XXVIII. — Suspension d’aiimes
•Cependant les hostilités ne cessaient pas. Le canon de Versailles tonnait avec rage. Les fédérés n’étaient pas en reste. Leur artillerie faisait du mieux qu’elle pouvait. Mais elle était loin de valoir celle dont disposaient le Gouvernement et les troupes de ligne. De la forteresse du Mont-Valérien, des batteries fixes, des batteries de campagne tombait incessamment une grêle d’obus, qui faisaient des ravages épouvantables dans la ville et sur les lemparts. Pour. les fortifications, passe encore. Elles ne sont pas instituées à autre fin que de recevoir et de renvoyer des coups qui portent avec eux la mort et laffiestruclion. Ce sont là les jeux de la guerre, et Paris les connaissait depuis huit mois dans toules leurs formes. Mais véritablement, lorsqu’on n’était pas aveuglé et égaré par une passion politique quelconque, on ne pouvait s’empêcher de ressentir dans le cœur une immense pitié en voyant les projectiles meurtriers et dévastateurs éventrer les maisons et multiplier les ruines, dans des quartiers que le hasard seul avait faits le théâtre de celte lutte impie.
Il ne faisait pas bon, à la tin du mois d'avril 1871, cire appelé par des affaires ou des devoirs de famille et d’amitié dans les régions autrefois si riantes des Ternes, de Passy, des Champs Élysées. Nous ne parlons pas de Neuillv; ce n'était plus qu’une loque, et nous allons y revenir. Mais dans les quartiers que nous signalons, le passant Je plus inoffensif bravait la mort à chaque pas. Nous avions vu le bombardement prussien dirigé contre les portions méridionales de la ville. Il nous avait fait courir moins de dangers que la canonnade actuelle, lorsque la nécessité nous obligeait à nous aventurer au delà des rues les plus occidentales ues Batignolles. Dans l’avenue du Roule, dans l’avenue Sainte-Foy, nous avons vu des maisons ne plus présenter que des goull'res béants. las obus faisaient des entailles qui emportaient des pans entiers de murs. Ces larges ouvertures ouvra-