‹ Paris; journal du siègeChapitre 18 sur 33 · Gazette de Cologne · texte numérisé non relu

Gazette de Cologne

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A Sain1>-Calai8, les paysans tiraient de leurs maisons ; pour cette raison, le village fut incendié.

Les villages dans lesquels on attaque nos troupes sont ordinairement brûlés.

Nogent-le-Roi se défend admirablement par ses francs-tireurs. Les Prussiens s'emparent du maire, de seize notables, les emmènent comme otages et bombardent la ville pour la châtier.

Est-ce assez hideux ? On est confondu de cette absence de sens moral chez un peuple soi-disant idéaliste. Châtier comme un crime le patriotisme, tout ce qu'on a honoré chez les peuples envahis, Thomme défendant son foyer ! tuer la femme qui combat pour sa famille ! Deux mille ans n'ont pu changer le fond de la nature vandale. Telles étaient les premières hordes qui se ruèrent sur le pays du soleil ; elles se jettent encore sur le Midi et mettent au pillage nos belles contrées. Les défenseurs de la famille, de la propriété accusent les partageux ; ce sont les Prussiens qui enseignent tous les raffinements de la barbarie : pillage, incendies, otages, assassinats.

Ces barbaries des Allemands exaltent la fierté française. Mon mari me dit : « La victoire morale, nous l'avons déjà. La supériorité de la France est un fait démontré ; mais ce qu'il faut proclamer, c'est que les quatre mois du siège de Paris sont les pages les plus hautes de l'histoire de France. Jamais la vie nationale n'avait atteint 'cette élévation. Ces moments si beaux sont peut-être uniques.

^ Les traîtres, contenus dans l'ombre, n'osent se montrer encore. Les partis terrassés relèveront la tète, renoueront leurs intrigues. Rappelle-toi, ce sont les plus beaux jours de notre vie. >

JOUHNÂL DU SIEGE 219

25 Décembre. — Consigner ici les atrocités de l'ennemi et les efforts de nos jeunes armées est la seule occupation possible dans ces jours sombres, silencieux, où le canon se tait, où toute vie est suspendue à Paris. Ce n'est pas une tâche indigne de la défense nationale que de démêler à travers les journaux allemands la vérité ; elle pénètre dans notre soupirail.

Les relations allemandes des combats sur la Loire prouvent que les Français se battent avec acharnement, recommençant le lendemain le combat de la veille, disputant le terrain pas à pas, harcelant l'ennemi jusqu'à l'approche de colonnes profondes, innombrables qui les forcent à ne pas compromettre la sécurité de l'armée.

Pour la fête du Christbaum, je me donne la joie d'extraire, avec tous leurs germanismes, les passages les plus saillants du rapport gur la journée d Artenay et sur les combats devant Orléans * :

Du champ de bataille, 2 décembre.

Le corps bavarois avait déjà senti qu^il allait avoir affaire à un général habile et expérimenté. La direction et la tenue des troupes françaises produisaient un effet surprenant, de même que la force numérique dépassait toute espèce de supposition. On remarqua avec étonnement que le général d'Aurelle de Paladines n'avait pas tiré parti de l'avantage acquis ni n'avait essayé de continuer la réalisa^ tion de son but : une pointe en avant sur Versailles.

Il est bon de noter ici que nous nous trouvâmes en présence de troupes qui n'avaient jamais vu le feu, tandis que les nôtres, aguerries par des combats et qui avaient supporté toutes les intempéries, appartenaient à, l'armée de Metz. La durée du combat a été de deux heures environ. L'ennemi développa un feu terrible. Les mitrailleuses furent mises en jeu de la façon la plus active. J'ai appris que le général de Thann était au nombre des blessés. Le général Treskow avait eu un cheval tué sous lui. Toute l'affaire a eu lieu par un froid de 7 à 8 degrés. Dans la i^uit, la neige est tombée, le champ de bataille ressemblait à un vaste linceul.

La bataille d' Artenay a recommencé le lendemain (3 décembre). Je

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