‹ Paris et Versailles il y a cent ansChapitre 35 sur 40 · UNE MAITRESSE DE PHILIPPE-ÉGALITÉ · texte numérisé non relu

UNE MAITRESSE DE PHILIPPE-ÉGALITÉ

Que reste-t-il aujourd'hui du parc de Monceaux? Ce palais de la ruine où tant de g*randeurs royales avaient passé, ces g-rands arbres, ces frais g^azons, ces eaux plates et jaillissantes, ces tombeaux (pour l'ornement) qui ne portaient que des noms sans poussière, ces urnes vides et posées là comme une décoration, comme un vain souvenir de la mort qui ne saurait menacer des têtes de ving-t ans; ces long'ues avenues où se promenaient, dans leur g-alant déshabillé du matin, ces reines de la beauté, ces princes du sang- royal, frêles et derniers enfants d'une monarchie expirante; oui, ce fameux palais de Monceaux, où la ronce et le lierre, et touteâ les plantes g-rimpantes sur les choses qui s'écroulent, avaient jeté leurs vrilles et leurs tenailles; ce chaos sans forme et sans nom^ qui ne vivait plus depuis les jours de la Terreur^ et jusqu'à la fontaine ombrag-ée d'un saule où venaient, dans les premiers jours de ce siècle^ Elvire et son poète, enfouis sous toutes ces fleurs sépulcrales, ivres à la fois d'innocence et de passion, tout cela, tout Monceaux en proie aux architectes, à la pierre de taille, aux bâtisseurs, aux hôtels qui s'élèvent !

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