‹ Paris; journal du siègeChapitre 21 sur 33 · Gazette de\Silésie · texte numérisé non relu

Gazette de\Silésie

Une grande partie des habitants de la France a abandonné les paisibles travaux des champs pour prendre les armes ; les Français ont été souvent suj^érieurs en nombre aux Allemands ; au Bourget, à Champigny, les Allemands ont eu à supporter beaucoup de sanglants sacrifices.

Cette proclamation a pour but de relever le moral de Tarmée allemande désappointée, étonnée de la longue résistance de Paris.

Toutes les femmes, toutes les iSancées allemandes engageaient leurs bien-aimés à illuminer dans Paris leur arbre de Noël.

Quels aveux importants échappent aux Allemands dans leurs récits des combats sous Paris !

Une colline boisée appelée Avron, domine le champ de bataille. J'ai vu cet abominable mont Avron, constamment à l'œuvre pendant les deux jours de la bataille. Il a été armé des pièces de marine les plus fortes qui ont dirigé constamment leur feu vers Chelles, Noisyle-Grand. Bien plus, plusieurs des projectiles se sont égarés jusque dans le voisinage le plus immédiat de notre quartier général (1).

Des rangées entières de chasseurs étaient étendues derrière des plis de terrain. Le commandant du régiment leur donne Tordre d'avancer, mais il s'apçrçoit bien vite avec la plus vive douleur que ses ordres s'adressaient à des morts, à des blessés. A ce moment, où notre mouvement offensif avait dû s'arrêter, la plupart des officiers qui restaient de ces deux bataillons après les grands combats de Saint>-Privat et de Sedan, étaient tués ou blessés. — Que faire ? Devant soi l'impossibilité d'avancer, deriière soi la honte d'une retraite !

Nos troujjes se re])lièrent pour s'établir dans les maisons de Bry. L'ennemi retirait ses troupes dans le même moment, Il se fit ainsi à midi une sorte d'armistice tacite, dont le major Bossé sut habilement profiter pour rétablir ses communications sans être nullement inquiété par l'ennemi qui achevait d'évacuer Bry (2).

Vous ne vous faites pas une idée de la fureurde la bataille, car une 1 lit te pareille ne peut être appelée un combat ordinaire.

A Sedan, nous n'avions pas vu une pluie de projectiles pire qu'à Vil liera.

A Sadowa ni à Gravelotte, nous n'avons pas entendu un feu pareil. Malgré (les efforts déses^iérés, nous fûmes re])oussés derrière le mur du parc, ce fut alors un combat corps a corps. C'est un miracle que nous ayons pu en sortir.

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