CHAPITRE III
L'Italie avait étc» la grande inspiratrice de la Renaissance, en France; son influence se fait plus que jamais sentir, du rèj^ne de Louis XIII à la Révolution, quoicjue avec une force moindre depuis la mort du grand roi. et plus de légèreté. Certes, on peut établir des divisions dans cet espace de temps qui comprend deux siècles. De lOioà 1660, l'art ne fait guère que continuer, en l'altérant, celui de la Renaissance, De 1660 à 17 15, Louis XIV influe sur l'architecture d'une façon despotique, en exigeant des artistes qu'ils exécutent un cadre digne de la majesté royale ; leur art est froid, un peu guinilé, mais on ne saurait dénier de la grandeur et du caractère à ce style Hiiroijuc. llnfin, « le style Louis XV. comme dit Wilhelm Lùbke, marque une détente et une réaction. C'est le règne du joli, du coquet, du frivole succédant au grandiose obligé : c'est le reflet fidèle de la société silencieuse et raffinée issue de la Régence. Mais c'est aussi tout l'opposé du baroque italien. Autant celui-ci se faisait pompeux, pesamment enflé, autant le Rocolo se montre capricieux et léger. Ennemi de toute contrainte, il fuit la symétrie qui lui pèse, et renie les ordres qui le gênent ; il multiplie sur les parements et les plafonds des encadrements découpés et décorés, recroquevillés en volutes, entrelacés de rinceaux, d'oiseaux et de coquillages. De Cotte et Oppenord sont les initiateurs du genre pimpant [Rocailu', Ponipadour) qui, du reste, répond à une distribution beaucoup plus confortable des appartements. » Pourtant le fossé qui sépare ces styles n*est pas profond ; le rococo sort du baroque, dont il est comme l'enfant prodigue, chez lequel, d'ailleurs, subsistent, malgré tous les écarts, les qualités paternelles, et qui est tout heureux de revenir, non pas une fois seulement, mais à maintes reprises, aux traditions séculaires.