en fit

un séminaire. Transformé en prison pendant la Terreur, le séminaire des Bons -Enfants, qui avait pris le nom de Saint-Firmin en 1 707, fut le théâtre d'un affreux massacre dans les journées de septembre 17 92. Les bâtiments, vendus en l'an iv, furent affectés en 1817 à l'institution des Jeunes Aveugles, en i843 à la Garde municipale, et dans ces dernières années on y a transféré le dépôt du Domaine, autrefois installé aux Barnabites.

(5) Le collège de Dormans - Beauvais , fondé en 1370 par le cardinal Jean de Dormans, évêque de Beauvais , pour de pauvres écoliers des diocèses de Reims et de Soissons , a occupé un rang distingué dans l'ancienne Université; Rollin a été l'un de ses principaux. On lui adjoignit, en 1597, le collège de Presles; mais on l'a réuni en 1762 au collège de Louis-le-Grand , et l'on y a installé à la même époque le collège de Lisieux , dont le déplacement était nécessité par le percement de la rue Soulflol et la formation des abords de Sainte-Geneviève. Les bâtiments du collège de Beauvais, après avoir servi en 181 5 à l'établissement d'une école dite à la Lancastre, ont été convertis en magasins pour les hôpitaux militaires, et acquis enfin, dans ces dernières années, par les Dominicains, qui y ont transporté leur établissement des Carmes. La chapelle, charmant édifice du meilleur style, a été restaurée par leurs soins.

(6) Le collège de Reims, établi vers le commencement du xve siècle par Guy de Boze, archevêque de cette ville, fut pillé et presque détruit peu de temps après sa fondation. Relevé par Charles V, qui y annexa le collège de Béthel, il fut incendié en 1 55o et rétabli par le cardinal de Mailli, archevêque de Beims. Réuni à l'Université en 17C3, il fut supprimé en 1790, et les bâtiments ont été accpiis quelques années après par le collège de Sainte- Barbe. Ces bâtiments se développent sur les rues Charlière , de Beims et des Sept- Voies.

C'est-à-dire au collège de Louis-le-Grand, après l'interdiction prononcée parle Parlement contre les Jésuite?. L'annexion d'un certain nombre de petits établissements à l'ancien collège de Clermont continua la prospérité de cette maison.

de Saint Jehan ou les docteurs de decrés sassemblent , de Sorbonne (2\

de Navarre (â), ou il y a trois sciences : de ars, de gramaire et de

théologie; cellui de GholiesW, de Therouane (5),

M) Ce collège de Saint-Jean ne peut être que le collège de Béarnais, que Guillebert de Metz vient cependant de mentionner, et qui a pu porter également cet autre nom , soit à cause de son fondateur ou de la rue dans laquelle il e'tait situé, soit parce que la chapelle fut dédiée en i38o sous l'invocation de saint Jean l'Évangéliste, soit enfin parce que la présentation de toutes les places vacantes dans ce collège appartenait à l'abbé de Saint- Jean-des-Vignes. Ce qu'il y a de certain , c'est que la rue et le collège de Dorinans-Beauvais étaient situés au clos Bruneau , in clauso Brunelli, et nous avons vu qne Jean de Jandun ( Traité des louanges de Paris, p. ko et 4i) fait la même remarque que Guillebert de Metz : rr Les lecteurs de décrets y exposent leurs doctrines."

(S) Le collège de Sorbonne fut fondé, comme on . le sait, par Robert Sorbon, sous le règne de saint Louis, pour de irpauvres maistres et escoliers en ^théologie, n Ce fut d'abord le collège de Cahi ou la Petite Sorbonne. On y apprenait les humanités et la philosophie, comme préparation à la théologie qui y fut bientôt exclusivement enseignée. La réputation de la maison de Sorbonne devint immense dans tout le monde chrétien , et ses docteurs furent une sorte de concile permanent. Logés, comme ils se glorifiaient de vivre, «en toute pauvreté, i ils avaient cependant besoin d'espace; mais ils ne s'agrandirent qu'en 1627. Leur protecteur, le cardinal de Richelieu, fit construire les bâtiments qui existent encore aujourd'hui. La chapelle, où U fut inhumé, n'a été achevée qu'en i635. Les bâtiments de la Sorbonne, restés sans emploi pendant vingt ans, ont été compris, en 1808. dans la dotation de l'Université impériale, et désignés, en 18-21, pour être le chef-lieu de l'Académie de Paris et le siège de trois facultés (théologie, lettres, sciences).

^ Nous avons raconté la fondation du collège de Navarre dans la Notice consacrée à Jean de Jandun. Nous ajouterons que cette maison, presque entièrement ruinée sous le règne de Charles VI, fut rétablie . selon le désir de Charles VII . par le roi Louis XI

HIST. t,

en 1 466 , et s'agrandit, un siècle plus tard, par l'adjonction des collèges de Boncourt et de Tournay. Le rr noble collège de Navarre, comme l'appelle Mézerai , rr l'école de la noblesse françoise et l'honneur de t l'Université de Paris, ■» était fréquenté surtout par les fils de famille, et il avait conservé une grande réputation. Supprimé en 1790, le collège de Navarre devint bientôt le siège de Y Ecole centrale des travaux publics, devenue depuis si célèbre sous le nom d'Ecole polytechnique. Une grande partie des anciens bâtiments subsiste encore; mais on y a fait, à diverses reprises, d'importantes additions.

Le collège des Chollets fut fondé, vers la fin du xme siècle, au moyen des libéralités du cardinal Jean Cholet, légat en France, et de Jean de Bulles, archidiacre de Rouen , l'un de ses exécuteurs testamentaires. On n'y comptait d'abord (pie seize boursiers théologiens, auxquels furent adjoints plus tard autant de boursiers grammairiens. Il a été réuni à l'Université en 1763. Ses bâtiments font partie aujourd'hui des dépendances de Sainte-Barbe et du lycée Louis-le-Grand, au milieu desquelles ils sont situés.

(5) On ne connaît sous le nom de Thérouanne ou Tirouenne qu'un ancien fief voisin de Saint-Eustache . et qui, par corruption, a laissé son nom à la rue Pirouette. Guillebert de Metz a probablement voulu parler ici de l'un des collèges de Tournay cpi'il ne cite pas ailleurs. De ces deux établissements fondés au xi\ ' siècle , l'un , situé presque à l'angle des rues Saint- Hilaire et des Carmes , était plus connu sous le nom de collège des Lombards ; une partie des bâtiments existe encore. L'autre établissement était contigu au collège de Boncourt (emplacement occupé par l'hôtel du commandant de l'Ecole polytechnique et le bas de la rue Clovis). Il a été réuni à ce dernier collège, que Guillebert de Metz a pu, de son temps, désigner sous le nom de Thérouanne , comme nous le dirons plus loin. Reste une dernière hypothèse, selon laquelle notre auteur aurait voulu désigner le collège deMontaigu . qui comptait au nombre de ses bienfaiteurs Gilles de Montaigu . cardinal de Thé-

aa

de lAve Maria M, de Boncourt®, de Laon(3), de ClignyW, de Harecourl^, des Trésoriers

rouenne, chancelier de France. Il est vrai queGuillebert de Metz ne désigne point ailleurs ce collège si ce'lèbre par la frugalité de son régime; mais il faut dire aussi qu'on ne voit nulle part les «• pauvres ffcapettes de Montaigu» considérés comme écoliers de Thérouanne.

(1) Le collège de YAve-Maria était situé au haut de la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, près de l'église Saint-Etienne-du-Mont; il devait son nom à l'image de Notre-Dame qui servait d'enseigne à la maison dans laquelle il avait été fondé. Les deux premiers mots de la Salutation angélique, placés audessous de la sainte image , servaient ainsi , concurremment avec le nom du fondateur Jean Hubant, à désigner ce collège, qui n'eut jamais d'importance. Établi vers le milieu du xive siècle, organisé par le célèbre Pierre d'Ailly et l'abbé de Sainte-Geneviève, il fut réuni au collège de Louis-le-Grand en 1767, et supprimé à la Révolution. Les bâtiments sont devenus propriété privée en 1810.

<2) Le collège de Boncourt, fondé au milieu du xiv" siècle, par Pierre de Bécoud, sur remplacement d'un hôtel des évêques d'Orléans, fut désigné originairement sous le titre de collegium Becodianum ; Boncourt n'est qu'une altération du nom du fondateur. Institué pour crhuit pauvres escoliers qui

« auront chacun quatre sols par semaine,» et qu'on devait choisir et en le evesquié de Therouenne , » il eut pour annexe l'un des deux collèges de Tournay, et fut réuni lui-même, en 1 638 , au collège de Navarre, dont il a suivi dès lors toutes les vicissitudes.

(3) Le collège de Laon était situé à droite, en gravissant la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, et ses bâtiments étaient contigus à ceux des Carmes de la place Maubert. Fondé au clos Bruneau, en i3i3, par Guy, chanoine de Laon, trésorier de la Sainte-Chapelle, et Baoul de Presles, père de celui dont nous publions le commentaire, il se dédoubla dix ans après, et chaque établissement eut une existence distincte. En i34o, le collège de Laon fut transféré au lieu qu'il a toujours occupé depuis. Aux seize arliens pour lesquels il avait été institué

furent adjoints , dans la suite , des écoliers en théologie et en médecine. Béuni au collège de Louis-le- Grand en 1763, il fut supprimé à la Révolution et aliéné en 1 82 2 . La rue des Écoles occupe une partie de son emplacement.

(4) Le collège de rr Cligny, n c'est-à-dire Clugny ou Cluny, qu'il ne faut point confondre avec l'hôtel abbatial de ce nom, occupait presque tout l'emplacement circonscrit aujourd'hui par les rues Cujas. Victor Cousin , le boulevard Saint-Michel et la place de la Sorbonne. C'est le long de cette place que s'élevait la chapelle du collège , laquelle a servi d'atelier au peintre David. Elle n'a été démolie qu'en 1 836 avec le beau cloître contigu. Le collège, fondé à la fin du xm° siècle par les abbés de Cluny, avait été supprimé dès 1790 et aliéné en l'an v. Des parties des bâtiments ont subsisté jusqu'en 1860.

(6) L'inscription placée sur la magnifique façade du nouveau lycée Saint-Louis ne laisse aucun doute sur l'emplacement de l'ancien collège d'Harcourt, fondé en 1280 par Raoul d'Harcourt, chanoine de Paris, pour les pauvres étudiants de Normandie. 11 fut l'objet de nombreuses faveurs et dut s'agrandir successivement pour contenir tous les écoliers que sa réputation lui amenait. Louis XIII fut un de ses bienfaiteurs : aussi avait-on placé la chapelle construite au xviie siècle sous l'invocation de saint Louis. Reconstruit en 1 670 , agrandi pendant la Révolution et l'Empire aux dépens de l'ancien collège de Justice et de plusieurs maisons environnantes , le collège d'Harcourt transformé se profile majestueusement sur le nouveau boulevard Saint-Michel.

<-") Le collège des Trésoriers ou du Tkrêsorier, collegium Quœstorum, quodvulgo Thesaurariorum nuncupatur, était situé entre les rues de la Harpe, des Maçons et Neuve-Richelieu, avec entrée par celte dernière rue; il avait été fondé en 1268 par Guillaume de Saane, trésorier de l'église de Rouen, pour douze théologiens et douze artiens du pays de Caux. Déchu de son ancienne prospérité, il fut réuni à l'Université en 1763, et supprimé à la Révolution.

de Nerbonnc de Dampvile (2), de Premonstré (3), de Bourgoingne M, dAuthun W, de Saint-Gervais W, de Tours (7),

ll) Une des belles maisons de l'ancienne rue de la Harpe portail, au-dessus de la porle d'entrée, une banderole ciselée dans la pierre avec cette inscription , Colkgium Narbonœ ; c'était l'établissement fondé en 1 3 1 7 par Bernard de Fages , archevêque de Narbonne, en faveur de neuf écoliers de son diocèse. Enrichi par le pape Clément VI (Pierre Roger) , qui lui devait son éducation , le collège de Narbonne admit successivement des artiens, des théologiens , des étudiants en médecine et en droit. Il était en pleine reconstruction, lorsque les lettres patentes de 1763, que nous avons plus d'une fois citées, le réunirent à l'Université. Les bâtiments, vendus à l'époque de la Révolution , ont été démolis pour l'ouverture du boulevard Saint-Michel.

(2) Le collège de Dainville, d' Inville ou de Dampville, que Guillebert de Metz cite deux fois, était situé entre les rues Pierre Sarrazin et des Cordeliers (de l'Ecole-de-Médecine), très-près delà rue de la Harpe. Institué en i38o par Michel de Dainville, archidiacre d'Arras , Gérard et Jean , ses frères , il était destiné à douze pauvres écoliers des diocèses d'Arras et de Noyon. Jaillot nous apprend que, rr à

l'angle de cette maison, dans les rues de la Harpe "et des Cordeliers, on avait sculpté les figures des frois Jean et Charles V, et celles des fondateurs, "qui présentaient à la Sainte Vierge le principal et rtles boursiers du collège. n (Recherches , etc. Quart. Saint-André-des-Arts, p. 61.) Béuni au collège de Louis-le-Grand en 1 yG3 , comme presque tous les petits collèges, il fut supprimé à la Révolution, et les bâtiments, aliénés en l'an xi, ont été démolis en

(3) Le collège des Prémontrés avait été institué, vers le milieu du xm' siècle , par les chanoines réguliers de Saint-Augustin , dits de Prémontré (abbaye située dans la forêt de Couci). La maison de Pierre Sarrazin , à l'angle des rues . Hautefeuille et des Cordeliers, fut leur première acquisition; mais elle s'agrandit successivement, et les jeunes disciples de saint Norbert furent bientôt largement installés.

Protégé par le Pape et le Boi , le collège ou prieuré des Prémontrés prospéra, et ses bâtiments, dit Du Breul, formaient un îlot de maison, insula. Ils ont été vendus en 1792. L'église, qui a été seule démolie, formait le coin des deux rues; l'emplacement est occupé par un café et des magasins.

(,) Le collège de Bourgogne était très-voisin du prieuré des Prémontrés, puisque son emplacement est occupé depuis 1769 par l'École de médecine. Il avait été fondé en 1829 par les exécuteurs testamentaires de Jeanne, comtesse de Bourgogne, épouse de Philippe-le-Long, rpour vingt poures esffcoliers des province et comté de Bourgoigne. n De nombreux règlements cités par Félibien et Lobineau (Hist. de Paris, t. III, p. 635 et suiv.) ont été faits pour ce collège , qui n'était cependant pas de plein exercice, et qui fut, en l'année 1 76 A , réuni à l'Université. Les bâtiments, acquis en 1769, ont été démolis, et l'architecte Gondouin a élevé sur leur emplacement l'édifice où siège aujourd'hui la Faculté de médecine.

<5) Le collège lYAutun devait sa fondation au célèbre cardinal Pierre Bertrand, évêque de cette ville et adversaire déclaré de Pierre de Cugnières ; il était situé entre l'église Saint-André-des-Arts et la rue de l'Hirondelle, et logeait quinze boursiers étudiants en théologie , en droit et en philosophie. Béuni en 176/1 à l'Université, il fut occupé pendant plusieurs années par une école gratuite de dessin. Les bâtiments ont été vendus en 1807 et démolis en 1 8a 3.

(C) Le collège que Guillebert de Metz appelle de Saint-Gervais n'est autre que celui de Maître Gervais dont nous parlons plus loin, à l'article Collège de Bayeux.

(7) Fondé au commencement du xiv" siècle par Etienne de Bourgueil, archevêque de Tours, le collège de ce nom ne logeait qu'un principal et quarante boursiers. Insuffisamment doté, il végétait depuis longues années, lorsqu'il fut réuni, comme toutes les petites maisons du même genre, au collège

de Saint Estienne de Saint Benoit, de Dennemarche ®, de Prelles M, de Cambray '4', de Dainville de Justice dArras (7),

Louis-le-Grand. Il était situé au numéro 7 de la rue Serpente. Les bâtiments , déclarés propriété nationale en 1790, ont été vendus en 1793.

(l) Nous ne savons de quel établissement Guillebert de Metz veut ici parler; les historiens de Paris et ceux de l'Université ne mentionnent aucun collège du nom de Saint-Etienne. Il est probable qu'il entend par là l'église collégiale de Saint- Etienne. Même explication pour le collège de Saint-Benoit , qui vient après.

•!) Le collège de « Dennemarche, » de «Dampnettmark ou de Suesse,n comme on lit dans un censier de 1 38o , est appelé dans un arrêt de 1 384 « maison rrfondée par un docteur du pays de Dace pour les f écoliers de ce royaume. « Du Boullay fait remonter au \ue siècle la fondation de ce collège, qui était situé rue de la Montagne-Sainte-Geneviève. Selon Jaillot, il fut acquis, en 1 386, par les Carmes, dont le logement crestoit petit et arcté," et devint, en i43o, l'objet d'une transaction avec le collège de Laon, attendu qu'il était alors trvuide, vacqne et t comme inhabitable.» On le fit donc «■ mettre en tf criées et subhastations au Chastelet , n et les écoliers <le Dace reçurent en échange ffune maison et ses "appartenances, assise à Paris contre le Petit-Pont, -en la rue de la Gallande. » Cette transaction avait lieu au moment où écrivait Guillebert de Metz.

(3) Le collège de Prestes est inséparable du souvenir d'un des historiens de Paris , et du célèbre Ramus qui en fut le principal. Pour tout ce qui regarde la fondation, nous renvoyons à la Notice qui précède le Commentaire de Raoul de Presles; quant à la mort tragique de Pierre la Ramée, elle est admirablement racontée dans l'ouvrage que M. Waddington a consacré à cette grande (igure. On sait que le collège de Presles était contigu à celui de Dormans-Beauvais , et qu'on trouva commode d'allerner les classes entre ces deux établissements. Cet état de choses subsista jusqu'en 1699, époque où Rollin réunit l'exercice entier des études au collège

dont il était le principal. ( Voir ce que nous avons dit au collège de Dcauvais sur la destination ultérieure des bâtiments.)

(4) Le collège de Cambrai ou des Trois-Evêques avait été institué, en i348, par Guillaume d'Auxonne, évêque de Cambrai, dont l'œuvre fut achevée par Hugues de Pomard , évêque de Langres , et Hugues d'Arcy, évêque de Laon, ce qui lui valut sa seconde dénomination. Il était destiné à loger un maître, un chapelain et sept boursiers à la nomination du chancelier de l'Église de Paris. Les bâtiments de ce collège furent acquis, en 1612, pour la reconstruction du Collège Royal fondé par François Ier, mais ils ne furent démolis qu'en 1776. Le collège de Trëguier, fondé en 1625, et augmenté en 1675 du collège de Léon ou Karembert, avait été acbeté deux ans avant le collège de Cambrai. Les nouvelles constructions du Collège Royal, connu aujourd'hui sous le nom de Collège de France . furent achevées vers 1776; elles ont été augmentées en i834.

(5) Voir à la page 171, note 2.

(6) Le collège de Justice, proche voisin de celui d'tlarcourt, faisait face, sur la rue de la Harpe, au collège de Séez. Il avait été fondé, vers le milieu du xive siècle, par Jean de Justice, chanoine de Paris, pour huit boursiers de Rouen et quatre de Bayeux , diocèse du fondateur. D'autres bourses y furent créées successivement; mais en 1761 on en consacra le produit à la reconstruction des bâtiments, qui ont été, comme on l'a vu, incorporés à ceux du collège d'Harcourt. Le collège de Justice avait eu, en 176A, le sort de tous les petits collèges dits rfsans exercice," c'est-à-dire où il ne se faisait pas de cours complets. L'Université, les considérant comme de simples pensionnats , astreignit leurs écoliers à suivre les classes des grands collèges.

7) Le collège d'Arras était assez éloigné du centre universitaire, puisqu'il s'élevait dans la rue des Murs (qui lui dut son nouveau nom), presque à

de Baieux(1),

de Mignon

de Lisieux (3),

de maistre Gervais W,

de Boncourt(5),

de Meremonstier (c),

l'angle de la rue Saint-Victor. Fondé dans la première moitié du xive siècle, par Nicolas le Candrelier, alias Canderlier, abbé de Saint-Waast d'Arras , -pro usa et sustentalione pauperum scholarium Toriundorum de civilatc vel diœcesi Atrebatensi, » il occupa d'abord une petite maison au mont Saint- Hilaire, et fut, après une existence modeste, réuni à l'Université en 1763. Les bâtiments ont été aliénés en l'an 11.

(n Collegium Bajoccnse , lisait-on , il y a quelques années, rue de la Harpe, sur une porte ogivale à demi ruinée qui conduisait à la rue des Maçons- Sorbonne. C'était le dernier débris du collège de Baveux, institué en i3op, par Guillaume Bonet, évèque de cette ville, mais originaire du diocèse du Mans et élevé dans celui d'Angers. Aussi les douze bourses qu'il fonda étaient-elles réservées aux pauvres écoliers de ces deux derniers diocèses. Il ne faut pas confondre ce collège, qui perdit son existence distincte en 17C3 et fut supprimé à la Révolution, avec un autre collège de Bayeux, plus connu sous le nom de Maître-Gervais , et fondé en i3yo par Maître Gervais Chrétien, chanoine de Bayeux, de Paris et «• physicien» (médecin) de Charles V. Cet établissement était situé rue du Foin-Saint- Jacques, presque à l'angle de la rue Boutebrie; plus considérable que le précédent, il admettait des ar tiens, des théologiens, des étudiants en droit et en médecine, qui étaient qualifiés de boursiers du Roi. Dirigé depuis 1699 par deux docteurs de Sorbonne et incorporé à l'Université en 1763, le collège de Maître Gervais dcvinl,-en l'an xiu, une caserne d'infanterie. 11 a été démoli pour l'ouverture du boulevard Saint-Germain.

m Le collège Mignon existe encore à l'angle de la rue de ce nom et de la rue Serpente; une imprimerie y est installée depuis plusieurs années. Créé en 1 3 A 3 par Jean Mignon, archidiacre de Blois et maître des comptes à Paris, pour douze écoliers de sa famille, il fut réformé en 1 53g et donné en 1 584 aux religieux de Grandmont ou Hiéronymites . en échange des propriétés que ces der-

niers possédaient au bois de Vincennes , et qui furent plus tard cédées aux Minimes. Il prit dès lors le nom de collège de Grandmont, et fut occupé par sept religieux de cet ordre jusqu'en 1769, époque à laquelle il perdit son existence propre. Les bâtiments actuels datent de 1749; loués à des particuliers en 1770, déclarés propriété nationale en 1790, ils ont servi, pendant quelques années, de dépôt pour les archives du Trésor Boyal, et ont été aliénés en i8a4.

(1) Le collège de Lisicux fut fondé en 1 33G par Guy de Harcourt, évêque de Lisieux. Environ un siècle plus tard, Guillaume d'Estouteville, l'un de ses successeurs sur ce siège épiscopal , et l'abbé de Féca mp , frère du prélat , achetèrent rr proche l'enclos du rr monastère de Sainte-Geneviève , quelques maisons rr députées pour faire un collège nommé le collège de « Tordit, auquel collège il y aura douze théologiens set vingt-quatre artiens. » La dénomination du nouvel établissement était empruntée à l'une des terres de la famille d'Estouteville; mais il ne résidta pas de cette création deux collèges distincts ; le second ne fut qu'une fondation comprise dans le premier. Les plans de Soufllot exigeant le déplacement du collège de Lisieux, un arrêt de 17G2 ordonna qu'il serait réuni à celui de Louis-le-Grand ; mais on revint bientôt sur cette décision. Ce fut le collège de Béarnais qui eut à subir l'annexion , et qui dut céder ses bâtiments au collège de Lisieux. (Voir la note relative au collège de Dormatis- Beaneais.) L'ancienne fondation des d'Estouteville occupait l'emplacement circonscrit aujourd'hui par l'École de droit, la manie du ve arrondissement et le péristyle du Panthéon.

(4) Le collège de Maître-Gervais a été mentionné plus haut, dans la note relative au collège de Baveux.

(5) Voir à la page 170, note 2.

<0) Le collège de Meremonstier, ou Marmoutier, Majus monasterium , était situé rue Saint- Jacques, entre le collège de Clermont ou Louis-le-Grand et celui du Plessis-Sorbonne ; il occupait une partie

de Sainte Geneviève

de Saint Denis ('2' et autres.

Item moult de pedagoges a grant nombre descoliers (3). Item lez Petit Pont vendoit on poulailles, eufs, venoisons et autres vivres; et en la place Maubert, le pain. Les murs de la ville sont moult fors et espés que on y menroit bien une charrette dessus (4). En lisle Nostre Dame sont palais pour luitier(5) et berseaux pour traire de larbaleste et de lare a main '6).

Les rues commencans de Petit Pont en la rue de la Huchette : Sacalie (7),

des bâtiments aujourd'hui en de'niolition. Le nom et le patronage de Saint-Martin avaient e'té donnés, dès le commencement du xrv" siècle, à la maison fondée par Geoffroy du Plessis , <r notaire de la saincte ff église romaine, « au coin de la rue du Cimetière- Saint-Benoît, et qui comptait l'abbé de Marmoulier au nombre de ses administrateurs. Les deux établissements , créés à onze ans de distance , ayant la même cbapelle et le même fondateur, conservèrent cependant une existence distincte; mais les Jésuites acquirent, en i64i, celui qui était plus voisin de leur collège de Clerniont, et le collège du Plessis, restauré par ordre du cardinal de Richelieu, fut dès lors tout à fait séparé de son frère jumeau.

(I) Guillebert de Metz semble considérer ici l'abbaye de Sainte-Geneviève comme un collège; ce n'en était pas un dans le sens étroit du mot; mais l'antique réputation des écoles de ce monastère s'était perpétuée jusqu'aux temps où vivait notre auteur. Libraire, rrtranscripvain» et probablement élève de l'Université, Guillebert savait peut être que Huboldus de Liège était venu , au xe siècle , enseigner à Sainte-Geneviève; qu'Abailard y avait eu de nombreux disciples ; que les études y étaient très-florissantes au xuc siècle, et qu'il y existait même, au commencement du xm", une école intérieure fondée par l'abbé Etienne, afin, dit Crevier, que le tumulte des étudiants du dehors ne troublât pas la régularité de la maison; enfin l'un des deux chanceliers de l'Université résidait à Sainte-Geneviève. Cependant les études classiques proprement dites n'ont point été organisées à Sainte -Geneviève, comme dans les collèges ordinaires.

(î) Mathieu de Vendôme, abbé de Saint-Denis, acquit, vers le milieu du xinc siècle, plusieurs maisons et jardins sur un emplacement circonscrit aujourd'hui par les rues Contrescarpe, Dauphine,

des Grands-Augustins et le quai de ce nom, afin d'y bâtir un collège pour les jeunes religieux de son monastère; l'hôtel de l'abbé y était contigu. L'un et l'autre furent détruits en 1607, et sur l'espace qu'ils occupaient a été ouverte la rue Christine, ainsi qu'une partie de la rue d'Anjou-Dauphine.

(3) Les pédagogies ou pensionnats existaient à Paris dès le xiv' siècle , ainsi qu'il résulte d'un procès dans lequel figurent les écoliers de Guillaume Veulet , licencié en droit , réunis chez lui au nombre de cinquante. Les pédagogues dépendaient des Nations de la Faculté des arts, et entretenaient des régents dans leurs maisons. Aux termes d'un décret porté le 20 mars 1 458 par la Faculté des arts, nul ne pouvait , sans permission expresse de ladite Faculté , ouvrir une nouvelle pédagogie.

[i) crj'ai vu, dit M. Bonnardot, beaucoup de fragrrments de ce mur de Philippe-Auguste; quand il rrn'a pas été aminci par les propriétaires, il forme ruine terrasse d'environ six pieds de largeur, etc.n (Etudes sur Corrozet, etc. p. 26.) — On peut consulter aussi un travail curieux du même auteur : Dissertations archéologiques sur les anciennes enceintes de Paris, etc. Paris, i852, in-4°.

(5) Peut-être faut-il lire palis, pieux, palissade. — rLuitier, « luctari, se trouve, dit Du Cange (Glossaire français), dans le Roman du Renart et dans la Chanson de Roland.

(0) ffDans les plans de Paris et dans les gravures n- antérieures à 1 6 1 h , on voit encore dans l'île Notrerr Daine des constructions de chaume qui servent de rrbut ou bersault à des tireurs d'arc. » (Bonnardot. Eludes sur Corrozet, etc. p. 27.)

(7) Sacalie ou la Sacalie, comme l'appelle Guillot . existe encore sous le nom de Zacharie , qu'elle porte, dit Jaillot, depuis le xvu" siècle; elle ne réunissait

Arondelle(1),

La rue Pavée (2),

de labbé Saint Denis (3),

Saint Germain (4),

Saint Andry des Ars (* bis\

Poupée (5),

la Barre M,

aux Poitevins W,

la Serpente (8),

autrefois que les rues Saint-Séverin et de la Huchette; l'ancienne ruelle des Trois -Chandeliers la continue aujourd'hui jusqu'au quai.

(1) La rue de l'Hirondelle, qui commence à la rue Gît-le-Cceur (Gilles-Cœur ou le-Queux) et se termine aujourd'hui par un passage débouchant sur la place de la Fontaine-Saint-Michel , . est appelée , en 1200, rue d'Arrondale en Laas (ancien territoire dont elle faisait partie); en 1222 , rue d'Arondelle; en 1263, rue d'Hirondale. Guillot écrit Hérondale, et, au milieu du xiv6 siècle, on trouve viens de IrondeUa. Jaillol pense que c est le nom d'une enseigne.

(2) La rue Pavée joint la rue Saint-André-des- Arts au cpiai des Augustins. Au xvie siècle , dit Jaillot , on la nommait rue Pavèc-d' Andouilles , appellation singulière dont on ne trouve pas la raison.

(3) Dans la note relative au collège de Saint-Denis , nous avons dit que l'abbé Mathieu de Vendôme avait fait construire , en 1 269 , pour les jeunes religieux de son ordre, un collège entouré de vastes jardins et dépendances. Le chemin qui traversait ce terrain fut appelé rue A-l'abbé-de-Saint-Denis , du Collége-Saint-Dcnis , des Ecoles ou des Ecolicrs-de- Saint-Denis. C'est aujourd'hui la rue des Grands- Augustins, qui joint le quai de ce nom à la rue Sainl-André-des-Arts. Elle doit cette appellation au couvent des religieux ou ermites de Saint-Augustin transférés, vers la fin du xmc siècle, du clos du Chardonnet , au heu qu'occupe aujourd'hui l'ancien marché de la Vallée.

('""") La rue Saint-André-des-Arts s'est appelée originairement rue de Laas, ainsi que la rue de la Huchette, dont elle forme la continuation; elle prit le nom de Saint- Germain vers l'époque où L'abbé de ce monastère donna à cens le terrain sur lequel furent ouvertes plusieurs petites rues environnantes (1179). Après la construction de l'église Saint-André

(1212), elle fut appelée généralement rue Saint-André, Saint- Andricu-des- Ars , Sainl-André-des-Arts et des Arcs. (Voir Jaillol, Quart. Saint-André , p. 7.)

(5) La rue Poupée, qu'on a appelée Popée, Poinpée et Pompée, existait avant le xiii' siècle. Jusqu'à ces dernières années, elle joignait les rues Hautefeuille et de la Harpe; mais l'ouverture du boulevard Saint-Michel a masqué son débouché de ce côté, et ce n'est plus aujourd'hui qu'une impasse ouverte sur la rue Hautefeuille.

(G) Au xve siècle, le nom de la Barre était donné, dit Jaillot, à la partie de la rue Hautefeuille cpii s'étend de la place Saint-André-des-Arts à la rue des Poitevins, « apparemment à cause de Jean de la rr Barre, avocat, qui demeurait rue Saint-André, ff vis-à-vis celle-ci." On l'appelait aussi rue Saint- André ou du Chevet-Saint-André. La partie supérieure de cette voie était désignée, au xvie siècle, sous le nom de Haute-feuillée ou Hautefeuille, viens de Hauta joli a , «en raison des arbres hauts et rr touffus dont cette rue pouvait être bordée. » Celte dénomination a été appliquée plus lard à la rue tout entière.

(7) La rue des ou aux Poitevins réunit, en formant équerre, la rue Hautefeuille à celle du Batloir, qui esl absorbée aujourd'hui dans la rue Serpente; elle a porté, au xmc' siècle, les noms de Gui-le-Queu.r , Ginart, Gérard ou Guiart-anx-Poilevins.

m La rue Serpente, viens tortuosus, aurait dû ce nom iraux sinuosités qu'elle formoit à l'instar des rr serpents, avant qu'elle eût été redressée;» opinion victorieusement combattue par M. Berty. Cette voie, qui a toujours été rectiligne , fut ouverte , en 1 1 7 9 , avec les rues Saint-André, Mignon et du Cimetihre- Saint-André (Suger). Réduite à son extrémité orientale par le percement du boulevard Saint-Michel , elle s'est accrue, à l'autre extrémité , de la rue du Battoir.

ia Plastriere Haulte fuehV2', Champ Petit®, du Paon (4), des Cordelles ®, de Harecourt(fi), Pierre Gasselin®, de la Harpe

la grant rue Saint Severin^, le carrefour Saint Jaques (l0>, des Notaires et Escripvains (n >,

(1) La Plâtrière est cette même rue du Battoir qui faisait suite à la rue Serpente; Guillot la désigne également sous ce nom. A partir du xvi" siècle, la Vieille-Plâtrière est appelée rue du Battoir, dénomination qu'elle a gardée depuis.

(2) Pour la rue «Haulte-fuelle ,n voir la note relative à la rue de la Barre.

(3) rrJe vois dans un papier terrier, dit Sauvai "(t. I, p. 172), que, devant le collège Mignon, il -•y avoit alors, en la rue des Petits-Champs , un logis «■bâti dans le coin de la rue Vieille-Plâtrière ; de là -j'infère que, de ce temps-là , la rue Mignon s'appe- ■ lait apparemment rue des Petits-Champs. » D'autre part, Guillot nous apprend que

Par la rue de Haute-feuille Ving eu la rue de Champ pelit.

La rue Champ-Petit ou des Petits-Champs est donc représentée aujourd'hui par les rues Mignon et du Jardinet qui se soudent en équerre.

(<) On distinguait autrefois la rue du Paon et celle du Petit -Paon, qui n'est plus aujourd'hui qu'une impasse terminée par les bâtiments de l'Ecole de médecine. Le nom de la rue, connu dès l'année ia46, -provenait d'une enseigne; on lui a substitué récemment celui du baron Larrey ; mais la voie est restée la même; elle conduit de la rue de l'EcoIe-de- Médecine à la rue du Jardinet.

(5) Guillot appelait déjà rue des Çordcles la rue actuelle de l'Ecole-de-Médecine , qu'on plaça ensuite sous le vocable de saint Germain, de saint Corne et saint Damien. Le couvent fondé en i23o par les Franciscains, ou Cordeliers , fixa le nom que cette rue a porté jusqu'en 1790. On lui a donné, pendant quelques années, celui de Marat.

(6) La rue de la Harpe, dont il ne reste aujourd'hui que la partie inférieure, était autrefois divi-

sée en deux parties que distinguaient deux noms différents; on l'appelait rue de la Harpe ou de la Herpe, depuis la rue Saint-Séverin jusqu'à la rue des Cordeliers (de l'École-de-Médecine) , et de ce point à l'ancienne place Saint-Michel, rue Saint- Cosme ou rue aux Hoirs -d'Harcourt. Ces hoirs étaient sans doute les héritiers ou boursiers institués par Raoul d'Harcourt, fondateur du collège de ce nom. On sait que la partie supérieure de la rue de la Harpe a fait place au boulevard Saint- Michel.

(7) Guillebert de Metz place ici une rue Pierre- Gasselin, dont les historiens de Paris ne font aucune mention. On ne connaissait, sous le nom de Perrin-Gasselin , qu'une rue ou ruelle appartenant à l'ancien quartier de Sainte-Opportune, et réunissant la rue Saint-Denis à la ci-devant rue du Chevalier-du-Guet. Notre auteur a très -certainement voulu désigner la rue Pierre-Sarrasin.

{S) Voir, pour la rue de la Harpe, la note relative à la rue des Hoh-s-d'Harcourt.

(9) La tegrant rue Saint Severin, » par opposition à la rue des Prêtres, qui était dite la ruelle ou rucllctte Saint-Séverin , existe encore et joint la rue de la Harpe à la rue Saint-Jacques; elle ne mérite guère l'épithète que lui donne Guillebert de Metz.

"0) On comprend, par la succession des rues qu'énumère notre auteur, que le carrefour Saint- Jacques était situé au point où la rue de ce nom rencontre les rues Galande, Saint-Séverin et Saint- Julien-le-Pauvre. Le dégagement du chevet de l'église Saint-Séverin , opéré depuis peu , rend à celte appellation un certain air de vérité.

La rue «des Notaires et Escripvains,* viens Scriptorum, est appelée par Guillot rue rras Escriff vains. n Vers la fin du xivc siècle et depuis, elle a

la ruelette Saint Severin^,

Bourc de Brie^,

des Parcheminiers (:\

duFoingW,

Saint Mathurin®,

le cloistre Saint Benoit ' .

Sorbonne (7),

de Cligny®,

été généralement nommée rue des Parcheminiers ou de la Parcheminerie , viens Pergamenariorum , appellation qu'elle a gardée depuis. Elle devait être florissante à l'époque de Guillebertde Metz, s'il est vrai, comme il le dit au chapitre x\\, que n-len souloit «•estimer a Paris plus de soixante mille escripvains. * Il faut reconnaître que cette grande industrie était répandue dans tout le quartier des Écoles, et cpie l'ancienne rue des «■ Notaires et Escripvains » pouvait bien n'en être que le centre. La me de la Parcheminerie a conservé en grande partie son ancien aspect; elle traverse de la rue Saint-Jacques à la rue de la Harpe.

(1) Pour la rueihtte ou rue aux Prêtres-Saint-Sércrin . qui existe encore , entre les rues Boutebrie et Saint-Séverin, voir la note relative à cette dernière rue.

(2) On a écrit Boure de Brie, Bourg de Brije , Boni de Brije et Bouttebrie; ce sont autant d'altérations du nom vrai, qui est Erembourg ou Eremburge de Brie, viens Eremburgis de Bria et Braia , au xiiie siècle. Vers la fin du xiv\ on la nommait aussi rue des Enlumineurs . viens Illuminatorum , industrie qui (lorissait à côté de celle des parcheminiers. La rue Boutebrie, qui continue la rue des Prêtres -Saint-Séverin et aboutissait rue du Foin, a été récemment diminuée de longueur et élargie par suite de l'ouverture du boulevard Saint-Germain.

'3) Voir, pour la rue des Parcheminiers , qui n était probablement qu'une section de la rue des «Nortaires et Escripvains, » la note relative à cette dernière rue. La ruellette Saint-Séverin et la rue Boutebrie la coupaient effectivement en deux tronçons inégaux.

4) La rue du Foin a été absorbée par le boulevard Saint-Germain. Dès la fin du xnf siècle on l'appelait rue Ofain. On trouve ensuite les noms de la Fennerie, au Foin, aux Moines de Cernai, à cause de l'hôtel des abbés de Vaux-Cernav qui s'y

trouvait. Il s'y était conservé, au coin de la rue Boutebrie, une « maison de la Reine-Blanche.»

(5) L'abbé Le Beuf confond la rue Saint-Mathurin avec celle des Mathnrins. Jaillot a relevé cette erreur, et Guillebert de Metz nous prouve que ce redressement est fondé, puisqu'il parle plus loin de la rue des Mathnrins elle-même. Guillot, dans son Dit, va de la rue 0 fain à la rue Saint- Mathelin, ce qui alors n'était pas possible, puisque le couvent des Trinitaires ou Mathnrins et l'enclos du palais des Thermes se rejoignaient. Il fallait que Guillot remontât la rue de la Harpe qu'il venait de descendre, ou qu'il débouchât dans la rue Saint- Jacques, laquelle portait, entre autres noms, celui de rr Grant rue vers Saint-Mathelin. ji La rue «SaintrrMathnrin» était donc une section de la rue Saint- Jacques.

16) Le cloître Saint-Benoit, existe encore en partie , entre la rue des Mathurins et celle des Écoles, dont le percement a changé l'aspect de ce quartier. II était situé derrière le chevet de l'église de ce nom.

lv La moderne rue de Sorbonne occupe le même emplacement qu'autrefois; on la nommait très-anciennement rue des Portes et des Deu.i-Portes , vicus ad Portas, ad Duos Portas. La fondation du collège de Sorbonne lui valut, à la fin du xm* siècle, le nom de vicus de Sorbonia ou Sorbonis; Guillot la nomme mie as Hoirs de Sorbonnes.» Du Breul l'a confondue avec la rue de Coupe-Gueule , et celle-ci avec la rue de Coupe- Gorge, ruelles voisines. (Voir ce qu'en dit Jean de Jandun, pages 38 et 3a.)

(0) La rue de Cluny, que Guillebert de Metz ap-' pelle de CUgny, comme le collège de ce nom, et Guillot rue à l'abbé de Cligny, existe encore. C'est la portion de la rue Victor-Cousin comprise entre la place de la Sorbonne et de la rue des Cordiers , avant l'ouverture de la partie inférieure de la rue des Grès (Cujas). Elle aboutissait au passage des Jacobins, ainsi que le montre le plan de La Caille

de Thorel^, de Porel, des Cordiers (2), des Jacobins,

Saint Estienne des Grecs (3), de Loteraine^, de lOspital®, la Gharterie (6),

(1784). Sur celui de Jaillot (1773), elle débouche dans la rue des Grès.

(l) Thoret esl la rue rro Corbel» de Giùllot; c'était une partie de la rue des Grès ( Cujas). Quant à Porel, autre nom estropié (Guillot écrit Pond), il désigne très-probablement la rue des Poirées , nommée viens ad Poretas en ia64, viens Poretarum en 1271, et depuis rue Porée, des Pot ées et des Poirées. Elle commence à la rue Saint- Jacques , point où elle a été élargie en 1889, pour former la place du collège de Louis-le-Grand , et aboutit en contre-haut et par un retour d'équerre à la rue des Cordiers. Cette seconde portion de la voie était appelée rue Neuve-dcs-Poirées. On a substitué récemment à ces deux anciennes appellations les noms du chancelier Gerson et du grammairien Restaut.

(J) La rue des Cordiers, qui a conservé son ancienne physionomie; met en communication la rue Saint-Jacques et l'ancienne rue de Cluny. Guillot l'appelle «rue as Cordiers, n et Jaillot pense qu'elle devait son nom a des fdeurs de chanvre. Il ajoute qu'elle se prolongeait peut-être jusqu'à la rue de la Harpe, sur l'emplacement de l'ancien passage des Jacobins, que Guillebert de Metz énonce à la suite de cette rue. Le passage des Jacobins devait son nom au couvent des Dominicains ou frères Prêcheurs, établis au xiii" siècle, entre les rues Saint- Jacques et de la Harpe, et ainsi nommés euxmêmes à cause d'une chapelle de Saint-Jacques qui leur avait été concédée. On sait que l'ancien Parloir aux Bourgeois, qui était contigu à leur couvent, leur fut donné par Louis XII, en i5oi. La partie inférieure de la rue Cujas représente à peu près aujourd'hui l'ancien passage des Jacobins, qui était, avant la Révolution, fermé par une porte sur la rue de la Harpe.

(3) Les prétendus Grecs ou Grieux de Raoul de Presles se retrouvent ici. Le Reuf et Jaillot s'accordent à dire que la rue est désignée dans les an-

ciens titres sous le nom de vicus de Gressis, et 1 église sous celui de Sanctus Stephanus de Gressibus. Ce mot Grez , dont certains historiens ont fait degrés, gradus, que d'autres ont transformé en Egrcs, Egressns urbis , paraît être, dit Jaillot, un nom de territoire; M. Cocheris en donne deux étymologies nouvelles : grez, pierre, et gresium, colline. La rue Saint-Etienne-des-Grecs s'étendait, au siècle dernier, de la rue Saint-Jacques au carré Sainte -Geneviève. Depuis les grands travaux de Soufllot siu- ce point, elle débouche sur la place du Panthéon. Prolongée vers la rue de la Harpe, par suite de la démolition du couvent des Jacobins, elle a reçu tout récemment le nom d'un célèbre jurisconsulte (Cujas).

m Nous avions d'abord pensé que Guillebert de Metz désignait ainsi la rue des Rernardins , au coin de laquelle il existait, dit Sauvai, un hôtel de Lorraine ou de Bar, qui formait l'angle du quai de la Tournelle; mais la marche de l'auteur s'oppose à cette explication. M. Adolphe Rerty pense que Guillebert de Metz a mal lu, et par conséquent mal copié le Dit de Guillot; qu'il faut lire rrrue de l'Oseroien ou plutôt «de la Noyeroie,» et que cette désignation s'applique à la rue Froid-Mantel , qui constituait l'extrémité orientale de la rue du Cimetière-Saint-Renoît.

(5) On éprouve d'abord quelque embarras pour la rue de l'Ospital mentionnée par Guillot , qui y fut témoin d'une querelle de femmes; mais, en y réfléchissant , on se convainc que cette rue , si voisine de la commanderie ou hôpital de Saint-Jean-de-Latran, était la rue Saint-Jean-de-Latran elle-même. Elle est comprise aujourd'hui dans la rue des Écoles.

(6) Ce qui appuie fortement les conclusions de la note précédente, c'est que notre auteur passe de la rue de l'Ospital en la rue Gharterie ou Chertière, qui existe encore et conduit de la rue Saint-Hilaire à la rue de Reims.

Sainl Simphorien de Maine W,

du duc de Bourgoingne,

des Lavendiers®,

de Savoie

Sainl Hilaire '5',

de Judas W, du Petit Four C\

le carrefour Saint Hilaire ^,

clos Brunei ou sont les escoles de Deciés;

(1' La rue SaintSympkorien-des-Vignes, ainsi nommée à cause d'une chapelle voisine, et parce qu elle avait e'te' ouverte à travers des vignobles , a été appele'e aussi petite rue Sainte-Barbe , et enfin rue des Cltolels. Elle séparait les deux collèges de ce nom et longeait en outre les murs du collège de Clermont. En 1 865 , le sol de cette ruelle a été cédé au collège de Louis-Ie- Grand et à l'institution de Sainte-Barbe. Guillol dit :

En la rue Saint-Syphorien

On maignentli logiptien (égyptien, bohémien).

Tout ce quartier a été, jusqu'à sa démolition en 1 866 , le réceptacle des «• logiptiens» modernes.

(2) Cette rue de Maine ne peut être que la rue de Reims, qui joint la rue Charretière à celle des Sept -Voies, et doit son nom au collège de Reims, aujourd'hui annexe de Sainte-Barbe. Guillebert de Metz la désigne ainsi, sans doute, parce que les évèques du Mans y avaient une maison mentionnée, en 1 38o, dans un censier de Sainte-Geneviève. Quant à son troisième nom de rue du Duc ou au Duc-de- Bourgogne, Sauvai nous apprend que les ducs de Bourgogne de la seconde race y avaient un hôtel.

(1) Encore une erreur de copie; lisez : rue des Amandiers ou Almandiers. Cette voie, dont on a beaucoup discuté l'étymologie, est mentionnée dès le xme siècle. Elle porte aujourd'hui le nom de i'as- Ironome Laplace.

(4) La rue de Savoie, qu'il ne faut pas confondre avec celle du quartier Saint -André- des -Arts, et qui porte le même nom dans le Dit de Guillot, est, selon toute probabilité, la rue des Sept-Voics, Septem I iarum, apud Septem Vias. Ce n'est donc point frpourlarime,» comme le pense Jaillot, que ce nom a été ainsi défiguré, puisque Guillebert de Metz écrit en prose; il faut n y voir qu'une altération populaire. La rue des Sept-Voics subsiste encore : elle joint la rue Saint-Hilaire à la place du Panthéon. 5 \ oir les notes 6 et 7.

(6) La rue de Judas, viens Jude, citée dès le milieu du xine siècle dans les titres de Sainte-Geneviève, joignait la rue des Carmes à la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, et était continuée par la rue Traversine. Elle devait très-probablement son nom aux Juifs qui l'habitaient. Cette dénomination ayant paru mal sonnante , on lui substitua , en 1 838, celle de rue du Clos-Bruneau, qui appartenait autrefois à la rue Jean-de-Beauvais et rappelait un lieu célèbre dans l'histoire de cette région. Par suite de l'ouverture de la rue des Écoles . il ne reste aujourd'hui de la rue Judas qu'une rangée de viedles maisons perchées au sommet d'une falaise.

(,) La rue du Petit-Four, ou du Pclit-Four-Saint- Uilaire, viens ou rue/la Furni, est mentionnée, dès le milieu du xme siècle, dans le cartulaire de Sainte- Geneviève; elle devait son nom à un four banal qui appartenait à l'église Saint-Hilaire. Elle existe encore et continue la rue d'Ecosse en retour d'équerre, pour aboutir dans la rue des Sept- Voies.

(8) La rue et le carrefour Saint-Hilaire , point culminant du clos Bruneau, ont gardé leur antique physionomie. Dès le milieu du xine siècle, le cartulaire de Sorbonne indique la rue sous le nom de vicus superior Sancti-Hilarii ; on l'a confondue avec la rue Fromertiel ou Froid mantel, qui en est voisine, et dont la dénomination a beaucoup occupé les savants. Un double carrefour était formé, à l'est, par la jonction des rues Saint-Hilaire, des Carmes, des Sept-Voies, la ruelle aux Bœufs; à l'ouest, parla rencontre des rues Saint-Jean-de-Latran , Jean-de- Beauvais, Fromentel, Charretière et Saint-Hilaire. On y remarquait le fameux Puits-Certain, construit par les soins et aux frais de Bobert Certain, curé de Saint-Hilaire et principal du collège Sainte-Barbe.

(9) Le « clos Brunei, ou sont les escoles de Decrés , » est bien connu par tout ce qui précède ; la voie qui le longeait était la rue Jean-de-Beauvais. Guillot le

Roseau

des Englois'-', ou les bons couteliers demeurent, des Lavendieres(3', a Tournant®,

la grant rue Sainte Geneviève (5) et la petite ruelette(6) Saint Marcel, Clopin W, Traversaine *8',

nomme «Clos Burniau ;» l'abbé Le Beufa voulu voir dans cette dénomination un souvenir des chemins perrésou chaussées de Brunehaut; il est plus simple d'y voir un nom de propriétaire : Clausum Brunclli, dit Jean deJandun (p. ko et 4i), auquel nous renvoyons pour l'enseignement des décrets et décrétâtes. M. H. Cocheris a donné une excellente note sur les grandes et petites écoles de décrets, dans son édition de Le Beuf, t. II, p. 1 53. La rue Jean-de- Beauvais, quoique coupée par la rue des Ecoles, subsiste encore.

(l) Les historiens de Paris ne parlent pas de cette rue; on ne la trouve mentionnée que dans le Dit copié en 1 8 3 6 , par M. Teulet, à la bibliothèque Cottonienne de Londres , et publié par Géraud , à la suite du Bôle de la Taille de 1292. Si l'on suit la marche de Guillot , qui diffère peu de celle de Guillebert de Metz, on voit entre le clos Bruneau et la rue des Anglais, paraître la rue «du Noyer, * vicus Nucum, de Nucibus et de Nuceriis, dénomination qu'elle devait aux noyers dont le clos Bruneau était bordé, puis la trrue à Plastriers» ou rue du Plâtre, qui jouit encore aujourd'hui la rue Saint-Jacques à la rue des Lavandières. La rue «-Roseau,» si elle a jamais existé, serait l'une de ces deux voies; peut-être aurait-elle dû ce nom aux roseaux qui croissaient sur les limites du clos Bruneau , ou dont on se servait pour alimenter le feu des foui s à plaire. Cette éty mologie , comme l'existence de la rue elle-même, est une pure hypothèse.

<2) La rue des Englois que Guillot appelle «as «Englois» existe encore, quoique tronquée à son extrémité nord; elle réunit les rues Galande et des Noyers. On la connaissait sous ce nom dès le xine siècle; Sauvai croit qu'elle le devait «au long «séjour que les Anglois ont fait à Paris ;» Jaillot estime qu'il pourrait bien «venir de la nation d'An- «gleterre et d'Allemagne, l'une des quatre de la Ea- «culté des arts. * Le renseignement fourni par Guillebert de Metz sur l'industrie dont celte rue était le siège ne se trouve nulle part ailleurs.

(3) Elle existe encore près de la place Maubert.

4) Nous pensions que ces mots signifiaient en tournant; car, pour se diriger de la rue des Lavandières vers la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève , il faut tourner à droite; mais M. Berty incline à croire que l'auteur a voulu désigner ou la rue Perdue (Maître-Albert), qui tourne, en effet, pour gagner le quai, ou la ruelle de YYsore, qui tournait aussi pour aller de la rue des Noyers à la place Maubert.

;5) La «grant rue» ou rue de la Montagne-Sainle- Genevieve, vicus Genovefus, a gardé, malgré les percements voisins, une partie de son ancienne physionomie. Elle existait déjà au xi" siècle.

(G) La «petite rueletle Saint-Marcel, de quoi I1111 «des bouts chiet sur lelre» (atrium, carré Sainte- Geneviève), «et lautre si se raporte droit a la rue «de la Porte Saint Marcel,» dit Guillot, était, selon l'abbé Le Beuf, une ruelle qui aboutissait à la rue Bordet. Cette désignation ne peut s'appliquer qu'à la rue actuelle fies Prètres-Saint-Etienne.

7) La rue Clopin existe encore, mais singulièrement amoindrie : en effet, partant de la rue des Eossés-Saint-Victor, elle se termine au mur de soutènement de l'École polytechnique et n'a d'autre aboutissant que la rue d'Arras, avec laquelle elle forme équerre. Le reste du parcours a été supprimé en i845, et englobé dans les dépendances de l'Ecole. Il reste, sous le nom d'impasse Clopin. l'ancien débouché de cette rue sur la rue Descaries. Elle devait son nom à la «grant maison Clopin, qui y fut bâtie vers le milieu du xiu° siècle. Au xvi* on la trouve appelée rue du Champ ou du Chemin- Gaillard; l'imprimeur Guy ot-Marchand y demeurait.

8) Il n'existe plus aujourd'hui que l'emplacement de la rue Traversine, Traversaine ou Traversière . qui formait vers l'est la continuation de la seconde rue du Clos-Bruneau , et que surplombaient les terrasses de l'ancien collège de Navarre. Elle étail bâtie dès le xive siècle, puisque Guillot la cite :

Et puis la rue Traversaine,

Qui fiet eu haui bien loin de Sainne.

des Mathurins'0, Saint Victor®, de Versailles '3), du Bon Puis M, dAlixandrc ®, Saint Nicolas®, de Bievre(7), rue Perdue'8', la place Maubert'9),

{i) On ne s'explique guère que Guillebert de Metz place ici une rue des Mathurins ; il est en effet dans la région Saint-Victor, et ne peut ainsi rebrousser chemin pour regagner le quartier Saint- Benoit où se trouvait la rue des Mathurins. Il Tant probablement lire rue des Murs, viens Murornm, nom (pie la rue d'Arras portait anciennement, parce qu'elle longeait sur ce point l'enceinte de Philippe- Auguste. Guillot va directement de la rue Traversine à la rue d'Arras :

Empres eslla rue des Murs;

De cheminer ne fui pus mus (fatigué);

elles se louchent en effet.

(2) La rue Saint-Victor, dont il ne reste plus aujourd'hui que le côté septentrional , devait son nom à la célèbre abbaye dont elle était voisine. Elle le portait probablement dès le règne de Louis-le-Gros. Au delà des rues actuelles des Fossés-Saint-Victor et Saint-Bernard commençait le faubourg Saint-Victor, aujourd'hui rues Linné et Geoffroy-Saint-Hilaire.

(1) La rue de Versailles n'existe plus depuis quelques mois; elle gravissait le coteau depuis la rue Saint-Victor jusqu'à la rue Traversine. Guillot l'appelle rrrue de Verseille;» elle devait son nom, dit JailJot, à une famille distinguée dont l'histoire fait mention dès le xi" siècle. Pierre de Vcrsaliis y demeurait en 1 278.

w Parallèlement à la rue de Versailles s'élevait la rue du Bon-Puits, détruite aussi en 1866, et habitée, selon Sauvai, dès le milieu du xiu" siècle. Elle devait son nom à un puits public qui existait à celle époque et la séparait de la rue du Paon.

(5) Cette rue irAlixândre» ou Alexandre avait la même direction que les précédentes, et portait, dès les premières années du un* siècle, le nom de viens Alexandri Angliei, rue Alexandre-Langlois. Une enseigne lui a valu la dénomination de rue du Paon, qui lui est resté jusqu'à sa destruction, en 1866.

(6) La rue Saint-Nicolas, parallèle aux trois précédentes, devait son nom à l'église voisine et son surnom au clos du Chardonnet qu'elle traversait. Le cartulaire de Sainte-Geneviève l'appelle, en i25o, vicus sancti Nicolai propre Puteum; c'est le Bon-Puhs dont nous venons de parler. Guillot déclare qu'il s'y rendit sans peine en venant de la rue du Paon :

En la rue Saint Nicolas

Du Chardonnai , ne fut pas las.

Déjà entamée par la rue des Écoles, elle a disparu par suite du percement de la rue Monge.

(7) La rue de Bièvre subsiste encore; elle conduit de la place Maubert aux anciens Grands-Degrés par où l'on montait au quai. Appelée au wm" siècle vicus de Bcvra et Bievra, elle devait ce nom à une dérivation de la rivière de Bièvre accordée aux religieux de Saint-Victor par Odon, abbé de Sainte- Geneviève, et sur les instances de saint Bernard. Ce canal, qui traversait l'enclos de l'abbaye Saint- Victor, le terrain des Bons-Enfants (angle des rues Saint-Victor et du Cardinal-Lemoine) et des Bernardins (caserne de la rue de Poissy, Fourrière, etc.), débouebait dans la Seine, à l'extrémité nord de la rue de Bièvre. C'est seulement en 167 h que la rivière , détournée , en 1 368 , dans une autre direction . a élé rapprochée de son lit primitif. Elle n'a pas subi de dérivation depuis cette époque; mais on sait (jii à partir du point où elle coupe la rue Geoffroy-Saint- Hilaire, elle sera jetée dans l'égout de la rue Linné et du boulevard Saint-Germain , pour être conduite , par un grand collecteur, au pont de la Concorde, où elle traversera la Seine, se dirigeant vers Asnières.

(8) La rue Perdue est parallèle à la rue de Bièvre. Guillot et le Rôle de la Taxe de 1 3 1 3 en font mention. On lui a donné récemment le nom de Maître- Albert, en souvenir de ce célèbre docteur.

(9; L'antique/jface Maubert, théâtre des prouesses de Villon et de bien d'autres rr mauvais garçons ^

aux Deux Portes la Calandre (2), des Ras(3),

du Feurre (4), ou len list des ars, Saint Julien (5), la Boucherie (6), la Poissonnerie '7 .

avant lui, doit-elle son nom au fameux dominicain qui y aurait tenu école publique en plein air, faute de local assez vaste pour abriter ses auditeurs ; à un évêque de Paris du nom de Maidebert, ou à Aubert, second abbé" de Sainte-Geneviève?... Adhuc sub indice lis est. L'ouverture du boulevard Saint- Germain lui a fait perdre une partie de son ancienne physionomie; on ne la reconnaît plus aujourd'hui qu'au débouché de la rue Galande.

(1) La rue des Deux-Portes en avait trois au temps de Guillot, et, si elle ne les a pas conservées jusqu'à nos jours, elle en a du moins gardé le nom. Corrozet est d'accord avec Guillebert de Metz pour ne lui en donner que deux. Quant à l'origine de cette dénomination, il faut choisir entre l'opinion de Le Beuf et celle de Jaillot. Le premier .pense que rr cette rue étoit fermée en trois endroits, et cfque la porte du côté de la rue Galande étoit au tfbout de la rue Jacinthe ;» le second estime que ces trois portes étaient celles des trois maisons que contenait la rue au commencement du xiv" siècle. La rue existe encore et a conservé un peu de son ancien aspect. Elle unit la place Maubert à la rue de l'Hôtel-Colbert.

(2) La voie que Guillebert désigne ici très-improprement sous le nom de Calandre , dénomination exclusivement propre à la rue qui existait dans la Cité, n'est autre que la rue déjà nommée, un siècle plus tôt, Gallande ou la Gallande. La famille de Garlande était célèbre au xie siècle , et le clos Mauvoisin lui appartenait. C'est dans ce clos que furent percées, au commencement du xuf siècle, les rues Galande, des T rois-Portes , des Rats (de l'Hôtel- Colbert) et du Fouarre. Ces voies, qui subsistent encore presque entières, sont aujourd'hui l'un des rares spécimens des vieux quartiers de Paris.

(3) La rue des Ras, que Guillot appelle improprement rue d'Aras,

Ou se nourissent maint grant ras,

devait son nom à une enseigne, dit Jaillot, et non pas à ces rongeurs. Le nom d'IIôtel-Colbert lui a

été donné en 182g, sur la demande des propriétaires, et en souvenir d'une maison qu'y possédait le célèbre ministre. Elle subsiste en entier et joinl la rue Galande à la rue de la Bûcherie. Les anciennes écoles de médecine occupaient l'angle de cette dernière rue ; les bâtiments sont encore debout , mais dénaturés au dedans et défigurés au dehors.

(4) La rue «du Feuire, ou len list des ars,» est le célèbre meus Slraminum , où l'herbe et la paille jonchaient, à défaut de carrelage ou de tapis, le soldes écoles. Guillot, qui l'appelle «rue de l'Ecole,» dit qu'on y vendait fret fain et fuerre ensemble,» ce qui conduirait à une autre origine du mot feurre ou fouarre. Quoiqu'il en soit, c'est le berceau de la Faculté des arts. (Voir ce qu'en dit Jean de Jandun , p. 3i et 35.) Elle subsiste encore aujourd'hui et joint la rue de la Bûcherie à la rue Galande.

,5) La rue Saint-] ulien-le-Pauvre est un autre vénérable débris du vieux Paris ; elle subsiste encore , ainsi que la petite et curieuse église à laquelle elle doit son nom.

(G) La Bûcherie ou Boucherie, comme écrit notre auteur, est désignée, dans les titres de Sainte-Geneviève, sous le nom de cicus de Boucharia , Bocheria et Buscharia, la Buscherie de Petit-Pont ; Corrozet adopte l'orthographe de Guillebert de Metz. Chemin limitant le clos de Garlande du côté de la rivière, elle est devenue rue et s'est garnie d'habitations pendant les xme et xiv" siècles. La construction du quai Montebello et des deux annexes de l'Hôtel-Dieu a singulièrement modifié l'ancienne physionomie de cette rue.

(7) La Poissonnerie était une ruelle qui descendait de la rue de la Bûcherie à la rivière, et s'appelait également la place au Poisson. DeChuyes et Jaillot l'appellent rue du Carneau ou du Pelit-Carneau; et La Caille, rue du Port-à-Maitre-Pierrc. Il y a toute apparence que Le Beuf s'est trompé en la confondant avec la rue du Petit-Pont et l'impasse Clorielte. Jaillot l'indique comme longeant l'aile droite du Petit-Châtelet.

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