OPINION DE M. SIGNAC
Paris, 15 janvier 1890.
« Les rythmes mystérieux des lignes et les triom- ' phantes harmonies des couleurs m'inquiètent beaucoup plus que les mesquines agitations des messieurs peintres.
» Je n'ai jamais envoyé et je n'enverrai jamais au
Salon. Je me soucie donc fort peu de l'oléagineuse entreprise qui, chaque Mai, balaye les crottins du Concours Hippique.
» Mon avis sur la question du jour, vous me voulez bien demander : On désire abolir les récompenses, ces scolaires confitures. — Parfait. — Mais ne serait-il pas plus urgent de supprimer d'abord cet atrabilaire sécateur, le Jury ?
» p. signac. »
On voit bien à sa lettre que Signac fait partie des Indépendants; il est logique et conséquent avec luimême.
opinion de m. raffaelli
« Monsieur,
« Vous me demandez ce que je pense des Médailles?
— Au point de vue artistique, elles sont sans justice possible et faussent, par conséquent, le goût du public,
— tout en décourageant les vrais méritants. Etablies, elles entraînent le désir de les obtenir, d'où, toutes les concessions au goût du jour. Excellentes pour les enfants, qu'elles stimulent, elles sont mauvaises pour des hommes qui, en pouvoir de jugement, se rendent vite compte de la voie à suivre pour les atteindre. Elles abaissent donc les caractères ; or, sans hauts caractères,
sans caractères indépendants., pas d'art élevé et puissant. — Mais j'ai longuement répondu sur ce sujet à M. Emile Blavet, qui a publié cette conversation dans le Figaro^ du lundi 27 janvier, auquel je vous renvoie.
» Veuillez bien agréer, cher monsieur, mes parfaites salutations.