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410 PARIS LIŸRÉ.
Voyant d’une part qu'aucune négociation à d'étranger n'aboutissait, d'autre part que le peuple de Paris ne voulait pas capituler, les dictateurs infaillibles de l'Hôtel de Ville changèrent leurs batteries: Plus d'espoir de secours à l'étranger, espérons dans la province. Afin d'empêcher Paris de se battre, de se sauver lui-même, feignons d'attendre notre salut de la province. Nous parviendrons ainsi à faire prendre patience au peuple, à lui faire perdre un temps précieux, manger les dernières provisions, en lui affirmant chaque matin que les armées françaises arrivent à marches forcées au secours de la capitale, qu’à Rambouillet, à Étampes, à Corbeil, à Mantes, on entend la canonnade des Français, et que nous devons rester tranquilles jusqu'au moment décisif, prévu et mystérieusement préparé par Trochu, où nous n’aurons qu’à sortir pour voir les Prussiens s'enfuir devant nos troupes, et pour joindre victorieusement les armées libératrices de la province.
Comme nous monopolisons en nos mains toutes les nouvelles, comme nous interdisons aux journaux toute discussion des opérations de guerre, il nous sera très-facile de tromper Paris avec la province et la province avec Paris. Aux provinciaux les ballons, aux Parisiens les pigeons, et le tour sera joué. Grâce aux mensonges des pigeons, nous amuserons les Parisiens, nous les gouvernerons aisément, leur tenant le nez perpétuellement levé en l’air pour y regarder si le salut n'arrive point sur les ailes d’un bienheureux pigeon, nous les conduirons, sans émeute, jusqu’au dernier morceau de pain, et alors nous leur mettrons aux mains les menottes prussiennes, sans même qu'ils puissent résister.