HABITATION ET JARDIN
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2tue ûu Temple, 80-
Une maison claustrale dans le style moderne , un jardin enclos de hautes murailles , des brocanteurs qui vendent à l’entour les débris de toutes les grandeurs et de toutes les misères, mêlées comme dans un cimetière, voilà ce qui reste de ces bâtimens auxquels Corrozet trouvait encore l’aspect d’une ville.
Là était le vieux manoir des Templiers, où Saint- Louis et Philippe-le-Hardi avaient déposé leurs trésors, et qui fut en i3oi le Louvre de Philippe-le-Bel.
Quand Henri III, roi d’Angleterre, passa en Fiance en 1254, il prit le Temple pour un palais et il y choisit son séjour.
Plus de quatre siècles après, le grand-prieur de Vendôme y appelait autour de lui un brillant essaim de poètes incrédules et voluptueux, qui renouvelaient sans crainte une partie des orgies imputées aux Templiers, et qui ne les expiaient que par la goutte et la satiété. Chaulieu, La Fare et le jeune Voltaire y improvisèrent des vers gracieux et faciles où les lois incommodes du rhythme et de la grammaire étaient quelquefois violées, mais moins souvent que celles de la morale.
Le Temple ne possédait plus les trésors que des rois lui avaient confiés. Il devint, par un singulier caprice de la fortune, l’asile des débiteurs insolvables.
Jean-le-Turc, commandeur de l’ordre, avait fait élever, en i3o6, cette tour flanquée de quatre tourelles, où Louis XVI et sa famille furent captifs en 1792, et qui n’existe plus que dans nos croquis. C’est de là que partit le meilleur et le plus malheureux de nos rois pour aller à l’échafaud.
Au bout de quelques années, une sainte femme, y fonda une communauté religieuse vouée à la prière et à la charité : elle s’appelait Louise de Bourbon, et c’était la sœur du duc d’Enghien.
Il y a dans cette courte revue une longue et étrange histoire, pleine d’effroi ou de dédain, suivant que l’on considère les vicissitudes du monde. Le crieur enroué qui passe auprès de vous la résume en quelques mots :
VIEUX HABITS , VIEUX GALONs!
Paris InsTaripue.
Pleura er del.
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£a ftmtmtr îi t Toulon,
Place de l’Hotel-de- Ville, 27.
Nous avons à peine quitté la rue du Mouton. Nous laissons à notre gauche ce grand et bel édifice de l’Hôtel-de-Ville où tant de souvenirs nous rappelleront. La place que nous parcourons, c’est la place du crime et du malheur, la place des exécutions de la justice et quelquefois de ses assassinats. Rien de tout cela ne doit nous occuper aujourd’hui. Nos yeux s’arrêtent à droite sur cette lanterne qui marque le coin de la rue de la Vannerie. Voilà le monument que nous sommes venus chercher.
Un philosophe, un économiste formé à l’école de Turgot, est promu au contrôle général des finances à la
place d’un ministre populaire. La nation régénérée , déjà victorieuse de la Bastille et des quatre-vingt-deux invalides qui composaient sa garnison , a besoin d’immoler une nouvelle victime aux dieux sanglans de la nouvelle loi. Un traître lui livre Foulon, et Foulon avait dit qu’il fallait nourrir le peuple avec du foin , grossièreté plus absurde encore qu’elle n’est atroce, et qu ont répétée infailliblement tous les infortunés dont les meneurs du peuple demandent la tète.
Le vieillard de soixante-douze ans fût traîné sur une charrette à FHôtel-de-Ville, une botte de foin liée derrière le dos, un bouquet d’orties à la boutonnière. M. de La Fayette essaya inutilement de le dérober aux fureurs de la multitude. Elle le pendit à cette lanterne où elle aurait pendu trois ans plus tard M. de La Fayette luimëme s'il était tombé dans ses mains.
Au-dessus de la lanterne de Foulon s’élevait alors le buste de Louis XIY. Un des premiers actes de l’effroyable justice du peuple absolu s’accomplit devant l’image impuissante du roi absolu.
Ceci se passait le 22 juillet 1789, an premier de la