Le lundi de la Pentecôte, c'est-à-dire le 24 mai
4. Noisy-le-Sec (Seine, arr. de Saint-Denis, cant. de Pantin).
5. Le moulin à vent de Mourlans, alors abandonné depuis 141 7, ne paraît pas autrement connu ; il s'élevait sans doute sur une des buttes qui avoisinent Belleville et Bagnolet et Ton trouverait peut-être la trace de son nom dans les lieux dits du cadastre.
1433, juin] DOMINATION ANGLAISE. Io5
nement apporter, il les mist en garde à Monstereul lès le Bois * , et là fut prins, arrèsté et emprisonné, et le mardi ensuivant amené prisonnier es prisons de Thiron ^, à Paris, par le sergent dudit lieu de Monstreul, es quelles prisons il a confessé ledit cas, et doubte ladicte Jehanne que ledit Estienne, son mary, soit en dangier de sa personne, se nostre grâce et miséricorde ne lui est sur ce impartie, en nous humblement requérant que, attendu que ledit Estienne a esté et est homme de bonne vie, renommée et honneste conversadon, sans avoir esté attaina ou convaincu d'aucun vilain cas ou reprouche, et que ledit fer ne puet valoir que deux ou trois frans, nous lui vueillons sur ce impartir nostre grâce et miséricorde. Pour ce est il
Si donnons en mandement par ces présentes au prevost de Paris
Donné à Paris, ou mois de juing, l'an de grâce mil ini^ xxni et de nostre règne le premier.
Ainsi signé : Par le roy à la relacion du conseil.
Le Bègue.
1423. Juin. Paris.
Henri VI donne à Richard Wideville, écuyer, chambeUan du duc de Bedfbrd, l'hôtel des Préaux, confisqué sur le seigneur de Préaux et voisin de
Vhôték Saint-Paul.
(JJ. 172, n* 284.)
Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d^Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir que nous, considerans les grans notables et aggreables services que a faiz par long temps à feu nostre très chier seigneur et père, cui Dieu pardoint, fait par chacun jour à nous et à nostre très chier et très amé oncle Jehan régent nostre royaume de France, duc de Bedford, et espérons que face plus en plus ou temps advenir et en pluseurs et diverses manières nostre chier et bien amé Richart Wideville, escuier.
1. Montreuil-Bous-Bois (Seine, arr. de Sceaux, cant. de Vincennes).
2. L'abbaye de Thiron (Eure-et-Loir, arr. de Nogent-le-Rotrou, chef-lieu de cant.), au diocèse de Chartres, possédait à Paris une grande maison qui fît donner, dès le xin* siècle, le nom de rue Tiron à une voie qui conduit de la rue Saint-Antoine à celle du roi de Sicile (Jaillot, Quartier de Sainte Antoine f p. i3i); c'est évidemment près de cette maison et de cette rue qu'on doit chercher les prisons où fut enfermé Hervy.
I06 PARIS PKNOAMT I^ [1483 Juill
chambellan de nostre dit oncle ^, à icellui par Padvis dMceUni nostre oncle ayons donné, cédé, transporté et delaissié, et par la teneur de ces présentes, de nostre grâce especial plaine puissance et auctorité royal... un hostel assis emprès Saint Pol nommé Tostel des Preaus^, avecques les louages, appartenances et appendances d'icellui, qui fut et appartint au sire de Preaulx^et de présent nous appartient par confiscacion, pour dUcellui hostel, louages, appartenances et appendances joir et user d'ores en avant par ledit Richard Wideville et ses hoirs masles légitimes plainement, per* petuelment, hereditablement et à tousjours, pourveu toutes fois quUl maintendra ledit hostel, louages et appartenances à icellui en bon et competant estât,
Si donnons en mandement par ces présentes à no2 amez et feaulx gens de noz comptes et aux trésoriers, gouverneurs gèneraulx de toutes noz finances de France, aux commissaires ordonnez et à ordonner sur le faia des foriaicmres au prevost de
Paris
Donné à Paris ou mois de juin. Tan de grâce mil nn^ xxm et de nostre règne le premier.
Ainsi signé : Par le roy à la relacion de monseigneur le régent le royaume de France, duc de Bedford,
J. MlLET.
1. Richard WideviUe avait reçu, dès Fan 1418, du roi Henri VI, une partie de la dépouille du seigneur dont on lui donne aujourd'hui l'hôtel à Paris; c'étaient les seigneuries de Préaux et Dangu, en Normandie (Ch. Vautier, Extraits du registre des dons, ... p. 63). Par autres lettres en date du 2 mai 1433, Henri VI gratifia ce même personnage, qu'il qualifie c conseiller i du duc de Bedford, des biens confisqués sur la dame des Bordes, Louis de la Plâtrière, Jean de la Porte, Charles de Saint- Clair et Louis Denis, aux bailliages de Gisors et de Senlis et ailleurs (JJ. 172, n* 278); ce don fut confirmé le 4 juin 1424 (ibid.y n* 421). — Wideville, capitaine de Caenvers 1423, remplissait une vingtaine d'années plus tard les mêmes fonctions à Fresnayle-Vicomte et à Alençon (Tardif, Monuments historiques ; cartons des rois, n** 1985, 2a56 et 2270).
2. Le compte des confiscations pour 1423- 1427 nous apprend que cet hôtel était situé rue des Barrés et tenait à l'hôtel Saint-Paul (Sauvai, p. 3o6).
3. Pierre de Bourbon, seigneur de Préaux depuis le mois de septembre 141 7, mourut le II octobre 1422 à la Rochelle, auprès de Charles Vil, dont il suivait le parti (Anselme, Hist. génial., t. I, p. 366).
14^3, jUiL] DOMINATION AN0ULI8B. IO7
1423. 22 juiUeté Paris.
Henri VI, yotilant récompenser les services que Jean de Rtnel, son secrétaire, a rendus en cette même qualité au feu roi Henri V, r^nt du royaume de France, quMl a accompagné dans toutes ses expéditions de 1420 à 1422, lui donne 200 livres parisis de revenu annud à prendre sur les biens appartenant jadis à feu Jean de Rouvres, avocat meldois, à Thomas Nervot, ez-grenetier de Provins, et à Jean le Picard, ancien secr6» taire de la reine Isabeau ; ces biens étaient situés à Meaux, à Provins et à Paris (rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie). Rinel devra, par contre, donner quittance au roi de x 5oo livres qui sont dues à ses enfants, comme héritiers de feu Jehan le Boutier, secrétaire de Charles VI.
(JJ. 172, n» 3 10.)
Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir nous avoir deuement esté par pluseurs des gens de nostre grant conseil de France acertenez que feu nostre très-chier seigneur et père Henry, par icelle mesme grâce roy d^Angleterre, héritier et régent de France, considerans les grans et aggreables services que lui avoit fait, depuis qu'il vint à régence nostre amé et féal notaire et secrétaire, maistre Jehan de Rinel , tant ou fait de son office de secrétaire comme autrement et les grans peines, travaulx, labeurs et despences qu'il avoit euz et soustenuz en tous les sièges, années et chevauchées que fist nostre dit seigneur et père depuis sadicte régence jusques à son trespas ; eu regard aussi à ce que par son ordonnance, plaisir et moien nostre dit secrétaire se meist en ordre de mariage, le voulans recompenser et rémunérer de sesdiz services, ordonna à nostre amé et féal chancelier et au premier président de nostre* Parlement que se estoit son plaisir et voulenté, que bonne et notable provision lui feust faicte d'aucunes terres et revenues pour lui aidier à soustenir son estât plus honnorablement, et de ce les chargea pou de jours avant sa maladie de laquelle il ala de vie à trespassement, obstant laquelle nostre dit secrétaire ne pot avoir ladicte provision si comme nous ont relaté lesdits chancel* lier et premier président. Pour quoy, nous qui considérons les choses dessus diaes, les bons et grans services que nous a faiz nostre dit secrétaire depuis que sommes venuz à la couronne de France, et les grans peines et travaulx quUl a euz mesmement pour venir par devers nous en nostre royaume d^Angleterre pour
I08 PAKIS PRNDAMT LA [l4a3, juil.
grans affaires et besoingnes touchans le bien et honneur de nous et de noz seigneurie et royaume de France, et en mémoire especialment et révérence de nostredit seigneur et père, et pour acomplir sa voulenté et bon plaisir, audit maistre Jehan de Rinel, nostre secrétaire, de nostre plaine puissance, auctorité royal et grâce especial, et par Fadvis et deliberacion de nostre très chier et très amé oncle Jehan régent nostre dit royaume de France, duc de Bedford et des gens de nostre grant conseil, avons donné, octroyé, cédé et transporté , donnons, octroyons, cédons et transportons par ces présentes les maisons, heritaiges, terres, rentes et possessions quelconques qui furent à maistre Jehan de Rouvres, jadis advocat et demourant à Meaulx, à Thomas Nervot, jadis grenetier de Provins, et à maistre Jehan Picart^, jadis secrétaire de nostre très chiere et très amée mère la royne de France, jusques à la some de deux cens livres parisis par anàtousjours mais, perpetuelment et hereditablement, lesquelles maisons, heritaiges, terres, rentes et possessions sont à nous forfaictes, confisquées et acquises par ce que ledit maistre Jehan de Rouvres, et aussi ledit Thomas Nervot ont commis envers feu nostre très chier seigneur et ayeul et nostre dit seigneur et père, que Dieu absoille, crime de leze magesté, pour lequel crime icellui maistre Jehan de Rouvres fut exécuté et décapité par justice en nostre ville de Paris ', et le dit Thomas mené prisonnier en nostre royaume d'Angleterre avec autres prisonniers de la prinse et reddicion de noz ville et marchié de Meaulx ', et avec ce que ledit Thomas à cause de son
1. Jean le Picard, d'abord simple clerc dans la chancellerie, devint bientôt premier secrétaire de la reine Isabeau dont il vendait les secrets en 141 6 au connétable d'Armagnac ; aussi cette princesse, après qu'elle eut été enlevée à Tours par le duc de Bourgogne, le chassa-t-elle après lui avoir payé une rançon. C'est alors qu'il entra en qualité de secrétaire au service du Dauphin, auprès duquel il parvint aux postes les plus élevés de l'administration des finances, car il était en 1443 et en 1460 l'un des trois ou quatre trésoriers généraux du royaume (Vallet de Viri ville, Histoire de Charles VII, t. I, p. 41, 72, yS et 81 ; t. III, p. 61 et 206. Cf. Charles VII, roi de France, et ses conseillers, du même auteur, p. 8, 25 et 5i).
2. L'exécution de Jean de Rouvres fut faite à Paris le 25 mai 1422, le même jour que celle de Louis Gast, bailli de Meauz (Journal parisien).
3. La reddition de Meaux avait eu lieu le 3 mai 1422. Un premier convoi comprenant une centaine de prisonniers, liés quatre par quatre, était arrivé par eau le 7 mai suivant : les malheureux firent une halte de deux jours au chftteau du Louvre, d'où ils furent transportés par la voie de Seine en Nor-
I423yjuil.] DOMINATION ANGLAISE. IO9
office de greneder qu^il tenoit, est obligié et tenu envers nous en grans sommes de deniers, et que ledit maistre Jehan Picart a de longtCTtips esté et est encores avec cellui qui se dit Dalphin nostre ennemi * et adversaire et en son service, et lui a donné et donne conseil, confort et aide, et pour ceste cause et autres crimes de leze magesté qu^il a commis, est banni de nostre dit royaume de France; lesquelles maisons, heritaiges, terres, rentes et possessions sont situées et assises tant à Meaulx comme à Provins et à Paris et à Penviron. Et voulons que d^icelles maisons, heritaiges, terres, rentes, revenues et possessions, qui souloient appartenir oudit maistre Jehan de Rouvres, bail et délivrance en soit faicte à nostre dit secrétaire jusques à la somme et value de cent livres parisis par an^ et de celles qui furent audit Thomas Nervot jusques à la somme de iiii^ livres parisis par an, et vint livres parisis par an sur la maison qui fut audit maistre Jehan Picart, assise à Paris en la rue de la Bretonnerie' devant Teglise de
mandie, puis de là en Angleterre. Cent à cent cinquante autres captifs débarquèrent à Paris le 12 mai, d*où ils repartirent le i5; ceux-là étaient liés deux à deux par la jambe à l'aide d'une chaîne de fer, à l'exception toutefois de révêque de Meaux, Robert de Girémes, et d'un chevalier qui l'accompagnait (Journal parisien).
1. Le registre de la chancellerie porte par erreur c nostre ami i.
2. Simon de Marion l'Uillier, frère et sœur de la femme de Jean de Rouvres, démontrèrent que la plupart des biens de ce praticien provenaient d'acquêts faits au temps de son mariage, et que, par conséquent, la moitié de ceux-ci devait leur faire retour en qualité d'héritiers l^itimes de leur soeur d^nte. Cest pourquoi le roi d'Angleterre accorda le xi octobre 1424 à Jean de Rinel de nouvelles lettres qui asseyaient les 5o livres de revenue, faisant ainsi défeut, sur les biens confisqués des héritiers de M* Thomas d'Aunoy à Ville- Evrard, au territoire de Neuilly-sur-Marne (Arch. Nat.j JJ. 172, n* 662). Un autre acte de la chancellerie royale, en date du 3i décembre 1429, constate que malgré les diverses assiettes sur les biens de Rouvres, de Thomas d'Aunoy, de Nervot et de Jean le Picard, Jean de Rinel n'est pas encore en possession des 200 livres de revenu que le roi lui avait données, et Henri VI comble cette fois le déficit au moyen des propriétés que Jean Goulard, receveur de Vitry-en-Perthois, Domanchin Menessier, grenetier de Sé^anne, et «la femme de Thomas Nervot, possédaient jadis à Provins et aux environs de cette ville {Ibid,, JJ. lyB, n<> igS). Les termes de cet acte ne permettent pas de croire que le don feit quelques mois auparavant (28 août 1429) par le roi d'Angleterre à Jean de Rinel, don consistant dans les biens de feu Jean du Bust, de Louviers, assis aux bailliages de Rouen et d'Evreux, ait eu pour but de parachever la dotation du 22 juillet 1423 [Ibid,, JJ. 174, n* 33).
3. Aujourd'hui rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. Cette maison est citée
IIO PARIS PBNDAMT LA [l423, juil.
Sainae»Croi2, en laquelle demeure à présent nostre dit secrétaire, tenant d'une part à la maison qui fut maistre Pierre l'Orfèvre * et d'autre part à Postel Colin de Neufville ^, aboutissant par derrière à la rue du Piastre* et au jardin de Tostel qui fut maistre Mathurin Waroust, en la censive des religieux du Temple, et laquelle maison nostre dit secrétaire a prinzedenous, a tous jours mais, à xxnn livres parisis de rente pour toutes charges dont il en puet racheter xmi livres parisis, moyennant certaine some d^argent contenue en noz lettres sur ce Êiictes; et voulons que d'icelles maisons, terres, rentes, revenues et possessions et vint livres parisis de rente deduictes desdictes xxnn livres parisis, nostre dit secrétaire pour lui et ses hoirs masles, légitimes, descendans de lui en droicte ligne, joysse et use à toujours mais, perpetuelment et hereditablement, plainement et paisiblement, jusques à la valeur desdictes deux cens livres parisis par an, eu regart et consideracion au temps de xv ans a; pourveu toutesvoies....; parmi ce aussi que nostre dit secrétaire acquitera nostre dit feu seigneur et ayeul de la somme de mil et v^ livres parisis, en laquelle il est tenu envers les enfans de nostre dit secrétaire, si comme il dit, à cause de feu maistre Jebaa le Boutier, ayeul maternel desdiz enfans, jadis notaire et secrétaire de nostredit seigneur et ayeul, et desdiz mil et v« livres parisis baillera en nostre chambre des comptes ou en nostre trésor, ou ailleurs où il appartendra, les cedules tant du maistre de la chambre aux deniers de feu nostredit seigneur et ayeul, comme de son trésor à Paris, par lesquelles il appert que nostredit seigneur et ayeul est tenu audit feu maistre Jehan Boutier, son notaire et secrétaire en icelle somme de m et v^ livres parisis.
Si donnons en mandement par ces présentes à noz amez et
au compte de confiscations de 1423-1427 où son ancien propriétaire est nommé f M* Jean le Picard » (Sauvai, p. 582). Jean le Picard possédait en outre, non loin de là, au moins deux autres maisons, l'une dans la rue des Rosiers, l'autre dans la rue Vteille-du-Temple ; toutes deux furent données en 1427 au plus tard à Thomas de Thiboutot, chevalier {IHd.y p. 804; cf. p. 582).
1. Voyez sur ce personnage les lettres de rémission qui lui furent accordées en décembre 1424 ; nous les publions plus loin.
2. Ce personnage doit-il être reconnu dans Nicolas de Neufville que nous trouvons revêtu de Toffice de receveur des aides de la ville de Paris sous l'obéissance du roi légitime, après 1436 (Sauvai, p. 335)?