‹ ParisChapitre 28 sur 58 · BENOIST · texte numérisé non relu

BENOIST

— Comment accompagneriez-vous Do , Si , /té à la basse?

— Par Do , /té, /té à l’aigu, Monsieur.

— C’est bien; vous pourrez entrer dans ma classe en octobre. »

Et voilà!

Jamais le sourire chronique de Blondel ne fut plus justifié que ce jour-là!

J’employai les vacances à préparer une entrée honorable dans la classe d’orgue. Pendant ce temps, à Saint-Eustache, Blondel m’avait présenté au maître de chapelle Hurand.

Celui-ci était un petit homme vif, pétulant, toujours affairé, souple, débrouillé; au demeurant, le plus aimable des maîtres de chapelle. 11 était, en outre, chef des chœurs au Théâtre- Italien; vivant de l’autel et du théâtre, comme beaucoup de musiciens, c’était le théâtre qui l’avait emporté chez lui aussi bien dans le tour d’esprit que dans les manières.

Avec Blondel, le contraste était extrêmement comique.

PARIS, SOUVENIRS U’tJN MUSICIEN.

Cette nouvelle relation achevait de nie mettre chez moi à Saint-Eustache, puisque, en plus des deux maîtres du chœur, j'avais encore là-haut,, au grand orgue, mon ancien professeur Batiste.

Je n'eus garde de manquer une telle occasion et je ne quittai plus la maîtrise. Tous les samedis on répétait l'office du lendemain et I on préparait celui du dimanche suivant. La crise des motets me reprit! Hurand les accueillait obligeamment et les faisait exécuter par son personnel autrement significatif que celui de ma pauvre petite église; enfin, en certaines circonstances, il voulait bien me confier Y harmonisation de plains-chants dont on avait égaré le fauxbourdon. Ces trois mois furent d’une éducation très fructueuse; je leur dois beaucoup!

Hurand ne se piquait pas de science; le seul sourire de Blondel le lui eût interdit! 11 avait sucé, comme un sucre d orge, quelques-unes des doctrines de son prédécesseur Danjou et niait l’utilité des seconds violons au quatuor à cordes, comme la nécessité de la partie d alto dans le quatuor vocal. 11 prétendait que les trois

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