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XVIII. — Retour a l’intérieur

Pendant que se livraient tous ces combats en dehors de l’enceinte et que sur les confins des fortifications les obus pleuraient et faisaient abondamment des victimes et des ruines, la Commune de Paris ne chômait pas.

Elle décrétait que tout citoyen blessé à l’ennemi pour la défense des droits de Paris recevra, si sa blessure entraîne une incapacité de travail partielle ou absolue, une pension annuelle et viagère dont le chiffre sera fixé par une commission spéciale, dans les limites de trois cents à douze ceuts francs .. Le même jour, la Commune devait statuer sur les pensions attribuées aux familles des citoyens morts pour la défense des droits du peuple. Mais on n’a jamais pu savoir quelle suite avait été donnée à ces deux résolutions.

Il faut tout dire. Dans bien des circonstances la Commune se trouvait fort embarrassée, et notamment chaque fois que l’argent entrait dans le jeu. Elle avait des dépenses forcées, telles que la solde et l’équipement de ses soldats, qui épuisaient rapidement toutes les ressources dont elle pouvait disposer. Les réquisitions, quoique vexatoiies, n’étaient pas bien fructueuses, et toutes les caisses se vidaient plus rapidement encore qu’elles ne s’emplissaient. Le relieur Varlin, qui avait signé la première situation du Trésor public, s’était depuis longtemps déchargé de tout le poids de l’administration financière sur son collègue Jourde. Celui-ci, en sa qualité de comptable, faisait de violents efforts pour mettre en équilibre les dépenses et les recettes; mais il n’y parvenait pas, et plus d’une fois il cria famine devant ses caisses à sec. L’impôt ne rentrait plus, malgré quelques grosses contributions qui avaient été exigées et obtenues par la force. Les percepteurs ordinaires auraient pu dire que les grosses rivières du budget se font surtout par les petits et très-nombreux ruisseaux coulant tout naturellement et incessamment; mais ils étaient en fuite, ün ne pouvait donc pas faire fonds là-dessus.

On avait compté sur la Banque de France, et la Banque était loin de se montrer complaisante, surtout depuis qu’elle avait mis dans ses intérêts le citoyen Charles Beslay, délégué spécial auprès de ce grand établissement. Quand elle se sentait serrée de trop près, elle lâchait bien quelques sommes, plutôt par centaines de mille francs que par millions. C’était loin de suflire aux besoins de chaque jour. Aussi comprend-on l’étonnement qu’au milieu de sa joie a témoigné le sous-gouverneur, M. le marquis de Plœuc, quand il a été délivré. Ce n’était pas sans peine que le citoyen Charles Beslay parvenait à sauvegarder Je dépôt contié à son honneur, il avait constamment sa démission au bout des doigts et cela sullisail à mettre en déroute les plus intrépides. On avait besoin d’écus et pas de démissions.

Les défections étaient en effet déjà beaucoup trop nombreuses. Elus de trente sièges étaient vacants dans les conseils de la Commune. Au lieu

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