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VIII. — Les conseils de guerre

On attendait avec une légitime impatience le fonctionnement régulier de la justice militaire. Dans tous les rangs, dans tous les partis, dans toutes les opinions politiques et morales, il y avait des intérêts en jeu. Ici on ne demandait qu’une répression sévère, et même terrible, implacable, selon l’expression échappée à M. Thiers au plus fort de la lutte, et lorsqu’il était, comme tout le monde, sous le coup direct de forfaits inouïs. Là, le sang-froid était déjà revenu. On examinait, on étudiait, on scrutait cette affaire formidable dans ses causes, aussi bien que dans ses résultats, dans son dénouement, et l’on trouvait qu’il devait être fait une large place à la pitié. On passait légèrement sur les crimes de droit commun, meurtre, vol, pillage, incendie, pour lesquels nul ne réclamait l’indulgence. On ne voyait que les conséquences : les humbles foyers domestiques en deuil et les ateliers déserts, les femmes, les enfants abandonnés en proie à la misère, et notre travail national, partant nos richesses, atteint dans ses sources les plus vives et les pins fécondes. Car, qu’on ne s’y trompe pas, parmi les prisonniers ramassés après la victoire des troupes figuraient en majeure partie ces ouvriers d’élite qui ont rendu et rendent chaque jour les industries parisiennes sans rivales dans le monde. On comprend donc que des esprits, préoccupés de l’avenir, se souciassent ardemment du sort réservé à tant de pauvres gens, plus ou moins égarés, et CfrLainement aussi malheureux que coupables. A ces philanthropes politiques s’unissaient tons les cœurs véritablement charitables; ils sont pins nombreux qu’on ne pense généralement dans la société française, et ils n’hésitent jamais à se mettre en avant dès qu’il s’agit d’accomplir une bonne et noble action. Rien de tout cela ne doit être omis ou négligé au moment où noùs allons encore une fois remuer les douleurs et les turpitudes.

Ajoutons que les hommes arrivés en pleine maturité de l’âge se souvenaient de ce qui s’était passé en 1818. Alors aussi, après une tffroyable guerre civile et des torrents de sang répandu, on avait vu fonctiQnner la justice ‘militaire. Esclave du devoir, le soldat ne recule jamais devant l’accomplissement d’un ordre, quelque répugnante que lui paraisse la tâche qu’on lui impose. On savait donc que, devant les conseils de guerre,

tout pourrait être dit ; que, si l’accusation prenait ses coudées franches, Ja défense aurait aussi les libres allures qui conviennent à la recherche de là vérité. Cette double attitude permettrait peutêtre de pénétrer jusqu’au fond de bien des choses et d’asseoir un jugement définitif sur ce mouvement insurrectionnel qui reste encore pour beaucoup d’esprits très-sérieux à l’état d’une énigme indéchiffrable, il n’en fallait pas davantage pour piquer vivement la curiosité et attirer la foule aux premières audiences.

Naturellement le premier procès instruit et appelé fat celui des membres de la Commune tombés entre les mains des soldats. Ils n’étaient pas nombreux. La plupart des grands chefs de ce mouvement insurrectionnel, qui n’avait jamais eu de communal que le nom, avaient pu se dérober par la faite aux comptes que la justice de leur pays devait nécessairement leur demander. Mais parmi ceux qui vinrent s’asseoir les premiers sur la sellette des accusés, ii y avait plus d’un nom, plus d’une figure qui excitait singulièrement l'attention des observateurs.

Avant tout, nous devons mentionner Ferré, le disciple et l’émule de Raoul Rigault. « Ces deux yeux ronds, fixes et rapprochés l’un de l’autre comme ceux d’un hibou, ce nez recourbé comme le bec d’un vautour, ces cheveux, ces sourcils et cette barbe plus noirs que l’encre, ce masque d’une pâleur de marbre, ce profil aigu et acéré comme une lame de couteau, m’avaient glacé d’elli'oi. » Ainsi s’exprime M. Ernest Legouvé, témoin oculaire, qui écrit plus d’une année après les faits accomplis.il examine des spécimens d’écriture ot il ajoute : « Eh bien ! en voyant son écriture, je l’ai revu! Il est là tout entier. Étudiez cès caractères serrés, anguleux, aigüs ! Qui a pu les tracer, sinon une main implacable? Et quand on songe que ce malheureux a écrit cet adieu à sa sœur une heure avant de mourir, et qu'il ne s’y trouve pas une ligne, pas un mot, pas une lettre où la main ait tremblé, Ja terreur vous preriden face de cette vivante image d’une âme à la fois si scélérate et si énergique. » C’était bien là l’impression qu’on ressentait a l’aspect de Ferré. L’exiguïté de la taille disparaissait devant la physionomie.

A côté de Ferré, on se montrait le peintre Gmrbet, qui jouait volontiers le rôle des niais, peu séant à sa grosse corpulence, à sa barbe babylonienne et à ses cheveux blanchis avant l’âge. Paschal Grousset, toujours soigneux de sa précieuse personne, n’avait pas négligé de meltre en relief tous les avantages qui pouvaient lui concilier les faveurs de l’auditoire et du public. Quand on connaissait dans ses replis mystérieux l’histoire de la Commune, on regardait beaucoup Urbain qui avait présidé, avec Bergeret, à l’incendie des Tuileries. La figure brune et sombre, à l’œil mystérieux, d’Urbain se détache de l’entourage des gendarmes. Un savait qu’une femme était mêlée a la plupart des faits reprochés à cet accusé, et une femme est toujours intéressante. Pour peu qu’on ait eu la curiosité et la patience de suivre de près des débats judiciaires , on constate de plus en plus combien est profonde la parole de ce magistrat expérimenté qui, dans toute cause épineuse, demandait sans cesse et avec insistance : Où est la femme? Il semblait à ce savant homme que, la iemme trouvée, il tenait dans sa main le fil d’Ariane qui devait le conduire sûrement a travers tous les dédales les plus obscurs du crime. La nature humaine ne change pas; elle n’est pas sujette à toutes ces révolutions qui bouleversent périodiquement nos organisations politiques. Toujours dans nos grandes et dans nos petites affaires, la femme joue un rôle capital. Elle ne devait pas manquer à ces lamentables procès qu'instruisaient et jugeaient les conseils de guerre. Cependant, pour cette fois, elle n’était appelée à figurer qu’au second plan. Le cas d’Urbain mis à part, on ne la voyait qu’en la devinant.

L’ancien adminstrateur des finances de la Commune, Joui de, paraissait également sur la sellette des accusés. On se racontait la façon pittoresque dont il avait été arrêté par deux agents de la police de sûreté. Réfugié dans une maison voisine des

HISTOIRE DE LA COMMUNE

ruines encore fumantes de la Caisse des Dépôts et Consignations, il fut dénoncé et saisi. Mais U nia énergiquement son identité, prétendit se nommer Roux, exhiba même des papiers qui auraient pu facilement tromper des yeux moins soupçonneux que ceux des agents blanchis au service et rompus ci toutes les ruses du métier. Pour son malheur, Jourde crut pouvoir, comme dernière ressource, se recommander d’un ancien maître de pension qui remplissait les fonctions d’adjoint à la mairie du VIIe arrondissement. Il se présente résolument sous son nom d’emprunt devant l’officier municipal. Mais celui-ci reconnut immédiatement l’ancien membre de la Commune, et, inflexible dans l’accomplissement du devoir, le fit conduire à l’état-major du maréchal Mac-Mahon. C’était un prisonnier duquel on espérait tirer d’utiles renseignements. Jourde, d’après une biographie qui paraît bien renseignée, n'a pas plus de trente ans. On le comptait parmi les plus jeunes membres de la Commune. Auvergnat d’origine, quoique né à Paris, il n’est pas d’une bonne santé et paraît prédisposé à la phthisie. Cependant tout porte à croire que les excès entrent pour une bonne et large part dans la débilitation précoce des forces. Il avait spécialement un goût très-prononcé pour le vin de Champagne qu’il mettait, comme Louis XIV, à la tête de tous les vins. Il en aurait fait volontiers son ordinaire. Grand, sec et maigre, la barbe blonde et rare, courant en légers frisons sur ses joues creuses, tel est .lourde. De ce corps émacié, de cette tête dont les oreilles se décollent du crâne, sort une voix bien timbrée, rapide, qu’on entend de tous les coins de la salle. On s’attend à des lévélations piquantes quand il sera question d’apurer les comptes de la Commune. Car Jourde est un nomme d’ordre. Il tient toutes ses notes en règle, et personne ne conteste ses rares qualités de comptable. Son altitude ne cesse pas du reste un instant d’être des plus convenables et lui vaut quelques témoignages de sympathie.

A côté de Jourde, nous pouvons dire quelques mots de Trinquet, une des ligures les plus effacées de cette fournée, au début du moins. Trinquet est cordonnier de son état. Au milieu de ces bourgeois plus ou moins élégants, qui se rejettent dans les rangs du peuple, quand ils ont besoin d’assouvir leurs passions ou leurs ambitions, Trinquet représente bien l’ouvrier intelligent et probe que nous connaissons tous et qui s’occupe de politique par nécessité de tempérament. La physionomie est rude, la main calleuse, la parole abrupte. Mais on sent que le mensonge est inconnu à ces lèvres, et que la lâcheté et Trinquet n’ont jamais couché dans le même lit. Le cœur est de ceux qui ne faiblissent pas, qui regardent la mort en face sans forfanterie, sans vaine parade, mais sans crainte. Cet homme aura son jour. Il donnera une leçon de tenue et de dignité à tous ces anciens pomponnés et galonnés qui l’entourent et le font rougir en chicanant comme des procureurs. Il est vaincu; il accepte les lois de la défaite; il ne dispute plus aux vainqueurs, ni sa tête, ni sa liberté. Ce qu’il a fait, il l’avoue hautement. Il demande seulement qu’on ne lui impute pas des crimes qui déshonorent. « Ce qui m’afflige, dit-il à la fin de son interrogatoire, ce qui me fait regretter de ne point être mort, G’est d’assister aux spectacles de mes collègues abjurant leurs doctrines et reniant leurs actions. « Simples et dignes paroles, et qui devraient être méditées par tous ceux qui font de la politique militante.

Cet homme avait la foi. En peut-on dire autant des autres et surtout de ce misérable mécanicien Assi qui tombe sous notre regard? Nous ne l’avions pas vu depuis le jour où, sur la place de l’Hôtel-de- Ville, il présidait solennellement à l’mstallalionde la Commune de Paris. Nous avons eu quelque peine à le reconnaître, tant il était vieilli, changé, métamorphosé. Rien ne décélait plus en lui cette audace narquoise avec laquelle il accueillai t les propositions des concilialeurs officieux aux premiers moments de sa puissance éphémère, et leur opposait sans cesse de nouvelles et ironiques lins de non-recevoir. Si quelqu’un tremblait devant les juges mililares, on peut bien dire que c’était l’ou¬

vrier mécanicien Assi. Il est vrai que ses antécédents étaient loin de le recommander à l’indulgence et même à la bienveillance du redoutable tribunal. Il avait peur pour sa tête, c’était facile à voir, et il était disposé à tout faire pour la sauver. Véritablement, dans son état de prostration, il aurait inspiré de la pitié à l’homme qui entrait là sans haine, sans colère et sans passion. De grand cœur, plus d’un lui aurait conseillé de prendre une autre attitude, dans son propre intérêt.

Nous devons une mention particulière à Lullier. S’il figurait dans cette première affaire, c’était uniquement à cause du rôle capital qu’il avait joué dans la journée du 18 mars, prenant sur lui de donner des ordres, conduisant et dirigeant le mou- I vement. Mais jamais Lullier n’avait fait partie des ; Conseils de la Commune. Les électeurs l’avaient ' toujours dédaigné et laissé se morfondre à la porte. Sur le banc des accusés, Lullier, par son attitude ne démentait pas l’honneur de l’uniforme de la marine militaire qu’il avait longtemps porté. Avec sa grande taille et ses longs cheveux, il savait être respectueux et digne, et ses réponses ne trahirent aucune de ces mcartades de raison et de ces intempérances de langage qu’on avait trop souvent à lui reprocher. En sa qualité d'ancien militaire, il connaissait les pénalités encourues par les graves accusations qui pesaient contre lui.

! Mais il n’oublia jamais, devant des juges choisis au hasard dans tous les rangs de l’armée, la tenue qui convient à un homme de cœur.

fl y a bien encore Billioray, le vrai Billiorav cette fois, du Comité central, de la Commune et du Comité de Salut public, celui qui avait si bien disparu depuis le 22 mai, que ses anciens amis eux-mêmes n’ont jamais su ce qu’il était devenu pendant la lutte : ce qui n’empêchait pas des nouvellistes cruellement fantaisistes de le fusiller à tous les coins de rue. Mais que dire de ce grand garçon aux longs cheveux, à la physionomie blafarde et blonde, sinon qu’il ne ressemble pas du tout au joueur de vielle que nous avons tous connu dans les rues de Paris? Comment a-t-on pu les confondre? Il y a là un de ces miracles de me des stupides dont Paris seul donne l’exemple. Après tout, comme cette confusion se produisait dans un lemps où iL était permis à chacun de voir le véritable Billioray dans l’exercice de ses fonctions, il faut regretter et déplorer les nombreuses victimes qui ont été faites sous ce nom d’emprunt; mais il ne faut pas trop s’étonner du fait. Le second est expliqué par le premier.

L’ancien vétérinaire de Bordeaux, Théodore Régère, se fait remarquer par l’élégance de sa tenue. 11 est ganté de violet. On sent qu’il tient à être et à paraître cossu, comme on dit dans sa province. Le col droit encadre un visage solide, une ligure enluminée, ornée de cheveux et de favoris roux. La cravate est nouée à la façon des matelots. Le gilet colle sur le torse. Légère, dit J. A. Arnaud, apparaît comme un de ces « vieux beaux des lithographies et des comédies. » Lorsqu’il parle, en homme sûr de son importance, et qui s’écoute volontiers, à l’audience comme aux cafés de Bordeaux ! où l’ex-vélérinaire avait autrefois sa place marquée, il passe la main droite sur ses cheveux, puis étend sa main gantée, d’un geste arrondi, qu’il veut rendre aimable. Ses collègues dans l’intimité accusaient Régère de tendances cléricales. 11 s’est, en effet, targué d’avoir respecté le culte et les églises dans l’arrondissement qu’il administrait, celui du Panthéon. Mais à cette affirmation, il y aurait beaucoup à opposer.

Les autres figures n’offrent rien de saillant. Pas plus celle de Verdure que celles de Victor Clément, de Champy, de Descamps, tous membres de la Commune, et de Férat, membre du Comité central qui complètent cette première fournée du 7 août 1871. On est étonné de voir là Ulysse Parent qui, des premiers, déclina Ip mandat qu’il avait reçu, en même temps que l’avocat Desinarest et quelques autres, des électeurs du 1X° arrondissement. Il est de notoriété publique à ! Paris, parmi les gens qui ont suivi de près et attentivement toutes les phases de la tourmente,

I qui n’ont pas déserté un seul jour le poste péril- ' leux, qu’Ulysse Parent n’a trempé dans aucun des

crimes de la Commune. Il y a là erreur manifeste. L’accusation le confond, à tort, avec un autre Parent qui signa l’ordre d’incendier la Banque. Celui-ci doit être ou mort, ou en fuite : car on n’a pu le retrouver malgré les recherches les plus actives. Mais l’erreur sera certainement reconnue, fl’out le monde est convaincu d’avance, et dès le premier jour, que pas Ja plus légère condamnation ne saurait atteindre Ulysse Parent.

Nous avons parié des accusés et nous n’avons rien dit de la salle ou siège le conseil de guerre auquel est échu le devoir d’inaugurer cette justice que tant de prévenus attendent avec anxiété. Il a fallu trouver un local où l’on ne fût pas trop mal à l’aise pour ces circonstances vraiment exceptionnelles. Ce n’était pas facile. Faute de mieux, on a pris la vaste salle du Manège à laquelle on a fait subir quelques réparations et quelques appropriations d’urgence. Mais on n’a pu la doter d’un parquet: ce qui fait que les talons enfoncent dans un sable fin qui était commode pour les exercices des chevaux. Le jour, un jour cru, dit M. J. A. Arnaud, pénètre dans cette salle par les larges verrières des côtés comme dans la salle du Jeu de Paume, et éclaire en pleine lumière ce vaste tribunal. Les uniformes des membres du Conseil de guerre se détachent sur les tentures vertes du fond de la salle. Des gardes de planton forment, devant le tribunal, une sorte de double haie immobile au milieu de laquelle passent les témoins. De loin, les revers rouges des tuniques, les collets d’habits, les turbans des képis, et les rouges aiguillettes des gendarmes produisent absolument, sur le fond vert du tribunal, l’éclat de coquelicots dans un champ d’herbe ou de blé vert.

Tel est le premier aspect qui frappe les yeux. Mais le tribunal n'en est pas moins imposant. On remarque surtout l’officier qui le préside, le colonel Merlin, qui appartient à l’arme du génie. Il a depuis longtemps laissé derrière lui les années de la jeunesse. Mais on comprend vite que, sous son apparente bonhomie, il possède toutes les autorités : et celle qui vient des grosses épaulettes et du sentiment d’une grave responsabilité, et l’autorité qui prend son origiue dans le caractère, dans la science acquise, dans une longue carrière, noblement et dignement remplie. Après le colonel Merlin, on remarque et on étudie beaucoup le commissaire du gouvernement qui est chargé de soutenir l’accusation. Le commandai! t Caveau est franc jusqu’à la rudesse, énergique jusqu’à la violence, inflexible pour l’application brutale de la loi. -Au milieu des arguties de la défense, il reste droit et ferme, et ne se laisse point détourner.

Nous venons de prononcer le mot de défense. On en vit rarement d’aussi pitoyable. Ce n’est pas que les avocats manquent à la barre, et même des avocats justement renommés pou,r leur talent de parole et Ja perfection à laquelle ils ontpoité l’art d’çnrbrouiller les débats. Il y a là M° Lachaud, qui s’est chargé de plaider pour le peintre Courbet, mais à la condition de faire de cet artiste un portrait en pied qu’un homme de cœur n’aurait jamais voulu accepter. Il y a encore le vieux Dupont (de Bussac), blanchi sous la toge, mais plus pétulant qu’un stagiaire présomptueux qui a hâte de faire avec éclat scs premières armes. Bien d’autres encore que nous ne pouvons nommer. Facilement on aurait pu élever le débat, lui donner de la grandeur, en faire enfin une cause digne des forfaits exécrables que relevait l’acte d’accusation. Mais pour cela, il aurait fallu un principe, une idée, et il n’y en avait pas sur le banc des accusés. On rampait constamment dans le terre à terre du fait et du détail. On aurait voulu gu’ Assi ou Ferré, ou Jourde ou Paschal Grousset, les hommes du 18 mars ou du 23 mai, n’importe lequel, se levât et dît: «Je déclare que j’étais un des chefs de l’insurrection; je déclare que c’est moi qui ai préparé le combat; je déclare que j’y ai pris part, que je me suis battu contre vos troupes ; mais, si j’assume sur moi la responsabilité pleine et entière de tous les faits généraux, je dois aussi décliner la responsabilité de certains actes que je n’ai ni conseillés, ni ordonnés, ni approuvés, et par là je veux parler des actes que la morale réprouve. » C’était là le langage que tenait Barbés, devant la Cour des

LES PRISONNIERS FÉDÉRÉS A VERSAILLES. - La baignade au grand Trianon.

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