‹ Paris médailléChapitre 12 sur 56 · OPINION DE M. J.-P. LAURENS · texte numérisé non relu

OPINION DE M. J.-P. LAURENS

« Il y a des dessous.... Certains esprits se son^. aigris... On a parlé de cabales. Moi, je veux me tenir en dehors de toutes les coteries pour ne me préoccuper que de l'art.

» Pourtant, il me paraît difficile qu'il y ait place pour deux sociétés concurrentes, mais, si on m'écoutait, on aurait le moyen de clore le débat, et tout de suite.

» On trouve que les exempts sont en trop grand nombre, eh bien ! qu'on fasse passer tout le monde devant le jury ; ceux-là seuls résisteront qui le pourront et tant pis pour ceux qui seront écartés.

» Il faut savoir faire des réformes ; moi, je voudrais, je le répète, que tout le monde comparût devant le jury, mais je voudrais aussi que le nombre des jurés fût diminué : les trois quarts sont inutiles.

» Sous l'Empire, il n'y en avait que quinze, et les

choses n'en allaient pas plus mal. Et quinze, c'est encore trop : dix suffisent.

» Il est, en effet, démontré que la même toile ne peut être examinée, en même temps par dix personnes; or, tout le monde le sait, les opérations vont vite, pendant la période de l'examen, et on n'a pas le temps de se succéder devant le tableau qu'il s'agit de juger. Le chevalet passe, et c'est tout. Alors, puisque dix jurés sont occupés à la fois, à quoi sert-il qu'il y en ait quarante ?

» Et puis, il est plus facile de trouver dix hommes de grande valeur que quarante.

» Une chose m'a frappé dans le vote, c'est la spontanéité avec laquelle les assistants ont affirmé leurs craintes. On voit les exempts encombrer le Palais de l'Industrie. Et sans entrer dans le fond de la discussion, on peut dire qu'au Salon il y a trop de toiles ; le public se perd, effaré, au milieu de la masse des tableaux; ce n'est plus une exposition, c'est une halle. »

Pour bien comprendre ce qui précède, il faut savoir comment au Salon se fait l'examen pour la réception des œuvres des artistes.

L'examen des œuvres à admettre au Salon se fait de deux manières différentes, selon leurs grandeurs.

Pour les tableaux de grandes dimensions, ils sont rangés contre le mur, les uns à côté des autres ; en avant une corde est tendue à un mètre de distance, c'est en dehors de cette corde que passent le président du jury d'admission et ses membres. S'arrêtant devant chaque toile, il admet ou refuse et indique un numéro

de 1 à 5, qui, marquera la place que le tableau devra occuper : 1 c'est la cimaise, 2 le second rang, les autres c'est où Ton peut.

Pour les tableaux de petites dimensions, ils sont placés par série de quinze à la fois, sur des chevalets, devant lesquels sont groupés les membres du jury, pour chacun d'eux, le président demande l'admission ou le refus. Le vote a lieu à mains levées ; l'admission est acquise à la majorité ; toutefois à voix égale, elle est accordée.

Le jury d'admission a donc tout le temps nécessaire de procéder judicieusement à son examen, et l'opinion de M. J.-P. Laurens est exagérée.

Opinion de M. Roll, — de M. Dalou, — de M. Ch. Garnier, — de M. Kaempfen, — de M. F. Régamey, — de M. Bartholdi, — de M. le comte du Nouy, — de Mmc Berria-Blanc, — de M. Signac, — de M. Ralïaëlli.

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