XXXIX. — Le travail souterrain
Cependant Ferré avait remplacé Commet à la préfecture de police. Pour marquer sa prise de possession, Ferré signait le mandat d’arrestation du colonel Masson, qui remplissait les fonctions de chef d’état-major au ministère de la guerre. On ne daignait pas dire ce qui motivait une semblable rigueur. On laissait toujours croire qu’il s’agissait du fameux complot dont on tenait toutes les ramifications. Le prétexte devenait surtout plau-sible avec les persécutions qu’avaient quotidiennement à subir les anciens gendarmes et les anciens sergents de ville. On les arrêtait, on arrêtait leurs femmes et leur famille partout où on les rencontrait. La moindre dénonciation suffisait.
En même temps, le citoyen Gaillard père renonçait à la mission qui lui avait été confiée. La besogne n’avançait guère; mais, en revanche, les états de solde étaient des plus copieux. Le bataillon des barricades, institué par Rossel, coûtait fort cher, trop cher pour les finances aux abois de la Commune. Il fut dissous, et les ouvriers passèrent dans les compagnies du génie.
Pour ceux-ci, la besogne aurait été rude, s’ils avaient voulu sérieusement réparer les dégâts que l’artillerie de Versailles faisait chaque jour subir aux remparts et aux bastions. Dans la voie militaire qui tourne autour de l’enceinte continue, on ne rencontrait que des ruines. Uniquement pour aller occuper leur poste de surveillance et de combat, ou se rendie dans les logements préparés sous les talus, les fédérés couraient des dangers sérieux et continuels. Principalement dans les régions qui avoisinaient le bois de Boulogne, où le Mont-Vaférien ne cessait de dominer les engagements de chaque jour. Ses projectiles produisaient des ra-