‹ Paris et Versailles il y a cent ansChapitre 16 sur 40 · LA FETE-DIEU A SAINT-SULPIGE · texte numérisé non relu

LA FETE-DIEU A SAINT-SULPIGE

Si vous aviez vu la dernière procession de Saint-Sulpice, et compté le nombre d'ornements, de curiosités, de merveilles, qui marchaient à la suite de ce dais nouveau qui n'a pas coûté moins de cent mille écus, vous ne douteriez pas de la perpétuité de l'Évang-ile. II n'y a pas ici-bas une trag*édie, un drame, un opéra, un ballet, rien sur la terre, qui soit plus mag-nifique et plus rare que cet envahissement de Paris par le clerg-é de Saint-Sulpice. Le peuple entier se préparait depuis huit jours, par le jeune et la pénitence, à célébrer cette fête solennelle, la fête-Dieu, où le Roi des Rois devait accompag*ner le roi de France. Chacun de nous, chrétiens de Rome ou de Paris, s'en allait à l'avance de chapelle en chapelle, aux Théatins, aux Frères du Saint- Sacrement, à Saint-Victor, aux Minimes de Passy; la confession était partout, partout l'absolution. Le mag-istrat eût rencontré plus d'un crime à châtier, le prêtre pas un seul péché à absoudre^ et tout le clerg-é, disons mieux toute la la terre, écoutait ces musiques de l'autre monde et les bruits de l'encensoir, pendant que .Tencens fumait et se mêlait à la suave odeur des roses et des œillets que prodig-uait le printemps.

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