PARIS A VOL D'OISEAU
On ne se fera jamais une idée approchante du Paris d'autrefois. Cette foule active et turbulente de travailleurs était traversée à chaque instant par toutes sortes d'oisifs qui s'en venaient chercher la fortune à Paris. Ils entraient par quarante-cinq barrières, élevées aux frais de MM. les fermiers g-énéraux. Une fois arrivé dans ce pays des mensong-es, chacun se log'eait selon la nécessité ou l'inspiration du moment, dans le faubourg* du Roule, dans la rue Blanche, à la barrière des Martyrs, à Belleville, à Saint-Mandé, au boulevard Saint-Jacques, à Sèvres, partout où le log^is était à bon marché, partout où Ton pouvait prendre patience et reg'arder pousser les arbres, entendre chanter les oiseaux* Les plus hardis parmi ces honnêtes coureurs d'aventures se log-eaient dans une des îles de la Seine, les chevahers de Saint-Louis dans l'île Notre-Dame, les plaideurs dans la Cité; les uns et les autres, ils évitaient de leur mieux le quai de l'Hôpital. Pauvres g-ens! perdus dans cet abîme, ils ne savaient plus que faire, que devenir; toute porte leur était fermée, toute maison leur était défendue; ils exhalaient je ne sais quelle odeur de ruine et de misère qui les