OPINION DE M. KAEMPFEN
« Appelé au ministère pour une affaire de service, j'ai causé incidemment avec le ministre du vote d'hier; il m'a dit combien il en était affligé, il m'a dit aussi son intention de ne prendre une décision que lorsque le vote serait définitif.
» 11 faut espérer, en effet, que tout s'arrangera ; les absents étaient nombreux à la réunion de la salle Saint- Jean et il est encore temps de revenir sur les résolutions qui ont été prises. Ces messieurs finiront peutêtre par comprendre que leur intérêt est de rester unis et qu'il n'ont rien à gagner à faire de l'opposition à un gouvernement qui leur loue un franc par an le Palais de l'Industrie.
» Qui sait, la voix de la sagesse sera peut-être écoutée, et, en la circonstance, la sagesse parle par la bouche de M. Meissonier. Ses arguments sont convaincants.
» Les artistes se plaignent de ce que les récompenses ont été accordées en trop grand nombre aux étrangers ; cela, à la rigueur, pourrait se discuter: mais, dans tous les cas, il en est de ces récompenses comme de la Lé gion d'honneur, qui est donnée plus facilement aux étrangers qu'à nos nationaux, ce dont personne ne se plaindra. On sait faire la différence.
» Les mécontente redoutent de voir leur exposition an-
nuelle encombrée par les envois des exempts ; mais ces craintes sont puériles, car les statistiques sont là qui démontrent combien peu nombreuses ont été les récompenses des précédentes expositions universelles qui ont figuré au Salon les années suivantes.
» Les peintres qui habitent l'étranger y regardent à deux fois avant d'envoyer une toile au Palais de l'Industrie. Quant aux étrangers qui résident à Paris, ils s'y sont établis, pour la plupart, et on les considère comme des camarades, comme des compatriotes ».