‹ Paris pendant la domination anglaise (1420-1436): documents extraits desChapitre 44 sur 98 · I . Voyez, sur ce personnage, la pièce précédente · texte numérisé non relu

I . Voyez, sur ce personnage, la pièce précédente

1435, mars] domination anglaise. i5i

de lui en directe ligne, un hostel, ainsi comme il se comporte de toutes pars, avecques le louage joingnant, où est TYmage-Nostre- Dame, appartenances et appendances dudit hostel, qui fut et appartint à feu Jehan de la Croix ^ et à sa femme, icelluy hostel situé et assis à Paris en la rue de la Voirrerie, tenant d'une part à Pierre Canteleu 2, et d'autre pan à Charles Verdelet ', aboutis^ sant par derrière à Phostel qui fut feue la dame de la Granche, lequel hostel et louage avec ses appartenances et appendances est à nous escheu, forfeit et confisqué par les rébellion et désobéissance desdis feux Jehan de la Croix et sa femme, et voulons que d^icellui hostel, louage, appartenances et appendances, ledit maistre Raoul Parker et sesdis hoirs masles, légitimes, venus de lui en directe ligne, joyssent....

Si donnons en mandement par ces présentes à noz amee et

1. Jean de la Croix, tué à Paris (Sauvai^ p. 325 et SyS), lut sans doute Tune des victimes des massacres de juin 1418. La maison de la rue de la Verrerie, dont la donation à Raoul Parker est ici rapportée, semble avoir été adjugée peu de temps après, ou du moins antérieurement à 1427, à Simon de la Croix, frère et légitime héritier de Jean (Sauvai, p. 3 20; le nom de R. Parker a été imprimé par erreur « Pardrier » par les éditeurs de Sauvai). Si Pon tient compte d*un autre extrait du compte de 1423- 1427, Tadjudîcation de la maison de la rue de la Verrerie à Simon de la Croix, représenté par Mahiss Rousseau, son procureur, lui aurait été fieiite à la condition d'une rente de 25 livres pariais {ibid., p. 3o5). ^ Jean de la Croix avait encore au moins deux autres maisons à Paris; l'une, c grande maison, toute démolie i, suivant le compte de 1423-1427, était située dans la rue du Four[-Saint- Honoré] au coin de la rue de la Hache, auj. rue des Deux-Ecus, tenant à droite à Thôtel d'Albret et par derrière à la rue des Etuves, mais aucun des comptes du temps des Anglais ne nous apprend si elle fut donnée à quelque partisan de Henri VI (Sauvai, p. 309 et 576) ; l'autre maison, sise rue Montorgueil, était chargée, envers la confrérie de la Madeleine fondée en l'église de Saint-Eustache, en 10 sous pariais de revenu annuel, et fut donnée sous condition de rente à Jacques de Rouen, notaire et secrétaire du roi anglais {ibid,, p. 309). On sait aussi que Jean de la Croix possédait à Bon* neuil et à Gentilly des biens qui furent attribués à Mathieu Hola, l'un de ceux qui, en 141 8, avaient ouvert les portes de Paris aux Bourguignons {ibid,, p. 324).

2. Pierre Canteleu était conseiller en la chambre des comptes et trésorier de France (Sauvai, p. 299, 569, 574, 584 et 589).

3. Les comptes de confiscation de 1423 à 1434 nous font connaître un Jean Verdelet qu'on doit considérer, sans doute, comme un parent de ce Charles. Jean, ménestrel du roi [Charles VI|, possédait à Paris, dans la rue des Ménétriers, une maison qui, après confiscation, fut donnée à Jean de Drosay, secrétaire de Henri VI (Sauvai, p. 322, 571 et 583).

i52 PARIS PENDAirr LA [i425, sian

feaulx les gens de nos comptes, trésoriers et généraux goityerneurs de nos finances en France

Donné à Paris, le xiit* jour du mois de mars, Tan de grâce mil cccc et xxiiu, et de nostre règne le tiers.

Ainsi signé : Par le roy, à la relation de monseigneur le r^ot de royaume de France, duc de Bedford,

J. PiCQUBT.

1425. Du i*' au 8 avril. Paris.

Rémission accordée par Henri VI à maître Pierre de la Charité, fils de feu maître Etienne de la Charité. Pierre, ayant quitté Paris pour aller poursuivre ses études en l'Université d'Orlâins où il était déjà licencié ès-lds, craignait pour ce fait d'être considéré comme rebelle envers le souverain

anglais.

(JJ. 173, n» 137.)

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et advenir, nous avoir reçeu Tumble supplication de maistre Pierre de la Charité, povre orphelin, essonyé de maladie, contenant que, comme icellui suppliant, qui est et a entention et voulenté d'estre homme d'église, se feust ja pieça transporté en la ville et université d'Orléans pour ilec acquérir son degré en décret, en laquelle il avoit desja sa licence acquis en lois, et en icelle ville se soit longuement tenu en continuant le fait de son estude, et jusques à ce qu^il est venu à sa congnoissance que en nostre ville de Paris, on appelloit à nos drois plusieurs estans en ladicte ville et université d'Orléans ; par quoy ledit suppliant, doubtant encourir en aucun dangier de justice, se soit puis ung an ença et derrain départi de la dicte ville d'Orléans et approuchié de nostre dicte ville de Paris, désirant entrer en icelle et estre reçeu en nostre obéissance, pour y demourer avec ses père et mère et amis, en faisant le serement de tenir la paix final de nos royaumes de France et d^Angleterre, neancmoins obstans lesdis appeaulx et ban, s'aucun en est ensuy en sa personne, il ne oseroit seurement demourer en nostre dicte obéissance, se par nous ne lui estoit pourveu de nostre grâce et miséricorde, requérant très humblement que, pour considération des bons et aggreables services que feu maistre Estienne de la Charité, son père, et plusieurs autres, ses parens et amis, ont foit à nos prédécesseurs, roys de France, font encore chacun jour et

I42S, avril] DOMINATION ANGLAISE. l53

feront encore, se Dieu plaist, nous vueillons en saincte charité de lui pitié et compassion avoir. Pour ce est*il que, les choses dessus dictes considérées.....

Si donnons en mandem^it par ces diaes présentes au prevost de Paris

Donné à Paris, ou mois d^avril, Pan de grâce mil cccc et vint-quatre, avant Pasques, et de notre règne le tiers.

Ainsi signé : Es requestes tenues par monseigneur le régent, duc de Bedford; esquelles vous les contes de Salisbury et de Suffolk, le premier président de Parlement et autres estoient.

J. DE RiNBL.

1425. II avril. Paris.

Rémission accordée par Henri VI à Gùillemin le Gerc, chaussetier, de l'âge de 24 ans environ, qui, absent de Paris depuis une douzaine d'années, a successivement travaillé de son métier à Sully-sur-Loire, Orléans, Avignon, Genève et ailleurs, fréquentant ainsi les partisans du Dauphin, sans avoir pris part toutefois, paraît-il, à aucun fait de guerre.

(JJ. 173, n* 148.)

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir nous avoir receu l'umble supplication des parens et amis charnels de Gùillemin le Clerc, chaussetier, aagié de xxirii ans ou environ, contenant quecomme^ lui estant en Taage de xii ans, il se feust parti de la ville de Paris et aie avec autres enfans et compaignons pour veoir pays, sans ce que depuis il soit retourné audit lieu de Paris, et qu'il se soit armé ne meslé ne entremis de fait de guerre en aucune manière, mais seulement s'est entremis de son mestier de chausseterie doulcement et courtoisement ; néantmoins pour ce qu'il a par grant partie du temps demouré et repaire à Sully ^ et aucunes fois à Orliens, en Avignon, à Genève et autre part, en conversant avec ceulx qui obéissent à cellui que on appelle Dalphin, nostre ennemi et adversaire, icellui suppliant qui a grant désir d^estre nostre bon et loyal subget, et de venir demourer en nostre dicte ville de Paris avec ses parens et amis, nos bons et loyaux subgiez, se doubtant se il venoit quUl n'eust en sa personne et en ses biens

1 . Sully-sur-Loire (Loiret, arr. de Gien, chef-lieu de cant.).

l54 PAJU9 PEMOANT LA [l435,avril

empescbement, se nostre grtce et miséricorde ne lut estoît sur ce impartie. Pour ce est-il que nous considerans

Si donnons en mandement au prevost de Paris...

Donné à Paris, le xi^ jour d'avril après Pasques, Tan de grâce mil cccc XXV et de nostre règne le tiers.

Ainsi signé : Par le roy, à la relation du Conseil,

J. DE RlNBL.

1425. Avril. Paris.

A la requête des paroissiens de l'église de Saint-Merry, Henryr VI défend aux femmes de mauvaise vie de demeurer dans le lieu de Baillehoe, voisin de ladite église; elles devront s'éloigner au moins jusqu'à la Cour- Robert 1.

(JJ. 173, n« i3o.)

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et advenir, à nous avoir esté humblement exposé de la partie des marregliers et paroissiens de Teglise de Saint-Merry à Paris, disans comme ladicte église ait esté d^ancienneté, et de tel temps qu^il n^est à présent mémoire du contraire, et encore soit Tune des notables parroisse, église collégial, de ceste nostre bonnp ville de Paris, et assise en Tune des notables rues et places dUcelle ville, en laquelle parroisse soyent demourans, manans et habitans, plusieurs gens notables de divers estaz et conditions, lesquels, pour ce que ladicte parroisse est de grant circuité et estendue, viennent de plusieurs rues, comme des rues Neufve-Saint-Merry, de Sainte-Croix, Symon le Franc, Beaubourg, la Fontaine Maubué^, et d'autres notables lieux à l'adresse d'iceUe église et parroisse, par un Heu que on dit Baillehoe', estans assis auprès et comme joignant de ladicte église, auquel lieu de Baillehoe siéent, sont et se tiennent continuelment femmes de vie dissolue et communes que on dit borde-

I. Cette pièce, publiée par Vilevault et Bréquigny (Ordonnances des rois de France, t. XIII, p. 46^47), a été mal à propos attribuée par eux au mois d'avril 1424 (n. style), ce que contredit formellement l'indication de la troisième annét du règne de Henri VI.

t. Aujourd'hui rue Maubuée.

3. Sauvai croyait que ce nom s'appliquait à la rue Brisemiche, mais Jaillot {Quartier Saint-Martin, p. 7 et 89) nous paraît avoir démontré contre lui que f Baillehoe > n'était autre que la rue TaiUepain.

14^5, avril] domination anolaibe. iS5

lieres, lesquelles y tieanent dappiar et bordel publique, qui est chose très mal séant et non convenable à Fonneur qui doit estre defferée à TEglise et à un chascun bon catholique, de mauvais exemple^ vil et abhominable, mesmement h gens notables, bon* notables et de bonne vie, comme sont lesdis exposans, et avec ce plusieurs autres maulx, périls et inconveniens s^en pevent ensuir de jour et de nuyt ausdis exposans et autres, nos subgiés, frequentans icelle église; en nous humblement requérant que, pour Tonn^ur et révérence de Dieu, de ladicte église et du service divin qui, par chascun jour et à toutes heures canoniaulx, notablement est fait et célébré en icelle église, et aussi en ËEiveur d'iceulx exposans, de leurs femmes et enfans, et pour donner exemple de honnesteté, bonne vie et doctrine^ et eschever tous incoQvenlens qui, à l'occasion de ce que dit est, pourroit ensuir ou temps advenir; nous de notre grâce leur vueillons sur ce pourveoirde remède condescent et convenable. Pourquoy, nous, ces choses considérées, ayans principalement consideracion et regard à l'onneur de saincte Eglise, en mémoire et révérence de Dieu nostre Créateur, du benoist corps saint Merry et du service divin, et voulans opter à nostre povoir toutes les occasions de pechier et de mener mauvaise et dissolue vie, en faveur aussi des dis exposans, leurs femmes et enfans qui souventes fois, comme l'en dit, ont laissié à venir à ladite église, à Toccasion dudit bordel ; considerans aussi que en nostre dicte ville a moult d^autres lieux et places adonnées à ce, et mesmement assez près d^ilec, comme au lieu que Pen dit la court Robert \ et ailleurs plus loing de Teglise, pour retraire lesdictes femmes, qui sont comme non habitées, par Padvis et deliberacion de nostre grant conseil, avons

voulu et ordonné que d'ores en avant en ladiae rue de Bail-

lehoe, ne environ icelle église de Saint-Mèrry, plus près que ledit lieu de la court Robert, ne ait, se tiengnent, repairent ou demeurent de jour ou de nuit, femmes quelzconques estans de la vile condicion dessus dicte, en quelque manière que ce soit ; mais nous plaîst et ordonnons par edît irrévocable que, tantost ces lettres veues^ elles soient contrainctes de fait à vuider hors de

j. La Cour-Kobert a pris 4çpuÎ8 k nom de c rue du Renard » qu'elle doit, parait-il, à Tenaeigne du c Renard qui prêche i (Jailiotj Quartier Saint- Martin, p. 87-89). On sait que cette voiç conduU de la rue de la Verr^a i la rue Neuve-Saint- Merry.

i56 PARIS PENDANT LA [i425,aTril

tous poins d^icelle rue, par prise de corps se mestier est, et autrement par toutes Yoies deues et raisonnables, sans ce que elles ne autres de ladicte condicion, ores ne pour le temps advenir y puissent retourner, estre ne demourer, tenant la vie dessus dicte.

Si donnons en mandement au prevost de Paris

Donné à Paris^ ou mois d^avril , l'an de grâce mil cccc zxnn, et de nostre règne le tiers.

Ainsi signé : Par le roy, à la relacion du G>nseil,

Oger.

1425. 26 mai. Paris.

Henri VI donne à Robert, comte de Vendôme et seigneur de Willoughby, rhôtel de Bohême confisqué sur le duc d'Ortéans.

(JJ. 173, n* 552.)

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir, que pour consideracion des bons et grans, notables et aggreables services que nostre treschier et tres-amé cousin, Robert, conte de Vendosme, seigneur de Wilughby * , a faiz à feu nostre très chier seigneur et père, cui

I. Par lettres du 20 septembre 1424, Robert de Willoughby, chevalier anglais, avait reçu de Bedford, agissant comme duc d'Anjou, le comté de Vendôme, confisqué sur Louis de Bourbon et relevant du duché d'Anjou ; ce don fut confirmé le 21 octobre 1425 par le roi Henri VI (Arch. nat., JJ. 173, n* 263). Il obtint, en outre, le 25 mai 1427 c toutes les autres terres, héritages, rentes, revenus et possessions quelconques que toelluy Loys de Bourbon jadis tenoit et possedoit ou royaume de France, oultre et par dessus ledit conté de Vendosme, avec tous les fiefs et arrière fiefs lors tenuz de luy (JJ. 173, n* 657) » ; cette donation comprend implicitement Thôtel de Vendôme, situé à Paris devant Thôtel de Rouen et celui de Reims (Sauvai, p. 3 16, 58o et 589), c'est-è-dire entre les rues du Jardinet, de PEperon et do Battoir, depuis rue Serpente, à la place que le plan de Berty (feuiUe 10 non encore publiée) assigne au collège de Vendôme cité, dit-on, en 1 367 (Jaillot, Quartier Saint-André-^es-Arts, p. 63) ; de même, un second hôtel de Vendôme, sis rue de Bièvre et aboutissant par derrière à la rue Saint-Nîcolasdu-Chardonnet (Sauvai, p. 3i5 et 578) ou plutôt dans la portion de cette rue connue postérieurement sous le nom de rue des Bernardins; enfin, le château Maugamy, également situé dans la rue de Bièvre : les comptes de confiscations désignent ces différents immeubles comme appartenant jadis à Louis de Bourbon et depuis à Willoughby.

Le Vendomois étant retombé au pouvoir des Français à la suite des succès

1425, mai] IKMIINATION ANGLAISE. tSy

Dieu pardoint, à nous, à oostre très chier et très amé oncle, Jehan, r^nt nostre royaume de France, duc de Bedford, ou fiut de noz guerres et autrement, fait de jour en jour en jour et espérons que fiice ou temps avenir, et autres justes et raisonnables causes, audit seigneur de Vilughby, avons donné, cédé, transporté et delaissié, donnons, octroions, transportons et délaissons de grâce especial par ces présentes, pour lui et pour ses hoirs masles, légitimes venans de lui en direae ligne, un hostel nommé Postel de Behaigne * , assis en nostre bonne ville de Paris, ensemble les jardins, revenues, et toutes les appartenances quelzconques d'icellui, qui fu et appartint au duc d'Orléans, tenant d'un bout oti est la première entrée en la rue de Neelle ^, et de Fautre par derrière aux rues de Flandres ^ et de Garndes ^, lequel et appartenances est à nous escheu, foriaia et confisqué par les rébellion et désobéissance dudit d^Orleans, et voulons que d'icellui hostel et de sesdiaes appartenances et appendances ledit seigneur de Wilughby et sesdis hoirs masles légitimes, venans de

des armes de Charles VII en 1429, il fallut songer à indemniser Willoughby de la perte de son comté : aussi reçut-il le 12 septembre 1431 le comté de Beaumont-sur-Oise, propriété du duc d'Orléans, qui, un moment réuni au domaine du roi anglais, était ensuite passé au duc de Bedfbrd. Les lettres accordées à cette occasion au capitaine anglais ont été publiées par notre excellent confrère M. Douét-d'Arcq dans les Recherches sur les anciens comtes de Beaumont-sur-Oise, p. 126.

I. L'hôtel de Bohême, mentionné plusieurs fois au cours des comptes de confiscations (Sauvai, p. 309, 576, 576 et 656), devait son nom à Jean de Luxembourg, roi de Bohême, auquel Philippe de Valois, depuis roi de France, en fit don en 1 327 : c*est en partie sur son emplacement que la reine Catherine de Médicis fit construire plus tard l'hôtel connu ensuite sous le nom d'hôtel de Soissons et qui a été lui-même remplacé, vers la fin du règne de Louis XV par la Halle-au-Blé. Avant la construction de l'hôtel de Soissons, la rue d'Orléans se prolongeait jusqu'à la rue Coquillière et aboutissait en faco la rue du Séjour, aujourd'hui rue du Jour (JaiUot, Quartier Saint 'Eustache, p. iS-ig).

a. La rue de Nesle, ainsi appelée de la dénomination primitive de l'hôtel de Bohême (hôtel de Nesle), fut successivement nommée c rue de Behaigne » et rue d'Orléans, en l'honneur des possesseurs de cette grande demeure. Elle conserve encore aujourd'hui la dernière de ces appellations. '

3. Il ne paraît pas qu'aucun auteur ait encore signalé ce nom que la rue Coquillière devait à l'hôtel qu'y fit construire, après 1292, Guy de Dam pierre, comte de Flandre.

4. La rue de Grenelle-Saint-Honoré qui^ il y a quelques anniSes, a été réunie à la rue Jean-Jacques Rousseau.

l58 PARIS PENDANT LA [l^lS^tOsA

lui en directe ligne, joissent et usent et les exploicient de cy en avant pUinemem, paisiblement^ bereditablementf perpetudment

Si donnons en mandement à noz amez et feaalx les gens de noz comptes, trésoriers et generaulx gonvemeurs de noz finances, en France, .... aux prevost et receveur

Donné à Paris, le xxvi* jour du mois de may. Tan de grâce mil qisatre cens et vint cinq et de nostre règne le tiers.

Ainsi signé : Par le roy , à la relation de moasetgaeur te ragent

le royaume de Fffaace, duc de Bedford,

Parkbr.

1425. 3i mai. Saint-Denis.

Henri Vf, voulant récompenser les services que Simon Morbier, prévit de Paris, hïi a rendus ainsi qu'aux feux rois Charles V! et Henri V, hii donne les terres de Saint-Piat, Montlouet et TaWoisîn, au diocèse de Chartres, une maison sise à Belloy, une autre à Trianon, ces divers biens confisqués sur Simon de Vendières, chevalier, les enfants de feu Regnaud d'Angennes^ Pierre Gentier et Bureau de Dammartin.

(JJ. 173, n» 180.)

savoir faisons à tous presens et avenir, que nous considerans les bons et aggreables services que nostre acfié et féal conseillier, Simon Morbier, chevallier, seigneur de Villiers* et prevost de Paris, a fais à feux nos très chiers seigneurs, ayeul et père, les roys de France et d^ Angleterre, cui Dieit perdoint, fait encore à nous chacun jour, tant ou fait de nos guerres comme autrement, en plusieurs et diverses manières et espérons que face ou temps avenir, et aussy pour le recompenser aucunement de plusieurs grans fraiz, missions et despens qu'il luy a convenu faire et soustenir en certains voiages par lui faiz^ du commandement et ordonnance de nostre dit feu seigneur et père, dont Dieu ait l'ame, en Arragon ^ et ailleurs en loingtains pays, et pour plusieurs autres

1 . Villîers-le-Morhiers (EQre-«t*Loir, arr. de Dreux, cant. de Nogent-le- Roi).

2. Il est noté, au compte des confiaoations pour les années 1423 à 1427, que Simon Morbier avait c fait plusieurs lointains et dangereux voyages'psr « l'ordre du conseil du roy, tant en Aragon comme ailleurs, où il avoit été c détroussé, sans en avoir receu aucune récompense » (Sauvai, p. 333).

1425, mai] ixniiNATtoN anglaise. iSg

causes et oonsiderations à ce nous mouTans, à icelluy nostre conseiller, par Tadvis et délibération de nostre très cbier et très amé oncle, Jehan, régent nostre royaume de France, duc de Bedford, avons cédé, transporté et delaissié, et par ces présentes de nostre grâce especial, plaine puissance et auctorité roial, cédons, transportons et délaissons la propriété des terres, seigneuries et hostelz qui s'ensuivent : c^est assavoir la terre de Saint-Piat * qui fut à Simon de Vendieres, chevallier, les terres de Montlouvet* et de Telvoisin ', assises ou diocèse de Chartres qui furent aux enfans de feu Regnault d^Angennes, un hostel assis à Besloy ^ qui fut à Pierre Gencien', et un autre hostel assis à Tryanon^ qui fut à Bureau de Dampmartin^, à nous venuz et escheuz par confiscation, pour, dUcelles terres, seigneuries et hostelz, ainsi comme ils se comportent, tant en maisons, manoirs, villages, fie£i, arrierefiefs, justices faaultes, moiennes et basses, cens, rentes, revenues, prez, bois^ vignes et autres choses quelconques à iceulx appartenans et appendans, jusques à la valeur de cinq cens livres tournois de revenue par an, eu regard au temps qu'ils valoient Fan mil cccc et dix, joir et user par nostredit conseiller, et ses hoirs masles, légitimes, venus de lui en directe ligne, perpetuelment,

1. Saint-Piat (Eure-et-Loir, arr. de Chartres^ cant de Maintenon).

2. Montlouet (Eure-et-Loir, arr. de Chartres, cant. de Maintenon).

3. Talvoisin, h. de la comm. d'Ymersy (Eure-et-Loir), arr. de Chartres, cant. de Maintenon.

4. BdXoj (Sdne-et-Otae, arr. de Pontoise, cant. de Luzarches).

5. Ce Pierre Gentien, trésorier de France, déjà marqué au nombre des émigrés dans le compte des confiscations pour 1420-1421 (Sauvai, p. 296), est dit plus tard (compte pour les aimées 1427-1434, apud Sauvai, p. 584), € seigneur de Belloy en Fiance de par sa femme »; mais la lecture du livre de l'abbé Lebeuf (ffiit . du diocèse de PariSj t. IV, p. 3 10) prouve qu*il ne rétait qu'en partie.

6. Trianon (Seine-et-Oise, arr., cant. et comm. de Versailles).

7. Bureau de Danmiartin, changeur et orfèvre, avait été le fournisseur de Louis de Valois, duc d'Orléans ; sa femme vendait des parfums à la reine laabeau. Ce fut Bureau qui, en 141 6, découvrit la conspiration de Nicolas d'Orgemont ; aussi fixt-il honoré du mépris dn duc de Bourgogne, Jean Sanfr-Peur (Leroux de Lincy et Tisserand, Paris et ses historiens aux XI V* et XV* siècles^ p. 332-335). Son hôtel de la rue de la Courroierie, depuis rae des Cinq-Dismants, cité avec éloge par Ouillebcrt de Metz, et sa maison sise dans fat rue Saint-Denis c devant le chasteaa » furent donnés pas le roi, mais pour la vie seulement, à Raoul de Neuville, chevalier (Sauvai, p. 3o8, 3a», 57S).

i6o PARIS PENDANT LA [i425,niai

hereditablement et à tousjours, en payant les charges, dioiz et devoirs pour ce deuz et accoustumez, pourveu que

Si donnons en mandement par ces mesmes présentes à nos amez et feaulx gens de nos comptes à Paris, les trésoriers et gèneraulx gouverneurs de toutes nos finances en France

Donné à Saint-Denis en France, le derrenier jour de may, Pan de grâce mil cccc et xxv, et de nostre règne le tiers.

Ainsi signé : Par le roy, à la relation de monseigneur le régent de France, duc de Bedford,

J. MlLET.

1425. Juin. Paris.

Henri VI abandonne [à Erard et Jean Chanteprime et à Jean de Fleury, tuteurs et curateurs de feu Henri du Vivier, moyennant qulls paieront au receveur du roi la aomnle de 5oo livres tournois, tous les biens de leur pupille, qui, après avoir été banni de France en raison de son absence de Paris depuis l'année 1418, est mort à l'étranger. Cette remise est fondée sur l'innocence de Henri que ses héritiers défendent du reproche d'avoir pactisé avec le parti du Dauphin.

(JJ. 175, n* i63.)

Henry, par ]a grâce de Dieu roy de France et d^Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir, que comme certain procès feust dès pieça meu et pendant, par devant les commissaires ordonnez de par feu nostre tres-chier seigneur et ayeul, le roy Charles derrenier trespassé, cui Dieu perdoint, sur le fait des confiscations à lui escheues et à escheoir en nostre dit royaulme de France de ceulx qui lui estoient desobeïssans et tenoient le parti contraire à lui, entre le procureur de nostre dit feu seigneur et ayeul d'une part, et Girard de Vauboulon * , maistre Jehan de Fresnoy et Arnault Bacheler, à cause de leurs femmes, et maistre Thiebault du Vivier en son nom, eulx disans héritiers de Henry du Vivier, leur frère ^, et aussi maistres Erart et Jehan Chante-

1 . La famille de Vauboulon, dont le nom paraît souvent dans les pières parisiennes du zv* siècle, tirait son nom d'une ferme du territoire de Saint- Denis, laquelle fut supprimée à la fin du zvii* siècle ; cette ferme dépendait au spirituel de l'église paroissiale de Saint'^acques de Vauboulon, située dans Tendos de l'abbaye de Saint-Denis près les remparts, et qui fut démolie en 1697 (Lebeuf, Histoire de la ville et du diocèse de Paris, u III, p. a3i-

2. Outre leurs trois sœurs qu'avaient épousées Girard de Vauboulon, Jean

1425, juin] DOMINATION ANGLAISE. 161

prime^ frères, et maistre Jehan de Fleury^, ou nom et comme tuteurs et. curateurs dudit Henry d'autre part; sur ce que ledit procureur de nostredit feu seigneur et ayeul disoit et maintenoit que, après Tentrée faiae en nostre ville de Paris par les gens de nostre dict feu seigneur et ayeul et de feu nostre très ctiier et très amé cousin, le duc de Bourgogne, qui fut ou mois de may Tan mil cccc et xvrn, ledit Henry s'estoit absenté de ladicte ville de Paris, et aie avec les ennemis et adversaires de nostre dit feu seigneur et ayeul et de nous^ et avec eulx s^estoit tenu et tient encores de présent en soustenant leur parti, pour lequel cas il fut appelé aux drois de nostre dict feu seigneur et ayeul, et banni de nostredit royaume de France. Et, par ce, ses biens meubles et immeubles déclarés forfais^ acquis et confisqués à nostredit feu seigneur et ayeul, en concluant contre les dessusdiz et chascun d^eulx qu'ils baillassent reaiment les biens meubles, lettres, tiltres et enseignemens tant de héritages, rentes et debtes, comme autres choses quelsconques appartenans audit Henry, et tant à lui venus et escheuz par les trespas de ses feux père et mère comme de feu Jehan du Vivier, son frère, monstrassent et exhibassent les inventoires fais après le décès desdits deffuncts, les panages fais entre eulx, et toutes autres choses qui en dependoient pour estre exploiaiez et levez au prouffit de nostre dit feu seigneur et ayeul, en concluant aussi contre lesdits tuteurs et curateurs qu'ils feus-

de Fresnoy et Arnoul Bachelier, Thibaud et Henri du Vivier avaient une quatrième sœur, nommée Catherine et veuve alors de M* Pierre Dangeuil ; celle-ci avait quitté Paris, comme son frère Henri, et ses biens avaient été confisqués ; c'étaient d*abord une maison à l'enseigne de la Cloche, sise rue de la Calandre en la Cité, et tenant par derrière à la Seine : selon le compte des confiscations pour les années i^a3 à 1427 on ne dra aucun profit de cette maison, occupée alors par Thibaud du Vivier qui disait en être le propriétaire et qui fut probablement débouté de ses prétentions, puisque l'hôtel de la Cloche reparaît, dans le compte suivant, au nombre des biens confisqués (Sauvai, p. 3 19 et 58 1). La maison, dite la Tour de Mesly, près Notre- Dame-du-Méche, au finage de Créteil, qui appartenait, en commun sans doute, à Catherine et à son frère Henri, fut donnée à Simon Bourdin, l'un des auteurs de l'entrée des Bourguignons à Paris en 14 18 {ibid., p. 324). Enfin, l'anglais Albert Rosengarten fut gratifié des biens que Catherine et son mari possédaient à Vitry et aux environs {ibid., p. 327).

I. Ces deux personnagn, sinsi qu'on le voit par la suite de l'acte, étaient oncles matemds des précédents.

a. M* Jean de Fleury figure plus haut (p. x 19 et ss.), dans une pièce en date de janvier 1424, où il est qualifié € notaire et secrétaire du roi » Henri VI.

Docuiisirrs 1 - 11

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sent condempnés et contrains à rendre compte et reliqua de l'administration par eulx eue des biens dudit Henry ; lesdits Girard, Fresnoy, Bachelier, cft maistre Thiebault, esdiz noms, disans au contraire que ledit Henry, leur frère, estoit bon jeune homme, natif de Paris, et de honneste extraaion, et avoit tousjours tenu le parti de nostre dit feu seigneur et ayeul et non pas le parti contraire, et estoit vray que, oudit an cccc ivm, pour la mormlité qui estoit lors à Paris, il s^en ala à Dijon avec Jehan des Baulx, escuier et serviteur de nostre dit feu cousin, le duc de Bourgogne, et ylec demoura huit mois ou plus, puis revint à Paris et ala à Dourdan * où il demoura jusques en aoust cccc xix qu'il revint à Paris, et y fut jusques après le trespas de nostre dit feu cousin de Bourgogne ^, et assez tost après, du sceu et conseil de ses amis, s^en ala à Napples devers le roy Jaques ^, qui lors y estoit, et de là en Cippre où ilacoucha malade et y fina ses jours ^, longtemps avant ce qu^il feust appelé aux drois de nostre dit feu seigneur et ayeul, par quoy ledit ban estoit nul et de nulle valeur. Disoit oultre ledit maistre Thiebault que, dès Pan mil cccc xvtr, il ot le bail dudit Henry, qui lors estoit mineur d^ans et puisné, par le moyen duquel bail ses biens meubles et les revenues de ses héritages lui appanenoient par la coustume gardée entre nobles, de quelle condition ils sont. Et semblablement ledit maistre Eran Chanteprime, oncle maternel dudit Henry, eust dit et proposé que ledit bail lui appartenoit et non audit maistre Thiebault, et lui estoit escheu, tant de lui comme dudit maistre Thiebault et de deux de leurs seurs, ledit an cccc xvn , après le trespas de feu François Chanteprime, son père et ayeul maternel desdis enfans,

1 . Dourdan (Seine*ct-Oise, arr. de RambouiUet, chef-lieu de cant.).

2. Cet événement eut lieu, on le sait, le lo septembre 141 9.

3. Jacques de Bourbon, comte de la Marche, second mari de Jeanne II, reine de Naples, qu'il avait épousée en 141 5.

4. Il est possible que ces nouvelles des voyages et de la mort de Henri du Vivier fussent fausses* Le roi d'Angleterre accorda en effet, le i3 août 1427, des lettres de rémission à un certain Henri du Vivier dont le père^ jadis orfèvre et valet de chambre des rois Jean, Charles V et Charles VI, s'appelait également Jean du Vivier ; cet Henri, comme celui dont on discute ici l'héritage, était le neveu d'un Chanteprime; comme lui, il avait quitté Paris en 141 9, mineur encore, un peu avant, toutefois, l'assassinat du duc de Bourgogne ; il vécut ensuite durant huit années hors de robéissanœ du roi qui r^ait à Paris et avait été de même banni sous prétexte de rébellion (voyez plus loin, pièce CXXIX).

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et, sur ledit bail, avoit esté procès ou Chastellet de Paris entre lesdiz maistres Erart et Thiebault dont il y avoit eu appel relevé en nostre court de Parlement. Disoient aussi lesdiz tuteurs et curateurs qu'ilz n'estoient tenuz de rendre compte et reliqua de leur administration jusques à ce qu'il feust discuté des faiz et debaz dessusdis, car ils dévoient estre quictes pour rendre une fois leur dit compte, et à celui ou ceulx à qui le droit dudit Henry seroit adjugié par justice» et plusieurs autres choses disoient et maintenoient lesdites parties, tant en demandant, deffendant comme en reppliquant et duppliquant, en concluant par lesdiz frères que ledit procureur de nostre dit feu seigneur et ayeul ne Ëiisoit à recevoir à demander les biens meubles et immeubles dudit Henry, et que à eux appartenoient, et non à autres, comme frères et héritiers plus prouches d'icellui Henry. Et semblablement par lesdits maistres Erart et Thiebault, et chacun d'eulx comme eulx disans baillisseurs d^icellui Henry, eust esté conclud lesdiz biens meubles à eulx appartenir, et les revenues de ses héritages jusques à son trespas, et supposé mesmement qu'il feust vivant, parce qu^il estoit encore soubs aagié et non capable d^estre hors de bail, en offrant par chacune desdites parties à prouver de leurs &is tant qu*il soufiiroit à leur entencion. Après lesquelles parties ainsi oyes fut appointié par lesdits commissaires que les biens meubles dudit Henry demour[r]oient es mains desdits tuteurs soubz la main de nostre dit feu seigneur et ayeul, jusques à ce que autrement en feust ordonné. Depuis lesquelles choses ainsi âtiaes, les dictes parties furent mandées par devers nos amez et feaulx conseillers les commissaires ordonnez de par nous sur le tait desdites confiscations, et furent interroguées sur aucunes choses, et rafreschi nostre procureur les demandes et conclusions queavoit autresfois faictes contre eulx le procureur de nostre dit feu seigneur et ayeul, par especial contre lesdiz tuteurs et curateurs afin qu'ils feussent condempnés et contrains à rendre compte et reliqua de leur dicte administration, à quoy ils demandèrent sommation, et le orent, et sommèrent lesdis Vauboulon, Fresnoy, Bachelier et leurs femmes, et ledit maistre Thiebault qui comparurent et dirent quUlz enseigneroient deffenses ausdiz tuteurs, ce qu'ils firent en proposant leurs his et raisons comme dessus, que lesdiz tuteurs employèrent pour leur valoir ce que raison donroit. Et finablement furent appointiés nostre dit procureur et lesdiz Vauboulon, Fresnoy, Bachelier, maistre Thiebault en fais contraires et en

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enqueste, et en tant que touchoit lesdiz tuteurs, que ils rendroient compte, et le reliqua, s^aucun en y avoît, seroit mis hors de leurs mains, en autre main seure, pour estre délivré en fin de cause à cellui ou ceulx à qui il appartendroit, et seroient lesdites parties présentes à rendre ledit compte, se bon leur sembloit. En ensuivant lequel appoinaement qui fut donné le xv^ jour de juing, l'an mil cccc xxni, lesdis tuteurs et curateurs ont depuis baillé leurdit compte devers nosdis conseillers, lequel a esté veu par aucuns notables commissaires à ce ordonnés de par nous, presens ou au moins appeliez nostredit procureur et lesdits frères et seurs dudit Henry, par lequel compte, ainsi qu'il gist, les parties que veulent prendre en despenses lesdis tuteurs montent plus que les parties par eulx rendues en recepte xl livres, xi sols, xi deniers parisis. Mais iceulx commissaires ont fait plusieurs doubtes et arrests, tant en ladite recepte comme en ladite despense dudit compte, lesquelz arrests ne pevent estre décidés sans olr lesdites parties sur ce qui seroit longue chose et dificile à fieiire et dont pourroient soudre grans et sumptueux procès, et si demourroiem par ce en gast et ruine les héritages dudit Henry, que pour cause desdis débats ne sont de présent cultivez ne labourez, et supposé que, après lesdis arrests et doubtes décidées, eust aucun reliqua deu par lesdits tuteurs et curateurs, si demourroit-il, par Tappoinctement dessus dit, en autre main seure jusques à ce qu^il feust décidé des fais proposez par nostre dit procureur et par lesdis frères et seurs et baillisseurs, et si seroit la plus grant partie dudit reliqua en debtes et rentes, desquelles les plusieurs sont en nonvaloir, et les autres à recouvrer sur ceulx qui les doivent dont les poursuites seroient longues et de grans fraiz à faire, comme de toutes choses nous avons deuement esté acertenés par plusieurs de nostre conseil, qui ont esté presens à voir et à examiner ledit compte, nous, ces choses considérées, eue sur ce grant et meure deliberacion du Conseil avons cédé, transporté et delaissié, cédons, transportons et délaissons par la teneur de ces présentes ausdis maistres Erart et Jean Chanteprime et Jehan de Fleury, en leurs propres et privez noms et pour leurs hoirs et ayans cause tous les drois, raisons, actions et poursuittes quelzconques que nous avions et povions avoir contre eulx, comme tuteurs et 'curateurs dudit Henry, et contre lesdiz frères et seurs d^icellui Henry, comme eubc disans ses héritiers, et aussi contre ledit maistre Thiebauh, soy-disant baillisseur d^icellui, et contre tous autres

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qui aucun droit vouldroient reclamer es biens meubles et immeubles dudit Henry, voulans et consentant de nostre grâce especial, plaine puissance et auctorité royal, que d'iceulx biens meubles et immeubles lesdis maistre Erard et Jehan et Fleury joissent et usent d'ores en avant et leurs dis hoirs et ayans cause, tout ainsi que en pourrions et eussions peu joir et user pour raison des choses dessusdites, et les avons subrogué et subrogons en lieu de nous oudit procès devant nostre dit procureur et lesdis frères et seurs et baillisseurs, lequel ilz poursuivront selon Testât où il est de présent se bon leur semble, sans préjudice toutes voies du droit de bail que se dit avoir ledit maistre Erart d^icellui Henry, lequel il soustendra contre ledit maistre Thiebault s'il lui plaist, parmi ce que lesdis maistres Erard, Jehan et Fleury paieront promptement à nostre receveur desdites confiscations, pour nous^ la somme de cinq cens livres tournois, monnoie courant à présent, pour et en lieu de tous les droiz, raisons, actions et poursuittes que nous avions et povions avoir aux causes dessusdites en tous les biens meubles et immeubles dudit Henry, que par ces présentes nous leur avons cédé, transporté et delaissié, cédons, transportons et délaissons comme dessus est dit.

Si donnons en mandement par ces mesmes présentes à noz amez et feaulx conseilliers, les trésoriers et gouverneurs de nos finances, les commissaires ordonnés de par nous sur le fait des dites confiscations

Donné à Paris, ou mois de juing, Pan de grâce mil cccc et vint-cinq et de nostre règne le tiers.

Ainsi signé : Par le roy, à la relation du grant conseil, ou quel vous, les trésoriers et generaulx gouverneurs de toutes les finances, les commissaires sur le fait des confiscations, et autres

estoient,

J. DE Bethisy.

Lxxxni.

1425. Juin. Paris.

Rémission accordée par Henri VI à Pierre Curet, c pauvre jeune homme >, orfèvre, coupable de meurtre sur la personne de Jean Ponceau, également orfèvre. La scène avait eu lieu sur le Grand Pont (autrement dit Pont-au- Change) : Jean Ponceau avait réclamé, devant plusieurs autres personnes, à Pierre Curet l'argent que celui-ci lui devait. Curet lui fit au sujet de ce procédé des reproches auxquels Ponceau répondit, paraît- il, en le menaçant d'un ciseau de fer. Cest alors que Curet aurait frappé son interlocu-

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tear sur la tête avec un autre outil d^orfèvre. La blessure de Ponceau ne paraissait cependant offrir aucune gravité, et, quelques jours après , Guret étant ailé le Toir avec plusieurs autres personnes, ils burent ensemble et Ton décida que tout serait oublié : Curet s'engagea à payer le barbier qui avait appareillé la blessure de Ponceau et reçut même sur ce fait quittance de son adversaire qui, dès le lendemain de l'événement, s'était remis an travail. Néanmoins, Ponceau, qui fréquentait asndûment la taverne et n'observait pas la continence que lui avait recommandée le chirurgien, mourut au bout de douze jours, de sorte que Curet avait cru

prudent de quitter Paris.

(JJ. 173, n* 175.)

Henry, par la grâce de Dieu roy de France' et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir, nous avoir reçeu Tumble supplication de Pierre Curet, povre jeune honune orfèvre aagié de XXX ans ou environ, contenant comme lui estant sur Grant Pont* à Paris, à un certain jour ou mois d^avril derrenierement passé ou environ, devant la forge d'un nommé Pierre Berthelemin, orfèvre, ou estoient aussi pour lors plusieurs gens notables qui parloient ensemble; feu Jehan du Ponceau, orfèvre, seurvint sur eulx, et en la présence de toute la compaignîe dist audit supliant telles paroUes : « Vous me devez de l'argent, que ne me paiez-vous ? », en lui cuidant ou voulant faire honte devant ladite compaignie, à quoy ledit suppliant eust respondu en telle manière : « Beau sires, c que ne m'avez-vous tiré à part, et le m'eussiés demandé plus a simplement et doulcement ? » Lequel Jehan lui dist et respondi moult rudement, qu'il n'en feroit rien ; mais en tous les lieux qu'il le pourroit trouver en compaignie, il lui demanderoit tous* jours. Et adonc ledit suppliant lui dist : « Cuidiez-vous que je « m'en doie fouir pour chose que je vous doie, car j'ay tx)nne tf voulenté de vous bien paier^ et ne m'arguez plus ainsi. » Lequel lui respondi de rechief moult arrogamment, en jurant par le sang Dieu que si feroit. Et^ lors, ledit suppliant lui dist que ce ne seroit pas bien fait, et que il s'en pourroit bien repentir. Lequel Jehan lui respondi : « Or en ùlj du pis que tu pourras », et, en disant icelles paroUes, il print une grans sisoueres de fer en la forge dudit Pierre Berthelemin, en les haulsant et soy efforçant de frapper ledit suppliant. Lequel suppliant voyant qu'il le vouloit frapper print en ladite forge un petit martelct à planer gobelez d'argent et, en soy défendant, en frappa ledit Jehan un seul cop sur la teste, où autresfois il avoit eu plusieurs autres plaies,

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