‹ ParisChapitre 12 sur 34 · j LLS E.NFJkSTS TROLVÉS · texte numérisé non relu

j LLS E.NFJkSTS TROLVÉS

uns à peine, oiéJiojremeol jolie, le oez en Tair, h bouche trop fendue, des yeui bleus Irès-doux : un lype de Pdiisienne à la fois senlimenlale el gouailleuse. Elle sanglotait el tenait dans ses bras un enfant âgé duoc dizaine de jours envit-on. enibéguiné d'un joli bonnel de dentelles à faveurs roses. Elle s'assit ou plulùl se laissa tomber sur une chaise et dit : « Voila ma pcliie iille, je ne puis pas la garder, je vous Tapporle. » Par une sorte de geste machinal de la main, elle essujail violemment ses yeux inondés de larmes ; ses doigts laissaient de longues traces grises et humides sur son visage parsemé de taches de rousseur. Les hoqiicls secouaient sa voix; tout à coup elle s'interrompit, retira son soulier, l'agita jx)ur en faire tomber du sable qui la gênait et se reprit à pleurer.

On la questionna. « Pourquoi abandonnez-vous votre enfant? — Je ne gagne que #ingt sous par jour, je n'ai pas de quoi le nourrir. » Pendant ce temps, la petite lille s'élanl mise a crier, elle la retourna el lui tiipota le dos. Le commis remarqua la netteté, l'adresse de ce geste, qui dénoie des habitudes maternelles acquises, el aussitôt il lui dit : « Vous avez plusieurs enfants? — Oui, monsieur, j'en ai un autre, un gar- (;on, à la mais')n. — Quel est le père? Elle hésita un peu el répoiidil : Un soldat. » 1/ interrogatoire réglenienlaire el formulé d'avance sur une feuille imprimée coininencjii. On deniandii à celle malheureuse les noms

(le Tenfiint, le lieu, la date de sa naissance, s'il étail baplisô, s'il élait légitime ou naturel. A la question : « Vous a-t-on dit que vous ne pourriez avoir de ses nouvelles que tous les trois mois, et que jamais vous ne sauriez où il est? » Elle courba les épaules, inclina la tète, se lassa sur elle-même comme si, un poids trop lourd l'avait accablée, et ses sanglots redoublèrent.

Quand toutes les réponses eurent été inscrites, on lui passa la plume pour signer le procès-verbal, elle déclara qu'elle ne savait pas écrire. Le commis tira un C)nlonde sonnette, et bientôt une fille de service apparut; elle prit Teniant, Tétendit sur le lit de camp, vérifia le sexe et dit : « Une petite fille. » A ce moment, la mère se jela à genoux, saisit son enfant, Tembrassa avec des convulsions qui la soulevaient tout entière et restait penchée, collée sur elle comme si elle eût voulu s'en imprégner pour toujours. Le commis se leva, vint à la femme et lui dit avec ce flegme que donne l'habitude du même spectacle souvent répété : « Si cela vous fait tant de peine d'abandonner cet enfant, pourquoi ne le gardez-vous pas? » Elle se redressa d'un bond, passa sa manche sur son visage tuméfié, ne se retourna même pas, poussa la porte et s'enfuit. Je demeurai stupéfait ; le commis me regarda et me dit : « C'est toujours comme ça ! »

Oui, « c'est toujours comme ça, » lorsque c'est la mère qui fait l'abandon elle-même, car elle se trouve

tirée entre les mouvements instinctifs de la nature et une résolution irrévocablement prise; mais les choses se passent bien plus simplement lorsque c'est un intermédiaire désintéressé, une sage-femme par exemple qui apporle Tenfant. Pour beaucoup de femmes de cette dernière catégorie, le titre qu'elles ont est un nom mérité , car saga signifie sorcière ; plus que d'autres, et par leurs fonctions mêmes, elles sont accoutumées aux œuvres ténébreuses qui déroulent la justice et lui échappent le plus souvent.

Ces créatures excellent à épouvanter les pauvres filles qui ont eu recours à elles à la dernière heure; elles les effrayent sur les suites d'une première faute, les poussent à se débarrasser de leur enfant et se chargent, pour de l'argent, d'accomplir toutes les formalités imposées \ Souvent encore, c'est le garçon de bureau d'un commissaire de police qui, tenant entre

ses bras un paquet de chiffons où s'agite un petit être chétif, vient faire les déclarations requises; dans ce cas-là, presque toujours, c'est un enfant réellement

* « L'cnquèle a constaté avec dégoût les odieuses suggestions de ces matrones (sages-femmes) qui, non contentes d^attirer chez elles ks pauvres filles séduites et de les dépouiller de leurs épargnes, ne leur montrent d\tiitrc issue à leur faute qu'une faute plus grave (rabandoo) dont elles se font Tinstrument avide, à prix d'argent, ou s'illâ laut, eo (>.\ig(>:int de la malheureuse les derniers haillons qui la couvrent. » (Eh^ (jiu'ic (jéfurale ouverte en 1800 dans les quatre-vingt-'Six départemenii (le r empire sur les en fans assistés, p. 52, 33.)

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trouvé qu'il apporte ainsi. En 1869, on en a reçu quatre-vingts qui tous avaient été exposés dans des lieux publics : églises, rues, jardins, passages; l'un d'eux avait été intentionnellement oublié dans une voiture de place.

Tous les jours, la préfecture de police et les hôpitaux envoient à Thospice de la rue d'Enfer les enfants dont les parents sont « empochés», parce qu'ils ont été écroués en prison ou sont entrés h l'hôpital. J'ai vu arriver « le dépôt » de T Hôtel-Dieu, c'est-à-dire sept ou huit bambins de tout âge, vêtus, les uns de guenilles, les autres de ces costumes prétentieux, décolletés, d'un mauvais goût excessif et qui semblent faits pour des chiens savants. Pendant qu'on libellait les écritures nécessaires, j'ai pu constater l'effroyable précocité de certaines natures ; on n'eut que le temps de ramasser dans un coin et de séparer un petit garçon Bt une petite fille qui n'avaient point douze ans à eux deux. Du reste, indifférence absolue sur ces jeunes visages, à peine un sentiment de curiosité excité par la vue d'un endroit nouveau.

Ces enfants sont gardés à l'hospice jusqu'à ce que tes parents aient fini leur temps ou soient guéris. Fréquemment cette hospitalité transitoire est rendue définitive ; loi^ue les parents meurent et que nulle âme charitable ne consent a se charger de l'orphelin, on fait administrativement ce qu'on nomme l'abandon, et

l'enfant devienl jusqu'à sa majorité le pupille de l'assistance publique. Pour reconnaître à première vue les enfants abandonnés et les enfants déposés, on leur donne jusqu'à l'âge de cinq ans un signe distinctif qui est un collier. Celui-ci est en os, composé de dix-sept olives blanches, orné d'une médaille d'argent portant à la face l'image de saint Vincent de Paul, au revers le mot Paris ^ et un numéro d'ordre, qui est celui de l'inscription. Ce collier est destiné aux abandonnés; il est de couleur bleue pour les garçons déposés, de couleur rose pour les filles : de plus, sur le revers de la médaille, au-dessus du numéro matricule, il porte le mot dépôt.

Pour l'enfant abandonné, on prend une autre précaution : sur une fiche en parchemin, on écrit ses nom et prénoms, la date de sa réception, l'heure, le jour de sa naissance. Cet ncte d'état civil, cousu entre deux rubans, tracé à l'aide d'une encre indélébile, est fixé à son bras et ne doit le quitter jamais. Le collier est d'invention récenle; autrefois on mettait aux enfants assistés des boucles d'oreilles d'une forme particulière, vieil usage barbare qu'on a bien fait de répudier, car il laissait pour toute la vie une trace que rien ne pouvait effacer.

1/ hospice est très-vaste ; la vieille maison des oraloriens ne fut pas suffisante lorsqu'on décida, en 1836, la réunion des orphelins du faubourg Saint-Antoine

aux Enfants-Trouvés de la rue d'Enfer. On Ta agrandie, on y a ajouté deux ailes énormes, qui contiennent des classes, des dortoirs larges et convenablement aérés. Les jardins sont magnifiques ; il y a surtout une haute futaie d'ormeaux entourée de gazons verts, où broutent quelques chèvres, qui pourrait faire envie à plus d*un parc princier. C'est à côté de ces grands ombrages qu'est situé le gymnase, où les enfants qui sont en âge d'en profiter prennent des leçons de souplesse et d'agilité sous la direction d'un professeur spécial.

Malgré cette verdure, malgré l'espace, malgré l'éblouissante propreté qui règne dans tous les appartements, je ne connais pas d'hôpital, de prison, plus pénible à visiter que cette maison où la charité et la science réunissent leurs efforts pour élever des enfants malingres. M. Michelet Tappelle « le funèbre hospice; y> il a raison. Lorsqu'on voit des détenus pâtir dans leur triste cellule, lorsqu'on rencontre un vieillard indigent et infirme qui se traîne, en béquillant, dans les préaux d'un refuge, à l'un et souvent à l^autre on peut dire : Qu'as-tu fait de la vie, et n*as-tu pas aujourd'hui le châtiment des fautes que tu as commises? Mais à ces enfants, à ces embryons vagissants , pour la plupart, déjà flétris par des maladies héréditaires, à ces produits de la débauche accouplée à l'ivressCy à ces débris que le ruisseau de la dépravation a chariés jusqu'au seuil de l'asile hospitalier, que

peut-on reprocher? de quoi ne sont-ils pas innocents?

Pourquoi cette malédiction sur eux, de quels crimes sont-ils punis? en vertu de quelle loi brutale et incompréhensible entrent-ils dans la vie par la porte noire el metlent-ils, au jour même de leur naissance, le pied sur la route maudite faite d'obstacles et de précipices? C'est là qu'est la vraie pilié, la commisération profonde, l'émotion poignante el c'est vers ces pauvres êtres si rudement scellés dans l'infortune que la charité devrait se tourner avec le plus de largeur et de persistance, car là tout est à sauver, la chair et l'esprit. Certes ils sont mieux, beaucoup mieux soignés par les filles de service, par les sœurs, par les surveillantes, par les chirurgiens, par les médecins, parles internes attachés à la maison, qu'ils ne l'auraient été par leurs parents ; mais le cœur n'en reste pas moins navré en regardant ces orphelins dont le père el la mère ne sont point morts.

Dès qu'ils ont été reçus au bureau d'admission, oo les porte à la crèche, pièce immense contenant quatrevingt-cinq berceaux, et située au-dessus de la chapelle, dont elle a fait partie jadis el dont elle a exactement les dimensions. Sur le linteau de la porte on lit une inutile inscription : « Mon père et ma mère m'ont abandonné, mais le Seigneur a pris soin de moi. » Pourquoi se payer de lieux communs et cacher la réalité derrière des mois de convention? Dans ce cas-là, le

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Seigneur s'nppeiie l'assistance publique et le budget de la ville de Paris. Quan,d l'homme collectif répare l'injustice de Thomme individuel, il est puéril d'en faire remonter la gloire jusqu'à la Divinité.

Devant une immense cheminée, un lit de camp est placé sur lequel on réchauffe, on change les enfants. J'ai dit que la salle contenait quatre-vingt-cinq berceaux, je me suis mal exprimé, ce sont quatre-vingtcinq petits lits en fer, montés sur roulettes et qu'on ne peut faire vaciller, au grand préjudice des nourrissons. Il suffit de les voir couchés, presque enfouis dans leur lit abrité d'un rideau blanc, pour reconnaître combien déjà ils ont souffert avant de naître; ils ont des visages fanés, ridés, sans consistance : Gulliver les prendrait pour des centenaires de Lilliput. Pour allaiter ces pauvres petits jusqu'à ce qu'ils soient nantis d'une nourrice spéciale, on a des nourrices sédentaires qui vivent dans un grand dortoir qu'on voudrait voir plus spacieux. Ces femmes, auxquelles on donne un franc par jour, indépendamment du logement et de la nourriture, sont généralement des filles-mères qui ont perdu ou déjà sevré leur enfant.

Une chambre très-étroite, trop étroite, forme ce qu^on nomme le quartier des sevrés; on y entre à neuf mois, ce qui, en bonne hygiène, est singulièrement prématuré. En pénétrant dans cette pièce, on est saisi à la gorge par une insupportable odeur de beurre aigri

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mêlé à des émanations ammoniacales d'une nalure particulière. Les enfants, tout petits et morveux, couverts d*un sarrau de toile bleuâtre, sont assis sur un banc et appuyés contre la muraille. On comprend vite, à les voir, qu'ils vivent déjà sous Tempire d'une certaine discipline. Ils ont de pauvres mines boudeuses, et ils m'ont paru beaucoup trop tranquilles. On a eu beau accrocher à une porte d'armoire un immense polichinelle, ils ne le regardent guère et sourient à poine quand on tire la ficelle qui agite ce fantoche. Ils s'ennuient, cela est visible.

L'enfant, qui est la vie nerveuse par excellence, qui a le geste irréfléchi, le mouvement instinctif, pâtit promptemenl, diminue et s'étiole lorsqu'il est immobile. Les bonnes nourrices le savent bien ; celles de Normandie disent : Il faut sauter les enfants ; il faut les movvery disent les Bourguignonnes. Ceux auxquels manque cette gymnastique artificielle, qu'on ne fait point danser sur les bras, qui n'ont jamais vu la « risette » maternelle, qui n'ont point entendu les berceuses naïves et lentes qui les calment et les endorment, qui n'ont pu se rouler à l'aise sur l'herbe des jardins nu sur le parquet des chambres, qui sont maintenus dans un repos anormal, ceux-là tombent en mélancolio, se fanent et meurent bien souvent.

On cherche un nom scientifique, une cause secrète, peut-être héréditiire, à la maladie qui les a cmporlés;

il est inutile de se donner (anl de peine : ils sont morts tout simplement d*inaction. Or cetle activité permanente qui développe les forces de Tenfanl, qui lui procure un bon sommeil, qui, en un mo(, lui donne la vie, est-elle possible à Thospice de la rue d'Enfer? Non. Le personnel est insuflisant. Il n'a rien de commun, je me hâte de le dire, avec celui des bôpit^iux, et les filles de service ne peuvent, sous aucun rapport, être comparées aux infirmières. Ce sont pour la plupart des filles de campagne, des Auvergnates et des Bretonnes, spécialement choisies par les sous-inspecteurs provinciaux des Enfanls-Âssistés et par eux envoyées à l'hospice de Paris.

Elles sont assidues, fort dévouées et forcément désintéressées dans un établissement où les pensionnaires, n'ayant jamais un sou vaillant, ne peuvent donner de pourboire; mais le nombre en est trop restreint. Chacune en moyenne a dix enfants à soigner, à faire manger, à nettoyer, à changer, à coucher, à endormir. Récemment on a augmenté ce service, mais il resle encore au-dessous des besoins ; les choses se modifieront, il faut l'espérer, et arriveront à l'état parfait ; mais actuellement, lorsqu'on veut porter un remède radical et immédiat au mal constaté, on se heurte à d'insupportables questions d'argent qui paralysent les volontés les plus robustes et font ajoui*ner des améliorations essentielles.

Pour ces chétives créatures, dont bien souvenl la vie est près de s'éteindre quand on les apporte à l'hospice, une infirmerie n'est que trop nécessaire. Aussi celle de la maison est vaste, bien distribuée et divisée en deux services : celui de la médecine et celui delà chirurgie. En visitant ce dernier, on est surpris du nombre d'enfants couchés sous des rideaux bleus el dont les yeux sont cachés par une compresse humide: ceux-là sont atteints d'une ophlhalmieque trop souvenl ils doivent à leur mère. Cette infirmerie est navrante à voir, elle est l'image même de l'abandon. Malgré le va-et-vient des servantes qui s'empressent autour des petits lits, malgré la présence active et bienfaisante des sœurs, qui, là plus que partout ailleurs, sont d'admirables infirmières, l'enfant, au moment où il a le plus besoin d'être choyé et dorloté, est dans une solitude désespérante.

Je me suis arrêté à regarder une fillette de quatre ou cinq ans qui avait la rougeole. Blonde et charmante, vêtue d'une camisole de cotonnade à fleurs roses, portant au cou le collier du dépôt, elle dormait, agitée, fiévreuse, visitée par un cauchemar. Tout à coup elle se réveillait en sursaut avec un geste d'effroi, regardait autour d'elle, ne voyait que mon visage inconnu, jetait les yeux de tous côtés et, avec découragement, remettait sa pauvre petite tête sur l'oreiller. On est très-bon pour ces enfants, on cherche à les désen'»

nuycr. Au lit, ils ont des images à regarder; dès que la convalescence leur permet de se lever, on leur donne des joujoux; mais la gaieté ne leur revient guère, et j'en ai vu plus d'un, assis sur le parquet, tenant un pantin entre ses bras, immobile, regardant machinalement devant lui et perdu dans une de ces rêve* ries profondes qui, à cet âge, nous semblent si mystérieuses.

Comme les autres hôpitaux, l'hospice des Enfants- Assistés possède, loin des pavillons occupés, une salle de repos où Ton garde les morts ; c'est dans un cercueil banal, en chêne garni d'armatures de fer, afin qu*il dure longtemps, qu'on les emporte revêtus d'une longue chemise blanche qui les enveloppe tout entiers ; on les confie à la terre nue après que l'église a prié sur eux; mais pour ceux-là nul parent ne suit le petit corbillard; ils s'en vont comme ils sont venus, indifférents à tous, et ne laissent aucun regret derrière eux.

Sur la table d'autopsie, il y avait deux cadavres, maigres, déjà marqués de taches violettes; l'un était celui d'un hydrocéphale, vaste tête qui semble faite pour le génie, et où l'idiotie va presque toujours se loger. De grosses mouches vertes bourdonnaient autour d'eux. C'est presque un soulagement de voir morts des enfants à qui était réservée la destinée qu'on peut prévoir. Ils ne sont pas à plaindre, et, pour

iMf LES LSfkSK TfcOLfÉS.

v: mi. yji- iiUcndail dans h vie^ ils onl bien fait de r a:Tf t'.i sur h- seuil et de ne point aller plus avonl. litL. uoiiitt une impression triste dans cette maison, iiiL;« jLsoL'â \h rrande diapdlc ou chaque malin Ton lia)» J7< kr^ toiianis apfioriês la veille. Les inconnus,ceax gu'itL il ^aIna^>c^ au coin des bornes on sous le bénitier ûi!^ '.•^ùb<î^ n: {•co'ieTLiijt quc deui noms de bapléme, ULicifui. ]\»rc*:!meDl îeur servira de nom patronymique. I^anf uni rnmdc salle^ nous avons assisté au goûter àtrî^ }ifiijei> niks : on kur distribuait de belles tartines Qi ]i£iiî viiàre amj^leniesit revêtues de marmelade de jiriiDt^ ôiiLi «lies se- iiaiiKuiilIaient d'importance. Chez c:^ tOif liDis. Jt xrt^ïU' t^su le plus m»u vent, brusque, cassé, i: i.ii^jes û'Y» îs, presque animal. J'ai longtemps refi.rii ::ii: ;.vt^L:^ie 6e sii a sept ans qui léchait ses 5,'.r:> 'iin:»rtk'Dt^ àv c<»mîlures, avec les mouvemenis j-r..> i'. r::£\i iifj^ d'un chaî qui se lèche les babines ^}i:\< ivi!: lia in mx^ A\ec elles, les sœurs et les î 1> il stn^Cw' o:\ une patience à loute épreuve; :::.;> . :);». à. pljs intéressant de la moison est un sur^v .r.;;r:: vùi :-. cb^inre des pirçons. C'est un homme li'^n. t .i.qu.'iiL- ire d'années emiron, de bonne leuuc :;n :•: i; :n.. :â::\, ;rès-propre et soigné dans son unif.rnv., Uviù :y rieur e: p^*ussant la politesse jusqu'au r:.:Vi: i nu:.:. li rnèiv sa {xsiîe bande par des procédés l- u: }v.i:î:cu:ii:^, e: i! f^îUl convenir qu'ils lui réussisseul Jiimirài'itiîie:.!.

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Les enfants amenés en dépôt à Thospice appartiennent généralement à la catégorie où Auguste Barbier a renctmlré son « pâle voyou. » Ils ne pèchent pas précisément par l'excès des belles manières, ils ont vécu près du ruisseau, ils sont impudents, insolents cl malpropres; entre eux, ils s'appellent volontiers tt Pif-en-l'air » ou « Tape-à-rœil. » Le surveillant ne lolère point de semblables familiarités, il veut qu'on soit respectueux les uns pour les autres et il prêche d^exemple. Si l'un de ces gamins rappelle par certain coté le bon roi Dagobert, ce qui arrive fréquemment, il le fera avertir par un de ses camarades auquel il dira : « Monsieur Edmond, veuillez avoir l'extrême complaisance de prévenir M. Gustave que le désordre de sa toilette est regrettable, et que lorsqu'il se retourne, on peut concevoir une opinion fâcheuse des soins qu'il prend de sa personne. » La commission est répétée presciue mot pour mot. Je n'en croyais pas mes oreilles.

Les enfants ouvrent de grands yeux, s'étonnent cl\'ibord| finissent par comprendre ces phrases emphatiques, prétentieuses, et les substituent peu a peu à Targot mal sonnant qu'ils avaient l'habitude de parler. Lors<|ue le langage se modifie, de nouvelles idées nais- 2ient et les habitudes ne tardent pas a s'en ressentir. L'cm[)loi de termes pompeux et trop choisis frappe

beaucoup les enfants; aussi ceux de l'hospice adorent If. Il)

le surveillant; il les mène au doigt et à l'œil, menace quelquefois, ne punil jamais, et obtient tout ce qu'il veut sans rigueur ; c'est un des plus précieux auxiliaires de l'administration.

On a voulu dessiner des chemins, des quinconces dans la futaie d'ormeaux-, le surveillant s'en est chargé, et, avec le concours de « ces messieurs, lo il a fait une œuvre de jardinagefortconvenable.Bien plus, il esl chef de troupe et directeur de théâtre. II a peinturluré des décors, il les dispose dans une grande salle qui sert de classe, il fait apprendre quelque pièce de Berquin ou de Bouilly aux plus intelligents des pupilles, et, à certains jours de fête, on donne une grande représentation. Ce sont des joies qu'on peut imaginer : l'émulation est excitée, l'attente pleine d'émolion, le plaisir très-vif. Sans bien s'en rendre compte peut-être, cet excellent homme a résolu le difficile problème de fortifier le corps et d'occuper l'esprit des enfants. Il n'en esl pas plus fier du reste, et lorsqu'on le félicite des résultats qu'il obtient, il en fait remonter hiérarchiquement tout le mérite au directeur de riiospice.

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