MANUEL DE LA CUARITÉ
à l’étranger et les laisse dans le plus complet dénûment? Est-ce la faute de ces petits enfants, s’ils sont orphelins? Est-ce la faute de ces pauvres vieillards, qui ont travaillé soixante ans de leur vie, s’ils n’ont pas d’enfants qui les soutiennent? Est-ce la faute de cette malheureuse jeune fille, si des hommes sans cœur abusent de leur position et de leur fortune pour lui enlever toute ressource si elle ne consent à perdre l’honneur? Oh! plaignons-les, mais ne les accusons pas; prenons garde d’insulter au malheur! Il est si facile de devenir pauvre! il y a tant de chemins qui mènent à cet abîme! Oh! ne remuons pas toutes ces questions, ne réveillons pas le lion endormi; son réveil pourrait être terrible, et tous les battus ne seraient pas du côté des pauvres. Oublions le passé, et donnonsnous la main pour réparer le mal présent, sans trop rechercher quels en sont les auteurs. Les pauvres ne sont pas toujours ce qu’ils devraient être; essayons de les rendre meilleurs, ne nous laissons jamais aller au découragement. Nous avons été trompés une fois, ce n’est pas une raison pour tout abandonner. Que voulez-vous? c’est une mauvaise affaire, c’est un mauvais placement de fonds que vous avez fait; une autre fois, vous serez plus heureux. »
Certes, si nous voulions suivre M. l’abbé Mullois dans tous les développeuienis de sa pensée, nous irions peut-être un peu loin; nous serions obligé d’aller prendre le -mal à sa source, et de le suivre jusque dans ses dernières branches. Nous ne lui trouverions peut-être pas les mômes causes que celles qu’a trouvées iM. Mullois ; nous n’emploierions peut-être pas les mêmes remèdes que ceux qu’il indique, mais, certainement, nous nous rencontrerions sur beaucoup de points. Nos idées peuvent différer quant à la forme;
elles sont peut-être les mômes pour le fond. Mais cc que nous avons trouvé dans ce livre, que nous approuvons en tous points, c’est ce grand esprit de tolérance, cc sont ces sages conseils donnés aux membres des sociétés de secours, et qui peuvent se résumer par ces mots : U Surtout, pas U'op de zèle. »