‹ ParisChapitre 18 sur 46 · UNE MÈRE · texte numérisé non relu

UNE MÈRE

Avec notre existence De la femme pour nous le dcvoûment commence.

C'est elle qui , vouée a cet être nouveau ,

Lui prodigue les soins qu'attend l'homme au berceau.

Quels tendres soins ! Dort-il? attentive , elle chasse

L'insecte dont le vol ou le bruit le menace ;

Elle semble défendre au réveil d'approcher :

J,a nuit même d'un fils ne peut la détacher ;

Son oreille de l'ombre écoute le silence ;

Ou , si Morphée endort sa tendre vigilance ,

Au moindre bruit rouvrant ses yeux appesantis ,

Elle vole , inquiète , au berceau de son fils ,

Dans le sommeil longtemps le contemple immobile ,

Et rentre dans sa couche , a peine encor tranquille.

Bientôt d'autres bontés suivent d'autres besoins ; L'enfant , de jour en jour , avance dans la vie : Et, comme les aiglons qui , cédant a l'envie De mesurer les cieux , dans leur premier essor Exercent près du nid leur aile faible encor , Doucement soutenu par ses mains chancelantes , Il commence l'essai de ses forces naissantes. Sa mère est près de lui : c'est elle dont le bras Dans leur débile effort aide ses premiers pas ; Elle suit la lenteur de sa marche timide ; Elle fut sa nourrice , elle devient son guide. Elle devient son maître au moment où sa voix Bégaie a peine un nom qu'il entendit cent fois ; Ma mère est le premier qu'elle l'enseigne a dire , Elle est son maître encor dès qu'il s'essaie a lire ; Elle épelle avec lui , dans un court entretien , Et redevient enfant pour instruire le sien. D'autres guident bientôt sa faible intelligence ; Leur dureté punit sa moindre négligence. Quelle est l'âme où son cœur épanche ses tourments ?

Quel appui cherche-t-il contre les châtiments?

Sa mère ! Elle lui prête une sûre défense ,

Calme ses maux légers , grands chagrins de l'enfance ;

Et , sensible a ses pleurs , prompte a les essuyer ,

Lui donne des hochets qui les font oublier ;

Le rire dans l'enfance est toujours près des larmes.

Legoiyé.

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