‹ ParisChapitre 34 sur 58 · IX. d’octobre 186G, j’apportai un fragment de messe · texte numérisé non relu

IX. d’octobre 186G, j’apportai un fragment de messe

« Encore! s’écria Massé. Alors ça va recommencer!.. 11 faut causer de tout cela! »

La fraîcheur de cet accueil ne fut pas sans me déconcerter un peu! Mais si les convenances et, encore plus l’affection, m’imposaient le silence, ma foi restait intacte. Je dus sans doute prendre une vague attitude de martyr aux arènes, car, sur le terrain où s’engageait la question, les loups dévorants de l’Écriture eussent pu venir me déchirer : je les aurais laissés faire en entonnant Vin manus tuasC

La classe terminée, Massé me prit le bras et, chemin faisant, pût développer son réquisitoire.

En substance, il me déclara que s’il approuvait une excursion au pays de la musique religieuse, il ne me conseillait pas la naturalisation; qu’au point de vue de l’orgue, l’éducation tardive des doigts m’empêcherait toujours d’atteindre à la virtuosité nécessaire; qu’il pensait bien plutôt que le théâtre était ma voie ; qu’enfin il désirait que je me présentasse au concours de Rome de l’année suivante et que, poiir m’y préparer, j’eusse à laisser là messes et motets pour écrire des fugues et des cantates.

Parmi ces arguments, un seul me frappait par sa justesse: l’éducation tardive des doigts dont, en dépit de bien des efforts, j’avais déjà pu constater l’hostilité ! Quant au reste, je sentis s’éveiller en moi un véritable esprit de rébellion.

Jusque-là soumis, comme il convient à l’ignorance à l’égard du savoir, chaque progrès constaté voyait néanmoins s’élever et grandir un sentiment d’indépendance qu’aucune considération dans la vie ne devait parvenir à me faire abdiquer.

Travailler pour le théâtre était, certes, mon but; mais en lisant et en écoutant avec ravissement tant d’œuvres admirables qui lui sont étrangères, j’avais pu reconnaître que le théâtre

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