On écrit aujourd'hui rue de rHirondeHe
2. C'est la rue Gilles Coeur (improprement nommée aujourd'hui Gît-le- Cœur), comme le prouvent la topographie et les pièces relatives à l'hôtel de Besançon ; nous ne pensons pas que ce nom ait encore été signalé.
3. La portion de la rue, aujourd'hui quai des Augustins, comprise entre la place du pont Saint-Michel et la rue Gilles Cœur a été désignée , durant le dernier siècle, sous le nom de c rue de Hurepoix », parce qu'il y avait là, dit-on, un hôtel où venaient loger des habitants ou marchands du Hurepoix (Jaillot, Quartier de Saint- André-des- Arts, p. 94).
4. Au commencement du xv* siècle, ce nom désignait le pont Saint-Michel qui date, on le sait, des premières années du règne de Charles VI (Jaillot, Quartier de S. -André, ^, itj),
5. 11 est presque inutile de rappeler que le fameux hôtel de Nesle doit être cherché sur l'emplacement du palais de l'Institut.
90 PARIS PENDANT LA [l433, avril
corne de leur propre chose, et parmi ce nous demourrons quittes à tousjours envers lui et les siens de ladiae somme de deux cens quarente livres à lui deue de reste pour ses diz gaiges desdiz gens d'armes, comme dit est, pourveu toutesvoies que ledit conseiller ne ses diz hoirs ne le pourront transporter en autres mains, qu'ilz seront tenuz de le tenir et soustenir en aussi bon estât et souiifisant qu^il est à présent, et de faire paier les droiz, charges et devoirs pour ce deuz et acoustumez, et pourveu aussi que s'il advenoit que lesdiz hoirs masles légitimes dudit nostre conseiller défaillissent ou temps avenir, que ledit hostel, louages et appartenances retournent... à nostre dit demaine.
Si donnons en mandement à noz amez et feaulx conseillers les gens de noz comptes, trésoriers et generaulx gouverneurs de noz finances à Paris, aux commissaires ordonnez et à ordonner sur le fait des confiscacions au prevost et au receveur de Paris
Donné à Endely sur Seine, le xxrx* jour du mois d'avril, Tan de grâce mil cccc xxm et le premier de nostre règne.
Ainsi signé : Par le roy, à la relacion de monseigneur le régent
le royaume de France, duc de Bedford.
R. Veret.
1423. Mai. Paris.
Rémission accordée à Jacquette du Bois, veuve de Jean Sireau, dit de Mont-
germon, qui venait d'être exécuté tomme faux monnayeur. Jacquette, qui,
paraît-il, s'était bornée à mettre en circulation par quatre ou cinq fois de
faux blancs de 10 deniers fabriqués par son mari, avait subi des mauvais
traitements de la part de celui-ci qui voulait la contraindre à tenir son
moule à monnayer.
(JJ. 172, n* 224.)
Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir nous avoir receue Pumble supplicacion de Jaquete, fille de feu Jehan du Bois et de Perrette sa femme, icelle suppliante aagée de xxmians ou environ, contenant que comme le jour de la feste Saint-Remy derrenierement passé icelle suppliante eust esté conjoincte par mariage avec feu Jehan Sireau, dit de Montgermon, et que tout son temps ait esté femme de bonne renommée qui s^est tousjours simplement maintenue et gouvernée avant sondit mariage et depuis, et de présent soit grosse d^enfant, preste à gésir dedans six sepmaines ou environ. Et il soit
1433, mai] DOMINATION ANGLAISE. QI
ainsi que le mercredi des feries de Pasques derrenierement pas* sées, ledit feu Jehan Sireau, estant en Tostel oti il demouroit lors en la rue Simon le Franc, appella ladicte Jaquette, sa femme, et lui monstra deux pièces de monnoye blanche qui de prime face sembloient estre semblables aus blans de x deniers tourn. pièce qui de présent ont cours, et lui demanda qu'il lui en sembloit et se ilz estoient beaulx. Laquelle Jaquette repondi que ilz estoient beaulx, et cuidoit de vray que ilz feussent du coing et aloy du. roy nostre sire. Et adonc sondit mary lui en monstra un autre qui estoit du coing et aloy du roy nostre dit seigneur comme il disoit, en lui demandant en oultre se lesdiz deux blans qui lui avoit monstrez estoient aussi beaulx comme icellui qui lui monstroit, laquelle lui respondi qu^il lui sembloit que ouil. Et adonc icellui Jehan lui dist quUl avoit faiz iceulx deux grans blans, et les lui bailla à ladiae heure en lui disant qu'elle alast à la boucherie et les emploiast^ laquelle lui dist : « Et se on ne les vouloit prendre, c comme en feray je ?» Et il lui dist qu^elle les rapportast. Et sur ce se parti pour obeîr au commandement de son dit mary, et ala à la boucherie non sachant ou ignorant la bonté de ladicte monnoye, ne quelle faulte il y avoit, car aussi elle n^en savoit riens, mais seulement que sondit màry lui avoit dit qu'il les avoit iaiz; et laquelle Jaquette emploia et mist iceulx deux grans blans et en apporta de la char. Et depuis, sondit mary lui bailla dHcelle monnoie par quatre ou cinq fois, à chascune fois un ou deux pour avoir du pain et du vin, lesquels aucunes fois elle mettoit et aucunes fois non, pour ce que on les refusoit, et les rapportoit à sondit mary, lequel les menoit après le reffus, ou foisoit mettre par une jeune fille qui le servoit, et autrement n'en a mis ou employé aucuns. Et oultre lui dist son dit mary une fois qu'elle portast du charbon en un petit teia de terre ou cellier de leur dit hostel, en lui disant qu'elle prenist sa quenoille et s^en alast fiUer avec sa mère et menast sa jeune fille avec elle, comme si fist elle, non pensant aucunement audit fait, mesmement qu^il se enfermoit oucelier. Et, avecques ce elle lui avoit dit, n ou in jours après ce que on lui avoit refusez iceulx doubles blans, que plus elle n'en porteroit ne mettroit, ne oncques ne vit faire ledit ouvrage à son dit mary ne aida à le faire, sinon une fois que son dit feu mary par force lui fist tenir le moulle et la baty très villainnement avant qu^elle le voulsist, et si n^en pot son dit mary point fere à celle foiz qu'elle tint ledit mooUe. Dont pour ce son dit mary se
92 PARIS PENDANT LA [142 3, mai
courrouça grandement à elle, et lui gecta ledit mouUe par despit â la teste et la blessa bien fort, pour ce qu'elle ne le tenoit pas bien à son gré ne de bon cuer, et si lui donna pluseurs buffes et cops ou visaige et ailleurs, en lui disant que jamais n^en feroit plus nulz, doubtant qu^elle ou contempt de ladicte batteure ne le accusast et denonçast à justice ou ailleurs. Et tantost après, lesdis Jehan et sa femme pour ledit cas furent prins et emprisonnez es prisons du Chastellet de Paris, et est advenu que ledit Jehan pour le cas dessus dit a esté exécuté par justice et depuis n'a gaires ladiae Jaquette ait esté menée et transportée es prisons du Petit Chastellet, es quelles prisons elle est de présent en grant douleur, povreté et misère^ et doubte que elle ne soit en voye que le fruit qui est en tour elle ne périsse et elle aussi, se piteablement ne lui est par nous impartie nostre grâce, si comme ladicte suppliante dit, en nous humblement requérant que considéré Pestât de sa grossesse et la fragilité de sa personne, qu^elle demeure pour vesve desnuée de tous biens mondains, et que du cas dessus dit ne s'est entremise si non à force et par la contrainte de son dit feu mary, et mesmement que oncques mais ne fut reprinse neattainte d^aucun villain cas ou reprouche, que pour Ponneur de Dieu et delà saincte solemnité de la feste de Penthecouste lui vueillions impartir nostre dicte grâce. Pour quoy, nous ces choses considérées, voulans miséricorde préférer à rigueur de justice
Si donnons en mandement à nostre prevost de Paris ou à son lieutenant
Donné à Paris, ou mois de may. Pan de grâce mil nii^ xxin, et de notre règne le premier.
1423. 16 juin. Paris.
Henri VI, voulant dédommager Jean Bezille, chevalier, seigneur de Maye et de BufBères, chambellan du feu roi Charles VI, des dommages que hi guerre lui a fait subir et notamment de la perte de la seigneurie de Maye, lui concède des héritages confisqués sur Nicolas Porteclef, Jehan Ami la Mâche, Jean de Louveciennes, Guillaume le Bouteiller, le seigneur de la Tour ei. Auvergne, Cordelier de Girémes, le seigneur de Torigny, Jean de Camely et Pierre Happart. Ces diverses propriétés étaient sises à Saint- Cloud, Villeneuve-FEtang, Sèvres, Louveciennes, Guyancourt, Galie, Paris (rue Saint-Jacques, rue Barbette et en Grève), Sucy-en-Brie et Compiègne.
(JJ. 172, n« 288.)
Henry , par la grâce de Dieu roy de France et d^Angleterre,
14^3, juin] DOMINATION ANGLAISE. qS
savoir iisiisons à tous presens et avenir comme nous soyons deuement acertenez que Nicolas Porteclef, Jelian Ami Lamache prestre, Jehan de Louveciennes escuier, Guillaume le Bouteillier chevalier, le seigneur de la Tour demourant en Auvergne, Cordelier de Giresme, le seigneur de Thourigné, Jehan de Camdy et Pierre Happart se soient renduz et constituez nos ennemis et adversaires en tenant le dampnable parti des rebelles et desobeissans envers nous, et par ainsi tous leurs biens meubles, immeubles et héritages nous soient forfaiz, acquiz et confisquez en telle manière qu'il nous est licite d^en disposer et ordonner plainement à nostre voulenté et bon plaisir comme de nostre propre chose; entre lesquelz biens et héritages aient les dessus nommez :
Cest assavoir ledit Nicolas Porteclef : A Saint-Cloud un hostel ou quel a un petit jardin, estables et pressoir. Item, vu arpens de vigne. Itenij ungrant jardin portant fruit appelle le jardin d^Amoy contenant deux arpens. Itenij une saulsoie appellée la Saulsoie Bourdon, /fem, environ xxznii livres parisis de rente sur pluseurs personnes. Iteniy un autre hostel appelle l'hostel de Villeneufve * où il y a court, coulombier et jardin. Itenij quatre ou cinq arpens de prez. Itenij environ vint arpens de terres labourables. Iteniy quatre arpens de buissons.
Ledit Jehan Ami Lamache^, prestre : A Sevré', deux maisons es quelles a court, jardin et arbres portans firuit, fermez de murs. Item, un autre jardin cloes de hayes et arbres portans fruit, contenant arpent et demi. Item, cinq arpens de vignes. Item, dix arpens d'auhiois.
Ledit Jehan de Louveciennes, escuier : A Louveciennes ^, une maison, court, jardin et pressoir qui paravant furent à Morelet, chauffecire, contenant deux arpens ou environ. Item, une autre maison qui fut au père dudit Jehan, assise dessoubz le moustier.
1 . Villeneuve-PEtang, chftteau situé sur le finage de Marnes (Seine-et-Oîse, arr. de Versailles, cant. de Sèvres), à l'extrémité occidentale du parc de Saint- Qoud.
2. Le compte de confiscations de 1423 à 1427 mentionne à plusieurs reprises c messire Amy la Mâche, prestre 1, notamment pour les « héritages qu'il possedoit jadis à Sevrés » (Sauvai, p. 3oi et 326).
3. Sèvres (Seine-et-Oise, arr. de Versailles, chef-lieu de cant.}-
4. Louveciennes (Seine-et«CHse, arr. de Versailles, cant. de Marly-le- Roi).
94 PARIS PENDANT LA [14^3, juin
Itetriy seigneurie en ladicte ville. Item^ vm arpens de vignes. Itenij environ xvm arpens de prez. Item^ deux charues de terres labourables. Itenij deux molins à vent, /^^m, une petite pièce de saulsoie.
Ledit Guillaume le Bouteiller, chevalier^ : A Guienoourt', une maison fermée à eaue, od il y a coulombier et jardin fermez à murs, contenant six arpens ou environ. Item^ huit vins arpens de terres labourables audit hostel appartenant. Item^ un autre hostel audit lieu, appelle Galie '. Itemy un molin. iitem, deux ^tans à poisson. Item^ xvrri« arpens de bois en une pièce. Item^ en ladicte parroisse, ou lieu dit Ville-Roy *, une autre maison, coulombier et jardin, une charue de terres et plusieurs autres possessions appartenant audit hostel.
L^ostel de Langres'^, près des Jacobins^ qui est audit seigneur de la Tour demourant en Auvergne •.
Ledit Cordelier de Giresme ^ ou ses hoirs : A Sussy en Brie^, un hostel, court, coulombier, pressoir, jardin, vignes, terres labou-
1. Ce personnage n'est certainement pas différent de celui qae la pièce XL VI (voyez p. 87) indique comme décédé et dont la mort remontait à l'année 1420, comme il est dit dans la note que Godefroy lui a consacrée (Histoire de Charles VJ, p. 742).
2. Guyancourt (Seine-et-Oise, arr. et cant. ouest de Versailles).