‹ ParisChapitre 35 sur 58 · RÉBELLION · texte numérisé non relu

RÉBELLION

ne représente pas la formule unique. Or, la génération de Massé ne pouvait comprendre cette nuance que très difficilement; la mienne commençait à l’entrevoir; celle qui suivit l’affirma en revenant à une littérature musicale du xviii c siècle que presque tout le xix e semble avoir ignorée.

Cependant ce n’est pas avec six mois de Conservatoire qu’il convenait de lever le bouclier de la révolte. Un instinct me disait que la faute serait grande; et les désespoirs recueillis plus tard en l’àme de ceux qui, trop tôt, secouèrent le joug, me confirmèrent que l’instinct parlait juste.

Je me soumis donc en la forme, mais non pas sur le fond.

Dame fugue reprit, plus serrée encore, sa partie à quatre, et j’allai chercher au Secrétariat de l’Institut, qui les tient à la disposition de tout le monde, un exemplaire imprimé des cantates couronnées aux concours des dernières années. J’en choisis deux ou trois et, m’étant fixé, j’en écrivis une où Massé voulut bien reconnaître quelques qualités fourvoyées dans pas mal de défauts.

Au moment de commencer la seconde un bâillement formidable souffla décidément la chandelle qui éclairait ce fastidieux travail!

Une cantate de concours n’est excusable qu'au concours même; mais en dehors!... Ah! mes chers motets!... Et puisqu’il fallait s’entraîner sur la Romance du ténor , le Duo d'amour et le Trio final , pourquoi pas, de préférence, une véritable pièce contenant tout cela, et portant suspendue à sa dernière croche la jolie boîte de Pandore?

L’espérance! L’espérance d’une exécution que nulle cantate de concours ne saurait comporter!

Par les relations de mon père, par ses vieux amis Altaroche, Adrien lluart, compagnons de sa jeunesse, profils du boulevard de 1840 devenus directeurs, secrétaires ou attachés à un titre quelconque aux petits théâtres, la tentative n’oflrait aucune difficulté. Je n’avais qu’à frapper pour qu'on m’ouvrît aux Bouffes-Parisiens comme aux Folies-Nouvelles — devenues le théâtre Déjazet.

C’est à ce théâtre des Folies-Nouvelles qu’IIcrvé jeta la graine d’où la féconde imagination

Page 1