‹ Paris pendant la domination anglaise (1420-1436): documents extraits desChapitre 34 sur 98 · partie · texte numérisé non relu

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(JJ. 172, n* 329.)

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et advenir nous avoir receu Tumble supplicacion de Jaquet Bouchier, clerc non marié, bouchier de la

I. La halle des Chaudronniers longeait la rue de la Ferronnerie jusqu'à un passage conduisant à la halle de Beauvais (L. Biollay, Les anciennes halles de Paris au t. lU des Mém, de la Soc. de Vhist. de Paris, p. 3a2).

14^3, août] DOMINATION ANGLAISE. Il3

grant boucherie de Paris, povre jeune homme aagié de xx ans ou environ, contenant comme ou mois de novembre derrenier passé, ainsi que ledit suppliant, feu Michelet Bouchier son frère, un nommé le Carrelier, varlet changeur et un autre jeune homme pîcart dont on ne scet le nom, passoient environ dix heures de nuyt par dessus le'pont Nostre-Dame à Paris^ en leur compaignie une jeune femme et une petite jeune fille, sa chamberiere, qu'ilz avoient trouvées près de Teglise de la Magdelaine, et s'en aloient oultre ledit pont vers Saint-Jaques de la Boucherie, paisiblement sans faire aucune noise ne débat, et sans ce que aucun d'eulx eust aucun baston, hache, espée ne autre armeure, fors ledit suppliant qui avoit en sa main une petite hachette, eussent encontre sur la fin dudit pont un nommé Colinet, pour lors clerc et serviteur de nostre amé et féal conseilliermaistre Simon de Champluisant, lors prevost de Paris * et à présent président en nostre court de parlement, lequel Colinet ilz ne congnoîssoient adonc. Et tantost, icellui Colinet et un autre homme en sa compaignie, eulx deux gamiz de deux grans haches, dirent audit suppliant et à ceulx de sa compaignie qu'ilz se démenassent courtoisement, ou autrement ilz les pourroîent bien mener en prison en nostre Chastellet, auquel Colinet icellui feu Michelet, frère dudit suppliant, eust repondu que ce ne seroit-il pas, et lors se meurent paroUes entre lesdiz Michelet et Colinet, tellement que ledit Colinet se print au corps dudit Michelet, et de fait et par force le mist et gecta par terre soubz lui à tout sa hache. Et lors ledit suppliant quiestoitde Fautre part dudit pont, veant sondit frère ainsi par terre qui ne disoit ne ne respondit mot, combien que ledit suppliant le huchast ou appellast, fut moult effrayé et courroucié, cuidant que sondit frère feust mort ou que ledit Colinet ne le tuast soubz lui, et pour ce, lui, meu d'amour fraternelle et pour revanchier sondit frere^ se approucha d'euk et soudainement frappa ledit Colinet un seul coup de ladicte petite hachete qu'il avoit en sa main, dont ledit Colinet fut navré à sang. Et tantost après, icellui Colinet laissa aler ledit Michelet son frère qui se releva, et s'en alerent tous ensemble , et ledit Colinet fut mené en Postel

I. SiinoDde Champluisantamt été reçu le 3 février 1422 en Toffice de prévôt de Paris où il fut remplacé le i** décembre suivant par Simon Morhier; le 2 décembre, Champiuisant prétait serment comme c quart président» au Parlement (Félibien, Histoire de la ville de Paris, preuves, p. 586 et 589).

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d^une jeune femme dont il venoit comme l^en dit, oti il a esté par Pespace de viii jours ou environ, et après à Toccasion dudit coup et navreure, et par son mauvais gouvernement si comme Pen dit, est aie de vie à trespassement. Pour lequel &it, tantost après ledit suppliant doubtant rigueur de justice se absenta, et durant son absence a esté appelle à noz droiz pour ledit cas, et par contumaces banni de nostre royaume de France. Et combien que pour icellui cas principal, ledit suppliant qui est clerc non marié, comme dit est, se soit depuis rendu et constitué prisonnier es prisons ecclésiastiques de nostre amé et fealconseillier le patriarche de Q>nstantinople^, administrateur perpétuel de Teveschié de Paris, son juge compétent et ordinaire en ceste partie, et que, après ce qu*il a fait satisfacion à partie, il a esté délivrés et mis hors desdictes prisons, neantmoins tant pour occasion dudit ban en quoy il est encouru, comme dit est, pour doubte d^estre em« prisonné et durement traictié par noz gens et officiers à. cause dudit £ait principal, il n'oseroit jamais demourer ne converser seurement en nostre bonne ville de Paris, ne ailleurs en nostre dit royaume, se nostre grâce et miséricorde ne lui est sur ce impartie, en nous humblement requérant que, ces choses considérées que ledit suppliant en tous ses autres faiz a esté et est homme de bonne vie, renommée et honneste conversacion, qu'il a toujours esté et est bon et loyal envers nous et tenu le parti de nous et de nostre très chier et très amé oncle et cousin le duc de Bourgongne, que il a fait satisfacion à partie et que pour ledit cas principal il s'est rendu prisonnier es prisons de son ordinaire, desqueUes il a esté délivrés corne dit est, nous lui vueillions sur ce impartir nostre dicte grâce. Pour ce est-il que nous

Si donnons en mandement au prevostde Paris

Donné à Paris, ou mois d^aoust. Pan de grâce mil ini<^ zxm, et de nostre règne le premier.

Ainsi signé : Par le roy, à la relacion du Conseil,

G. DO Val.

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