‹ Paris et Versailles il y a cent ansChapitre 18 sur 40 · LA FÊTE-DIEU A SAINT-SULPICE. 1H · texte numérisé non relu

LA FÊTE-DIEU A SAINT-SULPICE. 1H

chant sur deux lig-nes, de nombreuses confréries, au bruit des tambours, au son des hautbois de messieurs les mousquetaires noirs conviés à cette fête, et dans chaque paroisse un reposoir dominait les maisons les plus hautes. Sur ce reposoir, qui représentait leurs fortunes et leurs g-oûts, les habitants du quartier avaient apporté leur plus riche arg-enterie et leur orfèvrerie la plus belle. Ah! tant de réchauds d'arg'ent, tant de casseroles en vermeil, tant de plats massifs, des plus vieilles maisons! Tous ces millions ne voyaient le jour qu'une fois chaque année, à la fête-Dieu ; mais c'était un véritable péché mortel de rien dissimuler de toutes ces fortunes. Les tableaux les plus rares, les statues exquises, les imag-es des dieux de la Fable, avec les nymphes d'ici-bas, accouraient pour saluer cet univers chrétien, confondus les uns et les autres dans la même adoration.

A chaque reposoir où montait le prêtre, entouré de son clerg-é, messieurs les mousquetaires, quittant hautbois et tambours, jouaient de la flûte traversière, heureux accompag-nement de la voix suave des enfants de chœur. Chaque ég'lise avait sa chapelle; à chaque chapelle était attaché un chanteur du premier ordre.

0 Dieu du ciel! voici maintenant les confréries^ et la première de toutes, la confrérie du Saint-Sacrement. Voici les collectaires et les acolytes, en tuniques nouvelles. Saluons la croix d'arg'ent dans les mains vaillantes d'un prêtre en chape, à la clarté bienveillante des cierg-es qui brûlent sur des chandeliers d'arg'ent. Qui n'avait pas d'arg'enterie et de tableaux pour servir d'ornement au reposoir prêtait ses plus beaux enfants, dont on faisait autant de petits Jésus, portant leurs croix fleurdelisées, et de petits saint Jean-Bap-

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