I. Jean de la Rochetaillée (voyez page
I4S3,Sept.] DOMINATION AN0LAI8B. Il5
1423. 5 septembre. Paris.
Henri VI donne à Guy, bfltard de Bourgogne, une maison confisquée sur Guy Coustel, en son vivant officiai de Meaux, et située rue Saint-Denis, au-delà de Pancienne porte.
(JJ. X7i, n- 35i.)
Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d^Angleterre, savoir faisons à tous presens et advenir que pour certaines causes et consideracions à ce nous mou vans et pour contemplacion de nostre très chier et très amé oncle le duc de Bourgogne, nous par Tadvis et deliberacion de nostre très chier et très aoié oncle Jehan régent nostre royaume de France, duc de Bedford, avons donné, cédé et transporté, donnons, cédons et transportons par ces présentes de nostre grâce especial, plaine puissance et auaorité royal à nostre amé Guy, bastard de Bourgogne ^ un hostel assis à Paris en la grand rue Saint-Denis, oultre Tancienne porte', tenant d^une part à un hostel appartenant à Colin Marc, où pend l'enseigne du Pourcdet Noir, et d'autre part à un hostel appartenant à maistre Jehan Choart ouquel pend l'enseigne du Lyon d^Or', aboutissant
1 . Fiift naturel de Jean Sans-Peur, duc de Bourgogne, il Ait seigneur de Gmybekie en Flandre et se signala par sa valeur dans les guerres du duc Philippe le Bon; sa descendance s'éteignit dans la personne de son fils Philippe, seigneur de Cruybeke (Anselme, Hist. gén, de la maison de France t. !••, p. 240).
2. L'emplacement de cette porte de l'enceinte de Philippe-Auguste est encore indiqué aujourd'hui, par l'impasse des Peintres, appelé jadis cul de sac de la Porte-aux- Peintres, situé dans la rue Saint-Denis, entre la rue aux Ours et la rue de Turbigo.
3. Nous avons parlé plus haut (p. 59, note 3), d'après lea extraits des comptes de confiscations fidts par Sauvai, d'une maison que Jean Chouart possédait f outre l'ancienne porte Saint'4)enis au coin de la rue au Lion >, et il semble, de prime abord, que cet immeuble doit être d'autant mieux cherché au coin de la rue Saint-Denis et de celle du Petit-Lion, que cette dernière, au dire de Jaillot {Quartier Saint-Deny*, p. 67), serait désignée dans un acte de i36o sous le nom de c rue du Lion d'Or, outre la porte Saint^Denys 1, qu'elle derrait sans doute à l'enseigne, mentionnée ici, de la maison de Jean Chouart, voisine de l'hdtel concédé à Guy de Bouigogne. Malheureusement, notre pièce nous apprend aussi que la nouvelle maison da bâtard de Bourgogne donnait par derrière sur la rue Palée, ce qui nous force à voir dans le Lion d'Or de Jean Chouart l'enseigne d'un hdtel cons* truit sur le cdté de la rue Saint-Denis qui fait face à la roe du Petil-Lion.
tl6 PARIS PENDANT LA [l423,Sept.
par derrière en la rue Palée * , avec les appartenances et appendances d'icellui qui souloient appartenir à feu maistre Guy Coustel, en son vivant officiai de Meaulx, lesquelz bostel, appartenances et appendances sont à nous forfais, escheuz et confisquez, par ce que icellui maistre Guy, en son vivant favorisoit, conseilloit, portoit et aidoit le feu conte d'Armignac et ceulz de sa partie, pour dUcelle maison et de ses appartenances et appendences, joir et usa* par ledit Guy et ses hoirs masles descendans de lui en directe ligne, plainement et paisiblement à tousjours mais, perpetuelment et hereditablement^ pourveu toutesvoies
Si donnons en mandement à noz amez et feaulx les gens de noz comptes à Paris, au prevost de Paris
Donné à Paris, le v* jour de septembre, Tan de grâce mil cccc xxirt et de nostre règne le premier.
Ainsi signé : Par le roy, à la relation de monseigneur le r^ent, duc de Bedford,
J. OE RlMEL.
Rémission accordée par Henri VI à Jean Briffiiut qui, après avoir quitté Paris après Pentrée des Bourguignons dans cette ville, en 14 18, pour suivre le parti du Dauphin, a pris part à plusieurs c courses » contre les partisans de Tétranger. Jean Briflaut reconnaît sa faute et annonce l'intention de s'établir avec sa femme dans le Laonnois où il possède quelque
bien.
(JJ. 172, n* 628.)
Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre,
Comment admettre, dans ces circonstances, que le nom de c rue du Lion d'Or 1, incontestablement dérivé d*une enseigne, servît en i36o à désigner la rue du Petit-Lion. Ne serait-il pas préférable d'y voir la dénomination d'une rue diCEérente et, en admettant ainsi l'identité delamaisondeChouart située au coin de la c rue au Lion » avec l'hôtel du Lion d'Or, supposer que les noms de c rue du Lion d'Or » ou a rue au Uon » étaient employés, an XV* siècle, concurremment avec celui de rue Palée, à désigner la rue que nous avons tous connue jadis sous le nom de c rue du Petit*Hurleur ».
I. Connue dès 1242 sous le nom de c rue Jean Palée », cette rue porte, au zvi* siècle, le nom de « rue du Petit-Huleu », défiguré depuis aous la forme de rue du Petit-Hurleur (Jaillot, Quartier de Saint^Denis, p. 45- 46). Elle a peut-être ausssi été désignée dans la première moitié du XV* siècle par les noms de « rue au Lion » ou « rue du Uon d'Or » (voyez la note précédente).
14^3, déC.] DOMINATION ANGLAISE. II7
savoir &isons à tous presens et avenir nous avoir receu Tumble supplicacion des parens et amis charnelz de Jehan Briffaut, chargié de femme, contenant que come, puis l'entrée faicte en nostre ville de Paris par les gens de feu nostre très chier et très amé cousin Jehan, duc de Bourgogne, cui Dieu pardoint, ledit Jehan BrifiEault, par jeunesse et mauvais conseil, se soit absenté de nostre diae ville et s'en [soit] aie avec et len ;la compaignie d'aucuns noz ennemis et adversaires à nous rebelles et desobeissans, avec lesquelz il a esté à plusieurs et diverses courses sur noz bons et loyaux subgiez, et des biens sur eulx prins par iceulx noz ennemis a eu souventes fois sa part et butin, sans ce toutesvoies qu^il ait aucunement tué, murdry, efforcé femmes ne violé églises, et pour ce que il congnoist la faulte par lui £eiicte, ait entencion de soy partir de la compaignie d'iceulx noz ennemis et retraire lut et sadicte femme ou pais de Laonnois ou quel il est hérité, ou en autre lieu à nous obéissant, ce que fere n^oseroit se nostre grâce et miséricorde ne lui estoit impartie, laquelle lesdits suppliants nous ont humblement requise. Pour ce est-il que nous^ desirans de tout nostre povoir retraire et réduire à nostre obéissance noz subgiez par toutes les plus doulces voyes et manières que povons, voukns préférer miséricorde à rigueur de justice
Si donnons en mandement par ces mesmes présentes au prevost de Paris....
Donné à Paris, ou mois de décembre, Tan de grâce mil cccc xxm et de nostre règne le second.
Ainsi signé : Par le roy, à la relacion du grant conseil tenu par
l'ordonnance de monseigneur le régent le royaume de France,
duc de Bedford,