LES RUES DE LA BASSE PARTIE DE LA VILLE
À commencier de sur Grant Pont à la Pierre au Poisson®; de la a la rue de la Saunerie, ou len vendoit les saussiches®.
(t) La rue de la Verrerie a été appelée successivement Voirerie, Voirie, Varerie et Verrerie. Jaillot croit qu'elle devait ce dernier nom à un verrier ou vitrier qui l'habitait. (Voir aux Appendices les détails relatifs à la famille Baillet.)
' La Grande-Boucherie a été longuement décrite par les liistoriens de Paris : Piganiol en particulier {Description de la ville de Paris, t. II, p. 1 5 1 ) et Jaillot (Quartier Saint-Jacqucs-Ia-Boucherie, p. 17) ont donné des détails très-circonstanciés sur l'ancienneté de cet établissement, ses dépendances, ses diverses reconstructions et le nombre des élaux qu'on y comptait. Elle était située, comme on le sait, presque à la naissance de la rue Saint-Denis , entre le grand Chàtelet et la rue Saint- Jacques-la-Boucberie, qui lui devait ce surnom.
[3] L'amiral dont il est ici question pourrait bien être Jean de Beuil, comte de Sancerre, dont le père perdit la vie à Azin court, et qui guerroya luimême avec une grande énergie contre les Anglais. Sauvai nous apprend que son hôtel était situé rue Barre-du-Bec, c'est-à-dire très-près du Pet-au- Diable, par conséquent «lez Saint Jehan. «
(,) Sauvai, t. I, p. 1 57 de ses Recherches, etc. cite un arrêt du Parlement, du i5 novembre 1 45 1 , où il est parlé de la pierre dite du Pet -au -Diable. M. Bonnardot, qui avait déjà reproduit ce passage
IJIST. I.
dans les extraits qu'il a donnés de Guillebert de Metz (Etudes sur G. Corrozet, p. 3a), en parle plus longuement p. 19 de ses Dissertations sur les enceintes de Paris. D'après ces mots rrde merveilleuse façon , v il pense que cette pierre était ornée de sculptures. Elle aurait, en tout cas, donné son nom à la rue où elle était située, et qui joignait l'église Saint- Jean-en-Grève à la rue de la Tixeranderie.
(5) C'est le marché Saint-Jean, établi sur l'emplacement de l'ancien cimetière , et mentionné dans le Bêle de la Taxe de 1 3 1 3 sous ce nom: «-le marciai Sainct Jehan, n
(6) L'auteur reprend ici sa nomenclature des rues de Paris ; l'ordre dans lequel il les énumère est presque identiquement celui qu'a suivi Guillot, ce qui nous confirme dans la pensée que nous avons affaire à une copie en prose , où toutes les longueurs nécessitées par la rime ont été retranchées.
( ) La Pierre-au-Poisson était une ruelle contournant le Grand-Chàtelet au couchant et aboutissant à la rue de la Saunerie. Elle devait ce nom aux pierres qui y étaient disposées et sur lesquelles les poissonniers étalaient leur marchandise; on la trouve mentionnée dès le xne siècle. L'emplacement qu'elle occupait est couvert aujourd'hui par le théâtre du Châtelet.
(8) La rue de la Saunerie joignait la Vieille-Valléede-Misère (partie orientale du quai de la Mégis-
La Mesguierie^1 ;
iescole Saint Germain, ou en vent le bois('2); la rue des Lavendieres'3',
de Jehan LontieH1',
de Berthin Porée(5),
de Guiberl^,
de Maie Pc-role^,
Gosselin (8>,
série) à ia rue Saint-Germain-l'Auxerrois; elle devait celte dénomination à l'ancienne Maison de la marchandise du sel , qui en e'tait voisine. Citée dès le xiue siècle, la rue de la Saunerie n'a disparu que dans ces dernières années, pour l'ouverture de l'avenue Victoria et la construction du théâtre du Ghâtelet. En sa qualité de Lorrain, Guillehert de Metz n'oublie pas de dire qu'on y vendait rrles rrsaussicb.es. »
(1) La Mégisserie devait son nom à l'industrie qui s'y était établie. Appelée d'abord quai de la Saunerie, parce qu'elle était voisine de la Maison de la marchandise de sel, puis Vallée- de- Misère à son extrémité orientale, elle était connue vulgairement, surtout dans les deux derniers siècles, sous la dénomination de quai de la Ferraille, a cause des marchands de fer qui y tenaient boutique. C'était le siège de l'industrie des racoleurs. La construction de ce quai remontait à l'époque de Philippe le Bel; antérieurement le terrain descendait en pente douce jusqu'à la Seine , et la rue Saint-Germain-l'Auxerrois était la seule voie de communication entre le Châtelet et le Louvre.
2 Le quai de l'Ecole fait suite au quai de la Mégisserie. Un article spécial lui est consacré dans la Topographie historique du Vieux Paris, région du Louvre et des Tuileries, I, p. 3o.
(1) La rue des Lavandières - Sainte - Opportune existe encore, quoique coupée en quatre tronçons par l'avenue Victoria, les rues de Rivoli et des Halles. Comme son homonyme de la rive gauche, elle fut primitivement habitée par les Nausicaa dp la capitale ; on la trouve mentionnée dès le xm' siècle.
La rue Jehan-Lointier est mentionnée dans des litres du xu" siècle; le nom de Lanticr, qu'elle porte aujourd'hui, est une altération de la forme véritable. Sa partie occidentale joint encore la rue des Lavandières à la rue Bertin-Poirée et constitue , avec quelques ruelles avoisinanles, tout un vieux quar-
tier caché au milieu des constructions somptueuses qui l'enserrent de toutes parts. La partie orientale a été reconstruite et aboutit à la rue Saint-Denis.
'5' La rue Beitin-Poirée ou de Berthin-Porée , selon notre auteur, devait ce nom, qu'on lui donnait déjà dans la première moitié du xme siècle. -à un bourgeois qui l'habitait. Baccourcie à son extrémité septentrionale par l'ouverture de la rue de Rivoli , élargie dans le reste de son parcours et augmentée de l'ancienne ruelle des Fuseaux, qui la fait déboucher sur le quai, elle a beaucoup perdu de son ancienne physionomie.
(6) Cette rue Guibert n'est pas indiquée dans le Dit de Guillot; niais on la trouve dans celui que Géraud a imprimé à la suite du Pôle de la Taille de 1292. Elle a dû s'étendre de la rue Bertin-Poirée à la rue Béthisy, car Jaillot a constaté qu'en i3oo il existait sur ce point une rue Gilberl-Langlois , d'où l'on aura fait, en supprimant le nom patronymique . Gilbert et Guibert.
(7) La rue de Maie- Parole ou des Mauvaises-Paroles se confondait autrefois ou avait une entrée commune avec la rue des Deux-Boules, quoiqu'elle en soit restée distincte jusqu'à sa suppression pour l'ouverture de la rue de Bivoli. Elle portait déjà ce nom dès le xne siècle, concurremment avec celui de Mauconseil; peut-être formait-elle une équerre, dit Jaillot, car on l'appelait, au xvi" siècle, rue Guillaume-Porée , ce qui semblerait indiquer un aboutissant sur la rue Bertin-Poirée, par où elle aurait touché à la rue des Deux-Boules.
w Gasselin ou Perrin-Gasselin était une ruelle qui réunissait la rue Saint-Denis à la place du Chevalier-du-Guet, d'où elle était continuée par la rue de ce nom jusqu'à celle des Lavandières; toute la région se nommait, du xiue au xvi5 siècle, le Perrin-Gasselin. La formation de la place du Ghâtelet et l'ouverture de la rue de Rivoli ainsi que de l'avenue Victoria ont fait disparaître cette ancienne voie.
ht rue la Haubergerie'^ ;
la Tableterie ®, ou len faisoit pignes, œillcs, tables et autres ouvrages divoire;
a Petis Soulers (3\ le cloistre Sainte Oportune(,), la Gharonnerie®, la Ferronnerie, de Baudoin Prenage^1, de Raoul lamier^\ des Deschargeurs'8'; la place aux Pourceaux^*, la rue des Bourdonnois^10),
(1) Il faut reconnaître dans la llaubergerie de notre auteur la rue de la Harangerie , qui a subi d'ailleurs plusieurs autres altérations. Guillot écrit llcdengerie; un édit du xv' siècle donne Arongerie , et ton trouve Haucherie dans Corrozet. Elle devait sans doute celle dénomination au poisson qu'on y vendait, et non à un fief llurent, dit Jaillot. L'ouverture de la rue des Halles l'a fait disparaître.
La Tabletterie joignait la rue Saint-Denis au cloître Sainte-Opportune; elle était fort courte. Au commencement du xmc siècle, on la nommait la llaulerie; on l'a appelée ensuite la Cordouancrie , la rue Sainte-Opportune , et enfin la Tabletterie, dénomination conservée jusqu'à l'ouverture de la rue des Halles , dans laquelle elle est englobée. Guillebert de Metz énumère les objets qui lui avaient valu ce dernier nom, et qui appartiennent, en effet, à l'industrie du labletier.
'3) La rue «a Petis Soulers n est désignée à peu près de la même manière dans le Dit de Guillot. Mais epl'était-ce que celte rue ira petis soulers de bazenne?* Sauvai penche pour la rue de l'Aiguillent, qui contournait l'église Sainte-Opportune au nord; Jaillot croit, au contraire, qu'il s'agit de la rue Courtalon, qui en bordait le cbevet au sud. Ces deux voies existent encore, mais elles ont, en grande partie, perdu leur ancien aspect.
' Le cloître Sainte-Opportune était formé par les deux rues indiquées dans la note précédente, et avait son entrée sur la place de ce nom. On peut encore en déterminer le périmètre.
(s' La Charronnerie (vicus karonnorum) était une section de la Ferronnerie, connue sous ce dernier nom dès le milieu du x\i\° siècle. Ces deux dénominations s'appliquaient, l'une à la partie orientale,
1 autre à la partie occidentale de la voie. La rue de la Ferronnerie est célèbre dans l'histoire par l'assassinat de Henri IV; elle existe encore aujourd'hui.
(6) La rue de Baudoin-Prenage , que Guillot appelle Baudouin-Prengaie, a donné lieu à une discussion assez vive entre les historiens de Paris. Sauvai et Le Beuf l'ont confondue avec la rue Raoul-Lavenier (du Plat-d'Elain) ; Jaillot, en lui restituant son véritable nom de Bollin-prend-gage , soutient qu'elle était parallèle à cette rue , mais qu'elle en est restée distincte; elle existe encore à l'état d'impasse entre la rue des Fourreurs et celle du Plat-d'Étain.
p) On a écrit successivement Baoul-V Avenier , Bouland-V Avenier, Baoul-le- Vannier et Baoul-Lanternier. Cette rue, qui est citée dès la fin du xnie siècle, existe encore suis le nom de rue du Plat-d'Etain : elle réunit les rues des Déchargeurs et des Lavandières-Sainte-Opportune.
(s) Guillot mentionne trie siège a Descarcheeurs. » Ce siège aux déchargeurs était une voirie ou décharge publique, comme la replace aux Pourciaux^ et le carrefour Guillory, qui en étaient très-voisins. La rue se forma plus tard par suite de l'accroissement de Paris, et les immondices furent portées plus loin. Raccourcie à son extrémité méridionale par le percement de la rue de Rivoli, la rue des Déchargeurs vient d'être entamée de nouveau, à l'autre extrémité, par la rue des Halles.
(9) La place aux Pourceaux , dont il est question dans la note précédente, était le carrefour formé par les rues de la Ferronnerie et des Déchargeurs.
(10) La rue des ou aux Bourdonnais, que Guillot écrit rra Bourdonnas , n portait, à la fin du xmc siècle, les noms de Adam-Bourdon et de Sire Guillaume-Bourdon, notables habitants cpii y de-
ia nie de Thibaut aux Dez(1), de Bethissi®, de Jehan dOrleans(3), de Ti réchappe (4), la cave [sic) de Ponthis Gloriette®, lArbre Sec, Cul de Bacon(7), la fosse Saint Germain (8),
tnearaient sans doute; ce qui explique la dénomination plurielle qu'on lui donnait déjà au commencement du xivc siècle. La rue des Bourdonnais existe encore aujourd'hui; seulement on l'a augmentée des rues Thibault-aux-Dés et de l'Arche-Marion , qui la continuaient au sud.
(,) On a écrit de bien des manières les mots Thibault-aux-Dés : Jaillot ne donne pas moins de six variantes, sans compter trois traductions latines (Quartier Sainte-Opportune, p. 52). La rue, qu'on trouve mentionnée dès le commencement du xiii" siècle, a conservé en partie son ancien aspect; elle forme , depuis quelques années , une section de la rue des Bourdonnais; mais son parcours propre est très-facile à déterminer : il s'étendait de la rue Saint-Germain -l'Auxerrois à celle de Rivoli , point où la rue Thibault-aux-Dés aboutissait à la rue Béthisy.
(2) La rue Bétln'sy, qui a été absorbée dans la rue de Rivoli, joignait, par un coude, la rue Bertin-Poirée aux fossés Saint-Germain-l'Auxerrois. Dès le xnie siècle, elle portait deux noms qu'elle devait évidemment à des habitations particulières : à l'est, c'était la rue Béthisy; à l'ouest, c'est-à-dire entre les rues de l'Arbre-Sec et de la Monnaie, on la nommait rue au Cuens ou Quains de Ponthis, parce que le comte de Ponthieu y avait un hôtel dont l'entrée était sur la rue de l'Arbre-Sec. L'édit de 1702 a donné à cette section le nom de rue des Fossés-Saint-Germain. La rue de Bivoli n'a épargné •pie l'extrémité occidentale de la rue des Fossés- Saint-Germain-l'Auxerrois. On sait que l'amiral Coligny demeurait rue Béthisy.
[3) Selon le Dit que Géraud a reproduit et que Guillebert de Metz paraît avoir suivi assez exactement, cette rue rr Jehan dOrleans,» dont Guillot ne parle point, ne serait autre que la rue Jean-le Gautier ou Jean-Léveiller, appelée depuis ruelle des
Trois-Visages. S'il n'en était point ainsi, il faudrait supposer qu'une troisième section de la rue Béthisy. ou une partie de la rue Tirechape , a pu porter le nom de Jean-d'Orléans.
(4) La rue Tirechape, dont il restait un fragment assez bien conservé à son débouché dans la rue Saint-Honoré, vient d'être absorbée par la rue du Pont-Neuf. Jaillot a constaté qu'il en est fait mention dès la première moitié du xiii" siècle , et il incline à croire qu'elle devait son nom aux sollicitations indiscrètes des fripiers qui l'habitaient.
(5) Voir pour cette rue ce qui a été dit de la rue Béthisy.
(6) Gloriette ou Dame-Glorielte n'était autre chose que la rue Baillet, qui existe encore (entre les rues de la Monnaie et de l'Arbre-Sec). On ignore l'origine de la première appellation ; mais la seconde était due à une ancienne famille parisienne , qui avait peut-être sa demeure dans cette rue.
(1> Le Cul-dc-Bacon ou Col-de-Bacon est appelé le Coup-de-Baston dans un Dit du xv6 siècle et le Court- Bâton un peu plus tard. Sauvai cite un compte de confiscations de 1 & 2 1 , où est mentionnée une « mairrsona estuves» nomméeh Col-de-Bacon. C'était une impasse qui, réunie à celle de Sourdis, formait une rue aboutissant d'une pari à la rue de l'Arbre- Sec, et de l'autre aux Fossés-Saint-Germain-l'Auxerrois. Jaillot croit que cette voie devait son nom à Adam Chardeporc (Chair-de-porc), qui possédait, au xiii" siècle, plusieurs maisons dans celle région; le mot Bacon, que la langue anglaise a conservé, s'expliquerait alors de lui-même. Cette impasse- a disparu lors de l'ouverture de la rue de Bivoli.
(8)La Fosse ou le Fossé-Saint-Germain faisait primitivement partie de la rue Béthisy, ainsi que nous l'avons dit à propos de cette voie; c'était la rue rau r Cuens de Ponthis» et aussi la Fosse-aux-Chiens , dénomination moins pompeuse qu'elle devait à la
DESCRIPTION
le trou BernartW, la porte du Louvre, Haute Riche W.
A la porte Saint Honnoré demeurent les drappiers. La rue dAvignon '3',
de Jehan Tison'4', la crois du Thirouer®, la rue de Neelle'6', du Piet®, des Estuves'8', du Four'9',
proximité d'une voirie. L edit de 1702 lui donna le nom que porte encore aujourd'hui le tronçon respecté par la rue de Rivoli. On sait que le Fossé- Saint-Germain avait été creusé par les Normands, en 866, lorsqu'ils établirent leur camp dans cet endroit.
' Le tr Trou-Bernard, » dénomination altérée, est mentionné, en 1271, sous le nom de Truncus Bernardi (Tronc-Bernard). A partir du xv° siècle, dit Jaillot, on l'a appelé rue du Demi-Saint, parce qu'une statue à moitié brisée y avait été mise pour interdire le passage aux chevaux. Cette ruelle faisait communiquer le cloitre Saint-Germain avec la rue des Fossés. L'emplacement qu'elle occupait est marqué aujourd'hui par la façade de la mairie du 1" arrondissement.
(2' Le Louvre, la rue d'Autriche et la Porle-Saint- Honoré ont été , de la part de M. Adolphe Berty, l'objet d'études approfondies. (Voir la Topographie historique du Vieux Paris, région du Louvre et des Tuileries, I, p. 7, n3, 16/i, etc.)
(3) Guillebert de Metz appelle rue d'Avignon la rue d'Averon, Avron ou Daveron, noms qu'elle devait, dit Sauvai, soit au hameau d'Evron ou d'Avron , près Neuilly-sur-Marne , soit à un prieuré de Daveron , près Poissy ; les seigneurs d'Evron ou le prieur de Daveron y auraient eu un hôtel. Robert de Bailleul, clerc des Comptes, y demeurait en i423, et Jaillot pense que telle a été l'origine de la dénomination nouvelle. La rue Bailleul, qui existe encore, fait communiquer la rue de l'Arbre- Sec à la rue du Louvre (ancienne rue des Poulies).
4) La rue Jean-Tison n'est plus qu'un tronçon de quelques mètres tenant à la rue Bailleul ; la rue de Rivoli a emporté toute la partie méridionale de cette voie qui aboutissait aux Fossés-Saint-Ger-
main. Elle devait son nom à une notable famille parisienne, dont il est fait mention dès le xn* siècle.
(5) La ff Croix du Thirouern forme un article étendu dans la Topographie historique du Vieux Paris, rég. du Louvre et des Tuileries, I, p. £9.
(6) La rue d' Orléans- Saint-Honoré , qui se prolongeait jusqu'à la rue Coquillère avant la construction de l'hôtel de Soissons, était appelée, au xme siècle, rue de Nesle ou Néelle, viens de Neella ou Nigclla, à cause de l'hôtel que Jean, seigneur de Nesle, y possédait et qui fut détruit pour faire place à la demeure de Catherine de Médicis. Le séjour que le roi de Bohème fit dans l'hôtel de Nesle amena , pour la rue , un changement de dénomination; enfin, dans les dernières années du xiv'' siècle, elle prit le nom du duc Louis d'Orléans, nouveau propriétaire de l'hôtel. Elle existe encore sous celte même appellation.
(7) Cette rue, que le Dit de la bibliothèque Cottonienne appelle du Pet, ne serait- elle point celle qui est mentionnée par Corrozet sous le nom de Pressoir-dn-Brct ou d'Albrel, à cause d'un hôtel voisin appartenant au connétable d'Albrel? Dans ce cas, il faudrait y voir, soit un tronçon de la rue des Deux-Écus, qui avait encore, au xvie siècle, trois appellations différentes, soit une rue Baoul-Mcnvicet, ou Baoul-Mucel , que le censier de l'évèché indique en 1372. soit enfin une porlion de la rue Saint-Honoré.
(8) Des étuves pour dames existaient dans cette rue dès le commencement du xiv° siècle. En i35o. elle se nommait déjà rue des Vieilles-Etuves , appellation qui vient d'être échangée contre le nom d'un historien de Paris (Sauvai). Elle fait communiquer la rue Saint-Honoré avec celle des Deux-Écus.
(9> La rue du Four (rue Vauvilliers) a conservé
la rue des Escus(1),
du Chasleau('2),
des Pironnes®, a la Crois Neufve^, de Montmartre (5), du Prestre de Saint Eustace(o).
la Tonnelerie^;
la halle au blé 8), et toutes les halles de draps, de pain, de farine, de vieilles robes, et dautres diverses choses.
jusqu'à ces dernières années le nom quelle devait au four banal situé dans la Coulure de l'Evêque, et qu'elle portait déjà dès le milieu du xnr" siècle. On y remarquait l'hôtel du duc de Berry, qui passa au connétable d'Albret et donna son nom à une rue voisine. La formation du périmètre des Halles centrales et la communication projetée avec la Halle au blé changeront la physionomie de cette rue.
;i) Nous voyons reparaître ici , sous une autre dénomination , la rue du Pressoir-du-Bret, qui fait l'objet d'une note précédente. Une enseigne des Ecvs, ou des Dcux-Écus , a donné son nom à toute cette voie, dont elle ne désignait primitivement qu'une partie.
(2) Cette rue est désignée par Guillot sous le nom de rrChastiau festu.» Le Castellum feslucœ dont il est ici question est l'objet d'un savant article dans la Topographie historique du Vieux Paris , rég. du Louvre et des Tuileries, I, p. 5o ; il avait donné son nom à une section de la rue Saint-llonoré. Toutes les variantes sont indiquées dans l'ouvrage auquel nous renvoyons le lecteur.
(1) Guillot place ici la rue «a Prouvoires . n et il a raison; en quittant la rue Sainl-Honoré ou du Châleau-Fêtu , il était logique de prendre la rue des Prouvaires qui conduit à Saint-Eustache et à la rue Montmartre. La rue rrdes Pironnes ■» ne saurait donc être confondue avec la rue Pirouette, située au delà des Halles ; il y a là une erreur de copie. Pour la rue des Prouvaires, qui vient de disparaître en grande partie, voir la note 5 de la page 199.
(4) Le plan de Dheulland montre, entre l'église Saint-Eustache et la rue du Jour, une ruelle qui était parallèle à cette dernière voie, et que Jaillot considère comme la rue de la Croi e - Neuve mentionnée par Guillot et Guillebert de Metz. Cette rue aurait disparu lors de la construction de l'édifice actuellement existant, et il en serait resté le passage qui fait communiquer le portail du nord avec la rue Montmartre. Sauvai et Le Reuf croient qu'il s'agit de la rue Traînée, qui contournait l'église au
sud depuis la rue du Jour jusqu'à la pointe Sainte- Eustache. Cette opinion ne manque pas de vraisemblance.
(5) Le chemin, qui est devenu la rue Montmartre, est une des plus anciennes voies de Paris ; sa direction, qui tend vers la butte où la tradition place le martyre de Saint-Denis et de ses compagnons, n'a pas sensiblement varié. (Voir Jaillot, VI' quartier, p. 35 et suiv.) La partie de cette rue existant à l'époque de Guillebert de Metz s'étendait de la pointe Sainte-Eustache à la rue des Fossés-Montmartre (d'Aboukir).
w Cette rue du rr Prestre de Saint-Eustache , n que Guillot ne mentionne point, si ce n'est sous le nom de Raoul Roissolle, voie qu'il place immédiatement avant la Croix-Neuve , paraît être positivement l'ancienne rue Traînée, dont il est question plus haut. Sauvai affirme qu'en i3oo elle s'appelait la ruelle au Curé; et, dans le Rôle de la Taxe de i3i3. elle est dénommée ruelle au curé de Saint- Huystacc. La rue Traînée a disparu, il y a quelques années, lors de l'établissement des Halles centrales.
(7' La Tonnellerie, dont les derniers vestiges viennent de disparaître, était la rue ou le chemin n-soubs rrles grands piliers des Halles, ■» Dès le xme siècle, elle était connue sous ce nom. Les piliers, dont notre époque n'a vu qu'une partie , régnaient encore à la fin du siècle dernier, presque tout le long du pourtour du marché, c'est-à-dire depuis la rue Saint-Honoré jusqu'à celle de la Cossonnerie. Ils ont eu leurs jours de splendeur, comme la Salle des merciers au Palais, les arcades de la place Royale et les galeries du palais de Richelieu.
(8) Guillebert de Metz mentionne ici toutes les divisions du grand marché parisien, que Jean de Jandun et Raoul de Presles nous représentent comme un immense bazar. Les galeries primitives devinrent des rues: la Fromagerie, la Cossonnerie, la Cordonnerie, la Petite et la Grande-Friperie , la Poterie, la Lingerie, etc. Quelques-unes de ces
La rue du Feurrc^, ou demeurent les merchiers; la Cochonnerie^, ou len vent poullailles; des Prescheurs'3', de la Chanverie4', a Maudestour'5', au carrefour (G), de Jehan Pourchelel^,
rues existent encore à l'étal de tronçons. Les historiens de Paris, notamment Sauvai (liv. VII, p. 667 et suiv.) et Jaillot (Quartier des Halles, p. 90), ont raconté les origines et exposé les développements des Halles de Paris, depuis le marché Pain, dans la Cité, jusqu'aux derniers agrandissements des Champeaux.
(1) La rue du Fcurre ou au Feurre est appelée par Guillot (to fevre. n Un document de i3ai la désigne ainsi : vicus Fabri ju.xta llalas; on a écrit ensuite aux Fèves et aux Fers. Cette voie était ancienne ; elle joignait le marché des Poirées ou du Jardinage à la rue Saint-Denis, et bornait au nord les charniers des Innocents. Il en reste un côté sous la dénomination de rue Berger.
(2) Guillot de Paris écrit Cossonnerie ; Guillebert de Metz, exprimant sa prononciation, dit rfCochon- (tnerie,fl comme il écrit « Ghimetière ; « Sauvai et Robert Cénal appuient cette leçon ; l'un dit qu'au xiie siècle elle s'appelait via Cochonnerie, l'autre la désigne sous le nom de via Porcularia; on trouve plus fréquemment Quoconnerie , Coconnerie , et enfin Cossonnerie. Cette voie, qui joignait autrefois la rue de la Fromagerie à la rue Saint-Denis, a été entièrement transformée; raccourcie du côté des Halles, augmentée dans la direction du boulevard de Sébastopol , élargie dans tout son parcours, elle a tout à fait changé d'aspect.
La rue des Prêcheurs ou au Prêcheur était parallèle à celle de la Cossonnerie; on la connaissait sous ce nom dès le xn" siècle , et elle le devait soit à un de ses habitants , soit à une hôtellerie où pendait l'enseigne du Prêcheur. Détruite en majeure partie lors de la formation du périmètre des Halles centrales, elle est restée à l'état de tronçon et n'a guère conservé que son débouché sur la rue Saint-Denis.
(4) La Chanvrerie , ou Chanverie , Chanverrcrie , Chanvoirie et Champvoirerie , faisait communiquer la rue Saint-Denis avec la rue Mondétour; c'était la Cannebière parisienne , puisqu'on la trouve désignée dans plusieurs actes en latin sous le nom de Cana-
beria. Elle existait dès le xme siècle , et l'on constate qu'il s'y trouvait au xv' siècle un «Hostel de la marcrehandise de poisson de mer. n Elle a été absorbée, en 18 44, dans le tracé de la rue de Rambuleau.
(5) Guillot écrit Maudcstour ; les Rôles de la Taille de i3oo et 1 3 1 3 donnent la même orthographe. L'abbé Le Beuf croit que ce mot signifie mauvais détour, c'est-à-dire mauvais passage, à cause des truands qui remplissaient les deux rues voisines, auxquelles ils ont laissé leur nom ; mais des litres du xme siècle désignent ainsi la rue : vicus qui dicitur Mondetor, alias Maldeslor; ce serait donc un nom de climat ou d'habitant. Avant l'ouverture de la rue de Rambuleau, la rue Mondétour commençait à la rue du Cygne et aboutissait à celle des Prêcheurs. Raccourcie de ce côté, en i844, elle a été, par suite de l'ouverture de la rue de Turbigo, considérée comme une annexe de celle voie nouvelle, élargie el alignée avec l'une des rues couvertes des Halles centrales.
(6) Le Carrefour dont il est ici question était, dit Jaillot, la première entrée des Halles, et l'on y percevait les droits sur les denrées servant à l'approvisionnement de Paris; Guillot l'appelle le Carrefour de la Tour. Il était situé à l'angle des deux rues de la Truanderie, et on y voyait un puits commun, dit Puits d'Amour, qui fut rebâti en i5a5. Guillot dit que le puits séparait le carrefour, ce qui s'accorde bien avec la position indiquée.
(7) Là où Guillebert de Metz place une rue de Jehan Pourchelet, Guillot dit simplement qu'on voit une habitation appartenant à un certain Jehan Picheclou, que le Dit de la bibliothèque Cotlonienne appelle Jehan Pointeclerc. Ne faut-il pas conclure de cette circonstance que notre auteur, copiant sans critique ces deux documents, a pris, non pas le Pirée pour un homme, mais un homme pour un nom de rue? C'est la seule conjecture à laquelle on puisse s'arrêter; à moins, toutefois, que Jehan Pourchelet ne soit autre que Jehan Gilles, personnage sous le nom duquel on désignait, au xive siècle . dit Sauvai.
ORIGINAUX
la rue de la Truanderie de Jehan Vigne®, de Nicliolas Buée®, de Mauconseil'4';
de Saint Denis(5), ou demeurent espiciers, apoticaires et selliers;
la rue aux Seriez ^ ;
Bourc Labbc,7), ou estoient femmes de legiere vie;
la partie de la rue Mondétour comprise entre celles du Cygne et de la Truanderie.
(1) La Truanderie (repaire de truands, ou lieu de perception de l'impôt, treu, tru, image) n'est indiquée par Guillebert de Metz que comme une voie unique ; Guillot , qui l'avait préce'de' d'un siècle , <jst plus exact : il en compte deux qu'on tr ouve mentionnées dès le milieu du xme siècle. Ces deux voies existaient encore il y a quelques mois; mais l'ouverture de la rue de Turbigo en a considérablement changé l'antique physionomie.
<2' Jean Bigue, échevin de Paris en 1281, ou son homonyme rr valet de l'illustre roi de France n et mentionné dans un acte de 128/1, a probablement donné son nom à cette rue , qui joignait la (irande-Truanderie aux piliers des Halles. Dans les titres du xvc siècle, le v a remplacé le b, et l'on trouve Vigne et Vingne. Au xvn", la rue est désignée sous le nom de la Béale (sorte de galère), qu'elle devait probablement à une enseigne. Déjà raccourcie par l'ouverture de la rue de Rambuteau, la rue Jean-Bigue ou de la Réale, élargie par suite du percement de la rue de Turbigo, ne sera plus qu'une annexe de cette dernière voie.
(3) Le Dit de la bibliothèque Cottonienne donne rrNicholas Unce,» et Guillot, rr Nicolas Arode,» du nom d'une riche famille bourgeoise qui a fourni, en 1281, un membre à l'Échevinage parisien. Buée était peut-être un surnom du personnage auquel la rue devait son appellation. Quant à la voie ellemême, Le Beuf croit la reconnaître dans la rue Comtesse-d'Artois (Montorgueil). Jaillot pense que ce devait être la très-courte rue de la Pointe-Saint- Euslache, qui, continuant celle de la Fromagerie à partir des piliers des Halles, formait le tronc commun des rues Montorgueil et Montmartre. La rue de Rambuteau finit à cet endroit.
w La rue Mauconseil, ou Mal-Conseil, en latin riens Mali Consilii , est mentionnée sous ce nom dès le milieu du xnf siècle; elle le devait probablement à un de ses habitants. Elle vient de disparaître par
suite du percement de la rue de Turbigo et du prolongement de la rue aux Ours, qui , en se croisant sur son emplacement, ont mis à découvert le donjon des ducs de Rourgogne.
(5) La rue Saint-Denis est, comme on sait, l'une des plus anciennes voies de Paris; au xrv" siècle on l'appelait la Sellerie, dans la partie désignée par Guillebert de Metz, et cette dénomination confirme bien les renseignements qu'il nous donne. Quant aux épiciers et aux apothicaires , ils n'ont pas , depuis lors, abandonné le quartier. En dehors de la porte, la voie se nommait ^ la grant vuen ou -la rehaussée Monsieur Sainct Dcnys. n
(6) La marche de Guillebert de Metz diffère ici de celle de Guillot; mais elle se rapproche de celle que nous indique le Dit de la bibliothèque Cottonienne. La porte Saint-Denis, appartenant à l'enceinte de Philippe-Auguste, avait empêché Guillot d'aller plus loin. Notre auteur ne trouve plus le même obstacle : l'enceinte de Charles V est construite ; aussi s'engage-t-il dans une rue aux Senez , qui le conduit au Rourg-l'Abbé. Nous avions lu tout d'abord à se'nestre, parce que la rue aux Ouës, la seule qui , de la rue Saint-Denis , puisse donner accès au Bourg-l'Abbé , est effectivement à gauche de cette rue , et la rue Bourg-l'Abbé également à gauche de la rue aux Ouës; mais nous avons trouvé dans les Preures de Félibien un arrêt du Parlement de l'année i5oi, où il est fait mention de la rue aux Senes, sans autre indication. Ne faudrait-il pas plutôt lire anseres, traduction latine du mot oies, auquel la rue avait emprunté son nom?
m Le Bourg-l'Abbé devait son nom. dit Jaillot, à l'abbé de Saint-Magloire dont il dépendait, et non à l'abbé de Saint-Martin , qui n'en possédait qu'une petite partie ; il existait dès l'époque carolingienne , s'accrut insensiblement et fut englobé dans l'enceinte dite de Charles V. La rue principale joignait la rue aux Ouës à la rueGrenétat, en franchissant l'ancienne muraille de Philippe-Auguste; elle a été supprimée pour le passage du
DESCRIPTION DE PARIS SOUS CHARLES VI. 209 la rue de Saint-Martin ou demeurent les ouvriers darein; de Petis Cliamps(2);
de Beaubourc(3), ou a voit des fdlettes en cul de sac; de Grieffron iangevin^;
des Ménestrels'5', ou len tient escoles des ménestrels; des Estuves(6);
la Tresseillie, de Bertraut qui Dort^;
de Quiquempoit^, la demeurent les orfèvres;
boulevard de Sébastopol. Les femmes rrde legiere rrvie» qui l'habitaient au temps de Guillebert de Metz lui ont laissé une réputation qui s'est perpétuée jusqu'au siècle dernier.
(l) On ne s'explique guère comment notre auteur a pu aller de la rue Bourg-l'Abbé à la rue Saint- Martin; il lui a fallu nécessairement emprunter la rue du Grand-Hurleur ou la rue Grenétat, qui existaient dès le xiue siècle et qu'il ne mentionne point. Quoi qu'il en soit, la rue Saint-Martin, dont l'origine est probablement aussi ancienne que celle de la rue Saint-Denis, était un centre industriel à l'époque où il écrivait : Guillot y avait «oï chanter en latin ;d Guillebert de Metz y entend une autre musique, le bruit que les «■ ouvriers darein r, produisent en frappant sur l'enclume.
p La rue des Petits-Champs (Brantôme) est encore, à peu de chose près, telle que notre auteur dut la voir; elle joint la rue Saint-Martin à la rue Beaubourg. On la trouve mentionnée dès le milieu du xms siècle, comme située in campis, ainsi que le prieuré dont elle était voisine.
(3) Le Beau -Bourg avait les mœurs légères, comme le Bourg-l'Abbé; c'était primitivement une région limitée par les rues Maubuée, Grenier- Saint-Lazare, Saint-Martin et Sainte-Avoye, et qui commença à se peupler vers la fin du xie siècle. La voie principale en a conservé le nom ; elle commence à la jonction des rues Maubuée et Simon-le-Franc, pour se terminer à celle des rues Michel-le-Gomte et Grenier-Saint-Lazare. On lui a adjoint depuis peu la rue Transnonain , qui porte aujourd'hui le même nom. Le rrcul de sao désigne l'impasse Berthaut ou celle des Anglais, qui existent encore.
(4) La rue Girffroi ou Geoffroy-l 'Angevin est placée, dans le Dit de Guillot, après celle des Ménestrels; et c'est, en effet, cette dernière voie qu'on rencontre en débouchant de la rue des Petits-Champs dans la rue Beaubourg. La rue Geoffroy-l' Angevin, qui joint les rues Beaubourg et du Temple, est
mentionnée dès le xin' siècle; elle doit probablement cette appellation à l'un de ses anciens et notables habitants, dont notre auteur a défiguré le nom.
(5) La rue des Ménestrels ou Ménétriers joignait la rue Beaubourg à la rue Saint-Denis, et a été absorbée par la rue de Bambuteau. Elle devait son nom aux joueurs de vielle et jongleurs qui l'habitaient; on la trouve mentionnée, dès la première moitié du xiiic siècle, sous les noms de viens Viellatorum , viens Joculatorum. On a dit ensuite rue des Juglcurs ou Jongleurs , et enfin rue des Ménestrels ou Ménétriers. L'église patronale de ces vielleurs en était très-rapprochée (voir p. i85, note h), et leur conservatoire y était installé , s'il faut en croire Guillebert de Metz.
(6) La rue des Eluves, parallèle à la précédente, existe encore : elle doit, comme son homonyme du quartier Saint- Honoré, le nom qu'elle porte aux bains qu'on y avait établis dès le xin* siècle. A cette époque, on l'appelait rue GeoJfroy-des-Bains , viens Gaufridide Balneolis. 11 y a lieu de croire que ce Geoffroy avait été le fondateur des étuves dont il s'agit.
(7) La rr Trefilière , « dont notre auteur écorche le nom, est accompagnée, dans les titres du xiii" siècle, du nom de ffendebourc , Erernbourg ou Uérambourg ; Guillot écrit Sendebours. Au xivc, elle quitte ce nom , qui désignait probablement une bourgeoise ou une marchande , pour prendre celui d'un marchand ou d'un bourgeois , Bertaut-qui-dort. Enfin au xvi" siècle . l'enseigne de YEcu de Venise lui valut une troisième dénomination qu'elle a conservée jusqu'à nos jours. La rue de Venise, aujourd'hui divisée en deux tronçons, se bornait autrefois à la partie qui joint la rue Saint-Denis à la rue Quincampoix; on a, depuis peu, étendu cette dénomination à l'ancienne rue de la Courroirie. (Voir page 199, note 2.)
(8) Cette rue, qui eut, au commencement du xvme siècle, une si grande notoriété, a été appelée Cinquampoit , Quicampoit et Quincampoist. Elle devait son nom, dit Le Beuf, à un certain Nicolas
la rue de Aubry le Boucliier;
la Courarie0', ou demeurent les ouvriers de dyamanset autres pierriers; de Amaury de Roussi®; de Trousse vache (3> ; de Guillaume Josse(4';
des Lombars®, ou len fait pourpoins devant, et les marchans demeurent derrière;
de Marivaus®, ou demeurent les clouetiers et vendeurs de fil;
de Kiquenpoit dont il est fait mention dans un carlulaire de Sorbonne. à Tannée 1253. Son parcours normal, compris entre les rues aux Ours et Aubry-le-Boucher, a été récemment augmenté par l'addition de l'ancienne rue des Cinq-Diamants , qui la prolonge jusqu'à la rue des Lombards.
(,) La rr Courarie , i qu'il ne faut pas confondre avec la Courroirerie ou Corroyerie , vicus Correarti, joignant la rue Saint-Martin à la rue Beaubourg, est appelée Corrigia au xiu" siècle , et Corrigiaria au xive; c'était alors une région plutôt qu'une rue. Lorsque cette région se fut couverte d'habitations, on appela Vieille -Courroirie la voie principale qui la traversait. Plus tard, une enseigne de joailler lui valut la dénomination qu'elle a conservée jusqu'à son assimilation avec la rue Quincampoix. On l'appelait encore rue des Cinq-Diamants , il y a peu d'années. C'est très-probablement dans celte Courarie, et non dans l'autre, qu'habitait Bureau de Dampmartin.
(S) Dès le milieu du xin" siècle, on trouve mentionnée la rue Amaury-dc-Roissy , vicus Almeri de Roissiaco, nom qui désignait probablement un propriétaire ou habitant du quartier de la Covrroirie sur les terrains duquel la voie fut ouverte. Plus lard on rencontre la dénomination Oiguat , Oignac , flougnard, Haumar, Aniac et enfin Oignard, que cette voie a conservée jusqu'en i85i, époque où elle fut réunie à l'ancienne rue Troussevache, qui avait, en 1822, quitté sa grotesque appellation pour prendre le nom du lieutenant civil de LaReynie. Elle forme la partie orientale de cette dernière rue.
(3' La rue Troussevache , seconde section de la rue actuelle de La Reynie, est mentionnée dès le milieu du xiu" siècle; elle devait son nom, soit à une enseigne de la Vache troussée, comme le pense Sauvai, soit à un certain Eudes Troussevache qui y possédait une maison et dont il est fait mention dans plusieurs actes. Celle rue, qui joignait la rue des Cinq-Diamants (Quincampoix) à la rue Saint- Denis, a été supprimée en grande partie par le
boulevard de Sébastopol; il n'en reste qu'un tronçon où se voient encore quelques maisons vermoulues.
La rue que Guillebert de Metz désigne sous le nom de Guillaume Josse , personnage qui l'habitait ou y possédait une maison, est appelée, dans le Dit de Guillot, Vin-le-Roy, sans doute parce qu'il y avait là des caves pour le service de la maison royale. On l'a nommée ensuite rue des Tr ois - Maures, à cause d'une enseigne d'auberge connue dès le xiuc siècle. Cette ruelle, qui joignait la rue Troussevache à celle des Lombards, a été absorbée par le boulevard de Sébastopol.
<5) La rue des Lombards existe encore, quoique coupée en deux tronçons par le boulevard de Sébastopol. Au xme siècle, on l'appelait la Billeterie, vicus Bujfeteriœ, peut-être à cause des buffeliers ou marchands de vin qui l'habitaient et qui se trouvaient ainsi à proximité des caves où l'on gardait le vin le Roy. Mais , au commencement du xive siècle, on la trouve désignée sous le nom de vicus Lombardorum , et ces Lombards, qualifiés par les Olim de mercalores transmarini , étaient, comme chacun sait, des marchands d'objets précieux, des banquiers, des armateurs, etc. Guillebert de Metz donne, à propos de l'industrie établie en cette rue, un détail qui trouve sa confirmation dans le nom de Pourpointerie qu'elle a porté aux xm" et xvn" siècles.
(6) La rue de Marivaux , qu'il ne faut point confondre avec son homonyme du quartier des Italiens, se composait de deux voies bien distinctes: l'une, qui faisait communiquer la rue des Ecrivains avec celle des Lombards, et qui s'appelait la «Grant rrrue Marivaus;» l'autre, qui s'en détachait pour aboutir à la rue de la Vieille-Monnaie. Le terrain sur lequel elles ont été ouvertes s'appelait, au xine siècle, Marivas; toutefois Guillot écrit Marivaux el distingue déjà le grand d'avec le petit. L'ouverture de la rue de Rivoli et le dégagement des abords
la rue la Vieille Monnoie'1';
la Heaumerie®, ou len fait armeures;
la Saunerie® ;
de Jehan le Conte® ;
la Savonnerie'5';
la Pierre au Lait®, ou len vendoit du lait;
lez leglise Saint Jaques®, ou demeurent les escripvains;
de Jehan Pain Molet®;
des Arsis(9);
de la tour Saint-Jacques ont transformé toute cette région : le Grand-Marivaux, entièrement reconstruit, porte aujourd'hui le nom de Nicolas Flamel ; et le Petit-Marivaux, rectifié et rebâti, celui de Pernelle, femme du célèbre écrivain juré.
(1) La Vieille-Monnaie , qui joignait la rue des Lombards au carrefour de la Heaumerie, de la Savonnerie et des Ecrivains, a été, de tout ce quartier, la dernière à disparaître. L'ouverture du boulevard de Sébastopo! en avait respecté d'abord le côté oriental ; mais l'achèvement de cette grande voie a nécessité la destruction totale de la rue. ( Voir les notes 5 et 6 de la page 210.)
(2) La Heaumerie, siège de l'industrie des armuriers, dont elle portait aussi le nom, faisait communiquer la rue Saint-Denis avec celle des Écrivains et a été absorbée dans la rue de Rivoli. Elle avait pour dépendance la Lormerie, ruelle ou impasse citée par Guillot, où demeuraient les larmiers, fabricants de petits ouvrages en fer et en cuivre , et auxiliaires naturels des heaumiers ; les uns et les autres avaient leur confrérie à Sainl-Jacques-la- Boucherie. La Heaumerie, mentionnée sous ce nom dès le \iiic siècle, était sans doute connue de Jean de Jandun , qui énumère les diverses pièces d'armures qu'on fabriquait sur le Grand-Pontet les rues environnantes. (Voir le Traite des louanges de Paris, p. 54 et 55.)
Au lieu de la Saunerie, le Dit de la bibliothèque Coltonienne donne la Bassanncrie, et Géraud identifie cette voie avec la rue Trognon. Des géographes modernes, notamment La Caille, écrivent Sonnerie pour Savonnerie, par abréviation; et l'on comprend qu'un rrfeansmpvain» du xve siècle ait écrit Saunerie. Il ne peut être question d'ailleurs de la Grande ou de la Petite Saunerie situées de l'autre côté du Châtelet et déjà énumérées au commencement du chapitre. La rue de la Savonnerie
a été détruite pour la formation du square Saint- Jacques -la -Boucherie; la grille occidentale de ce jardin en marque à peu près l'emplacement.
(1) Le nom de rr Jehan le Conte » a été donné : i°à la rue Trognon, qui faisait communiquer la rue de la Heaumerie avec celle d'Avignon; 20 à cette dernière voie, qui joignait la Savonnerie à la rue Saint-Denis. Ces deux ruelles , qui sont mentionnées dès le xui" siècle, ont été absorbées dans la rue de Rivoli et le boulevard de Sébastopol; l'emplacement qu'elles occupaient est représenté aujourd'hui par l'intersection de ces deux grandes voies.
l5) Voir la note 3.
(6> La Pierre-au-Lait porte son étymologie avec elle : c'était, comme la Pierre-au-Poisson , un petit marché d'approvisionnement. Elle formait une section de la rue des Écrivains qui longeait au nord l'église Saint-Jacques, et se confondit bientôt avec cette rue. Guillot la mentionne sous le même nom cpie notre auteur. La grille septentrionale du square actuel en marque à peu près l'emplacement.
(7) Par cette périphrase, notre auteur désigne cette même rue des Ecrivains dont la Pierre-au- Lait formait une partie. Les écrivains dont il s'agit étaient établis dans de petites échoppes qu'on avait adossées aux murs de l'église Saint- Jacques- la - Boucherie, et qui ont disparu avec elle.
(8) La rue Jean-Pain-Mollct s'ouvrait sur la rue des Arcis, au débouché de celle des Écrivains, et aboutissait au carrefour Guillory. dont parle Baoul de Presles; elle devait son nom à un bourgeois de Paris, et on la trouve ainsi désignée dès le milieu du xin" siècle. Elle a été complètement absorbée par la rue de Rivoli.
m La rue des Arsis ou Arcis formait la continuation des rues de la Planche-Mibrai et Saint-Martin ; elle est représentée aujourd'hui par la partie de cette dernière rue qui va de l'avenue Victoria à la
la rue de Saint Bon'1',
la Bufïeterie(2), la Lamperie,
des Bouveries(3), des Chevrotins, de lestable du Cloistre;
de Baille Hou'4), ou demouroient pluseurs galloises;
de Saint Marry®; la court Robert(0), ou estoient femmes de joie; la rue la BoulenV7',
de Simon le Franck,
nie de la Verrerie. Cette voie, aboutissant à un pont, était un ancien chemin et remontait ainsi à une haute antiquité. Sauvai en a cité des mentions qui datent des premières années du xif siècle.
(1) Il a été question de la rue Saint-Bon dans la note relative à la chapelle placée sous ce vocable (voir p. 1 87, note 5). Raccourcie, élargie et abaissée dans sa partie méridionale , la rue Saint-Bon a conservé son niveau et son ancien aspect, à son débouché dans la rue de la Verrerie.
(2) Nous avons dit (note 5 , p. 2 1 0) ce qu'était la Buffeterîe ; quant à la Lamperie , Le Beuf croit que cette dénomination s'appliquait au carrefour des Vieilles- Etuves situé rue de Marivaux. Jaillot pense qu'il vaut mieux y voir une partie de cette dernière voie. La rue de Marivaux aurait donc eu originairement deux sections nommées la Buffeterie et la Lamperie.
(3) Les Bouveries, que Guillot appelle rrrue à Bourrvetins,» les Chevrotins, qu'il nomme errue à Cha- "vetiers,n et VEstable du Cloistre, dont Guiflebert de Metz n'a pas modifié l'orthographe , paraissent désigner les diverses portions de la rue Taillepain , qui aboutit au cloître Saint-Merry. Cette ruelle, qui est très-ancienne , a contenu évidemment des bergeries ; puis il s'y sera établi des talmeliers , pour fabriquer le fameux pain de chapitre à l'usage des chanoines de la collégiale. Elle existe encore et a conservé quelque chose de son ancienne physionomie. Jaillot pense toutefois cpie les lieux désignés par Guillot et notre auteur étaient plus rapprochés de la rue des Juges- Consuls.
K"' La rue de Baille-Hou rrou demouroient plu- "seurs galloises, * c'est-à-dire plusieurs femmes galantes, est mentionnée à peu près de la même manière par Guillot ; cependant on trouve Bay-le-Heu , Baille-Heu et Baille-IIoc. Sauvai croit qu'elle se confondait avec la rue Brise-Miche; Jaillot pense, au contraire , que cette dernière rue n'a été ouverte qu'au commencement du xive siècle. La rue de Baille-Hou Louchait au cloitre Saint-Merry, ce qui suscita de
nombreuses réclamations de la part du clergé et des notables habitants.
?5) La rue ff Saint Marry,» à laquelle aboutit encore aujourd'hui la me Brise-Miche, est appelée par Guillot rue Neuve Saint Mesri , dénomination qui lui appartenait dès le commencement du xme siècle et qu'elle a conservée jusqu'à nos jours. L'épithète de neuve servait à la distinguer de la rue de la Verrerie, qu'on appelait rue Saint-Merry dans sa partie occidentale, et dont l'ouverture remontait à une époque plus reculée.
(6) La Cour Bobert, qui avait les mêmes habitantes que la rue Baille-Hou, est nommée par Guillot Cour Robert-de-Paris; on la trouve ainsi désignée dans des actes de la fin du xn" siècle. A cette appellation, qui était due à un bourgeois de Paris, fut substitué plus tard un nom d'enseigne. Au commencement du xvie siècle, la Cour Bobert était devenue la rue du Renard, et Corrozet l'appelle rue du Retiard-quiprêche , ce qui ne laisse aucun doute sur l'origine de cette dénomination. Elle a été considérablement élargie de 1887 à 18/1 3, et joint toujours la rue Neuve-Saint-Merry à celle de la Verrerie.
(7) Guillot écrit rrla Bouderie, n et, en effet, on trouve la rue dont il est ici question désignée , dans un acte de 1278, sous le nom de Parva Rouclearia, probablement à cause de l'industrie cpi'on y exerçait. Sauvai a traduit Petite-Rouclterie , et Guillebert de Metz a omis une lettre, ce qui constitue une douille erreur. Elle paraît avoir échangé ce nom contre celui de rue du Poirier qu'elle porte encore aujourd'hui et qui provient d'une enseigne Ce n'est qu'une ruelle faisant communiquer la rue Neuve-Saint-Merry avec les ruesMaubuée, Simonie-Franc et Beaubourg. Toute cette région a conservé quelque chose de son ancienne physionomie.
(8) Cette voie, appelée à tort ou à raison viens de Rijcria dans la première moitié du xme siècle, rue Simon- Franque peu de temps après, puis Simon- Franc au milieu du xi\" siècle, et enfin Simon-le-
la rue du Temple
des Estuves(2),
des Blancs Manteaux*31,
de Perrenelle la Pastourelle 4 ,
du Piastre^,
de Bon Puis (6),
des Juges®,
la Bretonnerie *8),
le carrefour du Temple (9),
Franc, dénomination qui n'a plus varié, contourne la rue Maubuée et débouche dans la rue du Temple (ancienne rue Sainte- Avoie). Elle a gardé en grande partie son ancien aspect.
(1) C'était à partir des rues Michel-le-Gomte et des VieiUes-Haudriettes que la grande voie désisignée. du sud au nord, sous les noms de rues des Coquilles, Barre-du-Bec et Sainte- Avoie , prenait le nom de rue du Temple, qu'elle portait autrefois sur une plus grande étendue, et qu'on lui a récemment appliqué dans tout son parcours. Elle doit son nom à la célèbre Commanderie qui y avait sa principale entrée; aussi la trouve-t-on appelée, dès la première moitié du xiu" siècle, viens militiœ Templi et rue de la Chevalerie du Temple. Avant 1697, elle se terminait à l'enclos du Temple; mais, à cette époque, on l'a prolongée jusqu'au boulevard. Cette partie, la plus moderne de toutes, vient d'être élargie pour le débouché de la rue de Turbigo.
(2) Entre la rue du Temple et celle des Blancs- Manteaux, on ne voit, ni dans le Dit de Guillol. ni dans les vieux plans de Paris, de place pour une rue des Etuves. Le nombre de ces établissements ('•tant assez considérable, puisque Jaillot compte huit mes ou impasses portant ce nom , il n'y a pas d'invraisemblance à supposer qu'il en existait un sur ce point, à l'entrée des rues du Plâtre ou des Blancs- Manteaux, et que Guillebert de Metz s'en est servi pour désigner une portion de l'une de ces deux voies.
(3) Les religieux dont nous avons parlé p. 189. note h , ont donné leur nom à cette rue, qui s'appelait, au xiue siècle, la Parcheminerie , la Pelite- Parclieminerie et la Petite- Bretonnerie; GuilJot la nomme déjà rue rrdes Blancs-Mantiaux. n Elle existe encore sous le même nom et fait communiquer entre elles les deux rues du Temple.
Cette rue Pernclle -la -Pastourelle , ou rr Perrenelle de Saint-Pol,J! ainsi que Guillot la désigne, paraît devoir s'identifier avec l'impasse Pecquai.
que l'ouverture de la rue de Bambuteau a transformée en passage ou en rue ordinaire. Sauvai et Le Beuf tiennent pour la rue de l'Homme-armé ; mais Jaillot a fait observer avec raison que cette ruelle est désignée nommément dans un Dit du xv" siècle. Nous avons songé un instant à séparer par une virgule le mot Pernelle du mot Pastourelle , comme le manuscrit semble l'indiquer; mais alors la marche de notre auteur serait bien singulière : il irait de l'impasse Pecquai à la rue Pastouiel qui est située beaucoup plus haut , pour revenir, après avoir nommé cette seule rue, dans le quartier fies Blancs-Manteaux, où il continue son ^numération. Cette hypothèse paraît inadmissible.
{i) La rue du Plâtre portait, en 1360, le nom de rr Jehan de Saint-Pol;i elle pourrait donc, si la conjecture de Jaillot relative au passage Pecquai n'était pas admise, être considérée comme ayant eu deux parties distinctes, auxquelles les deux époux auraient servi de parrain et de marraine. On la voit ensuite appelée la Platrière et rue du Plâtre, dénomination qu'elle a conservée jusqu'à nos jours. Elle joint la rue du Temple à celle de l'Homme-armé.
{ô) La rue du Puits ou rrde Bon-Puits d unit la rue Sainte - Croix - de- la -Bretonnerie à celle des Blancs-Manteaux. On la connaissait sous ce nom dès le xiiic siècle, et il ne paraît pas qu'elle en ait changé.
(7) Sauvai assure que la rue des Singes , et non des Juges (ce qui constitue une faute de copie assez plaisante), portait, en is65,tenom AcPierre-d' Estampes. Une maison dite des Singes, et, peut-être, une enseigne représentant quelques-uns de ces animaux , lui ont valu cette dernière dénomination qu'elle a gardée. Elle est parallèle à la rue du Puits.
(8) Nous avons déjà dit, à propos de la collégiale de Sainte-Croix (p. 1 1 89, note 3) , ce qu'était la Bretonnerie. Une section de cette rue portait , au xiv" siècle, le nom d'Agnès la Buschère.
w Ce carrefour du Temple doit être le point où
les rues des Jardins^,
du Fort M,
de la Poterie (3 .
le carrefour Guillory (4), la rue de Jehan de Lespine'5,
de Gracien t,
de Jehan Malet (7i,
de Saint Jehan ®,
aboutissent les rues Neuve-Saint-Merry et Sainte- Croix-de-la-Bretonnerie ; Géraud le place, au contraire, dans la rue Vieille-du-Temple, au débouche de celle des Rosiers. On trouve encore une rue du Four du Temple, qui faisait communiquer les rues Sainte-Croix et Sainle-Avoie.
(1) Cette rue des Jardins, nommée, à la fin du xiii" siècle, viens Jardinorum et viens deJardinis, a été désignée ensuite sous le nom de rue des Billett.es. Jaillot examine et discute (Quartier Sainte- Avoie, p. 100) les diverses étymologies qu'on a données de ce mot, et il incline à croire que les Miettes étaient des scapulaires que portaient les Carmes établis dans cette rue; d'où la dénomination qui lui a été appliquée. (Voir p. 189, note 2.)
<2) Ici se place une rue du Tort, qui ne peut être que la rue Barre-du-Bec , puisque notre auteur cite plus loin la rue de la Verrerie, et qu'il lui fallait absolument passer dans l'une de ces deux voies pour arriver à la rue de la Poterie. Tort viendrait-il de tortue, dans le sens de bec recourbé?
(3) La rue de la Poterie existe encore, quoique raccourcie à son extrémité méridionale par la rue de Rivoli : elle est fort ancienne, puisqu'il en est fait mention dans un acte de 1172, sous le nom de Figuhria. Jaillot en a conclu qu'elle devait sa dénomination aux potiers dont elle était peuplée, plutôt qu'à Guillaume et à Guy Potier, qui y possédaient une maison vers la (in du xiu" siècle.
" Nous avons parlé du carrefour Guillory, à propos du texte de Raoul de Presles. (Voir p. 108, note 5.)
(5) La rue Jean-Lépine aboutissait, d'une part au carrefour Guillory, comme celles de la Coutellerie, de la Poterie et de Jean-Pain-Mollet, et d'autre part à la place de Grève, sur laquelle elle formait un angle avec la rue de la Vannerie. Elle a disparu complètement lors du percement de la rue de Rivoli et de la régularisation de la place de l'Hôtelde-Ville. Jean de l'Espine y avait une maison que
le cartulaire de Saint-Maur mentionne en l'année
(6) La famille Genlien et non Gracien, dont un membre fut prévôt des marchands en 1 3a 1 , et' qui avait une maison dans la Tixeranderie, c'est-à-dire très-près de là, a donné son nom à cette rue, qui porta successivement ceux de Pierre, de Jean, de Jacques, et enfin celui de Gentien, sans prénom. ricus Gentianus. Sauvai nous fait connaître qu'on y construisit, au xv" siècle, un hôtel dont la porte et les fenêtres étaient ornées de coquilles, ce qui servit à désigner d'abord la maison, puis la rue elle-même. C'est aujourd'hui le débouché de la rue du Temple; mais, sous le nom de Gentien et des Coquilles , elle ne s'étendait que jusqu'à la rue de la Verrerie. Guillot l'appelle a la ruelette Gencien. v
<7) La rue Jehan Malet, nommée par Guillot irAndri Mallet,» était, dit Le Reuf, la rue du Mo uton , qui faisait communiquer la rue de la Tixeranderie avec la place de Grève. Selon Jaillot, qui en donne d'excellentes preuves (Quartier de la Grèce, p. i3). c'était la rue du Coq, qu'on trouve mentionnée , en ia43 et 1273, sous le nom d'André Mallet, et cjui, au xve siècle, emprunta à une enseigne la dénomination qu'elle a conservée jusqu'à nos jours. L'établissement de la rue de Bivoli en a fait une impasse qui s'ouvre sur la rue de la Verrerie.
(8) Guillot appelle cette voie, rue «du Martrai * ou Martroi Saint-Jean. Elle commençait, à la fameuse arcade qui est représentée aujourd'hui par la porte cochère donnant accès aux appartements du Préfet de la Seine, passait entre la Maison aux Piliers et l'église Saint-Jean, et venait aboutir à la rue de la Tixeranderie. Guillot a donc raison de dire :
Trouvé la rue du Martrai
En une ruele tournai
Qui de Saint Jehan voie a porte.
La construction de l"Hôtel de Ville . par Dominique de Cortone, eut pour résultat de couper en
la rue de la Tissanderie W,
de la Voirrie®, ou len fait voirieres, du Chartron *3), du Franc Meurier^; le cimetière Saint Jehan (5), ou demeurent les ouvriers de cotres et huches; de Boutibourc(o),
deux parties la rue du Martroi : celle du sud garda l'appellation primitive; mais celle du nord, déjà connue, dit Jaillot, sous le nom de rue des Garnisons ou des Vieilles-Garnisons , ne fut plus autrement désignée. Cette section de l'ancienne rue du Martroi aboutissait, par un coude, à la rue du Pet-au-Diable. L'agrandissement de l'Hôtel de Ville, puis l'ouverture de la rue de Rivoli ont fait disparaître toutes ces ruelles. Il importe de dire, en terminant. cpie le mot Martroi , martyrixan , était dû très-probablement à la proximité de la place de Grève, où l'on exécutait les condamnés.
(1) La Tissanderie joignait le carrefour Guillory à la place Baudoyer et au marché Saint- Jean; à demi-détruite pour l'agrandissement de l'Hôtel de Ville du côté du nord, elle a été complètement absorbée par la rue de Rivoli. C'était une très-ancienne voie, puisque Guillot l'appelle rrla.viez Tisf seranderie * et qu'on la trouve ainsi désignée au xiu" siècle. Elle devait son nom aux tisserands qui l'habitaient.
(2' Guillebert de Metz nous ramène ici à la rue de rrla Voirrie» ou Verrerie, qui communiquait avec la Tixeranderie au moyen de diverses rues. Guillot va de l'une dans l'autre par la rue des Deux-Portes, qui subsiste encore. (Voir, pour plus de détails, la note précédente.)
p) Cette rue du Charjron, ainsi dénommée dans les anciens titres , se trouve mentionnée au xvie siècle sous le nom de rue des Mauvais-Garçons , qu'elle a conservé depuis. Sauvai a fait un roman sur l'origine de cette appellation (t. I, p. i38). On la retrouve sur la rive gauche, et l'on sait qu'elle s'appliquait aux écoliers turbulents, tandis que les étudiants laborieux et paisibles étaient nommés bons enfants. Réduite de moitié par l'ouverture de la rue de Rivoli, la rue des Mauvais-Garçons est restée à son ancien niveau, en contre-haut de deux mèti'es environ sur cette dernière voie, et aboutissant de plain pied à la rue de la Verrerie.
(4) La rue du Franc-Meurier ou Franc -Mourier, ainsi que l'écrit Guillot. n'est point la rue de Rercy,
comme l'a cru Le Beuf, mais la rue ou ruelle de Moussy , qui est ainsi désignée dès la fin du xm8 siècle. Sauvai mentionne en plusieurs endroits une rue du Mûrier; mais il veut parler de celle qui existait dans le quartier Saint-Victor. Le nom qu'elle porte encore aujourd'hui est celui de Jean de Moussy, conseiller -correcteur des comptes et échevin en i53o, sous la prévôté de Jean Luillier. Ouverte sur la rue de la Verrerie, la ruelle de Moussy est fermée par une grille sur la rue Sainte-Croix de la Bretonnerie.
(5> La région où se trouvait le cimetière Saint- Jean était, dit Jaillot, un ancien lieu de sépulture; dès la fin du xm° siècle on l'appelait Platea reteris cimelerii, et Guillot lui donne le même nom. Après l'assassinat du connétable de Clisson par Pierre de Craon , le$ biens du meurtrier furent confisqués, et sur l'emplacement de son hôtel on établit, vers la fin du xive siècle, un cimetière que les historiens appellent le cimetière vert. Plus de quatrevingts ans auparavant, l'ancien cimetière était déjà converti en marché, puisque le Rôle de la Taxe de 1 3 1 3 le désigne sous le nom de rrmarciai Saintr Jehan. % Nommé pendant la Révolution place des Droits-dc-l' Homme , le marché Saint-Jean a repris sa vieille dénomination et la conserve encore aujourd'hui; mais il a été réduit de plus de moitié par l'ouverture de la rue de Rivoli, et les seules maisons qui en soient restées sur le côté occidental sont en contre-haut, comme celles de la rue des Mauvais-Garçons.
m On a orthographié de bien des manières le nom de cette rue : au commencement du xm" siècle on trouve Bourtibou, et en 1280 viens burgi Thiboudi; Cuillol et le Dit de la bibliothèque Cottonienne donnent Bowg-Tibout; Guillebert de Metz écrit Boutibourc. C'était évidemment une agglomération de maisons construites successivement en dehors de l'enceinte, comme le Bourg-l'Abbé et le Beau-Bourg; un certain personnage du nom de Thiboud y avait sans doute des terres ou une maison. Les écriteaux modernes portent Bourtibourg.
DOCUMENTS ET
ÉCRITS ORIGINAUX
la rue de Anquetin le Faucheur du Temple®, du Roy de Cecille (3), de Robert le Fevre (4), le Petit Muche <5), de Thiron(°>, des Escoufles (7),
(1) Les plus anciens titres mentionnent cette voie sous ie nom (YAugustin-le-Fauckeur, en latin vicus sancti Augustini falcatoris . Diverses altérations ont produit les formes suivantes : Anquetin et Anquetïl, qu'on trouve dans Guillot et Guillebert de Metz, puis Huguetin, Annequin, Hcnnequin, etc. Vers le milieu du xve siècle, elle est appelée rue de la Croix- Blanche, nom quelle devait à une enseigne. Parallèle à la rue de Bercy (au Marais), dont elle n'était séparée que par une rangée de maisons sans profondeur, cette ruelle, avec les maisons qui la bordaient au sud, est comprise, depuis 1 846, dans le sol actuel de la rue de Bercy; le côté nord subsiste. Elle fait communiquer la rue du Roi-de-Sicile avec le marché Saint-Jean.
(2) H s'agit ici de la rue Vieille-duJPemple à laquelle Guillot, ainsi que notre auteur, ne donne pas d'épithète. Cependant les anciens titres portent rrViez rue du Temple, * et le cartulaire de Saint- Maur la désigne ainsi en 1270 : vêtus vicus l'empli. On lui a donné (''gaiement les noms de Couture ou Culture, Clôture et Egout du Temple; enfin l'hôtel et la porte Barbette, situés à quelques pas de la rue de ce nom, lui ont valu la dénomination de rue Barbette, Vieille-Barbette , de la Porte et de la Poterne-Barbette. Elle existe encore aujourd'hui, et l'on y remarque im certain nombre d'anciens hôtels des trois derniers siècles.
(3> La rue du Boi-de-Sicile doit ce nom à l'hôtel qu'y possédait Charles d'Anjou, frère de saint Louis, couronné, en 1266, comme roi de Naples et de Sicile. Nous avons donné, page 19/», note 6, des détails historiques sur cette demeure; quant à la rue, dont le point de départ à l'ouest n'a pas changé, elle se terminait autrefois devant la façade de l'hôtel et communiquait, en retour d'équerre, avec la rue Saint-Antoine, par la ruelle des Ballets. La démolition de l'hôtel, le prolongement de la rue de Bivoli et l'ouverture de la rue Ma Hier ont sensiblement modifié l'ancienne disposition; tout un côté de la rue du Boi-de-Sicile a été reconstruit .
et la rue Malher lui sert aujourd'hui de débouché.
(4) Cette rue, qui n'était qu'une simple ruelle au xvie siècle, ne devait pas avoir plus d'importance au temps de Guillebert de Metz. Guillot, d'accord avec tous les anciens titres , lui donne le nom de Benaul -le- Fevre , personnage qui l'habitait sans doute ou y possédait quelque propriété; Bobert semble être une faute de copie. La rue dont il s'agit longeait le côté est du marché Saint-Jean, et aboutissait à la place Baudoyer ( près de la nouvelle mairie du k' arrondissement). Toutefois Jaillot. qui lui donne cette situation dans l'un de ses plans de quartier, assure dans son texte (Quartier Saint- Antoine, p. 71) qu'on donnait, au xive siècle, le nom de Benaud-le-Fècrc à la rue Clocheperce.
(5) Il règne une grande incertitude sur ce Petil- Muche, que Guillot écrit Pute y Muce. Ce ne peut être, bien évidemment, la rue de ce nom qui longeait les Célestins et qui existe encore sous le nom de Petit-Musc. En tenant compte de l'étymologie. il y a lieu de supposer, comme le fait Jaillot, qu'il s'agit d'une ruelle habitée par des femmes de mauvaise vie, et située entre les rues Tiron et Clocheperce. Il n'en reste aucune trace.
(0) La rue Tiron ou Tltiron devait son nom à un hôtel que le cartulaire de Saint-Maur appelle, en 1270, Domus de Tirronio , et qui appartenait à l'abbaye de Tiron. L'ouverture de la rue de Bivoli l'a divisée en deux tronçons qui aboutissent, l'un à la rue Saint-Antoine (Erançois-Miron), i'aulre à la rue du Roi-de-Sicile.
(1) Cette rue est fort ancienne; on écrivait au xme siècle rue de VEcojle, de VEscoufle; au xiv", des Escojles et des Escoujjles; plus tard on a dit EcouJJes. On y fabriquait ou l'on y vendait sans doute ces vêtements de cuir qui se nommaient en latin du moyen âge Mojfula (Moufile). Le roman de Saint-Léocade , cité par Du Gange, dit en parlant de certains évêques :
Et comportant de sor lor moffles Loi' coctes et lor escoffles, etc.
la rue Perchée W, des Rosiers'2', des Nonnains(3), de Jouter ^\ de Frogier lasnier (5);
la Mortelerie(fi), ou demeurent les marchans de merrin;
La rue des Econfïos a conserve jusqu'à nos jours son ancienne physionomie.
(1) Guillebert de Melz écrit comme il prononçait; la rue Percée dont il parle ici, et qui est appelée par Guillot rue Percié , existe encore, et fait communiquer la rue Saint-Antoine (François-Miron) avec celle des Prêtres-Saint-Paul (Charlemagne) ; elle existait dès le commencement du xive siècle, quoique son nom indique une origine plus moderne que celle des rues environnantes.
(2) La rue des Rosiers, qui, par un retour d'équerre, comprenait autrefois la rue des Juifs, fait communiquer cette dernière rue avec la rue ^ ieille-du-Temple. Quoiqu'elles fussent connues sous ce nom dès ia.33, Guillot ne les a mentionnées ni l'une ni l'autre , et on ne les trouve pas citées dans les titres du xiv" siècle. On s'explique peu comment Guillebert de Melz passe de la rue Percée, située au sud de la rue Saint-Antoine, à la rue des Rosiers, qui, même augmentée de la rue des Juifs, ne débouchait que dans celle du Roi-de-Sicile. Il faut supposer que, n'étant plus guidé par Guillot et voulant ajouter la rue omise, notre auteur l'a placée un peu au hasard. On peut croire également qu'il a voulu parler soit de la rue du Figuier, soit de celle du Fauconnier, qui existaient à cette époque, et qui seules pouvaient le conduire de la rue Percée à celle des Nonnains-d'Yères. La rue des Rosiers a conservé vers l'ouest son ancienne physionomie; à l'est, au contraire, elle a été élargie et débouche aujourd'hui dans la rue Malher.Hy a peu d'années, elle se terminait à la rue des Juifs, point ou s'ouvrait une ancienne impasse dite Coquerie ou Coqueret.
(3) Vers la lin du xu" siècle, Eve, abbesse d'Vères , acheta une maison dans cette rue, qui prit, peu de temps après, le nom de rue des Nonnains; Guillot écrit tra Nonains d'Iere;* depuis, on a dit a tort Nonaindières et Nonandières. La véritable orthographe a été rétablie tout récemment sur les plaques indicatrices. Cette voie n'avait, avant la tin du xvii' siècle, aucune autre issue, au nord, que la nie de Jouy. L'impasse ou s ruelle sans cb'Vf,* qui
IIIST. — I,
existait sur ce point, ayant été ouverte par le Prévôt des Marchands, Henri de Fourcy, prit le nom de ce magistrat, quelle a conservé jusqu'à nos jours.
(/| Notre auteur dit frJouier; n Guillot écrit «Joy;* c'est la rue de Jouy, appelée, au xnf siècle, trrue à l'Abbé-de-Joy, « parce que les religieux de ce monastère y avaient un hôtel. On l'a aussi appelée, par corruption, rue des Juifs; et, comme elle se prolongeait jusqu'à l'enceinte de Philippe-Auguste , au delà du point où commence la rue des Nonnainsd'Yères, on lui a donné le nom de rue de la Poterne ou Fausse -Poterne - Saint -Paul. Elle existe encore aujourd'hui; mais les hôtels qui la bordaient ont changé d'aspect.
(5) Les titres du \i\e siècle portent Frogier et Forgier-l'Asnier ; au milieu du xve, on écrit Geojfroij-l 'Asnier , et Le Reuf conjecture qu'il y a eu interposition de lettres. Cette anagramme est au moins douteuse. La rue dont il s'agit doit son nom à une ancienne famille bourgeoise, et a conservé en grande partie son ancien aspect. Elle renfermait plusieurs beaux hôtels dont quelques-uns subsistent encore.
(6) La Mortellerie est une des plus anciennes rues de Paris. Le nom qu'elle porte depuis le xue siècle, au moins, a été expliqué de différentes manières : les uns ont cru qu'elle le devait aux meurtres el, autres attentats mortels qui s'y commettaient; les autres le dérivent des morteliers , ouvriers employant la chaux et le plâtre, qui habitent ce quartier de temps immémorial. Sauvai a fait observer que Pierre et Richard le Mortelier y demeuraient en i3 k 8, mais la Mortellerie était connue sous ce nom près de deux siècles auparavant. Quoi qu'il en soit, cette voie, qui, comme les rues de la Bûcherie, de la Huchette, Saint-Germain-l'Auxerrois, etc. était un passage très-fréquenté avant l'établissement des quais, a conservé en grande partie son ancien aspect, surtout vers l'est, et en partant de l'hôtel de Sens; elle n'a perdu que son nom, pour prendre, en 1 835, celui de rue de rilôlcl-de Ville, Avant l'année 18.37, e"e débouchait
la rue de Ameline Boijkane^, de Garnier '2',
du Cimetière de Saint Gervais (3), de Fermanteaux de Lompont®, de la Rive{6);
de Saint Jehan de Grève (7), ou len vent le foing; la Vennerie 's), ou len vent lavoine;
sur le quai et la place de Grève; raccourcie, à cette époque, pour l'agrandissement du palais municipal , diminuée une seconde fois lors de la construction de la caserne Lobau, elle se termine aujourd'hui à l'ancienne rue de Long-Pont (Jaequesde-Brosse).
(1) Cette rue, que Guillot mentionne également sous le nom plus correct d'Ermeline Boiliaue, serait représentée aujourd'hui par l'impasse Putigneux, qui s'ouvre sur la rue Geoffroy-l'Asnier, et qui se prolongeait, autrefois, jusqu'à la rue des Barres. En i 6/io, dit Jaillot, on y voyait un jeu de paume.
(2) Par cette rue ir Garnier» il faut entendre la rue Grenier-sur-l 'Eau ; Guillot, reproduisant, comme Guillebert de Metz, l'ancienne prononciation, écrit rrGarnier-sur-l'Yauë.B Elle devait sans doute ce nom à quelque entrepôt situé près de la rivière, qui, comme on le sait, a été, pendant longtemps, presque l'unique voie servant à l'approvisionnement de Paris. L'ouverture de la rue Louis-Philippe a coupé la rue Grenier-sur-l'Eau en deux tronçons, qui aboutissent, l'un à la rue des Barres, l'autre à la rue Geoffroy-l'Asnier.
(3) La rue du Monceau-Saint-Gervais fut appelée, vers la fin du xiu" siècle, rue du Cimetière-Saint- Gervais, parce qu'elle longeait les murs de ce lieu funèbre et se prolongeait jusqu'à la place Baudoyer. On lui a donné, beaucoup plus tard, le nom de rue du Pourtour, qu'elle vient d'échanger contre celui du prévôt François-Miron. La ligne de constructions qui s'étend du portail de l'église à la rue des Barres , avec retour sur cette dernière rue , a remplacé les quatorze maisons qu'on éleva, l'an 1^73, en bordure sur le cimetière qui entourait l'église. Ce cimetière n'a été supprimé qu'à la Bévolution. La construction de la caserne Napoléon et de la nouvelle mairie du ive arrondissement a fait disparaître tout le côté septentrional de cette rue.
w Là où Guillot parle de rrl'Ourmeciau,» c'est-
à-dire de l'Orme-de-Saint-Gervais , notre auteur place une rue de Fermanteaux, dont il n'est question que dans le Dit de la bibliothèque Cottonienne. Géraud propose de lire : rue du Monceau. Fermanteaux est peut-être une faute de copie.
(5) La rue de Lompont ou Long- Pont devait son nom aux religieux de Long-Pont, qui y possédaient une maison au xiu" siècle; car elle est dite alors frrue à Moines de Lonc-Pont.r, Au commencement du xvi" siècle, on l'appelait rue du Port- Saint-Gervais. En 1 838 , elle a pris le nom de Jacqnes-de-Brosse , le célèbre architecte du portail de Saint-Gervais, lequel se nommait Salomon. La construction de la caserne Lobau a fait disparaître le côté occidental de cette rue.
w Cette rue de la Rive, qu'on ne trouve poin! indiquée ailleurs, ne peut être que l'une des ruelles qui conduisaient de la Mortellerie à la rivière. Outre l'extrémité de la rue de Long-Pont, on en comptait quatre qui avaient nom Pernelle, de la Levrette, des Plumets et des Haudriettes ; elles ont disparu avec la partie occidentale de la rue de la Mortellerie. Géraud croit qu'il s'agit du Port au blé.
m rr Saint Jehan de Grève, ou len vent le foing, y ne peut guère s'entendre que du cpiai ou bas-port qui était, en réalité, le siège de ce commerce, et que tous les anciens plans , d'accord avec la miniature empruntée au manuscrit de Jouvenel des Ursins, nous montrent couvert de marchandises amenées par les bateaux. Le recueil des Ordonnances royaulx ne laisse d'ailleurs aucun doute sur ce point. Toutefois Guillot énonce, en cet endroit, la irrue Saint Jehan de Grève," qui serait alors la partie méridionale de l'ancienne rue du Mari roi.
(8) Sauvai n'avait pas tort, comme Jaillot le lui a reproché, de dire que cette rue s'appelait, en 1265, vicus in Avenaria, et, en 1396, rue de YAvoinerie, puisque notre auteur constate que, de son temps, on y vendait de l'avoine, genre de commerce en rapport avec celui qui se faisait sur
la rue la Tacherie b\ la Rosière ® ;
des Commanderesses W, ou demeurent femmes qui louent variés et chamberieres;
aux Planées de Mibray, la place aux Veaux (4), de lAngle®;
la rue de lEscorcherie , ou demeurent les bouchiers; la Corduennerie (6), ou len fait soulers: de la Grant Boucherie, de la Triperie, de la Poulaillerie(7).
le quai. On trouve, du reste, à la même époque I aneria , et Guillot écrit rrla Vannerie. * Cette voie, qui continuait la rue Saint-Jacques-la-Boucherie, a été absorbée, en 1 855, par l'avenue Victoria.
IJ La Tâcherie était occupée, avant le xin* siècle, par les écoles ou synagogues des Juifs, ce qui lui avait valu la dénomination de Judœaria, et même celui de vêtus Judœaria en isi84. Guillot lui donne le nom qu'elle porte encore aujourd'hui. Coupée à ses deux extrémités par la rue de Rivoli et l'avenue Victoria , la rue de la Tâcherie , redressée et élargie, se continue aujourd'hui jusqu'au quai.
(2) Ce nom ne se trouve nulle part; il désignait probablement quelque impasse ouvrant sur la rue de la Tâcherie, comme le cul-de-sac Saint-Benoît, ou mie ruelle aboutissant à la rivière, comme la rue des Teinturiers. L'ordre dans lequel a lieu l'énumération ne permet pas d'autre conjecture.
3 Guillebert de Metz donne, avec le nom de celle rue, la définition du mot qui servait à la désigner. On y a vu tantôt la rue de la Vannerie, tantôt celle de la Coutellerie, et l'on trouve, en effet, des textes des xve et xvie siècles qui l'identifient avec ces deux rues. Jaillot, qui cite les pièces originales, résout la dilliculté en bornant l'appellation de Commanderesses ou Recommanderesses à la voie publique qui joignait le carrefour formé par les deux rues à celle de la Planche-Mibrai.
l"' La Place-aux-Veaux ou Vieille-Place-aux- Veau.x formait, avec ÏEscorcherie ou la Tuerie, la Triperie et la Poulaillerie , le réseau de ruelles obscures et malsaines qui couvraient l'espace compris entre le Châtelet, la Seine, les rues Planche- Mibrai et Saint-Jaeques-de-la-Boucherie. Dépen-
dances et annexes de la Grande -Boucherie, elles avaient été ouvertes à peu près à la même époque . et quelques-unes communiquaient avec la Seine par des caignards ou voûtes, dont les derniers restes ont été supprimés il y a peu d'années. Ce hideux ensemble a fait place aux premières maisons de la rue Saint-Martin, au Théâtre Lyrique, à l'avenue Victoria, à une partie du square Saint- Jacques et de la place du Châtelet. (Voir p. soi, notes 7 et 8.)
[i) Cette rue de l'Angle ou de l'Ange, devait nécessairement faire partie des ruelles entourant la Grande-Boucherie. Le Dit publié par Géraud porte : rue de VIrengne; Guillot place au même endroit les rues Saint-Jacques et du Petit-Crucifix.
(6' La tr Corduennerie, ou len fait soulers , » a déjà figuré sous d'autres noms au commencement de ce chapitre; elle est, en outre, représentée par la rue des Fourreurs, qui portait ce nom dès le xin" siècle. (Voir p. 2o3 , notes a et 3.) Mais est-ce bien de cette voie que notre auteur veut parler? Comme il revient à son point de départ, il serait bien étrange qu'il franchît de nouveau la rue Saint-Denis pour s'engager dans le quartier de Sainte-Opportune , par où il a commencé. Ne vaudrait-il pas mieux supposer qu'il y avait une rr corduennerie » près de l'Escorcherie et de la Tannerie, ruelles où se manipulaient les matières premières que la Grande-Boucherie produisait en abondance? C'est une conjecture que l'étude minutieuse des anciens titres pourrait bien confirmer.
(,) Ici se termine, avec l'énumération des rues de Paris, la longue série de notes que nous avons du leur consacrer. Ce travail, don! les éléments sont
Somme des rues de la basse partie de la ville : cent quatre vint et quatorze^. Somme de toutes les rues de Paris : trois cent et dix(-\
[des murs.]
Aux deux boutz de hi basse partie de la ville, sur la rivière, sont très haulx et fors murs^ a grans tours ^ : Cest assavoir au Louvre ou il sont a garites doubles^, les ungs dedens devers la ville, et les autres du costé dehors la ville. Et aussi aux Gelestins, lesquelz estora Hugues Aubriot, prevost de Paris. En lisle Nostre Dame sont bersiaux a traire de larbaleste et de lare a main; si y sont palis pour luitier. En la Cousture Sainte Kateline sont liches pour campiuns^.
épars dans les livres, n'est et ne pouvait être que très-sommaire. La Topographie historique du Vieux Paris donnera les détails et les justifications.
(1) Ce chiffre est celui que donne Guillot à la (in de son Dit :
Guillot si fii it a tous scavoir
Que par deca Grand Pont pour voir
N'a que deux cents rues moins six.
Mais Sauvai a fait remarquer que ce nombre excède de dix le total des rues nommées par le versificateur, et il donne de cette différence l'explication que celui-ci fournit lui-même :
Les autres rues a mis hors
De sa rime, puis quil nont chief.
Ces rues qui ernont chief, « c'est-à-dire les impasses, complètent le chiffre indiqué par Guillot. Quant à noire auteur, il semble avoir beaucoup plus mal compté que son devancier, puisqu'il énumère moins de cent soixante voies publiques; et encore plusieurs noms , séparés dans le manuscrit, doivent être réunis, car ils ne désignent qu'une seule et même rue. Il est vrai que le nombre des impasses ou rues ffsans chief » a pu s'augmenter entre les années i3oo et i/i34.
(2) Ce total est celui que donne Guillot. L'énumération faite par notre auteur ne comprend que deux cent soixante voies publiques, ce qui impliquerait l'existence de quarante-huit impasses. Il ne paraît pas que Guillebert de Metz ait fait entrer dans son addition les rues et les impasses situées hors de l'enceinte de Philippe- Auguste et comprises dans celle de Charles V. Cependant, au moment où il écrivait , cette dernière fortification était complète depuis plusieurs années ; et il nous fournit lui-même une preuve de ce fait, en nommant la rue Bourgl'Abbé que Guillot ne cite pas, ainsi que nous l'a-
vons fait remarquer, p. 208 , note 7. H faut en conclure que, après avoir ajouté au Dit de Guillot des rues nouvellement enfermées dans Paris , Guillebert de Metz s'est borné à reproduire le chiffre donné par son devancier, sans en vérifier lui-même l'exactitude.
(3) Guillebert de Metz parle ici de l'enceinte de Charles V. La seconde phrase du chapitre ne laisse aucun doute à cet égard : il y est question, en effet, des Célestins et de Hugues Aubriot, et l'on sait que la fortification de Philippe-Auguste aboutissait, sur la rivière, à la tour Barbeau, située à peu près en face de la rue Poullier.
1 Les deux enceintes aboutissant au Louvre et à la Tour-de-Bois ont été étudiées avec le plus grand soin par M. Berty ( Topographie historique du Vieux Paris, région du Louvre et des Tuileries, I, ch. v, p. 1 29-201).
(5) Les rr grosses tours à garites doubles « sont figurées dans le plan qu'a dressé M. Bonnardot (Dissertation sur les enceintes de Paris, pl. IX). Entre les tours' Barbeau et de Billy , le long de l'enclos des Célestins, elles sont très-rapprochées les unes des autres. M. Bonnardot figure dans la même planche une de ces tours à cheval sur la muraille et se trouvant, par conséquent, moitié rr devers la " ville, v moitié «du costé dehors la ville."
l°! Plusieurs historiens de Paris ont parlé de ces «bersiaux» et «palis pour Initier ;» l'île Notre-Dame (partie occidentale de l'île Saint-Louis) a été pendant longtemps le théâtre de ces exercices. Le poëte Knobelsdorf en donne une curieuse description. Quant aux « liches pour campiuns,» elles ont existé dans la rtCousture Sainte Kateline» jusqu'à la mort de Henri II , et même plusieurs années après. On les distingue très-nettement dans le plan de Du Cerceau, et l'on voit même les t campiuns » aux prises.