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DES PORTES DE LA BASSE PARTIE DE LA VILLE

La porte Saint Anthoine® : au dehors prés dicelle est une abbaye de Nonnains

rive gauche, depuis celle de Saint-Victor, ne parle pas de celle de Buci; puis Sauvai (t. III, p. 589) a constaté qu'il existait un «séjour d'Orléans en la rue ••Saint-Andry-des-Arcs, lès la porte de Bissy.rt Cet hôtel, ajoute M. Bonnardot, s'étendait de la porte jusqu'à la rue de l'Eperon, et Valentine de Milan y demeurait lorsqu'elle alla demander à Charles VI justice contre les meurtriers de son mari. La porte de Buci, qui ne dut pas conserver hien longtemps l'appellation de porte d'Orléans, avait été bâtie en même temps que les autres; elle fut réparée vers le milieu du xive siècle et rrrebastie toute de neuf," dit Corrozet, sous le règne de François I". André DuChesne, qui écrivait en 1O09, la cite comme ' l'une des plus Belles, et sur le portail de laquelle -s'estendent les armoiries de la Ville." Elle fut abattue en 1672 ou 1673. Du Breul et plusieurs autres historiens ont pensé que les Bourguignons, introduits dans Paris, l'an 1 A18, par la trahison de Perrinet le Clerc, avaient dû franchir la porte de Buci.

(1) LV issue* ou porte de Nesle était très-voisine de la fameuse tour dont le drame moderne s'est emparé. Cette tour, bâtie au commencement du xme siècle, fut appelée d'abord reTournelle de Philippe Hamelin sur la Seine, » puis tour de Neelle (Nigella). Son premier nom lui venait, dit M. Bonnardot, d'un prévôt du temps; le second, d'un hôtel contigu. Elle formait, sur la rive gauche, la tète occidentale de l'enceinte de Philippe-Auguste, rôle que jouait la forteresse du Louvre sur la rive droite. Quant à la porte, elle existait déjà en 1292, puisque le Bôle de la Taille de cette même année , publié par Géraud, cite une poterne de Philippe Hamelin. 11 paraît probable que cette poterne , reconstruite au commencement du xiv" siècle, fut. pendant assez longtemps, à l'usage exclusif des habitants de l'hôtel, ce qui expliquerait l'expression particulière d'issue qu'emploie Guillebert de Metz. Les '•places du grant et petit Nesle v ayant été vendues en 1575, il ne restait plus cpie la porte et la toiu* occupée par des pêcheurs et des blanchisseuses. Ces ruines majestueuses, que la gravure nous a

conservées, disparurent , vers 1676, pour faire place au collège Mazarin ou des Quatre-Nations.

(2' Le grand et le petit Pré-auœ-Clercs ont été exactement délimités par M. Berty. Le volume de la Topographie historique du Vieux Paris , consacré au faubourg Saint-Germain, en donnera le plan et la monographie.

m II y a eu plusieurs portes Saint- Antoine. La première fut probablement la porte Baudoyer; la seconde, bâtie sous le roi Jean, à l'extrémité orientale de la rue, près du boulevard actuel, était flanquée de deux fortes tours cylindriques.; ce fut apparemment la première que le Dauphin fît établir dans la nouvelle enceinte (1 35G ). En 1 870, elle fut incorporée à la Bastille, et entra ainsi dans le plan de cette forteresse. On songea dès lors à en construire une nouvelle, et l'on fit dévier l'extrémité de la rue Saint-Antoine un peu vers le nord, afin de la faire aboutir à la nouvelle entrée, et de placer en même temps la plus grande partie de la rue sous le feu de la citadelle. Cette troisième porte, qu'a vue notre auteur, se composait, s'il faut s'en rapporter à une ancienne estampe de la Bibliothèque impériale, d'un pavillon carré, avec un toit aigu et quadrangulaire, percé d'une baie en plein cintre et précédé d'un pont-levis. Considérée par Henri II comme trop mesquine pour la cérémonie de son entrée solennelle à Paris, elle fut embellie, dit Du Breul, au moyen d'un « avant-portail fort tr riche et magnifique a qui fut achevé en 1 585. Jean Goujon y sculpta deux figures de fleuve. Cet arc de triomphe, le premier qu'on ait construit à Paris, ne parut pas, à son tour, assez riche pour l'entrée solennelle de Louis XIV et de sa nouvelle épouse (1660). Les ornements provisoires, qu'on y avait ajoutés pour cette circonstance, furent, quelques années plus tard, exécutés en pierre par l'architecte Blondel, et l'arc triomphal de la Renaissance dut subir ce remaniement , comme il advint également pour le palais des Tuileries et l'hôtel Carnavalet. La porte de Charles V fut démolie vers 1O7/1; celle de Henri II et de Louis XIV, environ un siècle plus tard.

appellée de Saint Anthoine(,); après est la grandie aux Marchiers(2); après lostel de ( Ion dans (3); item le séjour du Roy (4); item le pont de Charenton, ou il a deux grosses

(1) On n'a point encore fixe* l'époque précise de In fondation de cette abbaye : les historiens varient entre 1181 et 1199. Ses premières habitantes furent des filles repenties qu'on agrégea à l'ordre de Cîteaux, et qui furent comblées de biens dès les premières années de leur profession ; le seigneur de Saint-Mandé fut un de leurs principaux bienfaiteurs. L'achèvement des bâtiments claustraux et la construction d'une église, qui fut consacrée en 1223. attirèrent la population vers la nouvelle abbaye, et bientôt il s'y forma des hameaux et des villages, comme la Râpée, Reuilly, Picpus, Popincourt, la Croix-Faubin, etc. Les Cisterciennes de Saint-Antoine ont occupé l'abbaye jusqu'à la Révolution. En 1770, l'architecte Lenoir reconstruisit complètement l'église et le cloître; vingt-cinq ans après, l'église était démolie, mais le cloître a été converti en hôpital , et une partie de l'enclos vendue par portions. Le boulevard Mazas, les rues de Cîteaux , Crozatier et de Chaligny traversent les anciens jardins de l'abbaye.

(2) La Grange-au-r-Merciers était originairement une sorte de bazar où se tenaient les marchands qui suivaient la cour; aussi Guillebert de Metz dit qu'elle se trouvait près du « séjour du Roy.* Devenue maison de plaisance, elle fut, dit Sauvai (liv. VII, p. 72), adjugée par décret, en 1 3 8 5 , à Pierre de Giac, chancelier de France, puis vendue , en 1 398, au duc de fierry, frère de Charles VI. Les propriétaires suivants furent Louis de Luxembourg, évêque de Thérouanne; le sieur de Saye, baron d'Ivry, qui l'eut par confiscation, et Prégent, seigneur de Coëtivy, amiral de France. Il s'y tint, sous les règnes de Charles VI et de Louis XI, de nombreuses conférences politiques cpii n'amenèrent aucun résultat. En 1 Ga5 , la Grange-aux-Merciers fut unie à la seigneurie et châtellenie de Charenton ; elle était située dans la rue qui portait encore ce nom , il y a quelques années , à peu près au débouché de la Grande-Rue de Bercy.

(3) Conjlans, dont l'étymologie est bien connue, est un village fort ancien; dès le xi" siècle, dit l'abbé Le Beuf, il en est fait mention sous le nom de Confuenlium. L'église dépendait du prieuré de Saint-Martin-des-Champs, qui y possédait la dîme et un droit sur la Grange-aux-Merciers. Ce que notre auteur appelle rr lostel de Conflans- était

probablement la rr belle maison * dont il est parlé dans le Supplément des antiquités de Paris, p. 87. ou tout au moins l'édifice qui l'avait précédé. Cette résidence, qui, après avoir appartenu à Nicolas de Neufville, seigneur deVilleroy, était passée successivement à MM. d'Alincourt, de Verdun et Le Jay. pouvait être considérée, dit l'auteur du Supplément, comme une rrdes plus belles qui soit ès environs rrde Paris. Ses logemens, ajoute -t- il , .sont fort rr magnifiques, entre autres une fort longue galerie «où sont grand nombre de tableaux représentant rrtous les princes d'Europe, des sales et chambres rr très-bien meublez, trois grands jardins accomrrpagnez de belles allées, les unes unies et les autres rr couvertes d'arbres, quantité de grands parterres, rr berceaux, cabinets, statues de relief de marbre et «de pierre, force agréables fontaines , vivier, grottes, rr eschoc , escaliers , voustes et autres singularitez « très-rares et extraordinaires. 1 C'est cette maison qui fut acquise par Monseigneur de Harlay, et qui devint la villa des archevêques de Paris.

(1) Il fallait, dit l'abbé Le Beuf, que la situation de Conflans et du pont de Charenton rreût mérité rr l'attention de nos rois, puisqu'ils s'étoient choisi rrun séjour tout auprès. Il y avoit encore, en 1678, «une maison et un jardin situés proche de ce pont, rr qu'on appeloit le Séjour du Roi. Peut-être étoit-il rr dans la place que Philippe-Auguste avoit désignée rrpour la fondation, laquelle ne fut point faite en ce rrlieu. Mais c'étoit aux Carrières, ajoute-t-il, que nos rrrois résidoient plus volontiers, n Une ordonnance de Philippe de Valois est datée de Conflans-lez- Paris. Le roi Jean y avait des écuries, et le dauphin Charles, assiégeant Paris fan 1 3 5 7 , était logé rren son hostel dit Séjour à Carrières, n Le terrain érigé en fief portait encore , au siècle dernier, le nom de Séjour du Roi. A ces détails donnés par Le Beuf, il faut ajouter ceux cpie nous a transmis Sauvai, et desquels il résulte que les comtes de Flandre et les ducs de Bourgogne avaient également chacun un rr séjour n à Conflans ou aux Carrières, au commencement du xv'' siècle ; qu'ils les réunirent et en firent un lieu de délices. (Voir Le Beuf, t. V, p. 10. 11 et 1 2 ; et Sauvai , t. II , p. 1 1 0 et 1 1 2 . ) Le pavillon dit de la Relie Gabrielle, qui sert aujourd'hui de mairie à la commune de Charenton , est probablement le dernier souvenir de ces villas princières.

tours M, oultre lequel est leglise Nostre Dame de Mets(->. Et dautre par! labbaye de Saint Mor des Fossez(3), esque] doux lieux len fait moult de pèlerinages. Item, a une lieue et demie, prés de la dicte porte, est le bois de Vincennes(l), lequel est enclos de moult haulx murs; et est plus grant que la ville de Paris; il y a ung

(1) Puisque Guilleberl de Metz parle des deux grosses tours qui flanquaient le pont de Charenton , les historiens modernes, dont parle Le Beuf, étaient sans doute dans le vrai lorsqu'ils affirmaient qu'on y voyait encore, en 1087, une forteresse inexpugnable. Le lieu est d'ailleurs une position stratégique des plus naturelles; et si, comme tout porte à le croire, on y a établi un pont dès l'époque gallo-romaine, ce pont a du être fortifié. L'existence d'un pont de bois esl constatée, dès le vu' siècle, par les actes de la vie de saint Merry; et les Annales de saint Bertin portent qu'après avoir été rompu par les Normands il fut réparé sur l'ordre de Charles le Chauve. Ce qui prouve, dit l'abbé Le Beuf, qu'une forteresse défendait la tété du pont, c'est que les abords en étaient considérés comme appartenant au domaine royal, et que Philippe-Auguste en disposa par son testament. Le fort du pont de Charenton est cité dans V Histoire des Grands Offices, t. VII , p. A33 ; il avait, en i38o, pour capitaine particulier Jean de l'Hôpital, auquel succéda son frère François ; Guilleberl de Metz dut voir l'un ou l'autre de ces personnages. Le pont de Charenton était a péage; il fut pris par les Anglais et repris par les Français en i486; emporté par Henri IV en 1590, et recouvré peu après par les Ligueurs; occupé, en 16/19, 1K"' '° prince de Condé, et réoccupé par l'année royale; enfin il a fourni, en 181/4, passage aux troupes alliées. On vient de le remplacer par une fort belle construction, vierge de toute espèce de souvenirs.

(2) L'église dont parle ici notre auteur est Notre- Dame de Mesrlie ou du Mèche; c'était un lieu de dévotion situé au delà du pont de Charenton, en la pai'oisse de Créteil. La mention que Guilleberl de Metz en fait n'a rien d'étonnant; de son temps, on s'y rendait en pèlerinage. Le Journal d'un bourgeois <le Paris, sous le règne de Charles VI , nous apprend , en effet, que , en 1 h 1 2 , "le Boy estant hors de Paris , «firent ceulx de Paris et ceulx des villages d'entour rr procession, et alloient chascun jour par ordre en f procession aux pellerinages de Nostre Dame enrrtour Paris, comme au Mesche et aux lieux plus «renommez de devocion.i Le Beuf croit que cet

édifice était considérable, rr attendu que la partie rr restante n'est pas tout à fait sur le bord de la rr route, mais à une distance qui peut permettre rrqu'ily ait eu entre deux, anciennement, le corps «de la grande chapelle et la croisée septentrionale, s (Hist. du dioc. de Paris, t. XII, p. 29.) M. J. Quicherat, dans son savant mémoire sur le lieu de la bataille entre Labienus et les Parisiens, combat cette assertion. Selon lui, le Mesche, qui existe encore à l'état de grange, et dont l'orientation insolite a beaucoup embarrassé l'abbé Le Beuf. serait un ancien sanctuaire élevé à la déesse Borne, après la conquête de la Gaule. (Voir les Mémoires de la Société des antiquaires de France, t. XXI, p. h 90 et suiv.)

(3) Il en est de l'abbaye de Saint-Maur-des- Fossés comme de Saint -Germain -des -Prés; une simple noie ne peut suffire à une telle histoire. Nous ne pouvons donc que renvoyer le lecteur, pour les annales du monastère, au Gallia christiana , à X Histoire de l'église de Paris par le P. Dubois, et à l'article étendu consigné par l'abbé Le Beuf dans le tome V de son Histoire du diocèse de Paris. Quant aux bâtiments claustraux et à l'église de l'abbaye, ils étaient situés à l'extrémité orientale du village de Saint-Maur, très-près des bords de la Marne. En 17 h 9, au moment où la collégiale, qui avait, en 1 553 , succédé au monastère, fut réunie à celle de Saint-Thomas du Louvre, on voyait, dit Le Beuf. les restes d'un ancien portique rrdont la structure rravoit paru être du m" siècle,» puis une église dont les piliers rrdatoient du roi Robert, * dont la croisée était du xn0 siècle et le sanctuaire du xive. Cette église, ayant été interdite par l'archevêque de Paris, tomba bientôt en ruines, et la Révolution eut peu à ajouter aux injures du temps. Il reste encore quelques débris de cet antique sanctuaire dans les jardins d'une maison particulière qui en occupe l'emplacement. Le pèlerinage dont parle Guillebert de Metz se faisait pour la guérison des épileptiques. Le Beuf donne à cet égard des détails fort curieux.

(4) Vincennes, son parc, sa chapelle, ses dépendances donneraient lieu à de très-longs développe-

chaste] a onze gosses tours haulx comme clochiers, ou il a une chanonie et logis pour le Roy. En ce bois est une église dune manière de hermites appelles Bons Hommes; item dun costé est ung bel hostel appelle Beauté. En ce bois ont acoustumé a estre toutes manières de bestes sauvages. La porte du Temple, ou sont grans jardins la porte Saint Martin ^ : la sont forbourcs ou est leglise

ments; nous nous bornerons à commenter le texte de notre auteur. i°Les «moult haulx murs» constituant l'enceinte ont été remplacés par une muraille plus modeste, qui a subsisté jusqu'à ces dernières années, et n'a été détruite qu'à l'époque de l'établissement du chemin de fer et de la transformation du bois. a° Les rronze grosses tours s haulx comme clochiers» sont figurées dans Les plus excellais bâtitnens de France de Du Cerceau; la plupart ont été rasées, depuis, au niveau de la courtine. 3° La « chanonie * était assez récente à l'époque où écrivait Guilleberl de Metz, puisqu'elle ii\ail été fondée par Charles V. en 1079, Pour desservir la Sainte-Chapelle, qu'il avait construite, et qui fut rebâtie par François 1er et Henri II. /«° Le tr logis pour le Roy 1 remontait à une époque assez reculée : une première maison royale, manerium regale, y avait été construite par Philippe- Auguste, après l'achèvement de la clôture de bois, et avait fait place à mie seconde demeure commencée par Philippe de Valois et terminée par le roi Jean, laquelle fut détruite sous les règnes de Louis XIII et. de Louis XIV, pour l'édification des deux grands corps de logis qui subsistent encore aujourd'hui. 5° Les Bons-Hommes , ou religieux de l'ordre de Grandmont, étaient établis, dès le xu" siècle, au bois de Vincennes,et leur couvent avait le titre de prieuré. Us y étaient encore au moment où écrivait Guillebert de Metz, puisqu'ils ne furent remplacés qu'en 1 585 par les Minimes de Nigeon. moines franciscains, installés à l'hôtel de Nigeon. près Paris, par Charles VII. Les Bons-Hommes du bois de Vincennes occupaient l'emplacement couvert aujourd'hui par le lac, dit des Minimes, les îles et les avenues environnantes; deux pavillons assez récents indiquent encore l'endroit. 6° Le château de Beauté, où mourut Charles V, était situé à l'extrémité orientale du bois, près de la Marne; un parc de cinquante-deux arpents l'entourait. Il avait disparu longtemps avant la Révolution; le (racé du chemin de fer, entre la porte de Nogent et la redoute de la Faisanderie, en marque à peu près l'emplacement. 7° Rigord nous apprend que

le roi Henri d'Angleterre envoya à Philippe -Auguste, aussitôt après la construction de la clôture de bois, tous les cerfs, daims et autres bêtes fauves que l'on put prendre dans ses domaines de Normandie et d'Aquitaine. Outre ces animaux , qui se sont perpétués dans le parc, on y entretenait encore une ménagerie, composée de lions, tigres, léopards et autres grands carnassiers. Le château de Vincennes , d'où sont datées de nombreuses ordonnances royales et où ont été détenus tant de prisonniers, a toute une histoire, depuis Philippe- Auguste et saint Louis jusqu'à nos jours; nous en avons à peine indiqué les grands traits.

11 Ce que Guillebert de Metz appelle la porte du Temple, était la seconde construction de ce nom. La première, bâtie par Philippe-Auguste, vers l'an 1200, était située dans l'ancienne rue Sainte-Avoye, un peu au-dessous du passage ainsi appelé. A l'époque où écrivait notre auteur, elle ne pouvait être entourée de grands jardins, car l'enclos du Temple en était très-voisin, et cet enclos, couvert de magnifiques constructions, était désigné, dès le xili* siècle, sous le nom de Villa nova Templi. C'est donc de la seconde porte du Temple qu'il est ici question; construite sous le règne de Charles V, à peu près à la hauteur de la rue Meslay, elle consistait, dit M. Boimardot, en un gros bâtiment ou bastide carrée, flanquée de tourelles avec herse et pont-levis. Modifiée pendant le xvie siècle, et reconstruite au commencement du XVIIe par le célèbre prévôt des marchands François Miron. elle fut abattue vers 1 683. Les plans les plus anciens la représentent flanquée d'une haute tour octogone.

(2) Nous avons déjà dit (p. 109) que la première porte Saint-Martin ou Archel-Sainl-Merry s'élevait à peu près à la hauteur des rues Neuve-Saint- Merry et Aubry-le-Boucher, et qu'elle faisait partie d'une enceinte antérieure à celle de Philippe Auguste. La muraille élevée sous ce dernier roi traversait la rue Saint-Martin un peu au-dessous du débouché de la rue Grenier-Saint-Lazare, et c'est là qu'était située la seconde porte. Devenue tffaulse rr porte" par suite de la construction de l'enceinte de

DOCUMENTS

ET

ÉCRITS ORIGINAUX

paroschiale de Saint Lorens(l); a une lieue est Longlieville'2', et a trois lieues est Bourget, et tout une cliaucée'3'. La porte Saint Denis (1) : la sont forbours ou est

Charles V, elle ne fut abattue qu'en i53o. La troisième porte, qui ('lait encore debout sous le règne de Louis XIII , s'élevait entre les rues Sainte- Apolline et Neuve-Saint-Denis (Blondel). Comme plusieurs autres portes, elle avait, dans son voisinage immédiat, une impasse longeant le rempart, et l'on retrouve encore aujourd'hui un certain nombre de ces petites voies rrsans chief. n Les impasses de la Bouteille (rue Montorgueil ) , des Peintres (rue Saint- Denis), des Anglais (vue Beaubourg), Saint-Claude (rue Montmartre), etc. sont, comme l'impasse de la Planchette, un souvenir et une trace des anciennes enceintes. Murée, puis réparée dans les premières années du xv" siècle, fortifiée au xvi" par un double bastion couronnant la butte ou voirie qui la dominait à l'est, la troisième porte Saint-Martin est figurée, sur les anciens plans, comme un gros bâtiment carré , flanqué de tourelles et précédé d'un pont-levis avec pont dormant. Agrandie et modifiée à diverses époques, notamment en 1 61 h , elle fut démolie vers le milieu du xvuc siècle.

n> L'église Saint-Laurent remonte à une trèshaute antiquité, puisque Grégoire de Tours en fait mention. Jaillot n'hésite pas à affirmer qu'elle existait au vi° siècle et qu'elle abritait déjà un monastère. Elle eut à subir les ravages des Normands . qui la dévastèrent de telle sorte qu'on n'en trouve plus trace du ixe au xne siècle. II parait probable que, pendant cette première période de son existence, l'église Saint-Laurent occupait l'emplacement où a été édifié, depuis, le prieuré Saint- Lazare (maison d'arrêt de ce nom), et qu'on la reconstruisit ensuite un peu plus à l'est, à l'endroit où s'élève aujourd'hui l'église placée sous le même vocable. Cet édifice , bâti au xv" siècle , augmenté en 1 5 4 8 , presque renouvelé en i5o,5, et doté d'un portail grec en iG-2-2, avait remplacé l'ancienne église élevée vers la fin du xn" siècle et à peu près contemporaine de l'enceinte de Philippe Auguste. Une dernière restauration, qui s'achève en ce moment, lui a donné une façade et une flèche plus en harmonie avec le style général du monument. La célèbre foire Saint-Laurent, instituée par Louis le Gros, se tenait dans le voisinage. Il est étonnant que Guillebert de Metz n'en parle point.

(,) Nous n'avons trouvé nulle part le nom de

rtLongheville, n qui s'applique évidemment à la Villette , bourg construit , tout en longueur, le long des routes de Flandre et d'Allemagne. On le trouve mentionné, dès le xuc siècle, comme une dépendance de l'hôpital Saint-Lazare, et appelé pour cette raison la Villelte-Saint-Ladre , en latin Villeta sancti Lazari. Au xve siècle, on y constate l'existence d'une église paroissiale, ce qui implique un certain centre de population. L'abbé Le Beuf croit qu'avant l'érection de cette église en paroisse la Villette dépendait, religieusement, du village d'Aubervilliers. On sait quelle importance a prise, depuis un demi-siècle, cette ancienne bourgade suburbaine, par suite de l'ouverture du canal Saint-Martin.

(3) Le Bourgel est une petite commune de 700 habitants, appartenant au canton de Pantin et à l'arrondissement de Saint-Denis. La rrchaucée» dont il est ici question est ime des plus anciennes routes du royaume; elle est établie sur le parcours d'une voie romaine de Paris à Soissons.

(4) La porte Saint-Denis , dont parle notre auteur, appartenait, comme toutes celles qu'il mentionne, à l'enceinte de Charles V. Elle était située au débouché de la rue d'Aboukir, et était nommée tantôt Porte-Boy a le , parce que les rois y faisaient leur première entrée solennelle, en venant de Saint- Denis, et que leur dépouille mortelle y passait encore pour être inhumée dans la célèbre abbaye; tantôt Porte-de-Paris, purement et simplement, c'est-à-dire la porte par excellence. C'était, dit M. Bonnardot, un gros bâtiment carré formant une cour à l'intérieur, terrassé sans toiture et flanqué, dans les angles, de tourelles en encorbellement. Après diverses modifications, cette porte fut abattue vers 167a. Elle avait été précédée d'une ou peut-être de deux autres portes. La plus ancienne, correspondant à l'Archet-Saint-Merry, devait être placée entre les rues des Lombards et Troussevache (de La Reynie). La plus moderne, qui faisait partie de l'enceinte de Philippe-Auguste, et qu'on appelait la Porte-aux-Peintres , s'élevait près de l'impasse de ce nom, au point où se rencontrent aujourd'hui les rues de Turbigo et aux Oms prolongée. Devenue, comme toutes les autres, rrfaulse porte» après la construction de l'enceinte de Charles V, elle fut d'abord dégarnie de ses tours, puis démolie vers i 535. Les deux arcs de

loglise Saint Ladre a une lieue est leglise appellée la Chappelle(2). Item a deux lieues est labbaïe de Saint Denis®, laquele est dexcellent édifice : la sont les corps de saint Denis et ses compaignons, saint Ruth ® et saint Eleutbere en grans riches fiertés®; si y est une maisoncelle dessus appelle Tegurion, toute d argent,

triomphe élevés en l'honneur de Louis XIV peuvent être considérés comme les quatrièmes portes Saint- Denis et Saint-Martin.

1 Mous avons déjà fait ressortir l'antiquité de Saint-Lazare, à propos de l'église Saint-Laurent. Ce fut d'abord une léproserie, construite sur les ruines de cette abbaye, à une époque assez indéterminée; toutefois il en est fait mention dès la fin du xu" siècle, et cent ans après on la cite sous le nom de Maison de Saint-Lazare, Domus Sancti Lazari. Était-ce alors une simple demeure hospitalière, on un établissement monastique? Grosse question que les historiens de Paris n'ont pas complètement résolue. Au commencement du xvi° siècle, la maison de Saint-Lazare, n'ayant plus de lépreux à soigner, était tombée dans un relâchement qui appelait une réforme; on y introduisit des chanoines réguliers de Saint-Victor, qui n'y firent pas un bien long séjour, car, cent vingt ans après, saint Vincent de Paul en prenait possession pour en faire le siège de deux nouveaux ordres qu'il venait de fonder, la congrégation de la Mission et l'institut des filles de la Charité. L'enclos Saint-Lazare, que traversent aujourd'hui la rue Lafayelteet !e boulevard de Magenta , et dans l'enceinte duquel on a construit la gare du Nord ainsi que l'hôpital de La Riboissière, a conquis, dans nos dernières luttes civiles, une célébrité aussi triste que la maison elle-même. Pillé et incendié le jour de la prise de la Bastille, l'établissement de Saint-Lazare fut, peu de temps après, converti en prison, et c'est là que Roucher, Chénier, la Jeune Captive ont passé leurs derniers instants. Depuis l'année 1811, la maison d'arrêt de Saint-Lazare est affectée aux femmes et filles prévenues, ainsi qu'aux rr galloises » insoumises.

: La Chapelle n'a pas toujours été sous l'invocation de Saint-Denis : les plus anciens titres la désignent ainsi : Capella sanctee Genovefœ , et Félibien, dans son histoire de l'abbaye de Saint-Denis, pense que la vierge de Nanterre avait, à mi-chemin de Paris et du tombeau des martyrs, établi une retraite ou oratoire qui a conservé son nom. Plus tard on a dit La Chapelle Saint-Denis , à raison de

la proximité de l'abbaye, et par abréviation La Chapelle. L'abbé Le Beuf fait remonter au commencement du xiue siècle l'existence de l'église paroissiale, et, par conséquent, de la paroisse. Cette église, ruinée par les guerres de religion, a été rebâtie au xvi" siècle; mais l'extension du bourg l'a rendue insuffisante, et, de nos jours, on a du construire, entre l'ancien village et la butte Montmartre, un bel édifice gothique qui a été placé sous l'invocation de saint Bernard. La Chapelle a été le théâtre d'événements importants, surtout pendant les xiv'etxv" siècles; mais ces événements appartiennent à l'histoire générale plutôt qu'aux annales de Paris.

3) L'illustre abbaye de Saint-Denis , comme Sainl- Germain- des -Prés et Saint -Martin -des -Champs, se refuse à une simple note. Le monastère, le trésor et les tombes royales qu'elle renfermait ont donné lieu à des travaux historiques nombreux. Voici les principaux : i° Antiquités et singularités de l'abbaye de Saint-Denis , cimetière des rois de France, in -8°. — 2° Histoire de l'abbaye de Saint- Denis en France, contenant les antiquitez d'icelle, etc. etc. ensemble les tombeaux , etc. par F. Jacques Doublet, etc. Paris, 1Ô25, in-4°. — 3" Le Trésor sacré ou inventaires des sainctes reliques et autres précieux joyaux qui se voyent en l'église et au trésor de l'abbaye royale de Sainct-Denis en France, etc. par Dom Germain Millet, etc. h' édition. Paris. i64 5. in- 12. — k" Histoire de l'abbaye royale de Saint-Denis en France, etc. etc. par Dom Michel Félibien , etc. Paris, 1706 , in-fol. Presque tous les historiens de la ville de Paris ont consacré un article à l'abbaye de Saint-Denis; il faut consulter principalement le tome III, p. 173, de YHistoire du diocèse de Paris, de l'abbé Le Beuf. Parmi les travaux modernes, il faut signaler la Monographie de l'église royale de Saint-Denis , tombeaux et figures historiques, par le baron de Guilhermy. Paris, i848. in-18, et YHistoire de l'abbaye de Saint-Denis en France, par M'"" Félicie d'Ayzac. Paris, 1860. 1 vol. in-8°.

Le manuscrit porte Ruthj il faut lire Rustique.

' Fierté, du latin/ere/rwm, châsse.

a riches pierres, laquele fist saint Eloy. Si lit au premier la couverture de leglise dargent, mais puis pour une grant guerre fu descouverle, et lu pour ce baillie a leglise ung des sains doux, une partie de la sainte couronne, une partie de la lance, une partie de la sainte croix, le suaire Nostre Seigneur, le destre bras saint Simeon, une chemise de Nostre Dame et autres notables reliques. Illec sont moult de riches sépultures de roys et princes; la prent le Roy loriflainbe quant il va en guerre : cest un gonfanon , dont la hante est dorée et la baniere vermeille a cinq frengcs, ou len met houpes de vert(,). Entre Paris et Saint Denis est la place du Lendit ('-); et sur la rue sont pluseurs grans et notables croix enta.illies de pierres, a grans ymages; et sont sur le chemin en manière de Monjoies pour adrechier la voie'31. La porte de Montmartre'41; a demie lieue prés est le

(1) Voir l'appendice spécialement consacré à l'Oriflamme.

,2) Le Lendit a été l'objet de travaux importants : Guillot lui a consacré un dit que l'abbé Le Beuf a imprimé et annoté au IIP volume de son Histoire du diocèse de Paris, et qui se trouve intercalé dans une savante histoire de cette foire célèbre. Sauvai en parle également comme des foires Saint- Lazare et Saint-Germain : il nous apprend que le Lendit commençait le mercredi après la Sainl-Barnabé (1 1 juin), pour finir la veille de la Saint-Jean {if4 juin), rrce qui pourtant, ajoule-t-il, n'est pas si rrbien réglé qu'on ne laisse durer davantage.» Le premier mot dont on s'est servi paraît avoir été indictum, lieu désigné pour une assemblée; d'où I on a fait Yindict, l'endict et enfin Lendit ou Landit , par suppression de l'apostrophe. La chose n'a pas été moins transformée que le mot : «Le commen- ■r cément, dit Le Beuf, a été un concours de piété "à un endroit indiqué (indicalus, indictus) dans la cr campagne. Mais l'aridité du lieu, où il n'y a ni fon- -taine ni ruisseau, y ayant lait apporter les besoins «de la vie, il s'y forma peu à peu une foire; et <r lorsqu'elle fut établie on la continua plusieurs "jours. C'était ainsi qu'avaient dégénéré tous les « concours faits autrefois aux tombeaux de quelques n-sainls.» (Hist. du diocèse de Paris, t. lit, p. a54.) On peut juger de l'importance de la foire du Lendit par la seule énumération îles contrées d'où provenaient les marchandises qu'on y voyait exposées. Guillot cite, en France, les Ardennes, Rouen. Provins , Douai , Cambrai , Maubeuge , Avesnes , Nogent-le-Botrou, Dinan , Caen, Louviers, Breteuil, Vernon, Chartres, Beauvais, Evreux, Amiens, Troyes, Sens, Aumale, Les Andelys, Doullens, Montreuil. Saint-Quentin. Saint-Omer, Abbeville,

Châlons-sur-Marne, Valenciennes , Thorigny. Darnetal , Bonneval , Nogent - le - Roy, Châteaudun . Mondoubleau, Corbie, Aire, Bayeux, Lille, Arras, Venins, Élampes, Melun, Pontoise, tYIeaux, Lagny. Château-Landon, etc. et, hors du royaume, l'Angleterre, les villes de Gand, Ypres, Malines. Bruxelles , Louvain , Tournay , Courtray, Hall , Huy, etc. C'était donc principalement une assemblée des marchands et fabricants du Nord. On peut consulter encore sur le Lendit les deux grandes histoires de Saint-Denis par Doublet et Félibien.

(3) Ces croix s'élevaient sans doute sur un petit tertre ou au sommet d'une plate-forme à laquelle on accédait par des degrés, comme pour tous les calvaires de cette époque; ce qui explique la locution dont se sert Guillebert de Metz «en manière de « Monjoies i (mons gandii), c'est-à-dire comme de petits monticules. Quant à l'expression «■ adrechier, » elle est la traduction littérale du latin adresciare, rendre (boit ou direct, et, par extension , indiquer. (Voir Du Cange, édit. Henschel, t. I, p. 92.)

(4) La première porte Montmartre , appartenant à l'enceinte de Philippe-Auguste, était située un peu au delà de la rue du Jour ; on l'appelait aussi porte Saint- Eustache ; construite dans le style militaire du xiiic siècle, elle fut remaniée à diverses reprises et disparut vers la fin du règne de François I". La seconde fut élevée à la hauteur de la rue actuelle d'Aboukir, lors de la construction du mur de Charles V, et on ne la munit d'un ponl-levis qu'en l'année i4a5. Après avoir subi diverses modifications, tant dans sa structure que dans ses dépendances, elle fut abattue vers i634. Une troisième porte Montmartre fut édifiée sous le règne de Louis XIII, lors de la réunion à la V ille du quartier de Bonne-Nouvelle et de toute la région occidentale

DESCRIPTION

mont ou len prent la piastre dont len fait les maisons de Paris W; sur lequel mont est une abbaye de nonnains (>2). Item, au pié du mont, est leglise appellée des Martirs, que sainte Geneviève fonda, ou saint Denis et ses compagnons furent decolez®. La porte Saint Honnoré^ : la sont forbours ou est leglise appellée au Rolle^. Item a deux lieues est leglise Nostre Dame de Bouloigne la petite, ou len

limitée depuis par le cours ou boulevard. Elle s'élevail entre la fontaine do Montmorency, récemmenl démolie, et la rue des Jeûneurs, presque eu face de la rue Saint-Marc; noire auteur ne i'a évidemment pas connue.

1 irLa piastre^ est mentionnée par tous les anciens historiens de Paris : on peut voir ce qu'en dit Jean de Jandun ( Traité des louanges de Paris , p. 76 et 78).

! L'abbaye de Montmartre a été. comme tous les grands monastères de Paris, l'objet de travaux importants. L'Histoire de Sain t-M artin-des-Ch amps par Dom Marrier et le Gallia christiana en parlent fort longuement; Du Breul, Sauvai et l'abbé Le Rouf s'en sont aussi beaucoup occupés. De nos jours M. de Guilhermy a publié un savant mémoire sur ce sujet (Mém. présentés par dirers savants étrangers à l'Acad. des inscript, t. 1", p. 178.) M. Michel de Trétaigne a donné également une monographie de Montmartre. Au moment où écrivait Guilleherl de Metz , l'abbaye de Montmartre était encore sur le sommet de la montagne; aussi dit-il : ersur lequel amont est une abbaye de nonnains." Le monastère d'en bas 'ne fut construit qu'en 1622, et la communauté se dédoubla pour le peupler; mais, en 1681, elle s'y transporta tout entière, abandonnant l'église Saint-Pierre, qui n'était auparavant qu'à demi paroissiale, et qui le devint ainsi tout à fait. La rue et la place de l'Abbaye, ainsi que la mairie du XVIIIe arrondissement et ses environs immédiats . marquent aujourd'hui remplacement du second monastère; quant au premier, il touchait à l'église Saint -Pierre. Sur le plan do La Caille, qui est de 1 7 1 li , on aperçoit une ligne de bâtiments escaladant la montagne et réunissant à l'abbaye d'en bas l'église ainsi que le chœur des religieuses placé derrière l'abside. C'est sur ce point qu'on avait élevé une tour en charpente et on plâtre pour le service du télélégraphe.

[s> L'église dos Martyrs, située à mi-côte, est mentionnée dès le xi° siècle; on l'appelait vulgairement le Martyre , trsanctum martyrium. ■» Celle chapelle, figurée sur le plan do Du Cerceau , est célèbre pour avoir été. on 1 53A . le berceau de la Compagnie de

Jésus. Les guerres de religion la ruinèrent; mais elle fut somptueusement rétablie, à la suite do la découverte, faite en 1 G 1 1 , d'un caveau que l'on crut être le tombeau de saint Denis. Cet événement amena, ainsi que nous venons de le dire, la translation du monastère, qui a subsisté sur son nouvel emplacement, jusqu'à l'époque de la Révolution.

(4) La porte Saint-Honoré , qu'a vue Guilleherl de Metz , est sans doute celle qui appartenait à l'enceinte de Charles V, et qui était située enlre les rues du Rempart et Jeannisson, sur la place actuelle du Théâtre-Français. Elle est célèbre pour avoir subi . en 1/139, l'attaque de Jeanne d'Arc. Des fouilles, faites en 1 860 et suivies avec le plus grand soin par le service des travaux historiques , ont permis de fixer avec la plus entière certitude l'emplacement et, la structure de celte porte. Le résultat de ce travail est consigné dans le tome Prde la Topographie historique du Vieux Paris (rég. du Louvre et des Tuileleries, appendice, p. ix). On peut lire, dans le même volume, les savantes pages consacrées à la première porte Sainl-Honoré, qui était située vis-àvis l'Oratoire (p. t6/i), et à la troisième porte du même nom, qui s'élevait entre les rues Royale et do Saint-Florentin , à soixante-deux mètres de cetle dernière rue (p. 3-2 2).

(5) Le Rolle ou Houle, ïïollus , Rolulus, est mentionné dès le commencement du xme siècle : c'était, comme Saint-Lazare, une léproserie fondée par les ouvriers de la Monnaie de Paris, et pourvue d'une chapelle pour le. service des malades. L'hôpital e! la chapelle subsistèrent jusqu'à la fin du xvi° siècle; niais il arriva là, ainsi qu'au faubourg Saint-Denis, que les lépreux firent défaut et que les bâtiments, tombant en ruines, ne furent point réparés. C'est alors que les habitants du faubourg, dont le nombre s'était beaucoup accru, demandèrent la permission de bâtir, de manière à joindre le Roule à la Villel'Evêque (1639-1722). L'éloignement où ils étaient de Clichy et de Villiers-la-Garenne, leurs paroisses, leur fit demander et obtenir un titre paroissial pour l'ancienne chapelle du Roule, qui fut remplacée, à la fin du siècle dernier, par l'église actuelle de Saint- Jacques et Saint -Philippe, œuvre de l'architecte

fait moult de pèlerinages ^ ; illec prés est le pont Saint-Clou, ou a deux fortes tours (2).

LA QUINTE PARTIE EN LAQUELLE EST DEVISE EN GENERAL DE LEXCELLENCE DE LA VILLE

Len souloil estimer a Paris plus de quatre mil tavernes de vin, plus de quatrevingt mil mendians , plus de soixante mille escripvains ; item de escoliers et gens de mestier sans nombre ; item la compaignie prelas et princes a Paris assiduelment conversans, les noblesces, les estas, les richesces et diverses merveilles solennités et nouvelletez ne pourroit nulz raconter parfaitement. Len estimoit lor, largent et pierreries estans aux reliques et vaissellement des églises de Paris, valoir ung grant royaume. On mengoit a Paris, cliascune sepmaine, lune parmy lautre comptée, quatre mille moutons, deux cent quarante beufs , cinq cens veaux, deux cens pourceaux salés et quatre cents pourceaux non salés. Item on

Chalgrin. Le modeste faubourg dont parle Guilleberl de Metz a pris, de nos jours, un développement immense.

(1) Notre auteur, ainsi qu'on a pu te remarquer, aime à citer les lieux de pèlerinage; il s'y rendait sans doute avec la foule, et le souvenir lui en restait. Boulogne cria petite » dont il parle ici, pour la distinguer de Boulogne-sur-Mer était, depuis le commencement du xiv° siècle , célèbre par l'alTluence de peuple qu'elle attirait. On connaît l'origine de cette dévotion : Philippe le Long ayant donné aux pèlerins de retour de Boulogne -sur- Mer la permission de construire une église au village de Menus-lez-Saint-Cloud, le nouvel édifice, dédié à Notre- Dame comme l'église mère, et bâti sur le même modèle, fut achevé en moins de dix ans et enrichi d'indulgences par le pape Jean XXII. Le terrain provenait d'un défrichement de la forêt de Roboretum (Rouvray), qui s'étendait antérieurement jusqu'aux bords de la Seine. Les bourgeois de Paris s'affilièrent en foule à la nouvelle confrérie de Boulogne-la-Petite , et Nicolas Flamel, dit Moreri, dépensa beaucoup d'argent pour la rendre florissante. Le village s'est développé depuis dans de grandes proportions, et les pèlerinages à Boulognela-Grande ont recommencé de nos jours. L'église, que Zeiller a gravée dans sa Topographia Galliœ, vient d'être l'objet d'une restauration complète.

(2) L'histoire civile et religieuse de Saint-Cloud serait longue à écrire : il s'est passé , en effet , bien des événements dans le village de Norigenlum, depuis la retraite du fils de Clodomir jusqu'à l'as-

sassinat de Henri III. Guillebert de Metz ne parle que du pont; nous nous bornerons à dire ce que l'on en sait. Il est probable, dit l'abbé Le Beuf. qu'il y en avait un dès l'année 84 1 ; mais on en constate positivement l'existence en 1218, et il est dit que des moulins y étaient établis. Comme il tombait de vétusté, on fut obligé de le reconstruire dans les premières années du xive siècle. Le Laboureur (Histoire de Charles VI, p. 78Â) dit qu'en 1/111, année où, selon le Journal d'un bourgeois de Paris, le pont fut tr livré aux Arminaz par rrun faulx traitre qui en estoit cappitaincn ce ponl était partie en bois, partie en pierre, et qu'on y avait construit une forteresse. Guillebert de Metz nous apprend qu'elle consistait en «deux fortes retours, t qui disparurent probablement en 1 5 5 G , lors de la reconstruction ordonnée par Henri IL On a répété,à propos du pont de Saint-Cloud, l'histoire bien connue de l'intervention du diable, qui s'était réservé l'âme de celui qui y passerait le premier, et qui n'eut, en définitive, que Y âme d'un chat. Sully, dans ses mémoires, met l'entretien du pont de Saint-Cloud à la charge de la province de Normandie, probablement à cause du commerce qu'elle faisait sur la Seine. Le Beuf assure (Histoire du dioc. de Paris, t. III, p. 5o) qu'on a imprimé, de son temps, sous le titre de Petites annales de Saint- Cloud, une relation des événements accomplis sur ce pont.

(3) Les observations auxquelles cet essai de statistique peut donner lieu nous ont paru devoir excéder les limites d'une simple note; nous en avons

y vendoit cliascun jour sept cens tonneaux de vin, dont le Roy avoit son quatrième, sans le vin des escoliers et autres qui nen paioient point, comme les seigneurs et autres pluseurs qui le avoient sur leurs héritages (l\

Grant chose estoit de Paris quant maistre Eustace de Pavilly, maistre Jehan- Jarçon, frère Jacques le grant, le maistre des Mathurins et autres docteurs et clercs soloient preschier tant dexcellens sermons ; et du beau service divin quon y celebroit lors. Item quant les roys de France, de Navarre et de Cecille, pluseurs ducs, contes, prelas et autres seigneurs notables, frequentoient illec assiduelment. Item quant y demouroient maistre Gille des Champs, souverain docteur en théologie; maistre Henry de Fontaines, astrologien ; labbé du Mont Saint Michel, docteur en droit canon; levesque du Puy, en droit civil; maistre Thomas de Saint Pierre, en médecine; maistre Gille Soubz le Four, en cirurgie, et pluseurs excellens clers de plaisant rethorique et éloquence. Item quant y conversoient maistre Lorent de Premier Fait, le poète; le théologien alemanl, qui jouait sur la vielle ; Guillemin Dancel etPerrin de Sens, souverains harpeurs; Cresceques, joueur a la rebec; Chynenudy, le bon corneur a la turelurette et aux fleutes ; Bacon, qui jouoit chancons sur la siphonie et tragédies. Item Gobert, le souverain escripvain qui composa lart descripre et de tailler plumes; et ses disciples qui par leur bien escripre furent retenus des princes, comme le juenne Flamel du duc de Berry, Sicart du roy Richart dEnglelerre, Guillemin du grant maistre de Rodes, Crespy du duc dOrleans, Perrin de lempereur Sigemundus de Romme, et autres pluseurs^2'.

Item pluseurs artificeux ouvriers, comme Herman, qui polioit dymans de diverses formes; Willelm 1 orfèvre ; Andry, qui ouvroit de laiton et de cuivre doré et argenté; le potier qui tenoit les rossignolz chantans en yver ; les trois frères enlumineurs et autres dengigneux mestiers. Item Flamel laisné, escripvain qui faisoit tant daumosnes et hospitalitez ; et fist pluseurs maisons ou gens de mestiers demouroient en bas, et du loyer quilz paioient estoienl soutenus

donc fait l'objet d'un appendice qu'on trouvera à in lin du livre de Guillebert de Metz.

Le privilège dont parle ici Guillebert de Metz existait en effet pour les écoliers, les bourgeois et les grands seigneurs. En ce qui concerne les écoliers, une bulle d'Innocent IV. publiée en 1245, les avait exemptés de tout péage, soit pour aller à Paris, soit pour en revenir. Un demi-siècle plus tard (1297). Philippe le Bel confirma et augmenta cette immunité; il affranchit de tout droit les objets appartenant aux étudiants ou destinés à leur usage. Le vin se trouvait naturellement compris dans cette exemption. (Voir Du Boullay, Hisloria Unie. Paris. t. III . p. 2^3 . et Crevier, t. II . p. 1 38.) Quant aux

IIIST. I.

bourgeois et aux seigneurs, ils possédaient en matière de boissons un double privilège : d'abord . ils ne devaient aucun droit de gros ni d'augmentation pour le vin provenant de leurs crus et destinés à leur propre consommation; puis il leur était loisible de vendre eux-mêmes le vin de leurs vignes; et les commis du fermier des Aides ne pouvaient pénétrer chez eux qu'avec une permission de la justice. Les marchands de vins se sont souvent plaints de cet état de choses. (Voir De Lamare, Traité de la police, t. III, p. 762.)

" l'our tous les personnages cités dans ce paragraphe et dans le suivant, voir les appendices placés à la fin du livre de Guillebert de Metz.

poures laboureurs en hault^. Item la belle sauniere, la belle bouchiere, la belle eharpentiere et autres dames et damoiselles ; la belle herbiere et celle que on clamoit la plus belle, et celle quon appeloit belle simplement^. Item damoiselle Christine de Pizan, qui dictoit toutes manières de doctrines et divers traitiés en latin et en François. Item le prince damours, qui tenoit avec lui musiciens et galans, qui toutes manières de chancons, balades, rondeaux, virelais et autres dictiés amoureux savoient faire et chanter, et jouer en instrumens mélodieusement.

Longue et grant chose seroit de raconter des biens que en y usoit, mesmement quant si pou de chose, comme estoit limposicion des chappeaux de roses et du cresson, valoit au Roy dix mil frans lan^. Il souloient venir solacier a Paris lempereur de Grèce (4), lempereur de Romme (5), et autres roys et princes de diverses

1 Nous donnons aux appendices, d'après l'abbé Vilain, le plan et la vue de l'une de ces maisons, qui existe encore rue de Montmorency.

(S) Notre auteur semble avoir devancé les ballades de Villon en l'honneur de la belle heaumihre, de la {rente saucissière, de Blanche la savatière, de la belle gantière, de Katherine l'éperonnière , sans compter Margot sa mie, dont la profession ressemblait beaucoup à celle des habitantes de Glatigny et de Baille-Hou. Guillebert de Metz pouvait regretter, comme Villon, les dames du temps jadis et les neiges d'antan; mais, ainsi que le poëte populaire, il rendait pleine justice aux beautés contemporaines, et il les cherchait de préférence dans l'atelier et dans la boutique. Cent ans auparavant, Jean de Jandun, personnage grave et tout occupé de questions politiques et religieuses, avait également célébré les « charmes ineffables » des Parisiennes de son temps. ( Traité des louanges de Paris, p. 56 et 57.)

(3) Ce genre d'impôt est assez peu connu , et ton ne saurait dire s'il rapportait au Roi la somme dont parle Guillebert de Metz; mais, en ce qui concerne les (f chappeaux de roses , n nous voyons , par la redevance de la bouquetière de Sainte-Opportune, quelle devait être l'importance de ce commerce, au seul point de vue des fournitures faites aux églises. Ladite bouquetière était tenue de livrer: i° les jours de Pâques et de sainte Opportune, un bouquet des plus belles fleurs de la saison, pour la quêteuse; ■>. 0 à la fête Dieu , un chapeau de fleurs d'oranger à trois rangs, pour le saint sacrement; un chapeau pour le curé, et six autres pour les diacres, sousdiacres et porteurs de ciel (dais); trente chapeaux avec du vert, pour le clergé île la paroisse ; cinq bou-

quets à branche pour les marguilliers ; cinq douzaines de bouquets ronds , dont dix-huit tout de fleurs , pour les anciens et les porteurs de ciel ; im chapeau pour la croix; 3° tous les matins de chaque jeudi, un chapeau de belles fleurs selon la saison, pour le saint sacrement. (Hisi. du dioc. de Paris, édit. Cocheris, additions, t. I, p. 189.) — Quant à l'impôt sur le cresson, il n'est guère plus facile d'en calculer le produit. De Lamare (Traité de la police, t. III, p. 343) classe la plante parmi celles qui figuraient en abondance sur le marché à la verdure , et donne la série des ordonnances et règlements relatifs à la production et à la vente de ce légume.

(4) r Lempereur de Grèce, » dont parle Guillebert de Metz , est Manuel II Paléologue , qui , après la funeste bataille de Nicopolis, se rendit en Italie, en Allemagne et en France, pour1 implorer du secours (îioo). Le maréchal de Boucicaut, qui l'accompagnait, raconte ainsi son séjour : rr L'Empereur ff arriva à Paris, auquel le Roy et tous nos seigneurs rtles ducs allèrent alencontre jusques dehors Paris, rr a tout grand route de nobles gens ; et a grand honrmeur le receurent, et moult l'honora le Roy, comme rr raison estoit. Car, sans faillir, moult est l'empern-eur Carmanoti prince de grand révérence, bon. « prudent et saige , et est pitié dont il est en telle rr adversité. Et se reposa et aisa a Paris , et le Roy rr lui entretint tout son estât et le deffroya de toute '•despence, tant comme il l'eut ou royaume de ci France. » (Livre des faicts du marcschalde Boucicaut, 1™ partie, ch. xxxvi.) Les détails de cette réception . qui fut magnifique, sont donnés par Le Laboureur (Jiv. XXII, ch. i) et Juvénal des Ursins (p. i43).

rr Lempereur de Rome » n'est autre que Charles IV, dont le voyage à Paris (1877) a ^

parties du monde Item au couronnement de la Royne de France, Ysabel de Bavière, quand elle vint premièrement a Paris, si y vindrent avec elle plus de six

longuement décrit par tons les historiens, et enluminé par les plus habiles miniaturistes de cette époque. Christine de Pisan et les Grandes Chroniques racontent à peu près dans les mêmes termes les divers incidents de cette visite mémorable; nous indiquerons seulement la part que l'Echevinage et la bourgeoisie de Paris prirent à la réception. s Vindrent n-a lencontre de luy le Prévost de Paris et le Cherrvalierdu guet, avecques très grant quantité de « leurs gens a cheval, vestus d'unes robes, et aussy (ry estoit le Prévost des Marchans, et les Eschen-vins de la ville de Paris, et des bourgois bien s montés et vestus de robes my parties de blanc et ftde violet : et estoient bien en nombre, en ladite t place, de dix huit cens a deux mille hommes, de- -rquoy lesdits Prevos et chevaliers, les Eschevins fet grant quantité de autres bourgois estoient " montés sur beaux destriers et coursiers très nofblement, et se mirent rengiés aux champs, selon rr le chemin , en très belle ordenance. Lors se déparer tirent davec les autres le Prévost de Paris, le f Prévost des Marchans et le Chevalier du guet , et rrse aprochierent de lempereur, et porta le Prévost rrde Paris les paroles en disant : Très excellent prince, rr twus les officiers du Roy a Paris, le Prévost des a Marchans et les bourgois de la bonne Ville, nous rr venons faire la révérence et nous offrir a faire vostre 't bon plaisir, car ainsi le veult le Roy nostre seigneur, «et le nous a commandé. Et lors, lesdits Prevos et rr Eschevins, avec les bourgois, vindrent ensemble ^ jusques a Paris , et estoient bien en la compainrrgnie, tant des officiers du Roy comme des gens eede la ville de Paris, quatre mille chevaux et rrplus.fl L'accueil que la bonne ville de Paris fit à Charles IV ne se borna pas à ces premières démonstrations • rr Le mardy ensuivant, le Prévost des «• Marchans et les Eschevins de Paris, a heure que rr lempereur disnoit en sa chambre, entrèrent derrvers luy et lui présentèrent, de par la Ville, une rr nef pesant neuf vins et dix mars dargent, dorée ■ret très richement ouvrée, et deux grans flascons rr dorez et esmailliez, du pois de septante mars ff dargent. Et a son filz (le roi des Romains) présentèrent une fontaine dargent dorée et richement rr ouvrée, du pois de quatre vingt treze mars, avecrrques deux grans pos dargent dorez très richerrment ouvrez de trente mars pesans.n Après avoir

si dignement fêté l'arrivée et le séjour, il ne restait plus aux officiers du Roi et de la Ville qu'à saluer le départ de leur hôte; c'est ce qu'ils firent : rrLe » rr Prévost de Paris, le Chevalier du guet, le Prévost erdes Marchans, les Eschevins et les gens de la «Ville estoient devant aus champs, qui estoient verenus pour convoier lempereur et chevauchierent rr devant. « (Les Grandes Chroniques de France, édit. de M. Paulin Paris, t. VI, chap. 55, 56, 62, 7/1.)

(1) Guillebert de Metz n'indique que d'une manière vague ces visites royales et princières; nous citerons les principales. Le roi de Chypre, les ducs de Rrabant, de Lorraine et de Bar assistèrent, en i36 A, au couronnement de Charles V. En i366, Jean de Montfort vint à Paris pour faire hommage au roi du duché de Bretagne. Deux ans après, Lionel, duc de Clarence, second fds du roi d'Angleterre, fît le même voyage. En 1871, voyage du roi de Navarre, Charles le Mauvais, rr devers le rrroy de France, qui luy fist très grant chiere, et rrfut, le jour de la Penthecouste, vestu de robe parrreille ou roy de France, et ot housse comme le rrroy avoit. n L'une des dernières visites royales qui aient précédé la démence de Charles VI fut celle du roi d'Arménie , Léon VI , de la famille de Lusignan, chassé de ses États par les Turcs. Ce prince vint à Paris en i385, et fut fort bien accueilli : rrFut rr regardé, dit Froissart , que le roy dArmenie, pour rr tenir un estât moyen, seroit assigné d'une rente rret revenue par an sur la Chambre des comptes, rret bien payé de mois en mois, et de terme en rrterme. Si fut assigné le dit roy dArmenie de rrsix mille francs par an, et eust cinq mille de pressent, pour lui pourvoir de chambre et vaisselle rret autres menues choses nécessaires, et lhostel de rrSainct Audoin (Saint-Ouen) delez Sainct-Denis. rrpour la demourer, luy et ses gens, et y tenir son rrestat. -n (Le tiers volume de Froissart , chap. xxu.) Le roi déchu vécut ainsi de la munificence royale jusqu'en 1 3 93 , époque où il mourut. Il fut inhumé en grande pompe aux Célestins. On ne mentionne plus, avant les entrées solennelles de Henri V et du duc de Bedford, que celle de l'empereur Sigismond , qui eut lieu en 1 4 1 6 ; Monstrelet (I, ch. clhi) et Juvénal des Ursins (p. 3 9 9) nous en ont transmis les détails. Leduc de Berry, le cardinal de Bar. le Connétable, le Chancelier, les Prévôts de Paris et

vingt mil personnes a cheval que la Royne paya ()). Item lan mil quatre cent dix huit, en une mortalité, morurent en lostel Dieu, lez Notre Dame, plus de trente mille personnes comme il apparut en la Chambre des comptes (3), ou len livre les draps pour ensevelir.

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