‹ ParisChapitre 11 sur 28 · II 15* I · texte numérisé non relu

II 15* I

— Mais tu n'as donc ni cœur ni âme, misérable femme I s'écria François, le nez dans son verre.

— Mon pauvre ami, répliqua la marquise avec dédain, vous voilà ivre, je ne veux pas discuter avec vous.

— Non, je ne suis pas ivre, Morgattel Que le diable m'étrangle I je sais ce que je dis, val je ferai tant de scandale!...

Il s'arrêta, bouche béante, devant le rire moqueur d'Astrée.

— Du scandale, avec moi! repartit-elle ; pauvre François 1 que pourriez-vous faire pour surpasser le scandale du mariage lui-même ? Le monde me croit votre femme ; je viendrai dire au monde, et le front haut : Je n'étais que sa maîtresse...

— Et le monde te repoussera, Morgatte I

— Ohl le monde en aura bonne envie, mon ami François ; mais quand je dirai cela au monde, je serai duchesse de Rostan, duchesse légitime, et je lui crierai ma confession du haut d'un monceau d'ori

— Tu ne l'es pas encore duchesse de Rostan; tu ne le seras jamais!

La marquise se leva.

— Qui donc m'en empêchera? dit-elle.

— Moi, fit le grand François qui se cacha pourtant derrière son verre de rhum.

— Le notaire de madame la marquise est au salon, annonça un domestique à la porte entr'ouverte.

— C'est bien, faites attendre.

Astrée marchait vers le guéridon. Rostan recula d'un pas quand elle fut tout près.

— N'aie pas peur, dit-elle en souriant avec mépris. Elle passa son bras sous le sien et le conduisit au

divan.

— Couche-toi, ordonna-t-elle, je te dis que tu es ivre.

— Et si je ne veux pas me coucher, moi I riposta niaisement le gentillâtre.

Astrée pesa sur sa main ; il perdit l'équilibre et fut obligé de s'asseoir.

— Dites donc, vous, avez-vous vu? s'écria-t-il en s'adressant à P. J. Gridaine avec une sorte d'admiration ; elle est plus forte que moi I

— Je le sais fichtre bien! pensa Gridaine. 11 leva les yeux de dessus son journal.

— Omphale était plus forte qu'Hercule, répondit-il d'une petite voix flutée, mais cassée, qu'il avait. G est parce que la plus belle moitié du genre humain en est aussi la plus forte que je me suis dévoué corps et âme à son service.

Le domestique entr'ouvrit de nouveau la porte pour dire :

— Le médecin de monsieur le duc est au salon.

— Priez monsieur le docteur d'attendre, répliqua la marquise.

Et quand le domestique fut parti :

— Ah ! tu comptes m'empècher d'être duchesse de Rostan, toi, François I reprit-elle, toujours calme; et comment feras-tu?

L'ancien hobereau grommela quelques paroles inintelligibles.

— Ingrat! fit la marquise debout, à la tête du divan, je t'ai fait marquis et tu me marchandes mon titre de duchesse I

— Si tu es duchesse, dit François d'un ton bourru, mais craintif, pourquoi ne suis-je pas duc?

— Parce qu'il n'y a pas l'étoffe chez loi, mon pauvre ami, riposta Astrée ; voyons, faites un retour sur vousmême et soyons juste, François. Vous avez tous les vices,

non pas à la manière des grands seigneurs, ce que je vous passerais volontiers, mais à la façon des portefaix. Vous buvez trop peu et mal, vous querellez au jeu, vous faites l'amour à l'office. Vous devez de l'argent à tout le monde et vous ne savez pas regarder vos créanciers en face. Il y a eu des ducs ainsi faits, je le sais bien. Il y eu a encore : je crois que j'en connais ; mais ce sont des ducs pour tout de bon î

— Donnez-moi mon verre, dit François ; allez-vous nier, vous, Morgatte, que je sois un vrai gentilhomme?

— Ahl que la peau de bique vous allait bien, mon beau François I s'écria Astrée qui mit du rhum aux trois quarts du verre.

En le lui donnant, elle ajouta :

— Je vous prie de laisser là ce nom de Morgatte.

Le grand Rostan ouvrit la bouche pour répéter plus haut ce sobriquet défendu, mais Astrée avait la main sur son épaule. 11 profita de sa bouche ouverte pour boire.

— Je tuerai ce Fernand! gronda-t-il avec un blasphème.

Le domestique se présenta pour la troisième fois à la porte.

— Mesdemoiselles Pauline, Georgette et Virginie, ditil, demandent à voir madame la marquise.

Astrée et P. J. Gridaine échangèrent un sourire.

— Que ces demoiselles attendent, dit Astrée.

Elle repoussa les jambes de François et s'assit auprès de lui sur le divan.

— Il ne faut pas jouer avec le feu, reprit-elle tout bas; avec moi, tu sais bien, il ne faut jamais prononcer, même quand on est ivre, de certaines paroles. Vous m'avez gênée bien des fois, marquis. Sans vous, je serais loin et

haut. Excepté vous, j'ai brisé toujours en ma vie les obstacles qui me barraient le p.issage.

— Donnez-moi à boire, fit Rostan.

P. J . Gridaine voulut se lever pour apporter le plateau. Il eût assez aimé entendre ce qui se disait sur le divan. Un geste d'Astrée l'arrêta. Elle alla prendre elle-même la bouteille de rhum et versa une ample rasade à François.

Celui-ci avait les yeux éteints et la langue presque paralysée. Il but.

— Réfléchis donc, pauvre fou! reprit Astrée, tu vas t'endormir là malgré toi. En ce moment tu ne pourrais pas même te défendre contre une femme... et tu menaces !

François fit efi'ort pour se lever ; il eut un rire stupide et retomba.

— Dors, reprit la marquise, dors en paix cette fois encore. J'ai un faible pour toi, marquis, j'ai été jalouse de toi. Dors, je ne t'ai pas dit qu'il n'y aurait pas de partage. Je serai duchesse, j'épouserai celui que j'aime, mais tu auras, toi, de quoi boire le reste de t^s )urs, de quoi jouer, de quoi marchander tout Fam ur qui s'achète. Tu seras un heureux marquis, mon François ; dors.

Les yeux du grand Rostan battirent, mais il se leva par un effort violent et soudain.

— Sacrebleu! s'écria-t-il, je n'ai pas sommeil, madame la duchesse! J'aime mieux songer un peu; cela m'amuse... j'aime mieux songer à lamine que feront vos nobles amis et vos illustres connaissances en voyant la marquise de Rostan, qui a passé seize ans avec moi et qui n'est pas veuve, épouser M. Fernand tout court, dont l'ancien métier n'est un mystère pour personne.

— Fernand a été calomnié, dit Astrée, qui rougit, car l'amour l'avait prise.

— Calomniez donc un M. Fernand I s'écria François, je vous le donne en mille I

Astrée était déjà remise.

— Dors, mon pauvre François, dit-elle ; ce que le monde dira, je ne l'entendrai pas, puisque je serai duchesse et dix fois millionnaire. On rira peut-être ; mais tous ces fronts s'inclineront si bas devant notre titre et devant notre fortune, si bas, si bas, que nous ne verrons plus ce que fait la bouche. Dors et ne t'inquiète pas.

Le grand Rostan porta une dernière fois à ses lèvres son verre qui ne contenait plus rien.

— Il y a des moments, grommela-t-il, où je te hais si fort, que je monterais volontiers sur l'échafaud, à la condition de t'y voir m'y suivre.

Sa tête retomba sur le coussin. Il ronflait déjà.

— Monter où I demanda de loin P. J. Gridaine.

— Je crois que cet homme-là a commis quelque crime en sa vie, répondit la marquise d'un air pensif; il parle très-souvent d'échafaud quand il est ivre, et cela n'a pas peu contribué à faire naître le dégoût profond qu'il m'inspire.

Son regard se fixait sur le visage plombé de François. Elle pensait :

— Tu as bien fait de me dire que tu as de ces idées-là, mon homme I

— Mais il se vante, reprit-elle ; il est devenu poltron comme un lièvre.

Elle sonna.

— Faites entrer le docteur et le notaire, dit-elle au domestique.

Ancien modèle, ce docteur : cheveux blancs, coupés en oreillettes, diamant au doigt, tabatière d'or, un mi-

lieu mignon entre le voltigeur de la Restauration et le panaché du Directoire.

— Eh! bonjour donc, madame la marquise, dit-il en entrant au pied levé comme un rôle à mollets de la Comédie-Française. Bonjour donc! bonjour donc! Eh! eh! bonjour donc ! chèrQ madame I

Il lui baisa la main avec une grâce toute française, tandis que le notaire qui entrait sur ses talons s'inclinait et déclarait :

— Je présente mes respects à madame la marquise.

— Un homme bien sérieux que ce cher notaire! fit le docteur, bien sérieux, bien profond! Eh! eh! on dit que sa charge est un sacerdoce! comme notre métier, notre métier!... Eh ! eh! sujet aux lourdeurs de tète, n'est-ce pas, cher monsieur? travail de cabinet. Prisez-vous? mettez un peu d'alcali volatil dans votre boite, de l'alcali, un peu d'alcali... un tout petit peu d'alcali. Gela déterge, vous vivrez cent ans, c'est moi qui vous le dis, cent aps, si vous ne tombez pas sous une attaque d'apoplexie.

Le notaire fit la grimace et mit le doigt dans sa cravate pour en lâcher le nœud.

— M. Gridaine! reprenait le médecin de style, M. G ridaine, le cher M. Gridaine! Avais pas vu. Mande pardon... mauvais teint, mais l'œil est bon. Youlez-vous que je vous dise? vous vivrez cent ans...

— A moins... commença la marquise.

— Réponds pas des accidents, prononça gravement le docteur; réponds pas, réponds p.ts, réi)onds pas! Eliî bonjour donc, monsieur le marquis. C'est le marquis, làbas, sur le canapé? Bonne mine, bonne mine!

Le grand Rostan avait l'air d'un déterré.

— M. le marquis repose, dit Aslrée, il est ud [ilu indisposé.

— Sera rien, répliqua le docteur, qui ne fît pas mine (lu tout d'aller lui tâter le pouls.

Au contraire, il se plongea dans un fauteuil. Le notaire s'assit discrètement sur une chaise.

— A nous deuXjbelle et chère madame reprit le docteur; toujours la fraîcheur de la rose! J'étais tout à Theure à THôtel-Dieu, où j'ai un service. A l'Hôtel-Dieu. L'interne me montrait un tas de misères, l'interne. Ah! diable, un cas de péritonite bien étonnant, entre autres! Je lui ai dit : Monsieur Morin, monsieur Morin... Je lui ai dit : C'est l'heure où je passe chez la marquise...

Le notaire se pencha à l'oreille de Gridaine.

— Ceci a dû intéresser puissamment le malade, murmura-t-il.

— Le bon docteur est un original, répondit P. J. Gridaine.

Le bon docteur poursuivait :

— C'est l'heure. J "avais ma montre à la main, la montre que me donna la reine de Portugal en 1813. Il y a longtemps de cela, hein? L'expérience, belle dame, quand un médecin peut parler de quarante ans d'expérience! J'avais ma montre, et j'ai dit : Avant d'aller chez la marquise, il faut encore que je passe rue Taranne, chez le président, rue de Grenelle pour le ministre, rue de Varennes... vous savez? la pauvre comtesse est morte ce matin. Elle avait envoyé chercher le docteur Sulpice.

11 se mit à rire et fit tourner sa tabatière d'or entre ses doigts.

— Bains de pied, madame, bains de pifd, reprii-il, OM mettant sa canne debout entre ses jambes, chaussons lie moutarde, bonne saignée an printemps, diète en toute saison. Des jlonrs de violette pour tisane. Extn*mités chaudes, tète froide, ventre libre. Moi, je la fai-

sais, moi qui vous parle, vivre ainsi depuis des années, cette chère comtesse. Elle aurait été jusqu'à cent ans... cent ans! si elle n'avait eu la fâcheuse idée de s'adresser à ce Sulpice I

— Et comment avez-vous trouvé ce matin M. le duc? demanda la marquise.

— Jusqu'à cent ans, madame, répéta le docteur. M. le duc? Eh bieni il prend du tissu cellulaire, M. le duc. Il engraisse à faire plaisir I Je lui fais respirer maintenant par la métijode Jacobi, un homme étonnant I Je lui fais respirer de la vapeur de camomille. C'est vraiment surprenant, l'effet que ça fait! surprenant.

— L'état de sa santé ne vous inspire plus d'inquiétude? interrogea négligemment Astrée.

— Pas la moindre I il fleurit ; son pouls bat 63 1/2 ; sa face est large comme un boisseau. Faites-lui mettre ime idée de rhubarbe dans sa soupe au lieu de poivre, et un peu de moutarde dans ses bas. Il vivra jusqu'à cent ans!

Le notaire eut un sourire d'officier ministériel. P. J. Gridaine fît la grùmace.

— A moins, toutefois, reprit le docteur, que cet impudent charlatan de Sulpice...

— Hélas ! cher monsieur, interrompit la marquise, vous ne croyiez pas si bien dire ; je n'ai appris cela qu'hier, mais voici déjà bien longtemps que M. le duc reçoit les soins du docteur Sulpice.

Le médecin rococo sauta sur son siège.

— Est-ce possible? s'écria-t-il, possible? possible? M. le duc ne suit pas mes prescriptions I

— Je ne m'étonne plus s'il engraisse, dit le notaire tout bas.

— Et que fait-il, madame? que fait-il de mes remèdes? demanda le docteur.

— Il les passe à son valet de chambre, cher monsieur.

— Et le valet de chambre maigrit, dit le notaire.

P. J. Gridaiue, véritable homme de valeur, gardait le silence. Le docteur tira sa montre, présent delà reine de Portugal.

— La princesse m'attend, rue de Bourgogne, la princesse IJe viendrai tout de même, madame. Je n'abandonnerai pas ce malheureux duc. Mauvais embonpoint, celui qu'il prend, madame. Chair molle, décolorée. Ça pourrait bien lui jouer un mauvais tour.

— Vous disiez tout à l'heure...

— Je reviendrai. Ahl certes I il y en a qui ne reviendraient pas, madame I Mais pour un homme aussi important que monsieur le duc... quatre heures et demie I L'ambassadeur d'Angleterre va me faire une scène. Ehî bonsoir donc, messieurs. A vos pieds, belle damel

Il fit une sortie à poudre, à mollet, à jabot, comme il avait fait son entrée.

Sur le seuil, il s'arrêta :

— C'est une fatalité, s'écria-t-il ; j'ai encore oublié le cardinal I Ahl je ne risque rien! le cardinal

Dans l'antichambre, il dit au laquais :

— On n'est pas venu me chercher de la part du grand chambellan?

— Chez son excellence I s'écria-t-il en montant dans son fiacre.

C'était sa manière d'ordonner qu'on le reconduisît chez lui.

— Qu'y a-t-il de nouveau ? demanda la marquise au notaire.

— J'ai vu M. le duc, répondit celui-ci ; M. le duc n'était pas en train de s'occuper d'affaires.

Gomme il semblait hésiter, la marquise lui dit :

— Vous pouvez parler la bouche ouverte devant M. Gridaiae.

Ces deux messieurs se saluèrent.

— Je n'en ai pas douté un seul instant, reprit le notaire. Voici les propres paroles de M. le duc : Je n'ai point de famille et je me porte bien ; à quoi bon me casser la tète à faire un testament?

— Ce bonhomme-là n'est pas si fou qu'on le croit, fit observer P. J. Gridaine ; il a parfois des moments de haute sagesse.

— En somme, insista la marquise, qu'avez-vous fait?

— Vous sentez bien que je ne me suis pas tenu pour battu : c'est précisément, lui ai- je dit, quand on est dans la plénitude de ses facultés physiques et morales que le moment est bon et bien choisi pour disposer d'une fortune immense, comme dans l'espèce. Il m'a demandé ; Est-ce que je vous parais baisser? — Du tout, bien au contraire, ai-je répondu. Seulement, là-bas, à Maintenon, vous m'aviez manifesté l'intention... — Sans doute, sans doute! a-t-il interroinpu. Plus tard, un jour ou l'autre... Puis il a ajouté: — Ecoutez donc! je n'ai pas quatre-vingts ans ; ma position peut changer.

La figure de P. J. Gridaine s'allongea. La marquise, au contraire, eut un sourire.

— Vous a-t-il expliqué ce qu'il entendait par ces paroles? demanda-t-elje.

— J'ai pu le deviner, madame, répondit le notaire. M. le duc m'a parlé tout de suite après de la famille de Morges ; de madame la comterse de Morges, qui a pour lui une affection si pure, de mademoiselle Gabrielle, qui est un ange...

La marquise l'interrompit par un éclat de rire.

— Vous avez pensé qu'il voulait se marier? dit-elle.

— Je le pense encore, madame, car il m'a posé clairement la question de savoir si un mariage subséquent infirme les dispositions testamentaires faites pendant le célibat.

— Diable! diable I fit M. P. J. Gridaine, ça ne parait pas laisser de doute I

— Je parie, fit observer la marquise, que monsieur va nous dire que M. le duc a fait son testament ou est prêt à le faire.

— En effet, madame, répliqua le notaire, dans sa cravate; mes représentatious, mes arguments, en un mot, mes efforts, ont amené ce résultat.

— Article peines et soins! grommela P. J. Gridaine.

— Vos efforts, vos arguments, vos représentations, feront votre fortune, monsieur, dit la marquise.

Le notaire s'inclina gravement et la marquise reprit :

— Veuillez nous faire part de la fin de votre entrevue.

— La fin de l'entrevue est à peu près telle que vous pourriez le désirer, madame. M. le duc testera dès qu'on lui aura présenté les deux enfants qui portent son nom. si vous êtes en mesure de le faire...

La marquise l'avertit, par un geste digne et courtois, qu'il entrait sur un terrain où il ne lui plaisait point, à elle, de le suivre. Le notaire prit son chapeau.

— Monsieur, lui dit Astrée, je ne suis pas une reine, pour me servir de certaines expressions. Néanmoins, je vous déclare, en présence de M. Gridaine, que je suis contente de vous. Revenez demain. La condition qu'exige M. le duc sera remplie. Souvenez-vous que le jeune homme doit être considérablement avantagé pour soutenir le nom.

— Tout ce qui peut être fait à cet égard sera fait, madame.

Il salua et sortit.

— Eh bien I monsieur Gridaine, dit Astrée quand le notaire eut refermé la porte.

— Eh bien I madame la marquise.

— Que dites-vous de cela?

— Tout pour les dames ! Je suis entièrement à votre disposition ; néanmoins, je ne vois pas...

— Que ne voyez-vous pas?

~ M. le duc est encore jeune...

— D'accord.

— Il se porte bien...

— Voilà ce qui vous trompe I

— Le docteur vient de le dire.

— Fiez-vous à moi, monsieur Gridaine, prononça sèchement la marquise, M. le duc de Rostau * e porte très-mal.

Il y eut un instant de silence.

— M'est-il permis, reprit P. J. Gridaine au bout de quelques secondes, de soumettre une observation à madame la marquise?

— Une seule? demanda la marquise en souriant.

— Une ou deux.

— Ou trois. Expédions d'abord ces jeunes filles, et aillez-moi à faire mon choix.

Elle agita une sonnette et donna des ordres au domestique, qui annonça un moment après :

— Mademoiselle Pauline ; mademoiselle Georgette mademoiselle Virginie !

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